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Environnement

200.000 personnes au Zimbabwe touchées par les inondations et le cyclone Idai

Les gens pillent des sacs de riz dans un entrepôt submergé par des eaux de crue du cyclone Idai, à Beira, Mozambique, le 20 mars, 2019.

Le nombre d'habitants du Zimbabwe touchés par le cyclone Idai et les inondations atteint désormais les 200.000 dans les régions situées près de la frontière du Mozambique, a annoncé jeudi l'ONU.

L'estimation initiale était jusqu'alors de 15.000 sinistrés, mais le porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Hervé Verhoosel a déclaré aux journalistes à Genève que le chiffre avait été nettement revu à la hausse après une nouvelle analyse de la situation sur place.

Les conditions dans le district de Chimanimani, dans l'est du Zimbabwe, "sont très mauvaises", a-t-il dit.

"Environ 90% du district a été endommagé de façon importante", a-t-il ajouté.

La radio-télévision d'Etat ZBC a également revu à la hausse le bilan des morts, qui s'élève désormais à 139.

Le cyclone Idai a balayé dans la nuit du 15 au 16 mars le Mozambique, l'est du Zimbabwe et le Malawi.

Au Mozambique, pays le plus durement frappé, quelque 400.000 personnes ont été déplacées, selon l'ONU. Et le porte-parole du PAM, citant des statistiques gouvernementales, précise que 600.000 personnes ont été touchées par le cyclone et les inondations.

Mais "ce chiffre va certainement augmenter", a dit M. Verhoosel aux médias. Le PAM pense qu'au total, 1,7 million de Mozambicains vont avoir besoin d'aide.

Au moins 15.000 personnes ont encore besoin d'être secourues rapidement dans les zones inondées au Mozambique, a annoncé jeudi le ministre de l'Environnement Celso Correia, qui a ajouté que le nombre de morts atteignait les 217.

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Exaspérés par les éléphants, les fermiers du Botswana saluent le rétablissement de la chasse

Ishmael Simasiku, un agriculteur, explique comment des éléphants ont endommagé ses cultures dans le village de Kachikau, situé à environ 70 kilomètres de la ville de Kasane, dans le district de Chobe, dans le nord du Botswana, le 29 mai 2019.

La carcasse d'éléphant gît dans le champ de pastèques d'Ishmael Simasiku dans un village du nord du Botswana, symbole de l'angoisse et de la colère de ce fermier dont les récoltes ont été anéanties à plusieurs reprises par les pachydermes.

Le mois dernier, en pleine nuit, cet homme de 71 ans montait une nouvelle fois la garde dans son champ hérissé de barbelés, quand un éléphant est arrivé et a piétiné la clôture.

Ce policier à la retraite a bien essayé de le repousser en l'éblouissant avec des torches et en tirant en l'air. Rien n'y a fait. A bout, Ishmael Simasiku l'a abattu.

"L'éléphant venait de la forêt et détruisait mes plantations", raconte-t-il à l'AFP, en brandissant un reste de pastèque à moitié dévorée.

En quelques années, Ishmael Simasiku, installé à Legotlhwana, un village frontalier de la Namibie, a vu sa récolte de maïs chuter de près de 90% à mesure que le nombre d'éléphants ne cessait d'augmenter.

En vertu de la politique de protection de la faune en vigueur au Botswana, le nombre de ces pachydermes a quasiment décuplé depuis 1970 pour atteindre 130.000 aujourd'hui, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Aujourd'hui, le pays abrite un tiers des éléphants sauvages du continent africain.

Depuis l'interdiction de la chasse aux éléphants au Botswana, en vigueur de 2014 à 2019, "ma vie est plus compliquée", constate Ishmael Simasiku.

Alors quand le gouvernement a fait marche arrière et annoncé fin mai la suspension de cette interdiction, en raison de la croissance importante du nombre d'éléphants, ce fermier a soufflé, comme nombre d'autres.

De leur côté, les défenseurs de la faune se sont indignés, à commencer par l'ancien président Ian Khama (2008-2018), qui avait instauré l'interdiction.

"C'est tellement triste et douloureux de voir le travail de toutes ces années détricoté", a déclaré M. Khama à l'AFP. "Notre tourisme", deuxième contributeur au produit intérieur brut (PIB) du Botswana, après les diamants, "est basé sur la faune", rappelle-t-il.

Milton Khachana, l'un des opérateurs de safari photographique, explique l'impact de la levée de l'interdiction de chasser l'éléphant au Botswana, le 30 mai 2019 à Kasane, dans le district de Chobe, au nord du Botswana.
Milton Khachana, l'un des opérateurs de safari photographique, explique l'impact de la levée de l'interdiction de chasser l'éléphant au Botswana, le 30 mai 2019 à Kasane, dans le district de Chobe, au nord du Botswana.

Piétiné par un éléphant

Quant aux habitants, ils sont nombreux à se dire soulagés par l'autorisation de chasser de nouveau les éléphants, qui vivent en liberté au Botswana.

Comme Dorcus Shamukuni, qui travaille dans un hôtel de luxe et est inconsolable depuis la mort de son frère le 26 avril: à Kasane (nord), haut lieu du tourisme, Merafhe Shamukuni, 53 ans, rentrait chez lui via une petite allée goudronnée quand il a été attaqué et tué par un éléphant.

"Je suis employée dans le tourisme. Je connais l'importance des animaux", dit Mme Shamukuni. "Mais je ne vois pas la raison pour laquelle ils devraient nous tuer ainsi. Les êtres humains devraient contrôler les animaux, pas l'inverse."

"On est ici en Afrique, on fait face à ce problème tous les jours et tout ce qui les intéresse (les touristes), c'est de voir ces animaux (...) pendant quelques heures et de rentrer chez eux là où c'est confortable", s'indigne-t-elle.

Le président Mokgweetsi Masisi, à l'origine du rétablissement de la chasse, a récemment tweeté, lors d'une visite aux Etats-Unis, sur un autre accident provoqué par un éléphant: "La tragédie s'est produite 24 heures après que j'ai répondu à un militant défendant la cause des éléphants à Las Vegas, et maintenant un frère est mort".

Depuis 2014, au moins 34 personnes ont été tuées par des éléphants au Botswana, selon les statistiques officielles.

"J'en ai tellement assez de ces gens qui disent que nous ne devrions pas tuer" les éléphants, s'emporte Petros Tshekonyane, un guide de 48 ans qui a récemment trouvé un pachyderme en train de dévorer son potager.

"Quand on chassait, on n'avait jamais d'éléphants qui venaient dans nos villages. Cela doit cesser. C'est trop. Je ne peux pas continuer à planter pour les éléphants."

Le braconnage d'éléphants au Gabon
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Braconnage

Auparavant, les éléphants étaient cantonnés dans les parcs animaliers "mais maintenant ils sont là où on habite. On ne veut pas qu'ils disparaissent. On veut simplement qu'ils soient confinés dans leurs zones", ajoute Josephat Mwezi, chef du village de Kavimba (nord), près du parc national de Chobe prisé des touristes, une région qui accueille la plus grande concentration d'éléphants du pays.

Watson Mabuku, un militant local, avance un autre argument pro-chasse: avec l'interdiction de la chasse, "on s'est retrouvé privé de notre source de protéine", de la viande d'éléphant, et du coup le braconnage a augmenté ces dernières années.

En juin, l'organisation Eléphants sans frontières a dénoncé "une nouvelle explosion du braconnage": au moins 385 éléphants ont été victimes de braconnage dans le nord du Botswana entre 2017 et 2018, selon l'ONG.

Avec la nouvelle législation annoncée en mai, 400 éléphants pourront être chassés chaque année. L'objectif, selon les autorités de la capitale Gaborone, est de réduire les conflits entre humains et éléphants.

Mais pour l'ex-président Ian Khama, cette stratégie aura peu d'impact puisque environ 650 éléphanteaux naissent tous les ans. Selon lui, la solution passe par le retour dans leur pays, notamment l'Angola et la Zambie, de nombreux pachydermes "réfugiés" au Botswana.

Des ONG comme le Fonds international pour la protection des animaux (Ifaw), voient dans le rétablissement de la chasse avant tout une décision politique, à quelques mois des élections générales prévenues en octobre.

Une hypothèse qu'Amos Mabuku, de l'organisation locale Chobe Enclave Conservation Trust, qui regroupe cinq villages, exclut. "Il ne s'agit pas de politique", assure-t-il, "mais d'utiliser durablement les ressources naturelles et de se préoccuper du peuple."

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