Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

130 pays au chevet de la nature si vitale pour l'humanité

Les muriquis et autres grands primates sont en train de disparaître des écosystèmes tropicaux. (Pedro Jordano)

Scientifiques et diplomates de 130 pays se réunissent à partir de lundi à Paris pour adopter la première évaluation mondiale des écosystèmes depuis près de 15 ans, un sombre inventaire de la nature vitale pour l'humanité.

La Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), créée en 2012, a publié l'an dernier des rapports régionaux déjà alarmants.

Mais le rapport de 1.800 pages sur lequel travaillent 150 experts depuis trois ans devrait devenir la véritable référence scientifique en matière de biodiversité comme le sont ceux du Giec pour le climat.

Et si le mot "biodiversité" semble parfois bien abstrait, il concerne toutes les espèces animales ou végétales vivant sur la planète, y compris celle qui se met elle-même en danger en détruisant la nature: l'Homme.

"Jusqu'à maintenant, nous avons parlé de l'importance de la biodiversité principalement d'un point de vue environnemental", note Robert Watson, patron de l'IPBES.

"Maintenant, nous insistons sur le fait que la nature est cruciale pour la production alimentaire, pour l'eau pure, pour les médicaments et même la cohésion sociale", insiste-t-il.

Insectes pollinisateurs, forêts et océans absorbant le CO2, bois pour se chauffer... La nature rend en effet des services inestimables.

Mais "le patrimoine environnemental mondial (...) est en train d'être altéré à un niveau sans précédent", met en garde le projet de synthèse du rapport obtenu par l'AFP, projet qui sera discuté, amendé et adopté ligne par ligne par les délégués avant sa publication le 6 mai.

Un quart des 100.000 espèces aujourd'hui évaluées --une portion minime des 8 millions estimées sur Terre-- sont déjà menacées d'extinction, sous pression de l'agriculture, de la pêche, de la chasse, ou encore du changement climatique.

Mais "une accélération rapide imminente du taux d'extinction des espèces" est attendue par les scientifiques, selon le projet de rapport. Et entre 500.000 et un million devraient devenir à leur tour menacées, dont "beaucoup dans les prochaines décennies".

- "En train de mourir" -

Des projections en accord avec ce que décrivent depuis des années certains scientifiques: le début de la 6e "extinction de masse", la première depuis l'arrivée des hommes sur la planète.

"La science nous dit ce que nos savoirs traditionnels signalaient depuis des décennies: la Terre est en train de mourir", a noté Jose Gregorio Mirabal, président de la COICA, organisation qui rassemble des organisations indigènes du bassin amazonien.

"Nous appelons de façon urgente à un accord international pour la nature, pour restaurer la moitié du monde naturel aussi vite que possible", a-t-il ajouté, alors que ce rapport mondial prend pour la première fois en compte les savoirs, les problèmes et les priorités des peuples autochtones.

Avant une réunion en 2020 en Chine des Etats membres de la Convention de l'ONU sur la diversité biologique (COP15), de nombreux experts espèrent que ce rapport de l'IPBES sera le prélude à un accord aussi marquant que celui de Paris sur le climat.

Le texte fait d'ailleurs le lien entre ces deux menaces majeures, identifiant certaines causes similaires, en particulier les pratiques agricoles et la déforestation, responsables d'environ un quart des émissions de CO2 mais aussi de graves dommages directs aux écosystèmes.

"Le récent rapport du Giec a montré à quel point le dérèglement du climat menaçait la biodiversité, et le rapport à venir de l'IPBES, tout aussi important pour l'avenir de l'Humanité, devrait montrer que ces deux problèmes ont des solutions communes, à commencer par l'agroécologie", a commenté Laurence Tubiana, architecte de l'accord de Paris.

Mais vu l'ampleur des réformes à mettre en place, qui impliquent une véritable transformation de nos modes de vie sur une planète de plus en plus peuplée, les résistances risquent d'être encore plus fortes que pour la lutte contre le changement climatique.

Avec AFP

Toutes les actualités

Soupçonné de corruption, l'ancien roi d'Espagne Juan Carlos s'exile

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos dans une voiture après qu'il a quitté l'hôpital Quiron une semaine après une chirurgie cardiaque à Madrid, en Espagne, le 31 août 2019. Forta / ReutersTV via REUTERS

L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, longtemps révéré pour avoir mené la transition de la dictature de Franco à la démocratie, s'est résolu lundi à l'exil après que la justice de son pays a ouvert contre lui une enquête pour corruption.

L'ancien monarque, âgé de 82 ans, a annoncé sa décision de quitter l'Espagne à son fils, le roi Felipe VI, qui l'a acceptée et l'en a remercié dans un communiqué publié par la Maison Royale.

"Guidé (...) par la conviction de rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions, et à toi en tant que Roi, je t'informe de ma décision réfléchie de m'exiler, en cette période, en dehors de l'Espagne", a écrit l'ancien souverain cité dans le communiqué, qui n'a pas précisé sa destination.

Juan Carlos explique à son fils sa décision par la volonté de "faciliter l'exercice de (ses) fonctions", devant "les conséquences publiques de certains évènements passés de (sa) vie privée", une allusion transparente à l'enquête ouverte contre lui en juin par le parquet de la Cour suprême.

Celle-ci cherche à établir si Juan Carlos s'est rendu coupable de corruption en recevant de l'Arabie saoudite une énorme commission lors de l'attribution de la construction d'un TGV entre la Mecque et Médine à un consortium d'entreprises espagnoles.

En juillet, le chef du gouvernement Pedro Sanchez s'était dit "troublé" par ces "informations inquiétantes".

L'avocat de Juan Carlos, Javier Sanchez-Junco, a précisé dans un communiqué que l'ancien monarque ne cherchait pas à échapper à la justice en s'exilant mais restait à la disposition du parquet.

- "Il devra payer" -

"Où qu'il aille, il devra payer pour ce qu'il a fait. C'est dommage parce qu'il a fait beaucoup pour l'Espagne, mais il est clair qu'à un moment de sa carrière il s'est corrompu", a déclaré à l'AFP Iñigo Inchaurraga, un publicitaire de 33 ans, qui promenait son chien à Madrid.

Mais Maria Nogueira, une fonctionnaire de 30 ans, s'est dit "un peu fâchée" par cette affaire en pleine pandémie. "C'est une façon de laver l'institution qui ne me plaît pas, c'est seulement un lavage de façade".

Sur son site où a été publiée la lettre officielle, la Maison Royale précise que le Roi a souligné "l'importance historique" du règne de son père "au service de l'Espagne et la démocratie".

De fait, Juan Carlos, choisi par Francisco Franco pour lui succéder, avait surpris après la mort du dictateur en 1975 ménageant une transition en douceur vers la démocratie avec son Premier ministre Adolphe Saurez. Il avait ensuite neutralisé une tentative de coup d’État en février 1981.

Cela avait valu au souverain sportif aux nombreuses conquêtes féminines une immense popularité dans un pays où la monarchie est pourtant contestée.

Mais son image avait été progressivement ternie par des rumeurs de corruption du monarque très proche des monarchies du Golfe.

- Dénoncé par sa maîtresse -

En 2012, alors que les Espagnols souffraient de la grande récession, ils apprenaient que leur roi s'était cassé la hanche lors d'un safari de luxe au Botswana payé par un homme d'affaires saoudien en compagnie de sa maîtresse, une femme d'affaires allemande. Le scandale était devenu intenable et le roi avait fini par abdiquer en faveur de son fils.

Cette ancienne maîtresse, Corinne U Sayn-Wittgenstein, a affirmé dans des enregistrements publiés en 2018, que Juan Carlos avait touché une commission lors de l'adjudication de la construction du TGV à un consortium espagnol. Les justices suisse et espagnole enquêtent sur cette affaire.

A la suite de nouvelles révélations cette année du quotidien suisse Tribune de Genève et du journal britannique Daily Telegraph, Felipe VI a retiré à son père une dotation annuelle du Palais royal évaluée à plus de 194.000 euros par an. Puis il a annoncé qu'il renonçait à l'héritage de son père "afin de préserver l'exemplarité de la Couronne".

Le Vatican rassurant sur la santé de l'ancien pape Benoît XVI

L'ancien pape Benoît XVI et son successeur Pape François, le 8 décembre 2015. (L'Osservatore Romano/Pool Photo via AP)

Le Vatican s'est voulu lundi rassurant sur l'état de santé de l'ancien pape Benoît XVI, jugé pourtant "extrêmement fragile", selon le quotidien régional allemand Passauer Neue Presse qui cite un biographe de l'ancien pape, Peter Seewald.

"Les conditions de santé du pape émérite ne sont pas source d'inquiétudes particulières, sinon celles entourant une personne âgée de 93 ans en train de surmonter la phase la plus aiguë d'une maladie douloureuse, mais non grave", a annoncé la salle de presse du Vatican, citant son secrétaire personnel Mgr Georg Gänswein.

Selon le journal Passauer Neue Presse, Benoît XVI souffre d'érysipèle au visage, une maladie infectieuse caractérisée par une tuméfaction rougeâtre qui entraîne de fortes démangeaisons et des douleurs intenses.

"D'après Seewald, le pape émérite est désormais extrêmement fragile (...). Ses capacités intellectuelles et sa mémoire ne sont pas affectées, mais sa voix est à peine audible", a écrit lundi le Passauer Neue Presse.

Peter Seewald a rencontré samedi à Rome Benoît XVI pour lui présenter sa biographie, selon le quotidien. "Lors de cette rencontre, le pape émérite, en dépit de sa maladie, s'est montré optimiste et a déclaré que si ses forces augmentaient à nouveau, il reprendrait peut-être sa plume", a-t-il ajouté.

Premier pape à démissionner en près de 600 ans, Benoît XVI, qui avait invoqué des raisons de santé, mène une vie retirée dans un petit monastère du Vatican depuis sa renonciation en 2013.

Pas de solution miracle pour la pandémie qui s'accélère, prévient l'OMS

Pas de solution miracle pour la pandémie qui s'accélère, prévient l'OMS
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:19 0:00

L'OMC échoue à trouver un accord pour désigner un directeur général intérimaire

L'OMC échoue à trouver un accord pour désigner un directeur général intérimaire
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:09 0:00

L'OMC ne parvient pas à désigner un directeur général intérimaire

Une personne sort du siège de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève, le 16 décembre 2004. (Photo: FRED DUFOUR / AFP)

Les membres de l'Organisation mondiale du Commerce (OMC), institution en crise, ne sont pas parvenus à s'entendre pour désigner un directeur général intérimaire, a annoncé vendredi l'OMC.

Le directeur général actuel, le Brésilien Roberto Azevedo, va quitter son poste dans un mois, le 31 août.

"Il n'y a pas eu de consensus", a déclaré le porte-parole de l'OMC, Keith Rockwell, alors que les membres de l'organisation devaient désigner un des quatre directeurs adjoints de l'OMC.

Selon Bloomberg, les États-Unis ont exigé qu'un Américain, Alan Wolff, devienne directeur général par intérim, tandis que le bloc européen propose un Allemand, Karl Brauner.

Si l'impasse se poursuit en septembre, note la même source, l'arbitre des règles du commerce international restera sans chef jusqu'à ce que les membres de l'OMC choisissent un nouveau directeur général pour un mandat de quatre ans.

Trois Africains ont présenté leur candidature au poste de directeur général. Il s'agit de Ngozi Okonjo-Iweala, du Nigeria, ancienne ministre des finances et ancienne numéro 2 de la Banque mondiale. Ensuite, le Kenya a soumis la candidature d'Amina Mohamed, une ministre qui autrefois était ambassadrice du Kenya auprès de l'OMC. L'Égypte a présenté aussi un diplomate, Abdel-Hamid Mamdouh, ancien directeur au sein même de l'OMC.

Voir plus

XS
SM
MD
LG