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Paul Biya aurait dépensé 182 millions de dollars en voyages privés

Le président camerounais Paul Biya au sommet UE-Afrique à Bruxelles, le 3 avril 2014.

Alors que le président camerounais Paul Biya déclare gagner 271 dollars par mois, il aurait dépenser plus de 182 millions de dollars en voyages privés sur ces 35 dernières années. C'est ce que dénonce un consortium de journalistes.

Selon une enquête menée par le consortium de journalistes OCCRP, le président camerounais a passé trois fois plus de temps à partir en voyages privés plutôt qu'officiels.

Le salaire mensuel officiel de Biya est modeste avec seulement 271 $, plus les primes, mais il voyage et vit à l'étranger dans le luxe.

Selon le politologue camerounais Achille Mbembe, personne ne sait vraiment ce qu'il fait lors de ses fréquents voyages à Genève, bien que les spéculations varient entre traitements hospitaliers et virées shopping.

Alors que son palais à Yaoundé est considéré comme luxueux, Paul Biya préfèrerait passer une grande partie de ses "voyages privés" dans un hôtel cinq étoiles Intercontinental de Genève, qui offre une piscine et une vue imprenable sur le lac Léman et le Mont Blanc.

Il ne voyage pas seul. Son épouse Chantal, réputée pour ses coiffures extravagantes, l'accompagne dans presque tous les voyages, avec une cour pouvant compter jusqu'à 50 personnes, dont des ministres, des gardes du corps, des majordomes et divers autres membres du personnel.

>> Lire aussi : Les bons et les mauvais élèves de la lutte contre la corruption en Afrique

Selon les calculs des journalistes qui ont mené l'enquête - calculs basés sur les prix des chambres d'hôtel disponibles publiquement et une compilation des voyages - la facture totale du président pour un séjour à l'hôtel Intercontinental s'élève à environ 40 000 $ par jour.

À ce rythme, le coût de tous les voyages privés du président (1.645 jours au total) s'élèverait à environ 65 millions de dollars depuis son arrivée au pouvoir, sans compter la nourriture, les divertissements et la location d'un avion privé.

Voyage en avion affrété n'est pas bon marché. Les factures de 2010, apparemment envoyées par une compagnie appelée CS Aviation au directeur du cabinet civil du président Biya et revues par l'OCCRP, facturent au Cabinet civil près de 855 000 $ pour un aller-retour de 50 passagers de Yaoundé à Genève. D'autres factures montrent qu'en 2013, l'avion a été maintenu en attente pendant deux semaines à un coût quotidien de près de 157 000 $.

À ces taux, le coût des vols de Biya depuis son arrivée au pouvoir pourrait s'élever à au moins 117 millions de dollars.

Selon le Fonds monétaire international, plus de 300 millions de dollars de recettes de la compagnie pétrolière nationale du Cameroun en 2017 n'ont pas été comptabilisés.

Le Président contrôle l'entreprise, dont les ventes de pétrole, selon un mémo diplomatique américain divulgué par WikiLeaks.

Selon Transparency International, le Cameroun est l'un des pays les plus corrompus du monde, se classant au 153e rang sur 180 pays en 2018.

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Les combattants du Soudan du Sud doivent stationner dans les camps militaires

Les Casques bleus rwandais arrivent à Juba, au Soudan du Sud, le 8 août 2017.

Les forces armées du Soudan du Sud et les rebelles ont reçu l'ordre vendredi de stationner dans les camps militaires, premier pas vers la création d'une armée nationale, dans le cadre d'un accord de paix.

L'accord, signé en septembre 2018, est une tentative pour mettre fin à près de six ans de conflit sanglant. Il a souffert de plusieurs gros retards. Le cantonnement dans les camps a constitué l'une des principales raisons empêchant la formation d'un gouvernement unifié.

Le Joint Defense Board (JDB), qui comprend des commandants de l'armée et des chefs rebelles, a déclaré à la presse vendredi avoir réussi à garantir que des vivres et d'autres choses essentielles seraient fournies aux camps afin de permettre la formation et l'intégration des forces.

"Le JDB a pris aujourd'hui une grande décision (...) et il est clair aujourd'hui que les forces, à partir de demain (samedi), doivent être cantonnées" dans les camps, a déclaré le porte-parole des rebelles, le colonel Lam Paul Gabriel. Le processus doit être terminé d'ici au 30 juillet.

Le porte-parole militaire du gouvernement, le général Lul Ruai Koang, a déclaré pour sa part que toutes les forces gouvernementales devaient retourner dans leurs casernes.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque M. Kiir, un Dinka, a accusé M. Machar, son ancien vice-président et membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'État.

Le conflit, marqué par des atrocités et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-Soudanais, soit près d'un tiers de la population, à quitter leurs foyers.

L'accord de paix conclu en septembre 2018 a entraîné une forte décrue des combats, même s'ils n'ont pas complètement cessé. Cet accord prévoyait la formation d'un gouvernement transitoire d'union nationale au plus tard le 12 mai.

Mais la formation de ce gouvernement a été repoussée à novembre, un délai devant notamment permettre de procéder au cantonnement des combattants et à leur intégration dans une armée unifiée, un des points clés de l'accord de paix.

Une cinquantaine de migrants entrent à Melilla depuis le Maroc

Un Marocain gravit les barrières de l'enclave espagnole à Melilla, le 21 octobre 2018.

Une cinquantaine de migrants sont parvenus vendredi à entrer à Melilla en franchissant la clôture de cette enclave espagnole en Afrique du nord, a annoncé la préfecture locale.

"Environ 200 personnes ont tenté d'entrer de façon irrégulière et une cinquantaine y sont parvenus", a indiqué à l'AFP un porte-parole des services gouvernementaux.

Ce passage en force, dans la matinée, a fait six blessés légers du côté des forces de l'ordre et deux du côté des migrants, l'un d'entre eux ayant dû être hospitalisé après une fracture à la jambe.

Une centaine de personnes avaient franchi la clôture en mai lors d'une précédente tentative.

"Il n'y a pas tant de pression sur la frontière" que d'autres années, a signalé à l'AFP le porte-parole de la préfecture.

Les villes espagnoles de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc, sont les seules frontières terrestres de l'Union européenne avec l'Afrique, hautement sécurisées.

Les migrants essayant de gagner l'Europe les prennent régulièrement d'assaut pour parvenir à déposer, une fois en Espagne, une demande d'asile. D'autres tentent de gagner l'Andalousie par voie maritime.

Depuis le début de l'année, plus de 15.000 migrants ont gagné l'Espagne, dont environ 12.000 par voie maritime selon l'Organisation internationale pour les Migrations. Plus de 200 sont morts ou portés disparus.

CAN-2019 - Sénégal-Algérie: la fête a déjà commencé au pays des Lions

L'équipe du Sénégal lors d'un match de qualifications pour la CAN 2019, le 13 octobre 2018. (VOA/Amedine Sy)

Sûrs de la victoire face à l'Algérie en finale de la CAN-2019, les Sénégalais ont déjà commencé à faire la fête à Dakar et dans les villes de province, pavoisées aux couleurs du Sénégal, à quelques heures du coup d'envoi dans la chaleur du Caire vendredi (19H00 GMT).

Fort de son statut de mondialiste, de première nation africaine au classement Fifa, et de l'apport de son champion d'Europe Sadio Mané (Liverpool), le Sénégal rêve de vaincre le signe indien à l'occasion de la deuxième finale continentale de son histoire, après celle perdue en 2002 face au Cameroun.

Depuis le début de la matinée, les rues de Dakar sont rythmées par le son des coups de klaxon, des vuvuzelas et de la musique de son autre star internationale, le chanteur Youssou N'Dour.

Malgré la défaite (1-0) contre ces mêmes Algériens en phase de poules, "on va gagner, Inch Allah (si Dieu le veut). La coupe, ce sera au Sénégal cette année", affirme le vendeur ambulant Ibrahima Diallo, qui a rallié la place de la Nation, dans le quartier populaire de Colobane, plusieurs heures avant le début du match.

"La fête a déjà commencé et l'intensité va monter jusqu'à la fin du match", promet-il, alors que plusieurs centaines de supporters ont commencé à affluer vers ce lieu traditionnel de rassemblement. La place a été transformée en "fan zone" dotée de trois écrans géants et d'un large podium, où des groupes doivent animer une soirée que tous espèrent festive.

- Trottoirs repeints dans la nuit -

Dakar s'est mise sur son 31 pour soutenir ses Lions. "Nous avons nettoyé le quartier", sourit une collégienne, Adama Samb. Autour d'elle, dans les rues populaires du quartier de Bopp, les banderoles, poteaux électriques, troncs des arbres bordant les rues, et même les chaussées et trottoirs, repeints pendant la nuit, arborent les couleurs vert-jaune-rouge du Sénégal.

Un chauffeur de taxi rouspète. Il est "obligé de faire un détour" pour se rendre sur la corniche-ouest, où une autre "fan zone" était en cours d'installation à quelques mètres de l'océan.

Les cafés, restaurants et les centres commerciaux se préparent également à diffuser le match, même si de nombreux Sénégalais comptent le regarder en famille, à la maison.

A Kolda (sud), en Haute-Casamance d'où est originaire la star Sadio Mané, comme à Saint-Louis (nord), fief de l'ailier Ismaïla Sarr, la même fièvre et les mêmes couleurs ont envahi les rues, selon des correspondants de l'AFP.

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Afrique du Sud : Ramaphosa a trompé le Parlement (médiatrice de la République)

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa s'adresse au Parlement sud-africain le 22 mai 2019 à Cape Town.

La médiatrice de la République sud-africaine a affirmé vendredi que le président Cyril Ramaphosa avait trompé le Parlement sur une donation à sa campagne de 500.000 rands (environ 32.000 euros) faite par un groupe industriel sulfureux.

Busisiwe Mkhwebane, une juriste indépendante chargée de contrôler notamment les agissements de l'exécutif, estime que l'enquête qu'elle a menée prouve que le président, qui a promis à maintes reprises d'éradiquer la corruption dans son pays, a trompé le Parlement de façon "délibérée", quand il a répondu à une question de l'opposition.

M. Ramaphosa avait d'abord affirmé que l'argent versé en 2017 était un paiement à son fils Andile pour un travail de consultant pour l'entreprise de services Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics suspects.

Il a depuis reconnu qu'il s'agissait d'une donation à sa campagne pour la présidence de son parti, le Congrès national africain (ANC), une bataille intense qui lui a permis de vaincre le candidat choisi par l'ancien président Jacob Zuma.

M. Ramaphosa a vivement réagi au rapport de la médiatrice, jugeant "malheureux", dans un communiqué, que Mme Mkhwebane n'ait pas accordé à ses explications "l'attention qu'elles méritaient".

Il "réaffirme sa détermination et son engagement à lutter contre toutes les formes de corruption" et que "personne, quel que soit le poste qu'il occupe, n'est au-dessus des lois". Ses services ont indiqué qu'il allait étudier le rapport avant toute action.

Il a promis de rembourser les fonds de campagne.

Dans son rapport, publié vendredi, Mme Mkhwebane souligne que "même si le président Ramaphosa a justifié son erreur en affirmant avoir reçu des informations incomplètes ou erronées, il a bien trompé le Parlement".

Selon elle, le président "aurait dû se donner le temps nécessaire pour pouvoir s'informer et donner une réponse exacte" avant de répondre à la question posée par Mmusi Maimane, chef du principal parti d'opposition, l'Alliance démocratique (DA).

"Je juge donc que la conduite du président Ramaphosa (...) même si elle était de bonne foi, n'est pas à la hauteur de ses fonctions".

Mme Mkhwebane ajoute que la façon dont les fonds ont été déplacés d'un compte à l'autre avant de finir sur celui de la campagne de M. Ramaphosa exacerbe les soupçons de blanchiment d'argent.

Elle demande donc aux procureurs sud-africains d'ouvrir une enquête pour savoir si ces soupçons sont avérés. Elle donne par ailleurs 30 jours au speaker du Parlement pour demander au président Ramaphosa de rendre publics tous les dons qu'il a reçus pour sa campagne.

Réélu en mai, M. Ramaphosa avait fait de la lutte contre la corruption son principal cheval de bataille dans un pays marqué par les scandales de la présidence de son prédécesseur, Jacob Zuma.

Les conclusions du rapport sont "plus préjudiciables que prévu", estime Darias Jonker, du cabinet d'analyse Eurasia, basé à Londres.

"Ce rapport va renforcer les plans de la faction (pro-Zuma de l'ANC) pour neutraliser et destituer Ramaphosa, vu qu'ils sont menacés par sa campagne anticorruption", a-t-il expliqué.

L'ANC est profondément divisé entre partisans de l'ex-président Zuma et soutiens de son successeur Ramaphosa.

M. Jonker a cependant exclu que M. Ramaphosa risque des poursuites pénales ou une destitution par le Parlement "à court terme".

L'AD a demandé que le président Ramaphosa comparaisse devant une commission parlementaire spéciale. "Ce qui est clair, c'est que cette affaire va beaucoup plus loin qu'on ne le pensait initialement", a déclaré M. Maimane.

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