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Paris s'attend à un sommet de l'Otan mis sous pression par Trump

Le président américain Donald Trump assiste au sommet de l'OTAN au siège de l'OTAN à Bruxelles, en Belgique, le 25 mai 2017.

Un mois après la volte-face américaine au G7, la France s'attend à un sommet de l'Otan sous pression et à l'issue incertaine mercredi et jeudi à Bruxelles, où les relations entre Washington, qui réclame un meilleur "partage du fardeau", et ses alliés pourraient une nouvelle fois être mises à rude épreuve.

"Personne ne sait ce que va dire le président américain, même ses équipes ne le savent pas", confie un diplomate français à deux jours de la rencontre qui se tiendra dans le QG de l'Alliance atlantique. "Il ne faut donc pas surinvestir dans des attentes".

Lors de sa première participation à un sommet de l'Otan en juillet 2017, Donald Trump avait exhorté ses partenaires de l'Alliance atlantique à porter, comme ils s'y sont engagés en 2014, leur budget défense à 2% de leur PIB d'ici 2024.

A l'approche de cette nouvelle rencontre, l'ancien magnat de l'immobilier, qui s'est fait élire sur le slogan "l'Amérique d'abord" a encore fait monter la pression en adressant une lettre de rappel à une dizaine d'Etats membres, dont la Belgique (0,9%) et l'Allemagne (1,2%).

Selon le rapport annuel de l'Otan, l'Estonie, la Grèce, la Pologne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis atteignent les 2% du PIB en matière d'effort de défense et la Lettonie, la Lituanie et la Roumanie devraient à leur tour atteindre ce seuil en 2018. La France devrait atteindre cet objectif en 2025.

"Depuis 2014, des efforts importants ont été consentis et réalisés par l'ensemble des alliés mais il est vrai que des progrès doivent encore être faits", souligne-t-on à l'Elysée. "Ce sommet doit être l'occasion de rappeler que nous sommes en voie de mettre en oeuvre ces objectifs", ajoute-t-on, exprimant l'espoir que le sommet montre avant tout "l'unité des alliés".

SOUS PRESSION

Reste à savoir si cette position suffira à convaincre Donald Trump qui, en l'espace d'un an, a multiplié les décisions unilatérales, de sa sortie de l'accord de Paris sur le climat et de l'accord sur le nucléaire iranien à l'imposition de droits de douane sur l'acier et l'aluminium importés de l'Union européenne.

"Le président des Etats-Unis a laissé planer le doute l'an dernier sur le caractère automatique de la protection que son pays déploierait en cas de menace ou d'attaque contre l'un des alliés de l'Otan", a rappelé la ministre française des Armées Florence Parly dans le JDD.

"Nous n'avons pas besoin d'une division entre les Européens et les Américains", a-t-elle ajouté. "Quand on a des alliés, il faut en prendre soin et leur accorder plus d'attention qu'à d'autres puissances. Le sommet de l'Otan doit être l'occasion de le prouver", à une semaine d'une rencontre à Helsinki entre Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine, farouchement hostile à l'Otan.

"Après le G7, c'est vrai tout le monde attend de voir ce que va faire Donald Trump" et "la succession du sommet de l'Otan et de la rencontre avec Vladimir Poutine augmente encore cette pression", reconnaît-on à l'Elysée.

Pour autant, "le fait qu'il y ait un sommet entre les présidents américain et russe après le sommet de l'Otan n'est en soi pas contradictoire", ajoute-t-on, assurant que les membres de l'Alliance adopteraient une "position claire" et unie sur la question de l'Ukraine.

CHANTAGE A LA SECURITE?

Quant au risque de chantage à la sécurité auquel le président américain pourrait se livrer à Bruxelles, "c'est déjà la réalité", estime-t-on à Paris, où l'on rappelle le lien établi par Donald Trump entre la sécurité intérieure américaine et la nécessité d'imposer des droits de douane.

"Ce débat existe, il a eu lieu et il va continuer à avoir lieu", ajoute-t-on. "Ces arguments n'ont pas été repris au niveau technique et au niveau des contacts préparatoires mais dans les déclarations politiques qui seront faites à Bruxelles, il est possible que (Donald Trump) redise ce qu'il a déjà dit".

Un scénario conforté quelques heures plus tard par Donald Trump qui a jugé sur Twitter "inacceptable" le fait que les Etats-Unis soient le plus gros contributeur d'une alliance militaire qui bénéficie selon lui davantage à l'Europe qu'à Washington.

"Et pour couronner le tout, l'Union européenne affiche un excédent commercial de 151 milliards de dollars avec les Etats-Unis avec des barrières commerciales sur les biens américains. NON !", a-t-il ajouté.

Avec Reuters

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L'OMS suspend les essais cliniques relatifs au Coronavirus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé assiste à la 73e Assemblée mondiale de la santé virtuelle lors de l'épidémie de coronavirus à Genève, le 19 mai 2020.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir suspendu "temporairement" les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine qu'elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision fait suite à la publication d'une étude vendredi dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle, précisant que la suspension avait été décidée samedi.

L'OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l'hydroxychloroquine, baptisés "Solidarité", dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19.

Actuellement, "plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays", a expliqué le patron de l'OMS.

Or, selon la vaste étude parue dans The Lancet, ni la chloroquine, ni son dérivé l'hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

L'étude a analysé des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d'entre eux ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l'antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menées par l'OMS et ses partenaires concernant l'hydroxychloroquine seront suspendus le temps que "les données" recueillies par les essais Solidarité "soient examinées", a indiqué M. Tedros.

"Il s'agit d'une mesure temporaire", a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l'OMS.

L'hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l'hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L'hydroxychloroquine connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l'azithromycine.

L'effervescence autour de l'hydroxychloroquine a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s'en est fait l'apôtre, au point d'en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif.

Au Brésil, le président Jair Bolsonaro est convaincu de ses effets, au point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

Lundi, le chef de l'OMS a tenu à rappeler qu'hydroxychloroquine et chloroquine "sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme".

Première sortie publique de Joe Biden depuis le 15 mars

L'ancien vice-président Joe Biden parle lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a fait lundi sa première sortie publique en plus de deux mois, avec un masque, pour une brève cérémonie de dépôt de gerbe sur un monument aux anciens combattants américains près de son domicile, en ce jour férié de Memorial Day.

"Cela fait du bien de sortir de chez moi", a lâché le candidat, 77 ans, reclus depuis mi-mars avec sa femme, Jill, dans sa maison de Wilmington dans le Delaware, dont il sortait tout de même pour des promenades périodiques à pied et à vélo, selon lui.

Joe Biden n'avait participé à aucun événement public depuis un débat dans un studio de télévision contre son ex-rival des primaires Bernie Sanders le 15 mars, un confinement handicapant en pleine campagne présidentielle, alors que son adversaire Donald Trump est très présent dans l'actualité et sort régulièrement de la Maison Blanche.

Le président, lui, ne porte pas de masque en public. Il a repris le golf ce week-end, après plus de deux mois d'interruption, alors que le déconfinement est largement engagé dans l'ensemble des Etats-Unis.

La campagne de l'ancien vice-président de Barack Obama s'était brusquement arrêtée avec les premières décisions de confinement en mars. Un meeting dans l'Ohio avait été annulé à la dernière minute le 10 mars et remplacé par un discours dans une salle à demi-vide à Philadelphie ce soir-là, puis il avait fait une conférence de presse dans un hôtel de Wilmington le 12 mars.

C'est confiné qu'il a célébré sa victoire aux primaires, et depuis plus de deux mois, il tente de faire campagne à distance, depuis un studio installé dans sa maison, pour le scrutin présidentiel de novembre.

Lundi, il a échangé quelques mots avec des soutiens et des journalistes, à bonne distance, et en gardant son masque sur le visage, ce qui a rendu la compréhension difficile. "N'oublions jamais les sacrifices de ces hommes et femmes. N'oublions jamais", a-t-il dit.

Washington veut une enquête indépendante sur la gestion de la BAD

Washington veut une enquête indépendante sur la gestion de la BAD
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Accusations contre le président de la BAD : Washington demande une enquête indépendante

Le président Trump avec des dirigeants africains. De gauche à droite, le président kenyan, le président de l'UA Alpha Condé, le président de la BAD Akinwumi Adesina, le vice-président nigérian et le Premier ministre éthiopien, à Taormina, Italie, le 27 mai 2017. (AP/A. Medichini)

Les Etats-Unis ont demandé à la Banque africaine de développement (BAD) de lancer une enquête indépendante sur les accusations de prévarication contre son président Akinwumi Adesina, dans une lettre du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin obtenue par l'AFP lundi.

Faisant part de ses "sérieuses réserves" sur la décision de la BAD de blanchir son président de toutes les accusations, Steven Mnuchin demande "une enquête approfondie sur ces allégations par un enquêteur extérieur indépendant", dans son courrier daté du 22 mai, adressé à la présidente du bureau du conseil des gouverneurs de la BAD, la ministre ivoirienne du Plan et du développement Kaba Nialé.

Sur recommandation de son comité d'éthique, la BAD avait totalement disculpé M. Adesina de multiples accusations telles que "comportement contraire à l'éthique, enrichissement personnel et favoritisme", formulées début avril par des "lanceurs d'alerte" anonymes se présentant comme un groupe d'"employés inquiets".

Ancien ministre nigérian de l'Agriculture, devenu président de la BAD en 2015, M. Adesina, 60 ans, est seul candidat à sa réélection pour un nouveau mandat de cinq ans. L'institution panafricaine de développement doit élire son nouveau président fin août - le scrutin initialement prévu fin mai ayant été reporté à cause de l'épidémie de coronavirus.

"Considérant l'étendue, la gravité et la précision des allégations contre le seul candidat au leadership de la Banque pour les cinq prochaines années, nous pensons qu'une enquête plus approfondie est nécessaire pour que le président de la BAD bénéficie du soutien et de la confiance complets des actionnaires", précise le secrétaire américain au Trésor.

Dans une lettre longue et détaillée, les "lanceurs d'alerte" reprochaient à M. Adesina diverses malversations, ainsi que son favoritisme dans de nombreuses nominations de hauts responsables, en particulier de compatriotes nigérians. Il était aussi accusé d'avoir nommé ou promu des personnes soupçonnées ou reconnues coupables de fraudes ou de corruption, ou de leur avoir accordé de confortables indemnités de départ, sans les sanctionner.

Affirmant "avoir procédé à un examen point par point de toutes les allégations contenues dans la plainte", le Comité d'éthique de la BAD avait conclu qu'elle "ne reposait sur aucun fait objectif et solide".

Les lanceurs d'alerte avaient alors réclamé une enquête indépendante.

La BAD, une des cinq principales banques multilatérales de développement au monde, a réalisé en octobre 2019 une augmentation de capital géante de 115 milliards de dollars, considérée comme un succès personnel pour le président Adesina.

La BAD compte 80 pays actionnaires (54 pays africains et 26 non africains, d'Europe, d'Amérique et d'Asie).

L'Amérique du Sud, "un nouvel épicentre" de la pandémie

Un agent de sécurité vérifie la température d'une personne à l'extérieur d'un bureau de banque pour s'assurer qu'elle ne présente aucun symptôme du coronavirus.

L'Amérique du Sud est "un nouvel épicentre" de la pandémie de nouveau coronavirus, avec une situation particulièrement alarmante au Brésil, a estimé vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"L'Amérique du Sud est devenue un nouvel épicentre de la maladie. Nous voyons le nombre de cas augmenter dans de nombreux pays sud-américains. L'inquiétude concerne beaucoup de ces pays mais clairement le plus affecté à ce stade est le Brésil", a déclaré le responsable des situations d'urgence de l'OMS, Michael Ryan, lors d'une conférence virtuelle depuis Genève.

Alors que l'Europe, où le Covid-19 a tué plus de 170.000 personnes, progresse sur la voie d'une lente normalisation, l'Amérique du Sud enregistre une progression inexorable de la pandémie, avec de terribles conséquences prévisibles en termes d'économie et d'emploi.

Le Brésil compte près de 300.000 cas et 19.000 morts pour 210 millions d'habitants, selon l'OMS, ce qui le place au 3e rang mondial pour le nombre de cas, derrière les Etats-Unis et la Russie. Le seuil des 20.000 morts a déjà été franchi, selon un décompte de l'AFP.

"La majorité des cas sont recensés dans la région de Sao Paolo (...) mais les taux de prévalence les plus élevés sont (dans l'Etat) d'Amazonas, où environ 490 personnes pour 100.000 habitants sont infectées, ce qui est assez haut", a ajouté Michael Ryan.

Un collectif de chercheurs brésiliens avance que les chiffres officiels sous-estiment largement la réalité de la pandémie au Brésil.

Selon eux ils sont au moins 15 fois inférieurs à la réalité et le pays compterait plus de 3,6 millions de personnes infectées.

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