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Sénégal

Paris rend hommage au sculpteur sénégalais Ousmane Sow avec une place à son nom

Le sculpteur sénégalais Ousmane Sow, au centre, reçoit son épée académique de Marieme Faye, épouse du président sénégalais Macky Sall, ex-président sénégalais Abdou Diouf, applaudit lors d'une cérémonie à l'Académie française de Paris, le mercredi 11 décembre 2013.

La Ville de Paris dédiera une de ses places au grand sculpteur sénégalais Ousmane Sow, qui partagea sa vie entre Paris et Dakar et fut le premier artiste d’origine africaine élu à l’Académie des beaux-arts.

Cette place sera inaugurée le 29 juin prochain dans le quinzième arrondissement, près de la rue des Entrepreneurs où l’artiste résidait lorsqu’il était en France.

En mars dernier, à l’occasion des 20 ans de la spectaculaire exposition d’Ousmane Sow sur le Pont des Arts, Paris lui a rendu un premier hommage en inaugurant, Place de Valois, à côté du ministère de la Culture, l’oeuvre en bronze "Le couple de lutteurs corps-à-corps", issue de sa série "Nouba".

En 1999, c’est la quasi-intégralité de son oeuvre que l’artiste avait exposée sur le Pont des Arts, entre l’Institut de France et le Musée du Louvre, à l’invitation de la mairie de Paris. Le succès avait été immédiat. Pendant trois mois, les Parisiens s'étaient pressés sur le pont de jour comme de nuit, contraignant la préfecture de police à demander l’instauration d’un sens de visite entre la rive gauche et la rive droite.

Cinq autres grands bronzes sont déjà installés en France : "Victor Hugo" et "L’Homme et l’enfant" à Besançon, "Le général de Gaulle" à Versailles, "Le Guerrier debout" à Angers, "Toussaint Louverture" à La Rochelle.

Le sculpteur sénégalais, un des grands Africains de l'art contemporain, est mort en décembre 2016 à Dakar, salué à travers le monde entier.

Il est connu pour ses sculptures monumentales de guerriers. Il n'a accédé à la reconnaissance artistique qu'à la cinquantaine, après avoir exercé comme kinésithérapeute en France et au Sénégal.

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La première édition du grand carnaval de Dakar prévue en novembre

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Des déchets à la pelle après la Tabaski à Dakar

Des tas d’ordures ornent le rond-point sacré cœur à Dakar, le 19 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

La capitale sénégalaise est davantage couverte de déchets après la fête de l'Eïd communément appelé "Tabaski" et le départ des vendeurs de moutons. La situation est décriée par les riverains et surtout par les professionnels du nettoiement qui sont débordés durant cette période.

Après la Tabaski, les populations vivant aux abords des points de vente de moutons sont les principales victimes de l'insalubrité. Elles demandent aux autorités de revoir le choix des lieux de vente des moutons lors de la fête de l'Eid.

Cette dame ayant requis l’anonymat habite sur les deux voies de Sacré-Cœur, un quartier résidentiel de Dakar.

Face à sa maison, un tas d’ordures dégage une odeur nauséabonde. Frustrée, elle indique qu’"il n'y a que de mauvaises odeurs et la mairie prend du temps pour s'en occuper. Un quartier n'est pas fait pour accueillir des points de vente de moutons".

Dakar davantage couverte de déchets après la tabaski
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Elle est aussi sidérée par l’état du terrain de football du quartier, "c'est l'endroit où joue les enfants, donc on ne peut pas y vendre des moutons. Il faut retourner aux points de ventes originels".

Du côté des vendeurs, on dégage toute responsabilité dans la prise en charge des déchets.

Djibril Cissé, un vendeur venu du Mali, explique que "c'est la mairie qui doit nettoyer, au moins dans 3 jours, nous serons dans la lointaine banlieue dakaroise et la municipalité pourra commencer le nettoyage."

Ce nettoyage a déjà commencé avec l'Unité de coordination de la gestion des déchets, mais le travail est immense comme l'indique Madani Sy, secrétaire-général du syndicat national des travailleurs du nettoiement.

Il se dit "sidéré et ahuri" quand il a "retrouvé des ordures sur la voie publique".

"On a trouvé des ordures ménagères, des peaux de moutons. Avec tous les efforts consentis avec les unités de veille et de sensibilisation, on se rend compte qu'il y a une indiscipline notoire caractérisée malgré le travail de nos agents".

Le responsable syndical dénonce également l’attitude des vendeurs: "nous avons trouvé des marchands de tabliers et des commerçants sur les lieux et ils ne peuvent même pas débarrasser la chaussée pour nous laisser travailler convenablement. Malgré tout, nous continuerons à faire notre travail pour respecter notre engagement vis-à-vis des populations".

Madani Sy appelle par ailleurs les autorités à prendre des mesures drastiques pour amener les populations à observer un comportement civique.

"Il faut faire de la répression [sanctions]. Les gens ne maîtrisent pas le code de l'hygiène, ni le code de l'environnement, ni le code des collectivités locales encore moins le code qui interdit les sachets plastiques".

Il demande ainsi aux autorités de passer à la vitesse supérieure "c'est que tant qu'il n'y aura pas de répression [sanctions], notre travail sera toujours voué à l'échec. Cette indiscipline doit être éradiquée pour qu'on ait zéro déchets, pour qu'on ait des villes propres".



Pour atteindre cet objectif de faire du Sénégal un pays avec zéro déchet, le président Macky Sall estime qu’il faut faire obligation aux citoyens de nettoyer devant leurs domiciles.

Pour le chef de l’Etat, rendre le Sénégal propre est un impératif qui n’est pas négociable. C'est ainsi qu'il a lancé une campagne nationale avec plus de 1000 agents de sécurité pour assurer le suivi du projet Sénégal zéro déchets.

Dakar davantage couverte de déchets après la tabaski

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La Tabaski se fête entre musulmans et chrétiens

Des Sénégalais célébrent la Tabaski, Dakar, 1er septembre 2017. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, pays réputé pour sa tolérance comptant plus de 90% de disciples de l'islam, chrétiens et musulmans ont célébré ensemble la Tabaski, (Aid al-Adha), une convivialité qui détonne dans une Afrique de l'Ouest en proie aux conflits.

Sous l'oeil placide de Dembel, mouton promis à une mort imminente, Grassé Diop s'apprête à recevoir des amis catholiques.

"Ils viennent tous les ans pour la tabaski, je vais à la messe pour Noël, on passe toutes les fêtes religieuses ensemble", s'enthousiasme cette jeune musulmane dont le prénom chrétien vient de Grâce.

Dans le quartier de Ouakam, à Dakar, la cour de la maison familiale s'est muée le temps d'une journée en abattoir et en cuisine. Des enfants jouent en riant entre les bassines d'abats, et les femmes de la famille chantent en dépeçant le mouton fraîchement égorgé.

"Quand je me rends chez des amis chrétiens, je me sens vraiment chez moi. Il n'y a aucune différence. On a grandi ensemble", affirme Grassé.

Ses propos sont ponctués par les coups de machette que donne son frère sur le crâne de Dembel et les incessantes sonneries de son téléphone portable. "Jacques, Marie, Joseph... Tous mes amis chrétiens me souhaitent une bonne tabaski", se réjouit la jeune femme, étudiante en communication.

"Ici, quand un chrétien meurt, tous les voisins du quartier vont à l'église pour ses funérailles", abonde Pape Doudou Diop, le frère de la jeune femme, en se resservant du foie de mouton. Bien que musulman, Pape Doudou est de toutes les communions, et se rend parfois à la messe de Noël.

Autour d'un immense plat de grillades dans lequel plongent les mains de toute la famille, l'on ne peut distinguer les chrétiens des musulmans. Yves-Martin Kemden, un ami de Grassé, est venu fêter chez elle sa dixième Tabaski. Le jeune catholique a revêtu un boubou marron pour honorer ses hôtes.

Moussa Tall tient son mouton de Tabaski, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Moussa Tall tient son mouton de Tabaski, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

"Je suis systématiquement invité par mes voisins ou amis pour les fêtes musulmanes. C'est une coutume, ici tu es toujours invité par un voisin, même si vous ne partagez pas la même religion", dit ce jeune éleveur de chiens.

A quelques centaines de mètres, dans une autre cour ombragée de palmiers, la famille Ndoye a invité ses voisins catholiques, et prépare des boîtes de viande de mouton pour les apporter au domicile de ceux qui ne pouvaient se déplacer.

"Indivisibles"

"Ma grand-mère était catholique. Pour Pâques, nos cousins nous invitent, en prenant soin de ne pas cuisiner du porc. C'est la famille, on est indivisibles, quelle que soit notre religion", dit en souriant Karim Ndoye, peintre en bâtiment quinquagénaire.

Selon la sociologue Fatou Sow Sarr, l'harmonie entre chrétiens et musulmans au Sénégal s'explique par l'action des chefs des confréries mourides, qui, dès le XIXème siècle, ont agi en "philosophes du vivre-ensemble" et prôné la tolérance envers les catholiques.

"On trouve dans les mêmes familles des chrétiens et des musulmans, qui se marient entre eux. La religion est secondaire face aux liens du sang, donc les communautés n'ont jamais été antagonistes", estime Mme Sow Sarr. "Il y a plus de risques de dissensions entre musulmans aujourd'hui, à cause des conflits entre communautés mouridiques et influences wahhabites, qu'entre musulmans et chrétiens", selon elle.

Dans le presbytère de la cathédrale de Dakar, sous un déluge de bougainvilliers, l'abbé Jacques Seck s'apprête à partir célébrer la Tabaski chez des amis musulmans. L'octogénaire, qui se définit comme un "musulman-chrétien", est un apôtre du dialogue interreligieux qui n'hésite jamais à mêler à ses sermons des versets du Coran.

"Cette tolérance entre les religions est à la racine de la société sénégalaise", explique-t-il, l'oeil vif derrière ses lunettes à double foyer. "La chance de ce pays, c'est qu'il est rare qu'une famille ne soit pas composée des membres des deux communautés. Cette diversité a construit le pays".

Nul ne peut le savoir mieux que lui, dont les ancêtres, musulmans comme chrétiens, reposent à l'ombre du même arbre, dans le cimetière interconfessionnel de Joal Fadiouth, dans l'ouest du Sénégal.

L'Eid célébrée au sein de la communauté musulmane sénégalaise

Les éleveurs au milieu de leur troupeau à Dakar, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, l'Eid sera célébrée ce lundi 12 août 2019 par la majorité de la communauté musulmane. Une période financièrement tendue pour les chefs de famille et les vendeurs de moutons qui se plaignent de plus en plus de leurs difficiles conditions de commerce.

La capitale sénégalaise vit au rythme de la fête de L'Eid El Kabir communément appelé Tabaski. Les rues sont remplies par les tentes qui servent d'enclos aux éleveurs de moutons.

Plusieurs de ces derniers sont des jeunes qui ont abandonné les études pour se lancer dans la vente de béliers. Iran Dione, vendeur de moutons, estime que "c'est une activité compliquée".

Moussa Tall tient son mouton de Tabaski, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)
Moussa Tall tient son mouton de Tabaski, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Assis entre deux gros béliers, il ajoute qu'un "budget est nécessaire pour se lancer dans ses opérations parce qu'il y a beaucoup de dépenses comme l'eau, le foin, en plus il fait extrêmement chaud."

Malgré les difficultés, certains lâchent leur activité traditionnelle pour se consacrer au business des moutons le temps de la fête de l'Eid.

Moussa Leye est un pêcheur mais depuis 15 ans, il se consacre également à la vente de bélier pour faire des économies. Il juge cependant que la vente de moutons est devenue un business pour riche, il estime que le métier "n'a pas d'avenir parce que beaucoup de gens s'intéressent maintenant à ce business et la plupart le font juste pour le profit."

Dépité, il voit d'un mauvais œil l'arrivée de nombreux éleveurs de types nouveaux qui "ont beaucoup plus de moyens et cherchent à faire beaucoup de plus de profits que les vendeurs ordinaires".

A Dakar, les riverains, les voitures et les moutons cohabitent, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)
A Dakar, les riverains, les voitures et les moutons cohabitent, Sénégal, le 10 août 2019. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Moussa Leye confie que "certains éleveurs ont abandonner le business à cause de ce phénomène malsain."

Les difficultés des éleveurs déteignent les prix des moutons ce qui complique la tâche des chefs de familles. Moussa Tall estime que les personnes avec une situation financière aisée doivent assister les démunis.

Pour lui, le partage doit primer car "la Tabaski est une opportunité de faire des actes de solidarité si on en a les moyens."

Moussa ajoute cependant que "les riches ont tendance à oublier le bas peuple en créant leur propre indisponibilité éteignant notamment leur téléphone".

Amer, ce père de famille estime que ceux qui font cela "n'ont pas compris l'aspect social de la vie".

L'Eid également appelée tabaski est l'une des plus grandes fêtes religieuses au Sénégal. C'est également un moment délicat pour les pères de familles aux moyens limités surtout que cette année le prix n des moutons est assez élevé à cause des difficultés rencontrées par les éleveurs.

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