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Paris condamne le projet danois de transférer ses demandeurs d'asile en Afrique


Des journaliers migrants africains à la recherche de petits emplois attendent sous un pont dans la capitale libyenne Tripoli pour être embauchés par des employeurs potentiels, le 6 mars 2021.

La décision du Danemark de délocaliser hors d'Europe ses centres de demandeurs d'asile est une "chimère", une "dérive très grave" et une "erreur politique", a jugé jeudi le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes.

"C'est une chimère (...) une fausse piste, une illusion. Ne faisons pas croire aux Européens (...) que c'est en Afrique qu'on va faire traiter la demande d'asile", a martelé Clément Beaune sur la chaîne Public Sénat.

"C'est une erreur politique", a-t-il ajouté, en déplorant qu'elle ait en outre été prise par le gouvernement social-démocrate de la Première ministre Mette Frederiksen.

"On reçoit des leçons souvent d'humanité de beaucoup de partis sociaux-démocrates européens. Franchement là, on a une dérive qui est très grave", a-t-il ajouté.

Le Danemark a adopté le 3 juin une loi prévoyant que tout demandeur d'asile dans ce pays, une fois sa demande enregistrée et à quelques rares exceptions près, comme une maladie grave, soit envoyé dans un centre d'accueil hors de l'Union européenne.

Le migrant restera ensuite dans ce pays hôte s'il obtient in fine le statut de réfugié. Et s'il ne l'obtient pas, il sera prié de partir du pays hôte.

Le gouvernement danois assure discuter avec cinq à dix pays, non identifiés. Les noms de l'Egypte, de l'Erythrée, de l'Ethiopie circulent dans la presse danoise. Mais c'est surtout avec le Rwanda que les discussions semblent les plus avancées.

"Est-ce que c'est acceptable sur le plan humain et même sur le plan de l'efficacité de créer des camps de migrants, qui ont le droit à l'asile potentiellement, dans des pays qui sont en Afrique, qui sont déjà en difficulté ? Honnêtement je crois que ce ne sont pas les valeurs européennes", a insisté Clément Beaune.

Des "réfugiés qui fuient la guerre, les persécutions politiques" vont s'entendre dire "on va faire traiter votre demande d'asile, votre 'accueil' par un pays qui est à plus de 10.000 kilomètres, avec lequel vous n'avez aucun lien", a-t-il déploré.

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