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Tchad

Pénurie de gaz à N'Djamena

Des bouteilles de gaz butane dans une boutique de N'Djamena, au Tchad, le 13 octobre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, le gaz butane se fait de plus en plus rare dans les points de vente. Cette situation fait suite à un malentendu entre le gouvernement tchadien et les Chinois en charge de l’exploitation de la raffinerie de N’Djamena.

Cette situation est la conséquence de l’application depuis un mois de l’accord signé en 2012 entre le gouvernement tchadien et la société chinoise.

Le directeur général adjoint de cette raffinerie Seïd Idriss Déby, l’un des fils du président de la République sur instruction du ministre du pétrole aurait tenté d’appliquer le texte en responsabilisant des personnes non qualifiées au moment où son directeur général était en congés.

Mécontents, les techniciens chinois ont arrêté la production pendant plusieurs jours.

Vue de la raffinerie de Djarmaya à N'Djamena, au Tchad, le 22 septembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Vue de la raffinerie de Djarmaya à N'Djamena, au Tchad, le 22 septembre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

Le ministre du Pétrole Boukar Michel a déclaré : "Après plusieurs négociations, nous pouvons dire à la population que le problème est résolu".

Il a expliqué qu’ils ont "accepté de reprendre mais avec la formation double cabine, un Chinois et un Tchadien au niveau de chaque poste. Vous avez vu c’est le chargement de GPL qui est en train d’être fait pour répondre aux besoins de la population".

"Répondre au besoin de la population", c’est une obligation pour un Etat responsable. Mais cette assurance, semble être une déclaration politique, alors que la structure des prix du gaz montrent bien que les consommateurs tchadiens sont les plus asphyxiés par le prix de l’aval pétrolier. Car toutes les taxes y compris le stockage de sécurité, qui d’ailleurs n’existe pas, sont comprises dans le prix de recharge.

"S’il n’y a pas d’argent, qu’on nous laisse au moins le gaz pour qu’on nous prépare à manger", se plaint un Tchadien. "Ça fait trois jours que je n’ai pas mangé. Le gaz est pratiquement invisible ces derniers temps dans les différents points de vente. Pour le moment nous ne savons quoi faire et où aller".

Pour le président du syndicat des grossistes et revendeurs de gaz Randa Bongo, les consommateurs ne vont retrouver le sourire que lorsque le retard créé par la rupture de production pendant 12 jours sera comblé.

"A N’Djamena, il y a une estimation d’à peu près 20 tonnes de gaz par jour", rappelle-t-il.

Les bouteilles de gaz butane dans une boutique de N'Djamena, au Tchad, le 13 octobre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)
Les bouteilles de gaz butane dans une boutique de N'Djamena, au Tchad, le 13 octobre 2018. (VOA/André Kodmadjingar)

"La raffinerie ne met à notre disposition que 14 tonnes, il y a un déficit de 6 tonnes par jour puisque la raffinerie ne produit pas. C’est sur le stock qui était resté là qu’ils sont en train de livrer aux marqueteurs. Donc on s’est rendu compte que quand la raffinerie s’est arrêtée le même jour, il n’y avait plus de gaz dans la ville. Or dans les conditions qui étaient fixés ce que les marqueteurs devaient avoir le stock de sécurité mais ce n’est pas le cas", indique-t-il.

Selon des sources proches de l’autorité de régulation du secteur pétrolier aval du Tchad, il faut moderniser le secteur en installant des dépôts stratégiques et sécuritaires pour pallier la pénurie dans les jours à venir. Il faut aussi combattre les criminels économiques qui pratiquent le système de transvasement des bouteilles de gaz indique la même source.

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L'opposition et la société civile tchadiennes organisent un forum citoyen

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La création du poste de vice-président ne fait pas l’unanimité chez les Tchadiens

Les officiels tchadiens à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Au Tchad, le gouvernement a validé la semaine dernière, en conseil des ministres, un projet de révision de la constitution. Une modification de la loi fondamentale pour tenir compte des résolutions issues du 2e forum national inclusif tenu à N’Djamena en octobre dernier.

Selon le projet de loi constitutionnelle, le vice-président sera nommé et révoqué par le président de la République. Il aidera le chef de l’Etat dans ses responsabilités et fonctions en cas d’absence du territoire ou d’empêchement temporaire. Une initiative qui va supprimer définitivement la primature.

"Nous avons défendu le principe de la vice-présidence parce que c’est logique avec la 4e République. Si on restaure la primature, ça veut dire qu’on remet en cause la 4e République et on revient avec un autre régime qui est parlementariste", a déclaré M. Abdéraman Djasnabaye, coordonnateur de la majorité présidentielle.

En cas de vacance de poste ou d’empêchement définitif, les attributions du chef de l’Etat sont provisoirement exercées par le vice-président. Il procédera à des nouvelles élections présidentielles 45 jours au moins et 90 jours au plus.

Pour Dr Nasra Djimasngar secrétaire général du parti "Un nouveau jour", l’opposition démocratique dans son ensemble et la société civile étaient catégorique à la création du poste de vice-président. "Le Tchad n’a pas besoin d’un vice-président parce que c’est un poste qui va diviser les Tchadiens", a-t-il indiqué.

Nasra Djimasngar, secrétaire national du parti Un Nouveau Jour à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)
Nasra Djimasngar, secrétaire national du parti Un Nouveau Jour à N'Djamena, le 18 juin 2019. (VOA/André Kodmadjingar)

Pour le constitutionnaliste Ahmat Mahamat Hassan, il faut expérimenter. En 2018 dit-il, c’était le système de la présidence intégrale, mais maintenant l’intégralité se limite avec le parlement qui sera secondé d’une chambre haute, le Sénat. Le constitutionnaliste estime que cela répond à des réalités politique du pays dans la recherche de la stabilité, et du vivre ensemble.

Pour beaucoup d’observateurs, la création du Sénat en elle même n’est pas mauvaise, puisqu’il jouera le rôle de négociateur pour des intérêts locaux entre l’assemblée nationale et l’exécutif.

Par contre, la création du poste de vice-président relève d’un calcul politique. Puisque le président actuel ouvre une possible succession par voie constitutionnelle d’un dauphin qu’il aura choisi pour pérenniser son régime.

Ahmat Mahamat Hassan, constitutionnaliste à N'Djamena, le 18 juin 2019.
Ahmat Mahamat Hassan, constitutionnaliste à N'Djamena, le 18 juin 2019.


Dr Djong-yang Dibam, publiciste et consultant indépendant, estime que deux scénarios sont envisageables.

Le premier scénario selon lui, c’est qu’en plein mandat présidentiel, le président peut décider de se retirer pour des raisons quelconques et se faire remplacer à la tête de l’Etat par un vice-président dauphin qu’il aura choisi.

Le second scénario, poursuit-il, c’est que le prédisent peut décider de ne plus se présenter à l’élection présidentielle, pas en avril 2021 mais au prochain scrutin, et d’investir un vice-président dauphin qui portera les couleurs du parti au pouvoir.

Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020.
Dr Djong-Yang Dibam, juriste publiciste au Tchad, le 26 avril 2020.

Mais, pour le constitutionnaliste Ahmat Mahamat Hassan, ce genre d’analyse semble être assez courte et sans fondement. "Si le président avait l’intention de transformer la forme républicaine de l’Etat en monarchie, il n’aurait pas accepté qu’il y ait une répartition de pouvoir entre lui et un vice-président", réplique-t-il.

Si ce projet de loi constitutionnelle validé par le conseil des ministres est adopté par l’assemblée nationale, c’est pour la troisième fois consécutive que la loi fondamentale sera modifiée en 30 ans de pouvoir d'Idriss Déby.

Les Tchadiens pourraient bientôt avoir un vice-président et des sénateurs
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Inondations: plus de 2000 ménages sans abri à N'Djamena

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Les Tchadiens pourraient bientôt avoir un vice-président et des sénateurs

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Les autorités tchadiennes veulent créer un poste de vice-président et un sénat

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