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L'opposition syrienne peaufine un plan de transition à Riyad

Des civils syriens ayant quitté Homs après une trêve locale arrivent à Idlib, le 10 décembre 2015. (REUTERS/Ammar Abdullah)

Des groupes politiques et militaires de l'opposition syrienne tentaient, jeudi à Riyad, de trouver un accord sur un plan de transition politique en dépit des divergences sur le sort de Bachar al-Assad.

Ce rassemblement sans précédent d'une centaine de délégués s'inscrit dans le cadre d'un processus diplomatique international censé amener opposition et régime syriens à la table des négociations pour mettre fin à un conflit qui, depuis 2011, a fait plus de 250 000 morts et poussé à l'exode des millions de personnes.

Les participants sont convenus, au premier jour de leurs discussions, de grands "principes" devant régir la gouvernance et la transition en Syrie, selon une source de la Coalition nationale, principale composante politique de l'opposition, basée à Istanbul.

Détourner la controverse autour du rôle d'Assad

Ils ont ainsi retenu le principe d'un "Etat civil et pluraliste" et convenu que "la transition politique relève de la responsabilité des Syriens", formule qui semble destinée à contourner la controverse autour du rôle du président Bachar al-Assad dans le processus politique.

Outre "l'attachement à l'intégrité territoriale de la Syrie", ils sont également d'accord sur "la préservation des structures de l'Etat, la restructuration des organes militaires et de sécurité, le refus du terrorisme et de la présence de combattants étrangers", a ajouté la même source, dont les propos ont été confirmés par un autre opposant.

Des combattants étrangers participent à la guerre en Syrie, du côté des rebelles comme du côté des forces gouvernementales.

A Ryad, les opposants ont en outre décidé de créer "une haute instance" de 23 à 31 membres pour superviser les négociateurs devant participer à d'éventuelles discussions avec le régime, selon une autre source de l'opposition.

Les monarchies du Golfe expriment leur soutien

Réunies en sommet annuel à Ryad, les monarchies du Golfe - dont l'Arabie saoudite et le Qatar qui soutiennent des groupes rebelles syriens, y compris dans la mouvance islamiste- ont exprimé leur soutien à "un règlement politique" en Syrie.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a toutefois répété à cette occasion que le président Bachar al-Assad devrait quitter le pouvoir, soit "par la négociation", soit "par la force".

Le chef de la Coalition nationale, Khaled Khoja, a relevé "une disposition de l'opposition à un règlement politique" et s'est dit "optimiste" quant à un accord sur la "formation d'une équipe de négociateurs" - dont les modalités précises continuent de diviser - en vue de discussions avec le régime.

Une vingtaine d'autres groupes de l'opposition, qui eux ne remettent pas en cause le régime Assad, se sont réunis mercredi à Damas et ont retenu "une liste de 10 à 20 représentants chargés de négocier avec le gouvernement" sous l'égide de l'ONU, selon Mahmoud Merii, secrétaire général de l'Action nationale démocratique.

Réunion entre groupes kurdes et arabes

Une troisième rencontre a réuni des groupes kurdes et arabes de l'opposition dans le nord-est de la Syrie pour élaborer un scénario de transition politique. Ils ont annoncé au terme de leurs discussions la création du Conseil démocratique syrien, qui sera la branche politique de la coalition militaire en première ligne dans la lutte contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Les débats à Ryad se déroulent dans le cadre d'un processus international relancé fin octobre à Vienne par 17 pays - dont Etats-Unis, Russie, Arabie saoudite, Iran et puissances européennes - et trois organisations internationales.

Ces acteurs internationaux ont fixé un calendrier prévoyant une rencontre à compter du 1er janvier entre représentants de l'opposition syrienne et du régime, avant un cessez-le-feu, la formation d'un gouvernement de transition dans les six mois et l'organisation d'élections d'ici 18 mois.

Rencontre tripartite vendredi à Genève

La Russie, les Etats-Unis et l'ONU doivent se retrouver vendredi à Genève pour discuter du processus de transition politique en Syrie, une semaine avant une nouvelle réunion internationale sous le format de Vienne prévue à New York, selon Moscou et Washington.

Le porte-parole du département d'Etat américain John Kirby a précisé que la rencontre tripartite devrait être axée sur les "progrès vers une transition politique et, précisément, pour essayer d'obtenir le cadre et l'architecture d'un cessez-le-feu" en Syrie.

La Russie et les Etats-Unis interviennent militairement séparément en Syrie, mais sont impliqués ensemble dans le processus diplomatique, même s'ils divergent sur le sort du président Assad.

Avec AFP

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Soudan: Manifestation contre la normalisation avec Israël

Des manifestants soudanais brûlent un drapeau israélien à Khartoum, le 17 janvier 2021.

Des dizaines de manifestants soudanais ont brûlé le drapeau israélien dimanche à Khartoum pour protester contre la décision des autorités de normaliser les relations avec Israël.

Ils se sont rassemblés devant le siège du gouvernement, scandant des slogans anti-Israël et brandissant des pancartes avec les mentions "la normalisation est une trahison" ou "la normalisation est un crime". Une autre bannière dénonce l'accord de normalisation comme "un chantage américain".

Le 6 janvier, à l'occasion de la visite du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, le Soudan a signé un accord de normalisation avec Israël et obtenu simultanément une aide financière des Etats-Unis, quelques semaines après le retrait de Khartoum de la liste américaine des Etats accusés de financer le terrorisme.

L'accord de normalisation doit encore être ratifié par le pouvoir législatif avant d'entrer en application. Or le Soudan ne dispose toujours pas d'un Parlement de transition.

Les autorités soudanaises de transition sont en place depuis la révolte populaire qui a chassé du pouvoir le président Omar el-Béchir en avril 2019.

Tant attendu par Khartoum, le retrait de la liste noire américaine devrait offrir une bouffée d'oxygène à l'économie du Soudan décimée par les sanctions américaines, la mauvaise gestion et les conflits armés sous Omar el-Béchir, aujourd'hui en prison.

La Suisse invente le service militaire à domicile

Des réservistes de l'armée suisse déployés pour soutenir les hôpitaux publics dans la lutte contre le COVID-19 à Biere, en Suisse, le 27 mai 2020.

Pour diminuer le risque de propagation du Covid-19 dans ses casernes, l'armée suisse a décidé que plusieurs milliers de ses recrues commenceraient leur service militaire à la maison.

"C'est assez nouveau", concède Daniel Reist, le porte-parole de l'armée suisse, interrogé par l'AFP, mais en ces temps de pandémie, "c'est la solution idéale qui s'est imposée".

Considérée comme un pilier de la nation, l'armée suisse est organisée comme une milice: encadrés par quelques milliers de professionnels, les conscrits doivent effectuer un service militaire de quatre mois minimum avant d'être appelés tous les ans à participer à des sessions de trois semaines d'entraînement.

Cette année, quelque 15.000 jeunes Suisses et Suissesses devaient effectuer leur service militaire, appelé aussi "école de recrue".

Mais en cas d'arrivée massive parmi ces jeunes de contaminés du Covid, l'armée craignait de ne pas avoir la capacité de les prendre en charge.

L’entrée physique dans l'école de recrues est donc "échelonnée afin de s'assurer que toute recrue dont le test est positif au Covid-19 soit prise en charge de manière optimale et que des mesures d'isolement et de quarantaine appropriées puissent être mises en œuvre", explique le département fédéral de la Défense dans un communiqué.

Un premier groupe, comprenant notamment des "recrues sanitaires" dont la mobilisation est considérée comme plus urgente pour éventuellement épauler les troupes déjà mobilisées auprès des personnels civils dans les hôpitaux suisses, va bien entrer en caserne dès lundi.

"Téléservice militaire"

Mais pour quelque 5.000 des 15.000 recrues de cette année, le réveil au son du clairon ou les séances de garde-à-vous sur la place d'armes attendront.

Elles commenceront leur formation depuis chez elles pendant trois semaines avant de pouvoir à leur tour rejoindre la caserne. Une sorte de "téléservice militaire", comme l'a appelé le quotidien lausannois Le Temps dans un article ironiquement titré "L'avènement du militaire de canapé".

"Ils ont tous reçu cette semaine le programme d'enseignement, ce sont des modules (...) qu'ils doivent faire à la maison, c'est un travail théorique, à l'écran", explique M. Reist.

Fonctionnement de leur arme de service, enseignement sur les armes bactériologiques et chimiques, règlements militaires, protection sanitaire: les recrues devront potasser avant d'enfiler l'uniforme pour de vrai.

"Nous leur laissons le choix de quand ils veulent faire leurs leçons", souligne M. Reist. "Nous partons du principe que quelqu'un qui fait les leçons sérieusement a besoin de six heures de télétravail par jour".

Via une application spécifique, "quatre heures d'entraînement sportif par semaine" sont également prévues.

A noter que ces trois semaines seront considérées comme "entièrement imputées en tant que jours de service" et donc rémunérées dans le cadre de la solde que reçoit chaque recrue pendant son école.

"Jouer aux policiers"

L'innovation en amuse certains - "à quand la guerre depuis son canapé", plaisante un internaute réagissant à un article sur le sujet sur le site du Matin.fr.

D'autres trouvent l'idée un peu légère, comme Stefan Holenstein, président de la Société suisse des officiers, cité dans Le Temps: "Je conçois qu’il faille actuellement faire des concessions non conventionnelles mais je suis quand même sceptique. Le service militaire a un caractère pratique et social qui ne peut être remplacé par de l’e-learning".

Le militaire s'inquiète également du manque de contrôle exercé sur les activités de "téléservice militaire".

"Nous ne pouvons pas jouer aux policiers chez 5.000 jeunes personnes", admet M. Reist "mais c'est clair qu'il y a certaines règles" et le "système remarque si quelqu'un n'est jamais dessus".

Les futurs cadres de ces recrues, chefs de section et de compagnie vont prendre contact avec elles et une "hotline" est là pour les aider si nécessaire, assure encore le porte-parole de l'armée.

Enfin, à leur arrivée en caserne après trois semaines d'armée à la maison, elles seront soumises à des tests de connaissances.

"Ceux qui ne réussissent pas n'auront plus tellement de permissions de sorties", prévient M. Reist.

Des centaines de migrants quittent le Honduras en quête du rêve américain

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