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Où en est l'enquête sur l'assassinat du président haïtien?

Le président Jovenel Moise s'exprime lors d'une interview avec Reuters au Palais national de Port-au-Prince, en Haïti, le 11 janvier 2020.

Moins d'une semaine après l'assassinat du président haïtien Jovenel Moïse, la confusion règne toujours sur les circonstances et raisons de sa mort, malgré une série d'arrestations de suspects. Voici ce que l'on sait sur cette situation extrêmement nébuleuse.

Un mystérieux "docteur" haïtien

L'attention de la police haïtienne se porte sur un ressortissant haïtien ayant des "objectifs politiques", arrêté dimanche et accusé d'avoir recruté le commando qui a assassiné le président Jovenel Moïse dans la nuit de mardi à mercredi.

海地国家警察局官方推特账号发布的克里斯蒂安·伊曼纽尔·萨农资料照片
海地国家警察局官方推特账号发布的克里斯蒂安·伊曼纽尔·萨农资料照片

Christian Emmanuel Sanon, homme de 63 ans de nationalité haïtienne basé en Floride, serait arrivé dans le pays en juin "à bord d'un avion privé" accompagné de ressortissants colombiens, avec pour but initial de "procéder à l'arrestation du président de la République", selon Léon Charles, directeur de la police nationale haïtienne.

Les Colombiens étaient chargés d'assurer la sécurité de M. Sanon, mais "la mission a ensuite changé", a indiqué M. Charles.

Peu d'informations ont filtré sur le profil du suspect, qui se présente comme un "docteur" qui "joue un rôle de leader pour Haïti à travers une vie d'action positive et d'intégrité absolue" dans un compte Twitter portant son nom.

Dans plusieurs vidéos postées en 2011 sur une chaîne Youtube à son nom, il semble se présenter comme un potentiel dirigeant, et critique le pouvoir haïtien et la corruption.

"Où sont les dirigeants d'Haïti? Nulle part, vous savez pourquoi? Parce qu'ils sont corrompus", affirme-t-il.

Cette version officielle apparaît toutefois lacunaire, et ne répond pas à la question pressante pour ce petit pays accablé par la corruption et la pauvreté: qui a pu financer une telle opération?

M. Sanon, aux multiples sociétés inopérantes, s'était placé en situation de faillite, selon le Miami Herald. Par ailleurs, il n'avait pas le droit d'exercer la médecine en Floride. La police haïtienne a aussi évoqué deux autres mystérieux "auteurs intellectuels" sans donner de précisions.

Liens ténébreux avec l'étranger

Haiti: Deux personnalités revendiquent le titre de Premier ministre
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Un docteur vivant aux Etats-Unis, des "mercenaires" majoritairement colombiens... Partout dans l'enquête, des liens avec l'étranger ressortent.

La police haïtienne a dit dimanche avoir arrêté 21 personnes, parmi lesquelles se trouvaient 18 Colombiens et 3 Haïtiens (deux d'entre eux ayant aussi la nationalité américaine).

Bogota a confirmé qu'une grande partie des hommes arrêtés étaient d'ex-membres de son armée. Les anciens militaires colombiens, forts de leur expérience de décennies de lutte contre les guérillas et le narcotrafic, sont des mercenaires très prisés.

La police haïtienne accuse notamment Christian Emmanuel Sanon d'avoir recruté les 26 membres du commando en faisait appel à une entreprise vénézuélienne de sécurité nommée CTU, basée en Floride.

Une femme, se présentant comme la compagne d'un des Colombiens arrêtés, a elle affirmé que son mari avait été approché par une entreprise lui proposant un salaire de "2.700 dollars mensuels" pour rejoindre le commando.

Bogota enquête par ailleurs sur plusieurs déplacements en Colombie de Dimitri Hérard, le chef de la sécurité de Jovenel Moïse. M. Hérard fait partie de responsables convoqués au parquet de Port-au-Prince après la facilité apparemment déconcertante avec laquelle des tueurs ont assassiné le chef de l'Etat haïtien.

Il s'est rendu à plusieurs reprises en Equateur, au Panama et en République dominicaine, via la Colombie entre janvier et mai 2021, et la police colombienne vérifie actuellement les activités auxquelles il s'est livré dans ces pays.

Une gouvernance chaotique

Haiti: "Nous sommes dans une situation non constitutionnelle", selon une ex-sénatrice
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Trois hommes apparaissent rivaliser pour assumer le pouvoir dans le pays déjà plongé dans une grave crise à la fois politique, économique et sécuritaire, rajoutant à l'imbroglio politique.

L'assassinat s'est en effet produit deux jours après que le président eut nommé un nouveau Premier ministre, Ariel Henry, en remplacement du chef de gouvernement par intérim, Claude Joseph.

Quelques heures après la mort du président, Claude Joseph a déclaré avoir la charge des affaires courantes, décrétant notamment l'état de siège. Mais le Premier ministre sortant a vu sa légitimité rapidement remise en cause.

Huit des dix sénateurs encore en fonction ont signé vendredi soir une résolution offrant à Joseph Lambert, président du Sénat, le titre de président provisoire de la République. La prestation de serment de M. Lambert, prévue samedi, a été reportée sine die, par manque d'élus présents.

Jovenel Moïse n'ayant pas organisé d'élections depuis son arrivée au pouvoir, les mandats des parlementaires sont arrivés à expiration et le pays ne compte plus que dix représentants nationaux élus.

"La nature et la façon dont le président a été assassiné ont rendu encore plus urgent la nécessité d'une véritable reconstruction et d'un soutien à la transition démocratique en Haïti", affirme Horace Campbell, professeur de science politique à l'université de Syracuse.

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Heurts, pleurs et contestation dans la ville camerounaise de Buea

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Au moins 32 morts après des explosions dans une mosquée chiite en Afghanistan

Des Afghans inspectent les dégâts à l'intérieur d'une mosquée chiite à Kandahar le 15 octobre 2021, après un attentat suicide à la bombe lors de la prière du vendredi.

Au moins 32 personnes ont été tuées dans des explosions survenues vendredi dans une mosquée chiite de la ville de Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan, une semaine après un attentat sanglant dans les mêmes circonstances à Kunduz (nord-est), revendiqué par l'organisation État islamique (EI).

"Trente-deux morts et 53 blessés ont été amenés à notre hôpital jusqu'ici", a déclaré à l'AFP un porte-parole de l'hôpital central de Kandahar, sous couvert d'anonymat.

Les explosions ont touché la mosquée Fatemieh, également connue sous le nom de mosquée Imam Bargah, dans le centre de Kandahar, la deuxième plus grande ville du pays, au moment de la grande prière hebdomadaire du vendredi, a constaté un journaliste de l'AFP.

Un témoin, ayant requis l'anonymat, a raconté à l'AFP avoir entendu trois explosions, une à la porte principale de la mosquée, une autre dans sa partie sud et la dernière là où les croyants viennent faire leurs ablutions.

Une quinzaine d'ambulances se sont rendues sur place, alors que les forces de sécurité talibanes ont été déployées aux abords du site, dont l'accès restait bloqué, a constaté le journaliste de l'AFP.

De premières images de l'intérieur de la mosquée, ne pouvant être authentifiées dans l'immédiat, montraient des corps ensanglantés étendus sur le sol de la mosquée.

Ces explosions surviennent exactement une semaine après un attentat-suicide contre une mosquée chiite de Kunduz (nord-est), revendiqué par l'EI et qui a fait plusieurs dizaines de victimes.

'Hérétique'

"Nous sommes attristés d'apprendre qu'une explosion a eu lieu dans une mosquée de la confrérie chiite (...)de la ville de Kandahar, dans laquelle un certain nombre de nos compatriotes ont été tués et blessés", a tweeté le porte-parole taliban du ministère de l'Intérieur, Qari Sayed Khosti.

"Des forces spéciales de l'Émirat islamique sont arrivées dans la zone pour déterminer la nature de l'incident et traduire les auteurs en justice", a-t-il ajouté.

Ce probable attentat n'a pas été revendiqué à ce stade.

Depuis leur arrivée au pouvoir le 15 août, les talibans, qui font du retour de la sécurité dans le pays après vingt ans de guerre leur priorité, sont confrontés à une vague d'attentats sanglants, menés par l'EI.

Sa branche locale, l’État islamique-Khorasan (EI-K), a ciblé ces dernières semaines les talibans et la minorité chiite afghane.

Vendredi dernier, à Kunduz, à la même heure, un kamikaze a déclenché un gilet explosif dans la foule lors de la grande prière du vendredi à la mosquée chiite de Gozar-e-Sayed, tuant au moins une quarantaine de fidèles.

L'attentat de Kunduz est l'attaque la plus meurtrière depuis le départ des troupes américaines du pays le 30 août.

L'EI-K, groupe sunnite rival des talibans et qui se présente comme le seul garant d'une vision aboutie de l'islam, a ciblé à de très nombreuses reprises ces dernières années la minorité chiite, considérée comme "hérétique".

Les talibans eux-mêmes s'en sont souvent pris dans le passé aux chiites afghans, membres de la communauté hazara, qui représente entre 10 et 20% de la population afghane (environ 40 millions d'habitants).

Mais depuis leur arrivée au pouvoir, ils se sont déterminés à en garantir la sécurité.

Un tueur d'enfants en série lynché par la foule après son évasion au Kenya

La police kenyane portant des matraques et des gaz lacrymogènes patrouille à la recherche de personnes après le couvre-feu dans le bidonville de Kibera à Nairobi, Kenya, le 29 mars 2020.

Des villageois kenyans ont lynché vendredi un tueur en série d'enfants, décrit comme un "vampire assoiffé de sang", quelques jours après son évasion durant une garde à vue, selon les autorités kényanes.

Masten Milimo Wanjala, âgé de seulement 20 ans, avait été arrêté le 14 juillet pour la disparition de deux enfants, mais dans des aveux glaçants, il avait reconnu avoir tué au moins 10 autres personnes sur une période de cinq ans, "parfois en suçant le sang de leurs veines avant de les exécuter", avait alors déclaré la Direction des enquêtes criminelles (DCI) kenyane.

Le jeune homme devait comparaître mercredi devant un tribunal de Nairobi pour les meurtres de deux enfants de 12 et 13 ans, mais avait disparu du commissariat à l'appel du matin. Trois agents de police avaient été arrêtés et présentés à un juge jeudi pour répondre de la fuite de l'accusé.

Mais une foule l'a rattrapé vendredi près de chez lui, où il a été identifié par des écoliers à Bungoma, à plus de 400 km du poste de police dont il s'était échappé.

"Il est originaire de cette région et les enfants l'ont vu et reconnu. Le bruit a couru et les habitants ont commencé à le poursuivre", a déclaré Bonface Ndiema, administrateur de la région. "Il a fini par se réfugier dans la maison d'un voisin mais il a été débusqué et lynché" par la foule.

Le porte-parole de la police, Bruno Shiosho, a déclaré à l'AFP qu'ils avaient lancé une enquête médico-légale sur l'identité de l'homme lynché.

"Les habitants ont dit que c'était lui. Pour l'instant, nous pouvons confirmer qu'un homme que les habitants disent être Masten Wanjala, qui était en fuite, a été lynché à Bungoma", a-t-il déclaré.

En juillet, la police avait décrit l'arrestation de Wanjala comme une avancée majeure dans une enquête sur une série de disparitions d'enfants inquiétantes dans ce pays d'Afrique de l'Est.

Les victimes étaient droguées et vidées de leur sang. Certaines d'entre elles ont été étranglées, selon la police. La première victime de Wanjala était une fillette de 12 ans enlevée il y a cinq ans dans le comté de Machakos, à l'est de Nairobi.

Les corps de plusieurs enfants dont on craint qu'ils soient morts aux mains de Wanjala n'ont pas encore été retrouvés, selon la police.

Jules Alingete Key: "Résister à la corruption, c'est tout d'abord un état d'esprit"

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Trois policiers Kenyans arrêtés après la fuite d'un tueur en série d'enfants

La police anti-émeute tire à balles réelles en l'air pour disperser les partisans de la coalition de l'opposition kenyane National Super Alliance (NASA) à Nairobi, Kenya, le 17 novembre 2017. (REUTERS/Baz Ratner)

Trois policiers kényans ont été arrêtés et présentés à un juge jeudi pour répondre de la fuite d'un tueur en série d'enfants, présenté comme un "vampire assoiffé de sang", trois mois après son arrestation.

Masten Milimo Wanjala avait été arrêté le 14 juillet dans une enquête sur la disparition de deux enfants, mais lors d'aveux glaçants, il avait admis en avoir tué au moins dix autres ces cinq dernières années.

"Wanjala a massacré seul ses victimes de la manière la plus impitoyable, parfois en suçant le sang de leurs veines avant de les assassiner", avait déclaré au moment de son arrestation la Direction des enquêtes criminelles (DCI) sur Twitter, le décrivant comme un "vampire assoiffé de sang".

L'homme âgé de 20 ans devait être présenté au tribunal mercredi pour s'expliquer sur ses meurtres, qui visaient des enfants de 12 et 13 ans, mais sa disparition du commissariat de Nairobi où il était détenu a été signalée au moment de l'appel du matin

Les trois policiers en service à ce moment-là ont été arrêtés et les recherches pour retrouver le meurtrier se poursuivent, a indiqué à l'AFP le chef de la police de Nairobi, Augustine Nthumbi.

Les agents ont été présentés à un tribunal jeudi à Nairobi, mais aucune charge ne leur a été signifiée.

Le parquet a demandé qu'ils soient mis en détention pendant 14 jours, le temps de vérifier s'ils ont facilité la fuite de Masten Milimo Wanjala ou "fait preuve de négligence pour l'empêcher". Le tribunal se prononcera vendredi sur cette demande.

L'autorité indépendante de contrôle de la police, l'IPOA, a annoncé jeudi qu'elle enquêtait elle aussi sur cette fuite.

L'arrestation de Wanjala en juillet avait été présentée par la police comme une avancée majeure dans l'enquête sur une vague de disparitions inquiétantes d'enfants au Kenya

Ses victimes étaient droguées et vidées de leur sang et certaines d'entre elles étranglées, selon la police.

Selon la police, la première victime de Wanjala était une fillette de 12 ans, enlevée il y a cinq ans dans le comté de Machakos, à l'est de Nairobi.

Le meurtre de sa victime suivante avait suscité de vives protestations dans l'ouest du Kenya, où les habitants avaient incendié la maison d'une personne qu'ils soupçonnaient d'avoir tué le garçon.

Certains corps "ont été jetés dans des fourrés", d'autres "abandonnés dans les égouts", avait indiqué la DCI en juillet, ajoutant que les restes de plusieurs autres enfants dont on craint qu'ils aient été tués par Wanjala n'ont pas encore été retrouvés.

Wanjala ne s'est pas excusé de ses meurtres, déclarant au contraire aux enquêteurs qu'il y avait pris "beaucoup de plaisir".

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