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L'Iran traite Netanyahu de "menteur invétéré" sur le nucléaire


Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu présente des documents sur le développement des armes nucléaires iraniennes lors d'une conférence de presse à Tel Aviv, le 30 avril 2018.

Les accusations lancées par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à propos du programme nucléaire de l'Iran sont l’œuvre d'"un menteur invétéré, en panne d'idées", a affirmé le ministère des Affaires étrangères iranien.

Ces allégations "éculées, sans intérêt, et honteuses" sont celles de "dirigeants sionistes [qui] ne voient pas d’autres moyens pour assurer la survie de leur régime illégal que de menacer les autres en usant d’un bluff ressassé", avance le ministère dans un communiqué publié sur son site internet.


"Netanyahu et le tristement célèbre régime sioniste tueur d'enfants devraient pourtant comprendre que l’opinion publique mondiale est suffisamment éduquée et sage" pour ne pas croire de tels propos, conclut le texte.

M. Netanyahu a affirmé lundi soir devant les télévisions israéliennes qu'Israël disposait de "preuves concluantes" sur l'existence d'un plan "secret" que l'Iran pourrait activer à tout moment pour se doter de la bombe atomique.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a toutefois réitéré mardi n'avoir "aucune indication crédible d'activités en Iran liées au développement d'un engin nucléaire après 2009", en réponse aux accusations israéliennes.

>> Lire aussi : Netanyahu dit avoir des "preuves concluantes" d'un programme nucléaire iranien secret

M. Netanyahu a tenu ces propos alors que le président américain Donald Trump doit annoncer d'ici au 12 mai s'il retire --comme il a menacé à de nombreuses reprises-- ou non les États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu en juillet 2015 à Vienne.

Cet accord entre la République islamique et le Groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) prévoit la limitation du programme nucléaire iranien en échange de la levée des sanctions internationales.

Pourfendu depuis le début par M. Netanyahu, l'accord de Vienne est présenté par ses partisans comme le meilleur moyen d'éviter que l'Iran n'obtienne l'arme nucléaire.


Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif avait réfuté dès lundi soir les accusations de M. Netanyahu en les qualifiant de "pseudo-révélations".

"Que croire ?"

Dans un nouveau Tweet mardi, M. Zarif reproche à son homologue américain, Mike Pompeo, de tenir des propos contradictoires sur l'Iran.

Selon le ministre iranien, le 12 avril, "Pompeo avait déclaré qu'il n'était pas nécessaire de s'embêter à tuer [l'accord nucléaire] car l'Iran 'ne courait pas après l'arme [atomique] avant l'accord'. M. Zarif faisait référence à des propos du secrétaire d’État devant une commission du Sénat.

>> Lire aussi : Pompeo exprime la ligne dure américaine sur l'Iran

"Maintenant [il] dit [qu'il est] 'temps de reconsidérer la question de savoir si l'on peut faire confiance à l'Iran [et lui permettre] d'enrichir" de l'uranium, ajoute M. Zarif, en évoquant des propos tenus à des journalistes dans la nuit par M. Pompeo après la présentation télévisée de M. Netanyahu.

"Que faut-il croire ?" demande M. Zarif.

Dans les rues de Téhéran, les avis étaient partagés après les accusations israéliennes.

Seyed Ahmad Moghadasi, chauffeur, juge que la prestation de M. Netanyahu a été "ridicule au possible". Pour lui, il ne fait aucun doute que les États-Unis ne vont pas quitter l'accord nucléaire.

M. Trump "va rester car 99% de la planète a accepté [cet accord]. Le pour cent restant, c'est soit Netanyahu soit Trump, qui ne valent rien de toute façon face au monde entier", croit-il.

Employé de bureau, Alireza ne partage pas cet optimisme. Pour lui, le pari d'ouverture du président Hassan Rohani, acteur principal, côté iranien, de l'accord nucléaire, ne porte pas ses fruits et tournerait même au désavantage de l'Iran, "assiégé" par Washington.

"Je pense qu'une guerre pourrait éclater dans quelque temps" contre l'Iran, dit-il, s'inquiétant du déploiement de l'armée américaine autour de son pays.

Avec AFP

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