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Lutte contre Boko Haram : des camps de déplacés même dans Abuja

Abubakar Abuba, 12 ans, dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja au Nigeria, le 8 mars 2016.
Abubakar Abuba, 12 ans, dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja au Nigeria, le 8 mars 2016.

Selon les autorités, la menace Boko Haram a beaucoup diminué au Nigeria. Jusque dans la capitale, on ressent toutefois les effets néfastes des jihadistes. Abuja abrite ainsi des camps de déplacés improvisés. Reportage de Nicolas Pinault.

La musique résonne dans le camp de déplacés de New Kuchogoro. Ce jour-là, on célèbre un mariage. Des sourires illuminent les visages, c'est un moment de bonheur. Pourtant le quotidien des habitants de ce camp improvisé est loin d’être facile.

Reportage de Nicolas Pinault avec les deplacés ayant fui Boko Haram
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Quelque 1 125 personnes s’entassent depuis deux ans ici, à quelques kilomètres du centre-ville d’Abuja, la capitale nigériane.

La plupart des habitants viennent des Etats de Borno ou Adamawa, là où Boko Haram fait régner la terreur depuis des années.

C'est le cas de Lami John, une jeune femme qui a été kidnappée pendant deux semaines par les jihadistes du côté de Gwoza. Elle montre une cicatrice au-dessus de sa cheville droite : "Quand ils m’ont kidnappée, ils m’ont demandé de les suivre et j’ai refusé. Donc pour me punir ils m’ont tiré dessus, dans la jambe. Aujourd’hui encore, parfois, ça me fait mal."

Huit camps comme celui-ci existent en périphérie d’Abuja. Les autorités n’interviennent pas vraiment. Ce sont les associations caritatives qui soulagent les déplacés.

Aide insuffisante

Al Hadji Usman Adamu est le chef du camp de New Kuchogoro : "Des gens viennent nous voir tous les jours pour nous aider, nous donner de la nourriture et du matériel, ce sont des ONG. On a reçu de l’aide du gouvernement mais c’est insuffisant, jusqu’à présent seulement deux fois, en deux ans."

La solidarité existe mais les habitants du camp vivent dans une grande précarité, notamment en matière de soins médicaux.

Musa Haruna a fui l’Etat de Borno il y a deux ans après une attaque. Ce père de famille de 32 ans s’inquiète pour la santé de son enfant : "Nous souffrons parce qu’on n’a pas d’argent pour acheter ce qu’on veut. Quand on est malade, il n’y a pas d’argent pour aller à l’hôpital. Même mon bébé qui a un an est malade car je n’ai pas d’argent. Ce n’est pas bon, il nous faut survivre."

Tous les déplacés de New Kuchogoro espèrent un jour pouvoir rentrer chez eux si la paix est de retour dans leur village.

En images : à Abuja, un camp de déplacés pour les Nigérians qui fuient Boko Haram

Un enfant regarde sa mère faire la lessive, dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
1/9 Un enfant regarde sa mère faire la lessive, dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
Des tentes du camp de déplacés de New Kuchogoro, le 7 mars 2016 à Abuja. (VOA/Nicolas Pinault)
2/9 Des tentes du camp de déplacés de New Kuchogoro, le 7 mars 2016 à Abuja. (VOA/Nicolas Pinault)
Des eaux usées dans le camp de New Kuchogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
3/9 Des eaux usées dans le camp de New Kuchogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
Lami John a quitté Gwoza, dans l'Etat de Borno, après une attaque de Boko Haram sur son village. Elle a été kidnappée pendant 15 jours et des militants du groupe terroriste lui ont tiré dans la jambe. 7 mars 2016, Abuja. (VOA/Nicolas Pinault)
4/9 Lami John a quitté Gwoza, dans l'Etat de Borno, après une attaque de Boko Haram sur son village. Elle a été kidnappée pendant 15 jours et des militants du groupe terroriste lui ont tiré dans la jambe. 7 mars 2016, Abuja. (VOA/Nicolas Pinault)
Des forces de sécurité patrouillent dans le camp de déplacés de New Kochogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
5/9 Des forces de sécurité patrouillent dans le camp de déplacés de New Kochogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
Musa Haruna, 32 ans, vit dans le camp New Kuchogoro depuis 2014. Il a affirmé à VOA Afrique qu'il était inquiet pour la santé de son enfant car il n'a plus d'argent. 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
6/9 Musa Haruna, 32 ans, vit dans le camp New Kuchogoro depuis 2014. Il a affirmé à VOA Afrique qu'il était inquiet pour la santé de son enfant car il n'a plus d'argent. 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
Abubakar Abuba, 12 ans, a quitté l'Etat de Borno à cause de Boko Haram. Il vit dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja. 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
7/9 Abubakar Abuba, 12 ans, a quitté l'Etat de Borno à cause de Boko Haram. Il vit dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja. 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
Un père marche avec son fils près des ordures, dans le camp de déplacés de New Kochgoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
8/9 Un père marche avec son fils près des ordures, dans le camp de déplacés de New Kochgoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
Des femmes attendent pour obtenir de l'eau dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
9/9 Des femmes attendent pour obtenir de l'eau dans le camp de déplacés de New Kuchogoro, à Abuja, le 7 mars 2016. (VOA/Nicolas Pinault)
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