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Niger : 12 militaires et un civil arrêtés pour le putsch déjoué de décembre


Mahamadou Issoufou, le président du Niger
Mahamadou Issoufou, le président du Niger

Le ministre de la Défense Mahamadou Karidjo confirme l’arrestation de 12 militaires et un civil nigériens accusés d’être impliqués dans le cadre de la tentative de coup d'Etat que les autorités ont dit avoir déjouée à la mi-décembre.

"A ce jour les enquêteurs ont situé la responsabilité de treize personnes dont dix militaires des Forces armées nigériennes (FAN), deux Gardes nationaux et un civil", a indiqué à la télévision d'Etat M. Karidjo, qui a précisé que l'enquête préliminaire confiée à la gendarmerie parvenait "à son terme".

Selon le ministre, "quatre des personnes" soupçonnées "ont reconnu avoir être en train de préparer un coup d'Etat" pour le 18 décembre 2015, jour du 57e anniversaire de la République du Niger, ancienne colonie française.

"Les officiers dont les responsabilités sont établis (...) comparaîtront devant le tribunal militaire", a-t-il souligné.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait affirmé le 17 décembre qu'une tentative de coup d'Etat visant à "une déstabilisation des institutions" avait été déjoué.

Tensions politiques au Niger à l'approche de la présidentielle

Cette annonce et la vague d'arrestations de militaires qui a suivi ont contribué à tendre le climat politique à l'approche de la présidentielle du 21 février où quinze candidats, dont le président, sont en lice.

Le ministre de la Défense a confirmé que Hama Amadou, opposant et un des candidats à la présidentielle, avait été "entendu" dans le cadre de l'enquête sur le putsch déjoué, dans sa prison de Filingué, au nord de la capitale, où il est incarcéré depuis deux mois pour son implication présumée dans un trafic de bébés avec le Nigeria.

"Dix autres civils et trois agents des douanes" ont également été arrêtés "pour vérification sur leur implication éventuelle dans la même affaire", a affirmé le ministre.

Il s'est refusé à toute information sur l'identité des suspects.

Le ministère de l'Intérieur avait pour sa part indiqué à la mi-décembre que, parmi les personnes arrêtées, figuraient le général Souleymane Salou, 62 ans, ancien chef d'état-major, le colonel Idi Abdou Dan Haoua, commandant de la base aérienne de Niamey, et le commandant Naré Maidoka, chef du 1er Bataillon d'Artillerie de Tillabéri, une ville de l'ouest proche de la frontière avec le Mali.

L'opposition exprime de sérieux doutes

Issoufou Oumarou, commandant d'une force spéciale de lutte antiterroriste logée à la présidence, et le capitaine Amadou Chékaraou, autre responsable d'une unité d'élite antiterroriste basée au nord de la capitale, figurent aussi parmi les détenus, selon la même source.

Des opposants avaient émis des doutes sur le complot après sa dénonciation par le président Issoufou.

"On a les plus grandes réserves", le chef de l'Etat "ne nous a donné aucune preuve. Nous sommes dans l'incertitude", avait affirmé à l'AFP l'opposant et candidat à la présidentielle Amadou Boubacar Cissé.

Fin décembre, l'opposition nigérienne avait évoqué "des arrestations extrajudiciaires" de plusieurs de ses membres "par la DGDSE" (Direction générale de la sécurité extérieure) directement rattachée à la présidence de la République pour "des raisons encore inconnues".

Une marche programmée pour dimanche dernier par l'opposition à Niamey pour protester contre des "arrestations arbitraires" a été interdite et lundi les avocats du Niger ont observé une journée de grève pour dénoncer le refus des autorités de les laisser voir leurs clients détenus en lien avec le putsch.

Avec AFP

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