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Cinq morts dans des violences au Nicaragua

Marche des étudiants contre le président du Nicaragua, Daniel Ortega, à Managua, au Nicaragua, le mercredi 30 mai 2018.

Le président nicaraguayen Daniel Ortega, confronté à des manifestations et des demandes de démission et d'élections anticipées, a affirmé mercredi devant plusieurs milliers de ses partisans qu'il resterait au pouvoir.

La journée a été marquée par une recrudescence des violences entre partisans et adversaires du pouvoir qui ont fait cinq morts et de nombreux blessés selon diverses sources.

"Le Nicaragua nous appartient à nous tous et nous restons tous ici", a lancé M. Ortega à la foule lors d'un vaste rassemblement convoqué dans le nord de Managua, la capitale nicaraguayenne.

C'était la première fois que le président sandiniste réagissait aux demandes de l'opposition que des élections anticipées soient convoquées pour abréger son mandat, qui court en principe jusqu'en janvier 2022.

M. Ortega fait face depuis le 18 avril à une vague de contestation sans précédent. Des manifestations lancées par les étudiants, rejoints ensuite par d'autres secteurs de la population, ont été durement réprimées par les forces de l'ordre.

Le bilan établi par l'AFP sur la base des déclarations de la police et du Centre nicaraguayen des droits de l'homme (Cenidh) était mercredi soir de 92 morts.

'Ni pardon ni oubli'

Après le discours de M. Ortega, des affrontements ont eu lieu près du site du rassemblement sandiniste. C'est là que l'opposition avait choisi de terminer une marche qui avait à sa tête des dizaines de femmes vêtues de noir et portant des photos de leurs enfants tués pendant la répression des manifestations antigouvernementales.

"Ni pardon ni oubli, justice et châtiment", ont scandé les manifestants.

Dans la soirée, les autorités et l'opposition se sont accusées mutuellement de violences.

Selon le maire de la localité d'Esteli, à environ 130 kilomètres au nord de Managua, alors que des sympathisants du sandinisme allaient vers la capitale pour participer à un rassemblement, des affrontements se sont produits à un barrage routier. Il y a eu un mort et 20 blessés, a déclaré le maire.

Par ailleurs, la police a déclaré qu'au moins deux personnes avaient été tuées et une dizaine blessées à Managua lorsque des partisans du président Ortega avaient été attaqués par des inconnus.

Selon le sous-directeur de la police nationale, Francisco Diaz, "des individus encagoulés ont attaqué avec des armes à feu" des personnes qui participaient à un rassemblement de soutien au gouvernement.

Deux membres du mouvement de jeunesse du sandinisme au pouvoir ont été tués et une dizaine de personnes blessées, selon le responsable policier.

Pour leur part, les opposants ont accusé des groupes proches du gouvernement d'avoir ouvert le feu contre des personnes qui participaient au rassemblement de soutien aux mères de manifestants tués.

Ces tirs ont fait un mort et un nombre indéterminé de blessés.

"Massacre ! On tire des rafales contre des manifestants pacifiques", a écrit sur les réseaux sociaux l'évêque auxiliaire de Managua, Silvio Baez.

Des manifestants de l'opposition se sont réfugiés au siège de l'Université centre-américaine (UCA) et dans la cathédrale de Managua, et des étudiants ont élevé des barricades pour se protéger de nouvelles attaques.

Par ailleurs, Canal 100% Noticias, un média censuré pendant plusieurs jours à la mi-avril par les autorités en raison de sa couverture des manifestations, a annoncé que des groupes pro-gouvernementaux avaient attaqué ses installations, sans mentionner d'éventuels dégâts.

Tournant

L'intervention spectaculaire du président Ortega devant une foule de ses partisans mobilisés est intervenue le jour où le chef d'entreprise nicaraguayen Carlos Pellas, l'homme le plus riche du Nicaragua, a appelé à une élection présidentielle anticipée.

Cette prise de position marque un tournant alors que M. Pellas, et les milieux d'affaires en général, jusque là favorables au président Ortega, un ancien guérillero âgé de 72 ans.

"De mon point de vue, et c'est quelque chose de largement partagé dans le secteur privé, il faut trouver une sortie ordonnée, dans le cadre constitutionnel, ce qui implique des réformes incluant une élection (présidentielle) anticipée au Nicaragua", a déclaré M. Pellas dans un entretien au journal La Prensa.

L'homme d'affaires a proposé que la date de l'élection soit décidée dans le cadre du dialogue mené, sous l'égide de l'Eglise catholique, entre le gouvernement et l'Alliance citoyenne pour la justice et la démocratie, qui groupe des étudiants, des chefs d'entreprise et des représentants de la société civile.

De plus, "il faut la démission immédiate de tous les membres du Conseil suprême électoral (CNE)", actuellement contrôlé par des juges proches du pouvoir, a ajouté M. Pellas, 65 ans, président du groupe homonyme, un conglomérat également présent en Amérique centrale, aux Caraïbes et aux Etats-Unis.

Autre signe inquiétant pour M. Ortega, le Conseil supérieur de l'entreprise privée (Cosep) a annoncé qu'il suspendait toutes les réunions avec le gouvernement pour exprimer "son refus de la répression".

Avec AFP

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Kanye West, candidat de Dieu et contre Trump à la Maison Blanche

Kanye West assiste au WSJ. Magazine Innovator Awards 2019 au Museum of Modern Art de New York, le 6 novembre 2019.

Il sera le candidat de Dieu à la Maison Blanche: Kanye West a assuré mercredi au magazine Forbes qu'il ne soutenait plus Donald Trump à la présidentielle américaine de novembre et a remis en question la capacité du démocrate Joe Biden à mobiliser l'électorat noir.

Dans ce long entretien fait par téléphone, le rappeur milliardaire reconnaît qu'il se lance dans la course à la dernière minute et qu'il prendra une décision définitive d'ici un mois.

"On en parle depuis des années", explique-t-il en référence à ses ambitions présidentielles, révélées samedi dans un tweet, et à ses deux principaux soutiens: sa femme Kim Kardashian et le fantasque patron de Tesla Elon Musk.

"Voyons si la nomination est pour 2020 ou pour 2024, parce que c'est Dieu qui nomme le président", dit le rappeur qui s'est rapproché ces derniers mois de la religion. "Si c'est 2020, alors j'aurais été nommé par Dieu".

Sans structure en place, il ne donne aucun détail sur sa campagne, mais assure qu'il ne soutient plus le milliardaire républicain après avoir été un de ses plus fervents partisans, notamment en portant en 2018 une casquette rouge au slogan présidentiel "Make America Great Again" dans le Bureau ovale.

"J'enlève la casquette rouge avec cet entretien", explique-t-il à Forbes, ajoutant qu'il sera le candidat d'un nouveau parti appelé "Jour de naissance".

Mais il évite de critiquer le locataire actuel de la Maison Blanche, sauf sur sa gestion du mouvement de colère contre le racisme qui s'est répandu depuis deux mois dans le pays, alimentant les soupçons d'une candidature destinée à perturber celle de Joe Biden, actuellement en tête des sondages nationaux.

"Dire que le vote noir est démocrate est une forme de racisme et de suprématie blanche", affirme Kanye West, en reconnaissant qu'il n'hésiterait pas à priver l'ex-vice président des voix de la minorité noire qui vote majoritairement pour les démocrates.

Le rappeur, qui a annoncé avoir eu le coronavirus, affiche également sa méfiance face aux vaccins qui ont, selon lui, paralysé de nombreux enfants, une assertion fausse et fermement combattue par le monde scientifique.

"Quand ils disent que le moyen de régler le Covid-19 est un vaccin, je suis extrêmement prudent", explique-t-il. "C'est la marque de la bête", lance-t-il en référence au Diable.

Donald Trump a jugé que cette candidature surprise était "intéressante" tout en estimant que l'élection de 2024 devrait être son véritable objectif.

Joe Biden n'a pas commenté l'annonce de Kanye West.

Retrait des Etats-Unis de l'OMS: des critiques à travers le monde

Le président américain Donald Trump et le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom, lors du sommet du G20 à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, le 7 juillet 2017. (Photo SAUL LOEB / AFP)

Le gouvernement des Etats-Unis a officiellement lancé la procédure qui lui permet de se retirer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). En lançant la procédure de retrait, le président Donald Trump met à exécution ses menaces de quitter l'agence onusienne qu'il accuse d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus.

Washington a envoyé la notification de son retrait au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui est le dépositaire pour l'OMS. Il a confirmé l’avoir reçue.

Pour que la décision soit effective, les Etats-Unis, membre fondateur de l'OMS en 1948, doivent être à jour dans leurs contributions et respecter un délai d'un an. Le retrait ne sera donc effectif que le 6 juillet 2021.

Les Etats-Unis apportent 15% du budget de l'agence onusienne, soit 400 millions de dollars par an.

Des responsables de santé et des adversaires de M. Trump ont critiqué sa décision. Son rival présumé pour le scrutin de novembre, le démocrate Joe Biden, a promis que les Etats-Unis reviendront immédiatement dans l'OMS s'il est élu, selon le quotidien Politico.

Pour la Fédération des scientifiques américains, ce retrait ne fera que nuire à la lutte mondiale contre le coronavirus, qui s'accélère et dont le pic n'est pas encore atteint dans le pays.

Un porte-parole de la diplomatie chinoise, a estimé qu’il sape les efforts internationaux et aura un impact grave sur les pays en développement. Pour le gouvernement allemand, le retrait constitue un revers de la coopération internationale.

Depuis le début de la pandémie, Donald Trump accuse de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en premier. Il reproche aussi au patron de l'OMS, l'Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, d'avoir tardé à réagir face à la pandémie de coronavirus et de s'être montré incapable de réformer l'organisation.

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