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Naissance d'un syndicat pour défendre les femmes en Côte d'Ivoire


La présidente du Réseau des femmes syndicalistes de Côte d'Ivoire (REFSY-CI), Mariatou Guiehoa, Abidjan, 22 février 2018.

Des "femmes travailleuses" de l'administration, du milieu agricole et du secteur informel ont créé leur syndicat afin que leurs préoccupations soient véritablement prises en compte.

Le Réseau des femmes syndicalistes de Côte d'Ivoire (REFSY-CI) est né "pour porter haut nos préoccupations auprès des pouvoirs publics", a déclaré sa présidente Mariatou Guiehoa, estimant qu'elles sont jusque-là "reléguées au second plan".

Mme Guiehoa, 65 ans dont 30 de militantisme, estime que depuis l'indépendance du pays en 1960, seuls "des strapontins" ont été accordés aux femmes dans les mouvements syndicaux. Aucune femme n'a jamais été à la tête d'un syndicat.

Transfuges des cinq centrales syndicales ivoiriennes, les cadres du REFSY-CI ont décidé de constituer un "syndicat libre et indépendant pour les femmes", avec pour devise: "Amour-Solidarité-Justice".

Salimata Porquet, jointe par Nathalie Barge
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Le nouveau syndicat revendique 4.000 adhérentes, des femmes enseignantes, sociologues, vendeuses sur les marchés, pompistes, transporteuses... qui ambitionnent de devenir les "interlocutrices importantes dans le milieu syndical en Côte d'Ivoire", dominé par des hommes qui décident à leur place.

Le REFSY-CI a comme priorité la formation de ses adhérents au militantisme féminin, avec l'aide de la fondation allemande Friedrich Herbert-Stiftung. Et le souci de "concilier le mouvement syndical et la vie de foyer, deux choses différentes".

Les cadres du réseau, affirmant que la quasi-totalité de ses adhérentes ne disposent pas de couverture maladie universelle, entendent aussi se lancer dans cette lutte.

Jointe par VOA Afrique, la marraine du réseau, Salimata Porquet, présidente de la Plateforme d'éveil électoral des femmes et des jeunes, une ONG panafricaine, souligne que chaque travailleuse du secteur informel doit disposer d'une couverture maladie, et qu'il est donc essentiel d'informer toutes ces femmes dans les zones les plus reculées du pays.

>> Lire aussi : La femme, avenir de l'agriculture en Afrique

L'arrivée de ce nouveau syndicat a été saluée par la ministre ivoirienne de la Femme, Mariatou Koné, qui y a vu "une avancée dans la politique de promotion de la femme" et "un puissant instrument de négociation sociale qui favorisera le dialogue constructif, à l'exclusion de la violence".

Mais les syndicats établis voient cette nouvelle concurrence d'un autre oeil, mettant en garde contre le danger du "sectarisme" qui pourrait réduire à néant les ambitions du REFSY-CI.

'Mériter sa place'

"Nous reconnaissons qu'il y a des obstacles à lever, comme le sexisme, le machisme et la phallocratie qui sont des réalités dans le mouvement. Mais cela ne devrait pas amener les femmes à se sectoriser", juge Théodore Gnagna Zadi, président de la Plateforme nationale, qui regroupe une cinquantaine de syndicats de fonctionnaires, à l'origine d'une grève d'un mois qui secoué le pays en 2017.

"Le mouvement syndical n'est pas un mouvement de complaisance où l'on donnerait des places à des femmes parce qu'elles sont femmes. Elles doivent le mériter", a ajouté M. Zadi, sans se douter que ses propos frôlent le sexisme, nul n'ayant jamais questionné le mérite d'une homme syndicaliste.

Avec AFP

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