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Nadia Savtchenko, symbole de la lutte de l'Ukraine contre la Russie

La pilote Nadia Savtchenko à son procès le 21 mars 2016.

Regard frondeur, cheveux courts et inflexibilité devant les juges russes, la pilote militaire Nadia Savtchenko, qui vient d'être condamnée à 22 ans de prison, incarne pour les Ukrainiens une "Jeanne d'Arc", icône dressée face à Moscou, pays "frère" devenu leur pire ennemi.

Cette Ukrainienne de 34 ans aux yeux bleus a été reconnue coupable mardi par la justice russe d'avoir fourni à l'armée ukrainienne la position de deux journalistes de la télévision publique russe tués par un tir de mortier dans l'est séparatiste de l'Ukraine en juin 2014.

Connue pour son esprit frondeur, Nadia Savtchenko est restée fidèle à elle-même jusqu'au dernier jour de son procès, interrompant le juge en entonnant une chanson traditionnelle ukrainienne alors qu'il annonçait le verdict.

Elle a modifié quelque peu les paroles de la chanson: "Vous allez vous-même pourrir en taule", a-t-elle lancé à la cour, avant de lancer "Gloire à l'Ukraine".

Nadia Savtchenko a toujours rejeté les accusations de la justice russe, assurant avoir été capturée par des rebelles prorusses au moins une heure avant les faits, puis livrée à la Russie.

Son procès controversé lui a apporté une renommée mondiale et le soutien de Kiev, qui la considère comme une prisonnière politique, mais aussi des capitales européennes et de Washington, ainsi que de prix Nobel, notamment l'écrivain biélorusse Svetlana Alexievitch qui l'a qualifiée de "Jeanne d'Arc ukrainienne" et de "symbole du peuple ukrainien".

- Navigateur pour hélicoptère de combat -

Originaire de Kiev, Nadia Savtchenko obtient un diplôme de stylisme, puis étudie brièvement le journalisme avant que sa passion pour le ciel ne la conduise vers l'armée ukrainienne.

Pour entrer plus facilement à l'académie de l'armée de l'air, la jeune femme sert plusieurs années dans des unités militaires en Ukraine ainsi que dans le contingent de maintien de la paix en Irak en 2004.

En 2009 Nadia Savtchenko, qui rêve de piloter un avion de chasse, obtient un diplôme de navigateur aérien pour hélicoptère de combat Mi-24.

Alors qu'elle souhaite devenir parachutiste, un commandant de bataillon lui rétorque qu'il ne recrute pas de femmes avant de lui imposer de courir 15 kilomètres dans la neige avec un sac-à-dos de 15 kilos, selon un documentaire de 2011 que le ministère de la Défense lui a consacré.

En 2014, elle rejoint le mouvement pro-européen du Maïdan, qui débouche sur la chute en février 2014 du président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch.

Quand la guerre éclate dans l'est de l'Ukraine, elle demande à être déployée sur place. Faute de réponse positive, elle part à la guerre sur ses "vacances", dit-elle. Pour certains, elle a simplement déserté pour rejoindre le bataillon Aïdar, une unité controversée, plus tard accusée de crimes de guerre par Amnesty International.

- Bras d'honneur à Moscou -

Le 17 juin 2014 à Lougansk, l'un des bastions rebelles, l'Ukrainienne dit s'être approchée de l'endroit où des rebelles venaient de frapper des véhicules blindés "pour voir s'il y avait des blessés". Elle affirme avoir été "enlevée" à ce moment-là. L'accusation a assuré pour sa part qu'elle a été arrêtée plusieurs jours plus tard en Russie, après avoir traversé d'elle-même la frontière.

Selon la défense de Nadia Savtchenko, elle se trouvait déjà aux mains des rebelles au moment de l'attaque au mortier et ne pouvait pas physiquement fournir la position des journalistes russes à l'artillerie.

La militaire est devenue célèbre lorsqu'une vidéo de son interrogatoire, mené par des rebelles, a été diffusée sur internet. Menottée, elle y explique fermement être venue sur le front pour "défendre l'Ukraine et son intégrité territoriale".

Sa popularité en Ukraine grandit au fur et à mesure de son procès. Elle n'hésite pas à porter un chemisier brodé de motifs ukrainiens et à défier le pouvoir russe, voire Vladimir Poutine personnellement, en qualifiant notamment la Russie de "pays du tiers-monde avec un régime totalitaire et un despote à sa tête".

Vers la fin de son procès, elle a sauté sur le banc des accusés et adressé un spectaculaire bras d'honneur à ses juges, avant d'entonner l'hymne ukrainien.

Elue symboliquement députée en Ukraine, elle a passé plus de 80 jours en grève de la faim de décembre 2014 à mars 2015. Début mars, elle a arrêté de se nourrir et de s'hydrater pendant sept jours prévenant Moscou: à vous de choisir si vous voulez me rendre "morte ou vivante".

Avec AFP

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L'Azerbaïdjan et l'Arménie au bord de la guerre

Les forces arméniennes détruisent un véhicule militaire azerbaïdjanais sur la ligne de contact de la République autoproclamée du Haut-Karabakh, en Azerbaïdjan. (Photo Armenian Defense Ministry via AP)

L’Arménie et l'Azerbaïdjan étaient au bord de la guerre dimanche, des combats meurtriers ayant éclaté entre les forces azerbaïdjanaises et la région séparatiste du Nagorny Karabakh soutenue par Erevan.

Les belligérants ont fait état de victimes militaires et civiles. Selon la partie arménienne, une femme et un enfant ont été tués.

Un conflit majeur impliquant l'Azerbaïdjan et l'Arménie pourrait entraîner l'intervention des puissances en concurrence dans la région du Caucase, la Russie et la Turquie. Le conflit autour du Nagorny Karabakh, qui a fait sécession de l'Azerbaïdjan avec le soutien arménien, nourrit les tensions régionales depuis 30 ans.

Après l'annonce des premiers combats dimanche matin, le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a décrété "la mobilisation générale" et l'instauration de "la loi martiale", tout comme les autorités du Karabakh.

"Soutenons fermement notre Etat, notre armée (...) et nous allons vaincre. Longue vie à la glorieuse armée arménienne!", a-t-il écrit sur Facebook.

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a lui aussi promis la victoire.

"L'armée azerbaïdjanaise combat aujourd'hui sur son territoire, défend son intégrité territoriale, porte des coups dévastateurs à l'ennemi. Notre cause est juste et nous allons vaincre", a-t-il dit, dans un discours à la télévision.

Moscou a appelé dès dimanche matin "à un cessez-le-feu immédiat" et à des pourparlers, alors que les deux camps se rejettent la responsabilité des hostilités.

La France, médiatrice du conflit avec la Russie et les Etats-Unis dans le cadre du Groupe de Minsk, a aussi appelé à "cesser immédiatement les hostilités".

Un porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, allié traditionnel de Bakou, a lui dénoncé sur Twitter une "attaque de l'Arménie".

Le ministère azerbaïdjanais de la Défense a indiqué pour sa part avoir lancé une "contre-offensive sur toute la ligne de front" du Karabakh, afin de "mettre fin à des activités militaires des forces armées de l'Arménie".

Victimes civiles et militaires

"Des morts et des blessés ont été rapportés parmi les civils et les militaires", a ajouté la présidence azerbaïdjanaise, tandis que le médiateur public du Karabakh a déclaré qu'il y avait "des victimes civiles".

Aucun bilan chiffré n'a été avancé, tandis que le ministère de la Défense du Karabakh a dit avoir infligé "de lourdes pertes" à l'adversaire.

L'Azerbaïdjan avait auparavant indiqué qu'un de ses hélicoptères avait été abattu mais que son équipage était sain et sauf. Il affirme avoir détruit 12 batteries anti-aériennes.

"Tôt ce matin, la partie azerbaïdjanaise a lancé des bombardements (...) nous appelons la population à se mettre à l'abri", a pour sa part indiqué le porte-parole de la présidence séparatiste sur sa page Facebook.

Le Nagorny Karabakh est une région sécessionniste d'Azerbaïdjan, peuplée majoritairement d'Arméniens et soutenue par l'Arménie.

30 ans de conflit

Elle a été le théâtre d'une guerre au début des années 1990 qui a fait 30.000 morts, et depuis lors, les autorités azerbaïdjanaises veulent en reprendre le contrôle, par la force si nécessaire. Des pourparlers de paix sont dans l'impasse depuis de longues années.

Des combats opposent régulièrement séparatistes et Azerbaïdjanais, mais aussi Erevan et Bakou.

En 2016, de graves heurts avaient déjà failli dégénérer en guerre au Karabakh, et des combats meurtriers ont aussi opposé en juillet 2020 Arméniens et Azerbaïdjanais à leur frontière nord.

Les deux camps ont l'habitude de se rejeter la responsabilité de ces flambées de violence.

Le président Aliev avait menacé vendredi l'Arménie de représailles, en raison de son "comportement agressif", et accusé Erevan de "faire échouer à dessein les négociations" de paix sur le Karabakh.

Il avait estimé que l'Arménie préparait des "dizaines de milliers d'hommes" pour attaquer l'Azerbaïdjan.

Bakou a profité de ses réserves immenses de pétrole pour dépenser sans compter en matière d'armement. L'Azerbaïdjan peut aussi compter sur le soutien du président turc, qui considère l'Arménie comme une menace pour la stabilité du Caucase.

L'Arménie, bien plus pauvre, est par contre plus proche de la Russie, qui y dispose d'une base militaire. Erevan appartient aussi à une alliance politico-militaire dirigée par Moscou, l'Organisation du traité de sécurité collective.

Le Kremlin, qui se positionne en arbitre régional, livre des armes aux deux pays.

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Une ville californienne va interdire chips et bonbons aux caisses des supermarchés

Des enfants portant des masques d'Halloween reçoivent des bonbons pendant la tradition «Trick or Treat» à Makati à Manille le 31 octobre 2008. Les parents doivent surveiller la consommation de sucre de leurs enfants selon le Dr Mary Hayes, dentiste pédiatre à Chicago. AP/Marquez

La ville de Berkeley, bastion progressiste du nord de la Californie, va interdire la vente des produits trop sucrés ou salés sur les présentoirs situés aux caisses des supermarchés afin de promouvoir une alimentation plus saine, une première aux Etats-Unis selon des médias locaux.

Le conseil municipal de Berkeley, ville universitaire de 120.000 habitants près de San Francisco, a adopté cette semaine à l'unanimité une ordonnance qui bannira des caisses les produits contenant plus de 5 grammes de sucres ajoutés ou plus de 250 mg de sodium par portion. L'interdiction vise également toutes les boissons contenant des sucres ajoutés ou des édulcorants artificiels.

L'ordonnance relève que "des aliments bon marché et riches en sel, graisses saturées et sucres ajoutés sont prédominants dans les présentoirs des caisses". Les clients y sont "plus enclins à effectuer des achats impulsifs et les parents se battent avec leurs enfants qui réclament des confiserie à la fin des courses".

L'interdiction, qui doit s'appliquer à 25 supermarchés de la ville, entrera en vigueur en mars prochain et les premières visites des inspecteurs sanitaires sont prévues en janvier 2022.

"Ce qui est bon pour les clients à Berkeley est aussi bon pour nos commerces", a lancé Kate Harrison, l'une des élues à l'origine de cette mesure.

En 2014, Berkeley avait déjà été la première à imposer une taxe sur les sodas, une initiative reprise ensuite par plusieurs autres grandes villes américaines.

Selon une étude publiée début 2019, les habitants de Berkeley avaient diminué leur consommation de boissons sucrées de 21% dans l'année qui avait suivi la mise en place de cette "taxe sodas". La chute atteignait 52% en 2017.

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