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Musulmans et Chrétiens sénégalais célèbrent Noël

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Musulmans et Chrétiens célèbrent Noël

Le Sénégal, abrite la plus grande mosquée d'Afrique de l'Ouest et compte 95% de musulmans. Malgré son strict respect de l'islam, à chaque Noël, les rues de la ville brillent des lumières de Noël. Comment les Sénégalais concilient-ils leur dévotion à l'islam avec leur amour de cette fête chrétienne?

Nombre d'enfants ne reçoivent pas de cadeau de Noël et ne cachent pas leur tristesse. Amina Ndiaye estime qu'il est essentiel de faire plaisir aux enfants durant cette fête, "ça fait un peu mal parce que l'enfant se frustre rapidement", soutient-elle.

Le pays de Macky Sall baigne dans la ferveur de Noël
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La jeune dame affirme qu'un enfant qui voit ses amis avec des cadeaux devient facilement frustré. Pour Amina, c'est un déséquilibre causé par les parents qui refusent d'offrir des cadeaux à leurs enfants durant les fêtes de Noël.

Ibrahima Diop est d'accord qu’il faut acheter des cadeaux pour faire plaisir aux enfants. Mais pour ce père de famille, cela ne doit pas nécessairement être rattaché à la fête de Noël.

Pour lui, ce n'est pas une fête musulmane et les parents ne doivent pas attendre une fête pour faire des cadeaux à leurs enfants. Ibrahima pense que "le bon musulman doit le faire en dehors de Noël, régulièrement, pour au moins encourager ses enfants à l'école ou dans les daraas [écoles coraniques], etc".

Ce père de famille ne trouve aucun inconvénient à faire plaisir à ses enfants mais il ne veut pas lier "le fait de donner des cadeaux aux enfants musulmans lors d'une fête chrétienne."

De son côté, Serigne Falilou Mbaye juge que fêter Noël est devenu un impératif pour tout le monde à cause des règles de bon voisinage qui régissent les cordiales relations entre musulmans et chrétiens au Sénégal.

"Au temps, ça ne faisait pas partie de nos traditions, mais avec l'évolution, on ne peut pas ne pas le faire parce qu'on a des enfants, on a des voisins catholiques, donc on est obligé de le faire pour satisfaire nos enfants", affirme Serigne Falilou. Il ajoute que cela ne faisait pas partie "de notre culture parce qu'on n'est pas né chrétien pour fêter Noël, mais maintenant, on est obligé parce qu'on est très proches de nos frères catholiques".

Exemples de tolérance par le dialogue permanent avec les chrétiens, les musulmans sénégalais sont pourtant partagés à l'heure de fêter Noël. Certains estiment que la célébrer n'est pas forcément obligatoire, tout comme donner des cadeaux aux enfants. D’autres pensent qu'il est important de faire plaisir aux enfants en fêtant Noël au nom du vivre ensemble, qui est le socle des relations entre Musulmans et Chrétiens du Sénégal.

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Au moins 600 morts sur les routes sénégalaises

Des voitures se croisent de manière anarchique à cause du non-respect du code de la route, 20 janvier 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, chaque année plus de 600 morts sont enregistrés et les facteurs humains sont responsables à 80% d'après les autorités de la sécurité routière. Courses poursuites, excès de vitesse sont entre autres les causes de ces nombreux accidents mortels qui ont fini de créer un sentiment d'insécurité routière chez la population.

Dakar est devenu le théâtre d'accidents particulièrement meurtriers et spectaculaires en zone urbaine. Le dernier en date a fait 3 morts et 7 blessés graves. Des victimes malheureuses d'une course-poursuite entre 2 camions frigorifiques.

Les ravages des accidents de la circulation au Sénégal
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Un cas loin d'être isolé et causé par plusieurs facteurs d'après le Vieux Abdou Bodian qu'il y a d'abord le facteur de l'octroi des permis ensuite "le manque de civisme, le manque de rigueur au niveau de l'État car les fautes ne sont pas réprimées à leur juste titre".

Selon lui, "quand un chauffeur fait une infraction, on l'amène en justice mais deux jours après, on le relâche". Et pour lui, ce sont "des facteurs qui jouent en faveur du banditisme au volant et favorisent le non-respect du code de la route".

La situation interpelle également les usagers des transports en commun. Pape Amadou Diop indexe l'attitude des chauffeurs et remet en question la compétence de certains d'entre eux.

"Il y a des chauffeurs qui sont formés, qui ont des permis mais qui ne respectent pas le code de la route", affirme-t-il d'entrée avant de poursuivre, "on voit des chauffeurs de bus qui font la course pour je ne sais quelle raison mais ils font n'importe quoi alors qu’ils ont leur permis".

Amadou Diop souligne aussi des manquements plus graves et surtout très fréquents, "il y a aussi le cas des gens qui n'ont pas de permis et on les appelle souvent des apprentis. Ils viennent et ont leur donnent des voitures qu'ils conduisent sans avoir de permis, ça aussi c'est une des causes des nombreux accidents". Et pour lui, le fait qu'il y ait des apprentis qui conduisent sans avoir de permis, "ça signifie qu’il n y’a pas de surveillance".

Au-delà du manque de surveillance, c'est la prolifération d'établissements non autorisés qui exacerbe le problème de l'insécurité routière et inquiète les formateurs agréés par l'État.

Les auto-écoles ne sont pas toutes en conformité avec la législation comme l'indique Mamoudou Fall. Moniteur agréé, il affirme que "certaines sont des clandestins".

Le moniteur souligne aussi la présence sur les routes de certains conducteurs qui ne passent même pas dans les auto-écoles pour apprendre à conduire. Mais pour Mamoudou, la situation la plus déplorable concerne les responsables des auto-écoles qui profitent de cette situation pour "vendre le permis à des conducteurs qui n'ont pas le niveau".

Des faits que l'on retrouve selon lui au service des mines où "on donne le permis de conduire à des gens qui ne savent pas conduire et qui n'ont même pas appris le code de la route". Et pour ce moniteur agréé, ce sont "des situations qui ne font que favoriser les accidents".

Pour remédier à la défaillance de certains maillons de la chaîne, responsable de la sécurité routière. L'État du Sénégal a procédé au remplacement total et à la numérisation des permis de conduire pour garantir plus de transparence dans l'octroi des permis pour améliorer la sécurité routière.

Les ravages des accidents de la circulation au Sénégal

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La délicate question de la prise en charge des urgences médicales

Ndeye passe ses journées à l’hôpital depuis l’hospitalisation de sa mère le 31 décembre 2019, 13 janvier 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, des cas d'urgence non pris en charge convenablement sont souvent décriés par les patients et leurs accompagnants. Et pour y remédier le ministre de la Santé a pris des mesures.

À l'hôpital de Fann, le service des urgences tourne à plein régime tout au long de la journée mais cela n'empêche pas les blouses blanches de prendre en charge les patients de la meilleure des manières.

De nouvelles mesures pour mieux traiter les urgences à l'hôpital
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Au chevet de sa mère malade, Ndeye explique comment celle-ci a été prise en charge dès son arrivée. "Je peux dire que la décision du ministre a été appliquée à la lettre", affirme d'emblée celle dont la maman est hospitalisée au service neurologie. Arrivée le 31 décembre, sa mère a été pris en charge directement sans contrepartie financière immédiate.

"C’est une dizaine de jours après son hospitalisation qu’on m’a appelé dans le bureau du major pour me demander une caution", confie Ndeye qui ajoute que c’est juste l’IRM qui a nécessité un déplacement en ambulance dans une clinique parce qu’ici "la machine pour l’IRM est en panne".

Pour d'autres, l'expérience a failli tourner au drame. Kara Mbaye raconte comment il a attendu des heures avec son ami malade avant d'être convenablement pris en charge.

"Nous étions venu vers 5 heures du matin mais on a attendu jusqu’à 9 heures pour que le service commence le travail. On a attendu encore jusqu’à 13 heures pour être accueilli, faire un scanner et il n’y avait pas beaucoup de suivi par la suite", peste le jeune homme.

Il ajoute que la dégradation de l'État de son ami l'a poussé a appelé un médecin qui a constaté que le malade avait une forte fièvre et c'est ainsi qu'il l’a mis sous perfusions après "on nous a dit qu'il devait être hospitalisé au service des maladies infectieuses vu que son paludisme s’était un peu aggravé ce que l’on appelle en médecine neuro-paludisme".

Kara Mbaye pense que cela est un manque de suivi parce que s'il n'avait pas constaté le tremblement et la température du malade qui était en train d’augmenter, "c’est lui qui allez payer les pots cassés".

Les structures sanitaires font ce qu'il faut mais certains accompagnateurs sont souvent en état de choc et ne parviennent pas à s'organiser comme il faut. C'est du moins l'avis d’Amadou Lamine Fall, chef du service de la communication et de l'information du Centre Hospitalier Universitaire de Fann.

Ce dernier estime que du côté de la population pour la plupart du temps "quand tu as un malade tu es effaré, égaré et c’est normal d'aller à la structure sanitaire la plus proche".

Mais d'après lui, une fois arrivé à l'urgence si le cas ne peut pas directement être pris en charge par l'hôpital, le médecin le consulte, le conditionne et le met dans l'ambulance pour l'orienter vers la structure la plus habilitée à le prendre.

"Les populations, on ne peut pas les critiquer parce qu’elles ne savent pas pour l'essentiel", affirme le chef du service de la communication et de l'information du Centre Hospitalier Universitaire de Fann.

Pour lui, une sensibilisation doit se faire de manière à expliquer davantage que l’urgence est prise par tel ou tel hôpital cependant il reconnaît que dans tous les cas quelle que soit l’urgence, il peut normalement être pris en charge par n’importe quel hôpital.

Dorénavant, le ministère de la santé oblige les hôpitaux à prendre en charge prioritairement les malades qui arrivent en situation d'urgence. Faute de places ou de conditions de prise en charge optimale, le patient devra être référencé et évacué en ambulance vers une structure sanitaire qui pourra s'assurer de sa prise en charge à l'arrivée.

De nouvelles mesures pour mieux traiter les urgences à l'hôpital

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Dopage et corruption : le procès du clan Diack torpillé et renvoyé dès le premier jour

Lamine Diack, au centre, arrive au Palais de Justice à Paris, France le 13 janvier 2020.

Le procès de l'ancien patron de la fédération internationale d'athlétisme (IAAF) Lamine Diack, de son fils Papa Massata et de quatre autres acteurs pour corruption sur fond de dopage en Russie, a été renvoyé dès le premier jour, au moins jusqu'en juin, torpillé par les problèmes de procédure.

A 86 ans, le Sénégalais, qui a régné de 1999 à 2015 sur l'IAAF, doit répondre, devant les juges de la 32e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, des délits de corruption active et passive, abus de confiance et blanchiment en bande organisée. Il risque jusqu'à dix ans de prison et une lourde amende.

Mais l'audience a tourné court. Dès l'ouverture, les procureurs financiers ont demandé son renvoi, au motif de l'arrivée très tardive sur leur bureau d'actes d'enquête qui avaient été demandés par les juges d'instruction en 2016 et auxquels la justice sénégalaise n'avait jusque-là jamais donné suite. Parmi ces éléments, une audition du fils de Lamine Diack, l'ancien puissant conseiller marketing de l'IAAF, Papa Massata Diack, réfugié à Dakar depuis l'arrestation de son père, novembre 2015, et qui a toujours échappé à la justice française.

PMD est un acteur clé de l'affaire et il devait être jugé en son absence à partir de lundi pour corruption et complicité, blanchiment en bande organisée et recel d'abus de confiance.

- Politique -

Le dossier est sensible au Sénégal, car Lamine Diack a reconnu durant l'enquête avoir permis que des sanctions disciplinaires contre des athlètes russes soupçonnés de dopage soient retardées, à partir de fin 2011, en échange d'un financement de Moscou à hauteur d'1,5 million d'euros pour faire battre le sortant Abdoulaye Wade à la présidentielle sénégalaise de 2012. L'élection avait été remportée par Macky Sall, toujours en place.

Autres contreparties aux indulgences de l'antidopage dans l'athlétisme, la générosité d'un sponsor russe, la banque d'Etat VTB et des droits télés plus juteux lors des Mondiaux d'athlétisme de Moscou, en 2013.

Le retard dans le traitement des dossiers avait permis à plusieurs athlètes aux passeports biologiques suspects de participer aux JO de Londres-2012, et pour certains d'être médaillés, comme les marcheurs Sergey Kirdyapkin et Olga Kaniskina, ou Yuliya Zaripova (3.000 m steeple). Leurs titres ont ensuite été retirés pour dopage.

"Ces (nouvelles) pièces" envoyées par le Sénégal, "nous les avons reçues physiquement ce matin (...) n'avons pas pu les étudier", ni les communiquer aux autres parties, a constaté l'un des procureurs financiers, Arnaud de Laguiche, en montrant aux juges une lourde pile de dossiers et en regrettant une réponse si tardive.

Mais "nous ne pouvons pas faire comme si ces pièces n'existaient pas", a-t-il ajouté. L'autre procureur financier présent à l'audience, Eric Russo, a soulevé un second problème procédural, en soulignant que les juges d'instruction avaient renvoyé au tribunal Papa Massata Diack pour un délit, le recel d'abus de confiance, qui ne figurait pas dans son mandat d'arrêt international.

En conséquence, la présidente de la 32e chambre, Marie-Rose Hunault, a annoncé le renvoi de l'affaire, en prévoyant un procès du 3 au 22 juin prochains. Devant elle, Lamine Diack, cheveux blancs et lunettes sur le nez, qui était arrivé dans la salle d'audience au bras d'un proche, est resté impassible.

"Il tient à s'expliquer", a assuré l'un de ses avocats, Simon Ndiaye.

- Sponsors -

L'ancien cacique du sport mondial doit comparaître avec l'un de ses anciens conseillers, l'avocat Habib Cissé, et l'ancien responsable du service antidopage de l'IAAF, Gabriel Dollé, jugés eux pour corruption passive.

Deux autres prévenus manquaient à l'appel lundi : l'ancien patron de la fédération russe d'athlétisme, Valentin Balakhnitchev, et l'ancien entraîneur national des courses de fond, Alexeï Melnikov, soupçonnés d'avoir soutiré des sommes à sept athlètes en échange de leur protection contre des sanctions, pour un total évalué à 3,45 millions d'euros.

Au-delà des cas de dopage, Lamine Diack doit aussi être jugé pour avoir permis à son fils de s'approprier d'importantes sommes dans les négociations avec les sponsors, en imposant ses sociétés comme intermédiaires, ou via des commissions "exorbitantes". L'IAAF, rebaptisée World Athletics et présidée par Sebastian Coe, réclame 24,6 millions d'euros sur ce volet, sur un préjudice estimé à 41 millions.

Depuis l'arrestation de Lamine Diack à Paris en novembre 2015, les scandales se sont multipliés: la Russie a été accusée de dopage institutionnel et Lamine Diack est aussi mis en examen pour corruption, soupçonné d'avoir monnayé son influence dans les processus d'attribution des Jeux olympiques de Rio-2016 et Tokyo-2020 et des Mondiaux d'athlétisme 2015 à Pékin, ainsi que pour Doha, qui a obtenu les Mondiaux-2019 après un échec pour 2017. Des soupçons qu'il réfute.

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