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Au CES de Las Vegas, un aperçu de la future maison "intelligente"

Un participant regarde une voiture volante SkyDrive à émission zéro lors du CES 2022 à Las Vegas, Nevada, États-Unis, le 6 janvier 2022.

La télévision qui prévient quand le sèche-linge a fini de tourner, le miroir qui fait chauffer l'eau de la douche et lance la cafetière : au CES, le salon des technologies de Las Vegas, la maison dite "intelligente" prend forme, mais reste encore largement déconnectée de la réalité.

L'entreprise française Baracoda transforme depuis des années la salle de bains avec des outils de santé discrets, intégrés aux objets de tous les jours.

BMirror, son nouveau prototype de miroir connecté, peut récolter des informations et échanger avec la balance, les toilettes ou la brosse à dents pour faire des recommandations aux membres de la maisonnée – comme de boire plus d'eau ou de consulter un dermatologue parce qu'un grain de beauté a changé de couleur.

CES 2023: le plus grand salon de l'innovation technologique ouvre ses portes à Las Vegas
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"On voit immédiatement si on s'est bien brossé les dents ou si on doit mettre de la crème solaire, par exemple", décrit Baptiste Quiniou, directeur produit de la société interrogé au CES qui se tient du 5 au 8 janvier. Mais pour un fonctionnement optimal, il faut se servir d'appareils compatibles, soit développés par Baracoda, soit par des marques partenaires.

Pour les start-up et multinationales qui conçoivent et commercialisent depuis des années des objets connectés, l'interopérabilité est devenue cruciale. "Ces appareils peuvent faire des choses incroyablement utiles, mais s'ils ne communiquent pas entre eux, les informations sont perdues", remarque l'analyste indépendant Avi Greengart.

La guerre des écosystèmes

Amazon, Samsung, Apple, Google : les géants de la tech ont chacun construit leur propre écosystème d'appareils, souvent autour d'un assistant vocal, comme Alexa ou Siri.

"Ils espéraient attirer suffisamment de personnes dans leur orbite et croître aux dépens des autres. Mais au final, ils ont tous stagné", souligne l'expert. Les grands groupes ont fini par s'accorder et cet automne après trois ans de travail, ils ont créé un protocole de connectivité baptisé "Matter".

"On peut le considérer comme le port USB de la maison connectée", résume Mark Benson, le directeur aux Etats-Unis de Smart Things, la filiale de connectivité de Samsung. "Avant, quand vous achetiez une webcam vous deviez vérifier que vous pourriez la brancher sur votre ordinateur. Maintenant vous ne vous posez plus la question", détaille-t-il.

Matter simplifie l'installation numérique des différents équipements : il n'est plus nécessaire de télécharger une application différente pour chacun d'entre eux. Mais les écosystèmes ne disparaissent pas pour autant.

"L'interopérabilité, techniquement, ce n'est pas compliqué. Le problème, c'est les données. Les entreprises, de par leur nature, ne veulent pas partager", explique Jeff Wang. Chaque marque essaie donc de convaincre le public d'adopter son application mobile (Smart Things, Google Home, etc) pour centraliser le contrôle des appareils ménagers.

Dans la vision du groupe sud-coréen présentée au CES, le consommateur a un téléviseur, un four, une machine à laver et un réfrigérateur fabriqués par Samsung. Via son appli Smart Things, il surveille sa consommation d'électricité ou la cuisson du poulet, tout en regardant un film à la télévision qui lui signale aussi la fin de sa lessive.

Fusibles intelligents

Au stand Google, il suffit de dire "Au travail!" pour que le store se baisse et que le diffuseur d'huile essentielle se mette en marche. Mais pour l'instant, les consommateurs ont surtout adopté des enceintes connectées peu coûteuses, et s'en servent comme minuterie ou pour écouter de la musique.

"Plus de la moitié des ménages américains possèdent un appareil connecté", souligne Mark Benson. "Et plus de la moitié d'entre eux ont fait leur première acquisition de ce type lors des trois dernières années".

L'association CTA, qui organise le CES, estime que le standard Matter va faire croître le marché de la maison connectée, quand le secteur de l'immobilier va se redresser. Ces technologies "vont connaître une année difficile aux Etats-Unis à cause du déclin des ventes de logements", a précisé un porte-parole à l'AFP.

La CTA table néanmoins sur près de 5 millions de thermostats connectés vendus en 2023, +15% sur un an, les consommateurs étant séduits par la perspective de faire des économies d'énergie. L'entreprise américaine Savant a conçu une boîte à fusibles connectée pour répondre à cette préoccupation.

"C'est peut-être l'une des dernières choses de la maison qu'on n'avait pas encore pensé à rendre 'intelligente'", note Ian Roberts, un vice-président du groupe.

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Elon Musk défend au tribunal ses tweets de 2018 sur Tesla

Elon Musk a tenté de montrer lundi au tribunal que ses fameux tweets de 2018, sur sa volonté de sortir Tesla de la Bourse, n'avaient rien de trompeurs ou de frauduleux

Elon Musk a tenté de montrer lundi au tribunal que ses fameux tweets de 2018, sur sa volonté de sortir Tesla de la Bourse, n'avaient rien de trompeurs ou de frauduleux, contrairement aux accusations d'investisseurs qui disent avoir perdu des millions de dollars à cause du milliardaire.

Le patron de Tesla et de Twitter, depuis fin octobre avait créé la stupeur le 7 août 2018 en affirmant qu'il voulait retirer son groupe de la Bourse au prix de 420 dollars par action, puis en assurant que le financement était "sécurisé".

"Je ne disais pas que c'était fait, je disais simplement que je l'envisageais, que j'y pensais. Et qu'à mon avis le financement était sécurisé", a déclaré Elon Musk à la barre, dans le tribunal de San Francisco où a lieu le procès.

La semaine dernière, le principal avocat des plaignants, Nicholas Porritt, avait accusé le dirigeant d'avoir "menti" et d'être responsable des pertes des investisseurs.

Le titre avait bondi dans la foulée des tweets très inhabituels (et le Nasdaq avait temporairement suspendu le cours de l'action Tesla), avant de décliner les jours suivants. Des articles de presse avaient révélé que le patron n'avait pas vraiment les fonds. Tesla était restée cotée en Bourse.

Nicholas Porritt est revenu sur le prix proposé par Elon Musk, 420 dollars par action. Aux Etats-Unis, les chiffres 4 et 20 accolés sont associés à la consommation de cannabis. Quand le milliardaire a proposé de racheter Twitter au printemps dernier, il a choisi un prix de 54,20 dollars par action.

"Avez-vous arrondi à 420 en guise de blague à l'attention de votre petite amie ?", a demandé l'avocat. "Ce n'était pas une blague, cela représentait un prime de 20% au-dessus du prix de l'action", a répondu Elon Musk, reconnaissant cependant qu'il y a "un certain karma autour de 420".

"Pas sûr que ce soit un bon ou un mauvais karma à ce stade", a-t-il encore plaisanté. L'accusation a cherché à montrer que le fantasque patron ne disposait pas des éléments nécessaires, ni de l'autorité pour faire une annonce aussi fracassante publiquement, surtout sur Twitter, et surtout pendant que les marchés étaient ouverts.

Elon Musk n'avait notamment pas d'accord écrit de son potentiel partenaire principal, le fonds souverain saoudien. "J'étais l'actionnaire principal de SpaceX, qui est l'entreprise non cotée la plus valorisée des Etats-Unis, donc j'avais aussi mes actions SpaceX pour conclure la transaction", a insisté le milliardaire.

Le procès doit durer trois semaines. Dans une précédente décision liée à cette affaire, un juge avait estimé que le fameux tweet de 2018 pouvait être considéré comme "faux et trompeur".

YMO, une plateforme pour faciliter les transactions financières en Afrique

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Un Guinéen installé en France a développé une plateforme de paiement digital afin de faciliter les transactions financières sur le continent africain, notamment dans les régions les plus reculées. Thierry Kaoré l’a rencontré à Las Vegas lors du dernier Salon international de la technologie

Le "Pickwheel", un engin motorisé adapté au cinéma et au nettoyage

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Afin d’améliorer la mobilité des professionnels qui travaillent en marchant, une compagnie franco-marocaine a développé un engin motorisé que l’on conduit uniquement avec les pieds. L’engin a été présenté lors du Salon mondial de la technologie CES qui s’est tenu récemment à Las Vegas.

Les start-ups égyptiennes s'attaquent au fléau du plastique

Les 5,4 millions de tonnes de déchets plastiques produites chaque année en Egypte se retrouvent souvent dans des décharges illégales.

En Égypte, premier pollueur au plastique du Moyen-Orient et d'Afrique, de jeunes entrepreneurs tentent de transformer les millions de tonnes de plastique qui inondent le Nil, la Méditerranée et les décharges à ciel ouvert.

Le pays de 104 millions d'habitants – où 67% des déchets "ne sont pas gérés adéquatement" selon la Banque mondiale – s'est engagé à diviser par deux sa consommation de plastique à usage unique d'ici 2030.

Un artiste nigérian réalise des œuvres d'art à partir de sandales récyclées
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Mais avant cela, de jeunes protecteurs de l'environnement et des ingénieurs ont décidé d'utiliser les déchets plastiques tout de suite: les premiers les sortent des eaux du Nil et les seconds en font des briques, une alternative verte au ciment et à sa lourde empreinte carbone.

Les 5,4 millions de tonnes de déchets plastiques produites chaque année en Egypte se retrouvent souvent dans des décharges illégales qui se déversent dans le Nil et la Méditerranée où elles empoisonnent la faune aquatique.

Plus de plastique que de poisson

Plus de trois quarts des poissons pêchés au Caire dans le plus grand fleuve d'Afrique contiennent des micro particules de plastique alerte une étude publiée en 2020. Plus au nord, à Alexandrie, ce chiffre atteint 92% indiquent cette année des chercheurs l'Institut égyptien de l'océanographie et de la pêche. Au Caire, sur l'île de Qoursaya, pour arrondir leurs fins de mois, des pêcheurs ont commencé à remplir leurs filets de plastique.

Hany Fawzy, responsable de projet chez VeryNile, un projet soutenu par le ministère de l'Environnement, achète "entre dix et 12 tonnes de plastiques chaque mois" à 65 pêcheurs qui collectent et trient les déchets à même leurs embarcations. Le plastique est ensuite compressé puis recyclé ou incinéré comme carburant dans une usine de ciment du Sud.

Selon l'OCDE, moins de 10% du plastique dans le monde est recyclé, notamment en raison de la difficulté ou du coût du procédé. De nombreux produits plastiques – et plus particulièrement les emballages flexibles contrecollés comme ceux des paquets de chips – sont "composés de différentes couches de plastique et d'aluminium presque impossibles à séparer et donc à recycler", affirme à l'AFP Khaled Raafat, cofondateur de la start-up TileGreen.

"La plupart du temps ce plastique sans ou à très peu de valeur termine dans des décharges, incinéré ou dans notre environnement, nos mers et nos cours d'eau", renchérit son associé Amr Shalan.

Une goutte dans l'océan

Derrière lui, une broyeuse avale du plastique pour le recracher sous forme de briques à la couleur foncée "deux fois plus solides que le béton", s'enorgueillit M. Rafaat en en jetant une sur le sol.

"Seuls 11 à 15% des déchets plastiques sont recyclés en Egypte chaque année. On travaille avec des entreprises de recyclage et on récupère ce qu'ils ne peuvent pas utiliser", explique M. Shalan. Une brique, dit-il, c'est 125 sacs en plastique. TileGreen en a déjà produit 40.000 et se fixe comme objectif d'avoir recyclé entre trois et cinq milliards de sacs plastique d'ici 2025.

Mais ce ne sera sûrement toujours pas assez. Selon l'OCDE, la production annuelle de plastique devrait tripler en 2060 à 1,2 milliard de tonnes. Dans le même temps, un autre chiffre va doubler: celui des 100 millions de tonnes de déchets plastiques non recyclées ou abandonnées dans la nature chaque année.

"Le plastique ne va pas disparaître. Avec leurs initiatives, ils ont créé un marché et vu qu'il y avait clairement de la demande", analyse Mohamed Kamal, codirecteur de Greenish, qui a aidé à créer VeryNile. "Tout ce qui crée de la valeur à partir des déchets en Egypte est un pas en avant", martèle-t-il. "Mais on reste à la surface et ça ne résout pas le problème de fond".

CES 2023 à Las Vegas: clap de fin

CES 2023 à Las Vegas: clap de fin
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La grand-messe annuelle des innovations technologiques et des gadgets électroniques a pris fin dans l’Etat américain du Nevada. Il s’agit du CES de Las Vegas, qui a vu la participation de nombreuses start-up, dont celles venues du continent africain. Encore une fois cette année, elles ont tenté de prouver que la tech peut aider les humains à se soigner, améliorer l'éducation et le travail, gagner en productivité et sauver la planète.

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