Liens d'accessibilité

Dernières nouvelles

Monde

Migrants : l'Europe veut retrouver le contrôle de ses frontières

Des migrants près Botovo, Croatie, 23 septembre 2015.

A peine conclu un accord laborieux sur la répartition des réfugiés, les dirigeants européens préparaient mercredi à Bruxelles un autre versant de leur réponse: le renforcement des frontières extérieures de l'UE et de l'aide humanitaire pour endiguer un flux sans précédent de migrants en Europe.

Du fait de guerres qui ne vont pas cesser de sitôt, "nous parlons de millions de réfugiés potentiels, pas de milliers", a averti le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, maître d'oeuvre du sommet européen réuni d'urgence à Bruxelles.

"La question que nous devons nous poser ce soir est +Comment retrouver le contrôle de nos frontières extérieures?+,", a-t-il insisté, exhortant les participants à prendre des "mesures urgentes" et "préparer un plan concret".

"On va y arriver, l'Europe a la force de trouver une solution raisonnable", a promis la chancelière allemande Angela Merkel en arrivant au sommet.

Les dirigeants européens devraient notamment s'engager à verser un milliard d'euros aux agences de l'ONU venant en aide aux réfugiés dans les pays voisins de la Syrie, selon un projet de déclaration finale du sommet, consulté par l'AFP.

Le manque de financements à conduit ces agences, et notamment le Programme alimentaire mondial (PAM), à réduire sensiblement leurs actions dans ces camps, conduisant de nombreux réfugiés à tenter de gagner l'Europe plutôt que d'y rester en attendant que la situation s'améliore dans leur pays d'origine.

"C'est en Turquie, en Jordanie, au Liban que les aides doivent être apportées aussi rapidement que possible, pour que les refugiés ne soient pas tentés de venir en Europe en risquant leur vie", a souligné le président français François Hollande à son arrivée.

Outre l'aide à apporter à ces pays, le sommet devrait également aboutir à des mesures pour renforcer durablement les frontières extérieures de l'UE.

Garde-frontières

La Commission européenne a proposé mercredi une feuille de route détaillée aux Etats membres sur ce point: elle souhaite notamment que des "hotspots", des centres d'accueil et d'enregistrement des migrants, soient opérationnels dans les prochains jours en Italie et en Grèce.

Il faut "assurer que ceux qui arrivent en Europe sont rapidement enregistrés, que leurs empreintes digitales sont prises, et qu'on puisse faire une sélection rapide entre ceux qui restent et ceux qui ne peuvent rester", a expliqué mercredi le vice-président de la Commission, Frans Timmermans.

Les Etats membres veulent tenter d'améliorer l'efficacité de leur "politique de retour", les expulsions d'immigrés économiques illégaux. A ce jour seulement 39% des personnes déboutées de leur demande d'asile sont effectivement expulsées.

Les négociations, notamment avec des pays africains, d'accords de réadmission pour qu'ils reprennent leurs ressortissants, vont être relancées.

Et la Commission a rappelé mercredi que son projet d'"un corps de garde-côtes et garde-frontières européens" serait sur la table d'ici la fin de l'année.

Au total, la Commission a d'ores et déjà demandé avant le sommet la mobilisation de 1,7 milliard d'euros pour faire face à la crise, s'ajoutant à des sommes déjà destinées à des mesures de ce type pour atteindre un total de 9,2 milliards d'euros.

"J'espère que le Conseil (des dirigeants européens) va soutenir les propositions de la Commission", a exhorté son président Jean-Claude Juncker.

Un "Diktat"

Pendant ces tractations, des milliers de personnes cherchant l'asile en Europe continuent d'arriver chaque jour aux frontières grecque, croate, hongroise et italienne de l'Union européenne, poursuivant ensuite leur route vers le Nord, et notamment l'Allemagne.

Ainsi, mardi, 5.000 personnes ont transité par l'Autriche, dont 2.500 par le poste-frontière austro-hongrois de Nickelsdorf entre minuit et 05H30 GMT. Le même jour, près de 9.000 personnes sont entrées en Croatie, un record pour une seule journée.

Mardi, à Bruxelles déjà, les Etats membres avaient enfin réussi à se mettre d'accord sur la "relocalisation" en deux ans de 120.000 réfugiés venant prioritairement d'Italie et de Grèce, à partir des "hotspots" tant attendus.

Mais l'accord s'est fait au prix d'une fracture avec des pays de l'Est, qui ont voté contre la décision prise à la "majorité qualifiée".

Elle s'applique aux quatre pays de l'Est récalcitrants --République tchèque, Hongrie, Slovaquie et Roumanie--, qui devront malgré tout recevoir plusieurs milliers de personnes sur leur sol de manière permanente.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a dénoncé mercredi "l'impérialisme moral" que tente selon lui d'imposer la chancelière allemande au reste de l'Europe, alors que la chancelière Angela Merkel plaide pour des quotas contraignants et permanents.

A Bratislava, le Premier ministre slovaque Robert Fico, dont le pays devra accueillir des centaines de migrants, a fustigé un "diktat", et annoncé qu'il allait saisir la Cour de justice de l'UE pour faire annuler la décision.

Pour le Haut-commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), la répartition de 120.000 réfugiés est loin d'être suffisante, puisque l'Europe a déjà vu arriver quatre fois plus de migrants depuis janvier. Selon l'OCDE, un million de demandes d'asile pourraient être déposées dans l'UE en 2015.

Sur le terrain, la Hongrie, qui a vu transiter 237.536 migrants depuis janvier, poursuivait mercredi la construction d'une clôture de barbelés controversée à la frontière avec la Croatie.

Submergée par l'arrivée de 44.000 réfugiés en une semaine, la Croatie a elle fermé sa frontière avec la Serbie.

Toutes les actualités

Ouverture de la 75ème Assemblée générale de l’ONU

Ouverture de la 75ème Assemblée générale de l’ONU
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:31 0:00

Minute Eco: Le Cameroun exporte le gaz naturel en Asie et en Europe

Minute Eco: Le Cameroun exporte le gaz naturel en Asie et en Europe
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:01:32 0:00

Pour la première fois, une Assemblée générale de l'ONU en mode virtuel

Pour la première fois, une Assemblée générale de l'ONU en mode virtuel
Attendez s'il vous plaît

No media source currently available

0:00 0:02:31 0:00

Trump et Biden se disputent le vote des Hispaniques de Floride

Fabiola Vejar, à droite, inscrit Stephanie Cardenas pour voter devant un supermarché latino à Las Vegas, le 9 juin 2016.

Quel est le point commun entre l'ex-leader cubain Fidel Castro et l'ouragan Maria qui a dévasté l'île de Porto Rico en 2017? Chacun est brandi comme un épouvantail par Donald Trump et Joe Biden quand ils viennent à la chasse aux électeurs latinos en Floride.

Dans cet Etat où se sont jouées de précédentes présidentielles --et où pourrait bien se jouer celle du 3 novembre-- le poids électoral des votants d'origine cubaine est connu depuis des décennies: anticastristes convaincus, ils sont majoritairement républicains.

Mais la carte locale du vote hispanique pourrait ne plus avoir grand chose à voir en 2020 par rapport à 2016.

Dans le sillage d'une profonde crise financière qui l'a mise à genoux économiquement, Porto Rico a été ravagée par Maria, poussant des dizaines de milliers de ses habitants à quitter l'île et venir grossir les rangs de la population hispanophone de Floride.

C'est le cas de Taileen Nieves, 42 ans. Cette femme a enduré les terribles coups de boutoir de l'ouragan, le 20 septembre 2017, et a été directement témoin des vastes destructions causées.

Afflux de sinistrés portoricains

Deux mois plus tard, épuisée par les conditions de vie et l'absence de courant électrique, la Portoricaine a pris son fils de 3 ans sous le bras et s'est résolue à trouver refuge en Floride.

"Cela a été vraiment difficile, moi seule avec mon enfant. Et très dangereux", résume-t-elle.

Elle vit désormais à Auburndale, dans le centre de la péninsule située au Sud-Est des Etats-Unis. Après dix mois de chômage, elle a trouvé un emploi chez un podologue.

Selon Jorge Duany, directeur de recherches sur les questions cubaines à l'Université internationale de Floride, "il y a actuellement environ un million d'électeurs portoricains inscrits, plus ou moins la même quantité que les Cubains".

Et donc, au scrutin du 3 novembre, le comportement des électeurs latinos dépendra d'une donnée nouvelle mais cruciale: le jugement qu'ils portent sur la gestion de l'ouragan par Donald Trump.

Maria a fait quelque 3.000 morts à Porto Rico, un lourd bilan qui marquera durablement la mémoire collective des sinistrés.

Beaucoup se souviennent de la visite éclair post-ouragan du président dans le territoire, dont les près de 4 millions d'habitants sont des citoyens américains.

Donald Trump avait été filmé en train de jeter des rouleaux de papier essuie-tout en direction de supposés sinistrés, d'une façon nonchalante voire dégradante selon les critiques du président, et en tout cas sans la gravité attendue face à l'ampleur de la catastrophe.

Trois ans plus tard, les démocrates entendent garder ce souvenir vivace et l'exploiter.

L'équipe de campagne de Joe Biden a diffusé un clip vidéo compilant les images de la dévastation causée par Maria, sur une musique de Bad Bunny, célèbre chanteur de reggaeton portoricain.

Mardi, le candidat démocrate s'est rendu à Kissimmee, un bastion portoricain proche de la grande ville d'Orlando. Il a exprimé son soutien à ce que le territoire insulaire devienne le 51e Etat de l'union.

Une énorme pancarte montrait Donald Trump et sa distribution aérienne de rouleaux essuie-tout, avec la légende suivante: "Défense d'oublier".

Cependant, l'incertitude plane sur la capacité à se mobiliser de cet électorat.

Vénézuéliens "nouveaux Cubains"

A l'opposé, le soutien à Donald Trump des votants d'origine cubaine semble s'être renforcé depuis 2016.

Selon un sondage NBC News/Marist: le président devancerait son rival démocrate de quatre points (50-46) dans les intentions de vote chez les Latinos, les deux hommes étant à égalité en Floride en comptant tous les électeurs.

M. Trump a su rallier les votants d'origine vénézuélienne en adoptant une posture farouchement anti-Maduro, le président du Venezuela, même si celui-ci est toujours au pouvoir à Caracas.

"Les républicains ont une stratégie habile qui consiste à transformer les Vénézuéliens en nouveaux Cubains", résume Randy Pestana, un expert en sciences politiques.

Dimanche, Trump a rendu hommage aux anciens combattants du débarquement de la baie des Cochons, une tentative d'invasion militaire de Cuba par des exilés cubains soutenus par les États-Unis en avril 1961.

Dans le reste du pays, les électeurs hispaniques sont majoritairement originaires du Mexique et des pays d'Amérique centrale. Pour eux la question migratoire est essentielle pour déterminer leur vote, un thème sur lequel Donald Trump a toujours affiché sa fermeté.

Résultat, au niveau national, 66% des Hispaniques disent avoir une opinion défavorable du président, selon l'institut Latino Decisions. Et en novembre ils représenteront pour la première fois le premier groupe de votants parmi les minorités ethniques, avec 13% de l'électorat, a calculé l'institut Pew.

Mais ce sont bien les Latinos de Floride qui seront les plus susceptibles de faire basculer l'issue du scrutin.

Donald Trump ne se rendra pas en personne à l'Assemblée générale de l'ONU

Le président américain Donald Trump prend la parole lors de la 74e session de l'Assemblée générale des Nations Unies au siège de l'ONU à New York, le 24 septembre 2019.

Le président américain Donald Trump ne sera pas présent à l'Assemblée générale de l'ONU prévue la semaine prochaine, contrairement à ce qu'il affirmait le mois dernier, a indiqué son chef de cabinet Mark Meadows aux journalistes à bord d'Air Force One.

Le président fait ainsi volte-face alors que le mois dernier, il a dit vouloir tenir son discours dans la salle de l'Assemblée générale à New York, quoique les dirigeants des autres pays ne participeront pas en raison de la pandémie de nouveau coronavirus.

Les principales activités de la 75e session de l'Assemblée générale de l'ONU, avec des discours successifs de chefs d'Etat, se dérouleront notamment par visioconférence du 21 au 29 septembre.

Dans son discours mardi, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a mis en évidence comme objectifs cette année le combat global contre la pandémie de Covid-19 ainsi que "la paix et la sécurité, le désarmement, les droits humains, l'égalité des sexes et le développement durable".

Voir plus

XS
SM
MD
LG