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Michelle Bachelet, de la présidence du Chili aux droits de l'Homme

Michelle Bachelet, Genève, Suisse, le 3 septembre 2018.

Michelle Bachelet,qui vient d'entamer son mandat de Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, a été la première femme élue deux fois présidente du Chili, à l'issue d'un parcours marqué par la dictature.

Dès son entrée en fonctions, cette socialiste de 66 ans - qui a elle-même connu la détention - a vivement réagi à la condamnation à 7 ans de prison de deux journalistes birmans de l'agence Reuters, exigeant leur libération immédiate et dénonçant une "parodie de justice". Les deux hommes sont emprisonnés pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l'armée birmane.

Mme Bachelet, qui succéde au Jordanien Zeid Ra'ad Al Hussein, participe à partir de lundi à Genève à la 39e session ordinaire du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Après un premier mandat (2006-2010) achevé avec une popularité record, l'ex-présidentechilienne n'avait pu immédiatement se représenter, la Constitution interdisant d'exercer deux mandats consécutifs.

Nommée directrice exécutive de l'ONU Femmes, elle avait alors quitté Santiago pour New York, où elle a pu nouer des contacts avec l'élite des dirigeants mondiaux et étoffer son bagage diplomatique.

Coulant des jours heureux aux Nations unies, Michelle Bachelet avait à l'époque reconnu dans un entretien que "c'était un job en or" et qu'elle avait alors "beaucoup de raisons d'y rester".

D'abord réticente à revenir en politique pour une seconde élection présidentielle, elle avait attendu le dernier moment, en mars 2013, pour se déclarer.

Au cours de son second mandat, elle a bousculé cette société réputée très conservatrice par une série de réformes progressistes, dont l'adoption du mariage homosexuel et la dépénalisation de l'avortement, auparavant interdit.

Une autre réforme phare, instaurant la gratuité de l'éducation, est restée à mi-chemin au Parlement.

Lors de sa première candidature à la présidence parrainée par l'ex-président socialiste Ricardo Lagos, après avoir été ministre de la Santé, puis la première femme ministre de la Défense d'Amérique latine, elle avait évoqué "ce sentiment de devoir".

Née le 29 septembre 1951 à Santiago, elle a passé son enfance à sillonner le Chili au gré des mutations de son père, pilote de l'armée de l'air. En 1970, elle entame des études de médecine et entre aux Jeunesses socialistes.

Un style qui détonne

Le 11 septembre 1973, date du coup d'Etat d'Augusto Pinochet, son père,promu général d'aviation et proche du président socialiste Salvador Allende, est arrêté, accusé de trahison. Il mourra six mois plus tard en détention, torturé par ses pairs.

La mort d'Alberto Bachelet marquera à jamais la vie de sa fille Michelle, qui voudra toujours se montrer à la hauteur de ce père aimé et admiré.

Elle poursuit ses études de médecine tout en aidant secrètement des personnes persécutées par le régime militaire. Mais en janvier 1975, elle est arrêtée avec sa mère par les services secrets, qui les conduisent au centre de Villa Grimaldi, où les deux femmes sont torturées.

Libérées fin janvier, mère et fille s'exilent en Australie puis en Allemagne de l'Est, où Michelle Bachelet continue ses études.

Dès 1979, elle est de retour au Chili où elle obtient son diplôme de chirurgien mais se verra refuser un poste dans le système public pour raisons politiques. Grâce à une bourse, elle se spécialise en pédiatrie et santé publique et travaille pour une ONG qui soutient les enfants de victimes de la dictature.

Après la transition démocratique de 1990, Mme Bachelet s'engage comme médecin du service public, tout en étudiant la stratégie militaire et les questions de défense. Elle veut, dit-elle alors, comprendre la vision militaire et les raisons du coup d'Etat et de la mort de son père.

Rompant avec le style figé de la classe politique traditionnelle, cette femme divorcée, mère de trois enfants et grand-mère, s'est notamment fortement engagée en faveur de l'amélioration des droits des femmes dans un pays où le divorce n'a été légalisé qu'en 2004.

Souriante, chaleureuse, celle que les Chiliens appellent simplement Michelle n'hésite pas à serrer les gens dans ses bras ou à danser et chanter en public si l'occasion se présente.

Elle n'a jamais évoqué les tortures subies alors qu'elle avait 24 ans. A l'occasion du 40e anniversaire du coup d'Etat en l'honneur des victimes, sur les lieux mêmes du centre de torture devenu un parc, Michelle Bachelet a expliqué simplement sa présence "en qualité de survivante de la Villa Grimaldi".

Avec AFP

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La Russie dit avoir développé le premier vaccin contre le coronavirus

Le président russe Vladimir Poutine sur la Place Rouge à Moscou, en Russie, le 24 juin 2020. REUTERS/Maxim Shemetov

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mardi que le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa avait développé le "premier" vaccin contre le nouveau coronavirus dans le monde.

Le ministère russe de la Santé a précisé qu'une double inoculation "permettait de former une immunité longue", estimant qu'elle pouvait durer "deux ans".

Le vaccin contre le coronavirus développé en Russie a été baptisé "Spoutnik V", en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite, a déclaré le fonds souverain impliqué dans son développement.

"Plus d'un milliard de doses" ont été pré-commandées par 20 pays étrangers, a affirmé le patron de ce fonds Kirill Dmitriev, précisant que la phase 3 des essais commençait mercredi.

Le fonds souverain a précisé que la production industrielle débutera en septembre.

Cependant des experts émettent des doutes sur l'efficacité d'un vaccin produit, semble-t-il, à la hâte, rapporte le quotidien britannique Financial Times.

Des critiques balayées d'un revers de main par M. Dmitriev, qui dénonce une "politisation" de la recherche scientifique.

"Au lieu d'attaquer constamment la Russie, qui sera le premier pays au monde à enregistrer un vaccin contre le coronavirus, il serait préférable de s'engager dans un dialogue constructif avec nous", a-t-il déclaré.

D'après le magazine Time, le président Vladimir Poutine a déclaré qu'une de ses filles a déjà été inoculée du vaccin, gage de sa fiabilité.

Selon les autorités russes, les enseignants et le personnel médical devraient commencer à être vaccinés dès le mois d'août avant que le vaccin ne soit mis en circulation le 1er janvier 2021 dans la population.

Le nom du vaccin, Spoutnik V, renvoie à la victoire politico-scientifique qu'était la mise en orbite du satellite Spoutnik 1 par l'URSS en pleine Guerre Froide.

Tedros Adhanom Ghebreyesus garde l'espoir face au coronavirus
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HRW se félicite d'un soutien croissant au contrôle des robots tueurs

Un faux robot tueur exposé à Londres en avril 2013 lors du lancement de la campagne contre les robots tueurs.

Une majorité de pays sont désormais favorables à une réglementation internationale sur les armes autonomes, également appelées "robots tueurs", a affirmé lundi Human Rights Watch, en publiant un rapport sur les positions en la matière de 97 pays.

"Chaque pays a le devoir de protéger l'humanité de ces évolutions dangereuses", a estimé Mary Wareham, directrice du plaidoyer auprès de la division Armes de HRW et coordinatrice de la Campagne contre les robots tueurs, ces systèmes d'armement automatisés capables d'identifier et d'éliminer des cibles sans qu'une action humaine soit nécessaire.

"Placer l’usage de la force hors de tout contrôle humain est désormais largement considéré comme une grave menace pour l’humanité qui mérite une action préventive multilatérale urgente", a plaidé la responsable.

Elle s'est félicité d'un soutien croissant à l'interdiction de ces armes, comme le montre un rapport de l'organisation qui a examiné les positions de 97 pays: "La grande majorité d’entre eux considère que le maintien d’un contrôle et d’une prise de décision par des humains est une condition essentielle à l’acceptabilité et à la légalité internationale des systèmes d’armement".

"La plupart de ces pays ont exprimé le désir qu’un nouveau traité soit adopté imposant le maintien du contrôle humain sur l’usage de la force, dont 30 qui ont pris explicitement position en faveur d’une interdiction pure et simple des armes totalement autonomes", selon HRW.

Le rapport avait été préparé en vue d'une réunion de la Convention sur les armes classiques (CCAC) sur les robots tueurs qui devait s'ouvrir à l'ONU à Genève (Suisse) ce lundi mais a été reportée à l'automne prochain.

Mais "la technologie progresse clairement alors que certains des efforts diplomatiques ralentissent", a regretté Steve Goose, directeur de la division Armes de HRW.

HWR déplore notamment qu'"un petit nombre de puissances militaires – notamment la Russie et les États-Unis – (aient) bloqué les progrès vers une réglementation, tout en investissant massivement dans les applications militaires de l’intelligence artificielle et en développant des systèmes d’armes autonomes aériennes, terrestres et maritimes". Les décisions de la CCAC sont prises par consensus.

Depuis 2017, un groupe d'experts a défini, dans le cadre de la CCAC, 11 principes endossés par 121 pays, où revient constamment l'idée du maintien, en toutes circonstances, d'une forme de contrôle humain.

Hong Kong: Londres "profondément préoccupé" par l'arrestation de Jimmy Lai

Des manifestants à Hong Kong, le 1er octobre 2017.

Le gouvernement britannique est "profondément préoccupé" par l'arrestation à Hong Kong du magnat de la presse Jimmy Lai, une des figures de proue du mouvement pro-démocratie du territoire, a déclaré un porte-parole de Downing Street lundi.

"Nous sommes profondément préoccupés par l'arrestation de Jimmy Lai et de six autres personnes à Hong Kong. C'est une preuve supplémentaire que la loi sur la sécurité nationale est utilisée pour faire taire la voix de l'opposition.", a déclaré ce porte-parole.

Patron de Next Digital, propriétaire de deux titres critiques du régime chinois, le quotidien Apple Daily et le magazine Next, Jimmy Lai a été interpellé pour des soupçons de collusion avec des forces étrangères, une des infractions visées par la nouvelle législation sécuritaire entrée en vigueur fin juin, et de fraudes. Une autre figure de proue du mouvement pour la démocratie, Agnes Chow, a été appréhendée en application de cette même loi sur la sécurité nationale.

Au total, selon une source policière, dix personnes ont été interpellées lundi.

Considérée comme une réponse de Pékin aux mois de manifestations en faveur de la démocratie qui avaient ébranlé Hong Kong en 2019, la législation récemment introduite donne aux autorités locales de nouveaux pouvoirs pour réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'Etat : la subversion, le séparatisme, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.

Nombre de militants pour la démocratie dénoncent un texte liberticide qui vient en finir selon eux avec le principe "Un pays, deux systèmes" ayant présidé à la rétrocession en 1997 et garantissant théoriquement jusqu'en 2047 aux Hongkongais des libertés inconnues dans le reste de la Chine.

Les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada, cinq pays qui forment l'alliance surnommée "les Five Eyes", ont exprimé leur "vive inquiétude face à l'imposition par Pékin de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, qui érode les libertés et les droits fondamentaux du peuple de Hong Kong", dans un communiqué commun diffusé dimanche.

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