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Le trois principaux candidats se disent en tête au Mali


Les agents électoraux en plein dépouillement des bulletins de vote le 29 juillet 2018 à Bamako, après l'élections présidentielle malienne.

Au Mali, au moins trois des 24 candidats au premier tour de l’élection présidentielle de dimanche affirment être assurés d’une place au second tour, s’il a lieu.

Les Maliens étaient toujours dans l’attente mardi car les résultats officiels du scrutin ne sont pas encore connus. Mais les équipes de campagne des certains candidats n’hésitent pas à s’avancer.

La dernière concerne l'Alliance démocratique pour la paix, l’ADP qui affirme que son candidat, le riche homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo, est arrivé en deuxième position et devrait ainsi décrocher sa place au second tour, un second tour qui devra se tenir le 12 août, s’il est confirmé.

>> Lire aussi : La participation encore incertaine au Mali

Avant l’ADP, le camp du président sortant a déclaré que Ibrahim Boubacar Keita était arrivé largement en tête.

Son porte-parole Mahamadou Camara dit se baser sur les premiers résultats compilés par ses représentants.

>> Lire aussi : Soulagement après la tenue du vote au Mali malgré les violences

Quant au parti du chef de l’opposition, Soumaïla Cissé, il a également annoncé que celui-ci était en tête mais qu'un second tour allait probablement avoir lieu pour départager les deux premiers candidats.

L'élection présidentielle au Mali (vidéo)
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Aucun de ces partis n’a avancé de chiffres toutefois car la loi électorale malienne leur interdit de les communiquer avant qu’ils ne soient rendus officiels.

Les premiers résultats sont attendus d’ici à vendredi.

Attaque vs. participation

Le taux de participation n'était pas connu dans l'immédiat mais s'annonçait faible, selon les premières constatations d'observateurs électoraux.

Selon une source au ministère de l'Administration territoriale, il devrait être conforme à la tendance généralement observée dans ce pays, où moins du tiers des plus de 15 ans sont alphabétisés.

La participation devrait en outre être affectée par une série d'attaques jihadistes présumées qui a perturbé le vote, essentiellement dans des zones rurales du centre, malgré la mobilisation de plus de 30.000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères.

Pour "diverses raisons", le vote n'a pas pu avoir lieu dans 716 des plus de 23.000 bureaux de scrutin que compte le pays, selon le gouvernement. Près de 600 bureaux ont été affectés dans la région de Mopti (centre), mais dans tous les autres, le scrutin "s'est globalement bien déroulé et dans des conditions satisfaisantes".

Jusqu'au dernier moment, "tout le monde pensait que les élections n'allaient pas se passer", a confié lundi, soulagé, un commercial de Bamako, Hamada Touré.

Mali: fermeture des bureaux de vote et début du dépouillement (vidéo)
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"Pays fortement troublé"

Le déroulement du scrutin "montre quand même qu'un processus électoral peut se tenir dans un pays très fortement troublé", a indiqué à l'AFP Aurélien Tobie, chercheur principal sur le Mali à l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), tout en s'interrogeant sur la capacité du prochain président à transformer la vie des Maliens.

"Quiconque remportera cette élection ne sera qu'une marionnette entre les mains de la France et des pays croisés", a affirmé la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda, dans sa revendication des tirs de roquettes qui ont visé dimanche le camp de la Mission de l'ONU (Minusma) à Aguelhok (nord-est).

Le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef de cette alliance, le "Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans", est le dirigeant d'un des groupes islamistes qui s'étaient emparés de tout le nord du Mali en 2012.

Il s'était invité dans la fin de campagne, fustigeant dans une vidéo les "crimes" de l'armée malienne contre des civils et l'élection, source "d'illusions".

Selon Sean Smith, analyste pour l'Afrique au cabinet de consultants en risques Verisk Maplecroft, cette présidentielle "constitue un progrès par rapport aux élections locales de 2016", dernier scrutin dans le pays, puisque cette fois l'ex-rébellion a accepté que le vote se déroule dans les zones qu'elle contrôle, notamment son bastion de Kidal (nord-est).

Selon Abdoulaye Touré, un informaticien, "il faut lutter contre la corruption et restaurer l'autorité de l'Etat". Pour lui, "entre deux démons il faut choisir le moindre", explique-t-il: "Moi, je préfère un voleur qui travaille à un voleur qui fout rien".

Avec AFP

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