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Présidentielle 2020

Les élections américaines se sont déroulées sans heurts

Les travailleurs électoraux ouvrent les bulletins de vote au bureau des élections du comté de Palm Beach lors de l'élection présidentielle américaine de 2020 à West Palm Beach, Floride, États-Unis, le 3 novembre 2020.

Malgré une anxiété pré-électorale, des millions d'Américains se sont rendus mardi aux urnes pour élire un nouveau président dans un processus qui, selon la plupart des comptes, s'est déroulé sans heurts.

Il y a eu peu de rapports d'intimidation d'électeurs et aucun acte de violence majeur, selon les responsables de l'application des lois et les défenseurs des électeurs.

Les résultats d'une campagne électorale âprement disputée entre le président Donald Trump et le challenger démocrate Joe Biden toujours en suspens, les responsables sont restés en alerte face à la possibilité de troubles et de violences potentielles.

Néanmoins, les défenseurs des droits de vote ont déclaré que le processus avait été largement couronné de succès et sans problème.

Kristen Clarke, présidente et chef de la direction du Comité des avocats pour les droits civils sous la loi, a déclaré que les rapports d'intimidation des électeurs étaient "plus sporadiques et beaucoup moins nombreux" que son organisation ne l'avait prévu.

"Nous étions prêts à voir ces efforts d'intimidation des électeurs dans les communautés Noirs et des personnes de couleur en particulier", a-t-elle déclaré lors d'un point de presse à l'époque de la fermeture des bureaux de vote dans la plupart des pays.

Le Comité des avocats a répondu à environ 30.000 appels dans tout le pays, principalement au sujet des exigences en matière d'identité et d'enregistrement, suivis des élections et de l'intimidation des électeurs, a déclaré Clarke. L'intimidation des électeurs représentait une poignée de plaintes. De plus, des plaintes ont été déposées dans certains États concernant des appels automatisés exhortant les électeurs à "rester en sécurité et à rester à la maison".

Le futur président américain sera élu par un collège électoral de 538 grands électeurs
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"Nous avons vu ces plaintes d'intimidation des électeurs et dans de nombreux cas, il y avait des loups isolés et peut-être des groupes de deux, mais pas de grands groupes qui pourraient autrement avoir un effet brutal et paralysant sur l'électorat", a-t-elle poursuivi.

Le taux de participation a été relativement faible, en grande partie parce que la plupart des électeurs - plus de 101 millions - avaient déjà voté tôt ou par correspondance.

Karen Hobert Flynn, présidente de Common Cause, une organisation à but non lucratif et dirigeante de la Coalition pour la protection des élections, a fourni une évaluation similaire: "Je suis heureuse d'annoncer que dans l'ensemble, ce fut une journée électorale plutôt douce pour une année très difficile".

Bien sûr, de nombreux rapports ont fait état de problèmes de vote banals à travers le pays - des machines défectueuses aux bureaux de vote qui ouvraient tardivement, menant à des files d'attente qui s'étalaient sur des heures. Mais le type d'incident qui inquiète le plus les défenseurs du droit de vote - l'intimidation des électeurs - était manifestement peu nombreux.

Dans la période qui a précédé le vote de mardi, il y avait une grande inquiétude que des groupes de milices de droite ou d'autres se rassemblent autour des bureaux de vote, provoquant la violence. Cela a conduit les entreprises de tout le pays à fermer leurs fenêtres et la Maison Blanche à ériger une nouvelle clôture non modulable autour de son terrain.

Un partisan du candidat démocrate américain Joe Biden se réunit près de la Maison Blanche lors du jour des élections à Washington, États-Unis, le 3 novembre 2020.
Un partisan du candidat démocrate américain Joe Biden se réunit près de la Maison Blanche lors du jour des élections à Washington, États-Unis, le 3 novembre 2020.

Mais les miliciens ont démissionné, probablement à cause de la récente arrestation d'extrémistes antigouvernementaux accusés de complot en vue de kidnapper le gouverneur du Michigan Gretchen Whitmer, a déclaré Devin Burghart, président et directeur exécutif de l'Institut de recherche et d'éducation sur les droits de l'homme.

"Beaucoup d'entre eux sont devenus obscurs ou ont dit à leurs membres de se retirer", a-t-il expliqué.

En conséquence, les rapports d'intimidation et de harcèlement étaient rares. En Louisiane, un homme agitant un drapeau Trump en tenant un gros pistolet s'est présenté devant un bureau de vote. En Caroline du Nord, un partisan armé de Trump a été arrêté près d'un bureau de vote après avoir été invité à partir.

Et en Floride, deux hommes se sont présentés à l’extérieur d’un quartier se faisant passer pour les adjoints du shérif. Mais ces incidents, a déclaré Kristen Clarke, "ont été très isolés et sporadiques". Plutôt que de représenter une menace pour les électeurs, ces individus ont été une "nuisance", selon elle.

Des manifestants ont convergé vers Washington et prévoient un certain nombre de manifestations cette semaine.

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Plainte contre Donald Trump, Rudy Giuliani et deux groupes d’extrême droite

Le président américain Donald Trump (à dr.) embrasse l'ancien maire de la ville de New York, Rudolf Giuliani, lors d'un rassemblement de campagne à Greenville, N.C., le 6 septembre 2016.

Un élu américain et un groupe de défense des droits ont déposé mardi une plainte contre l'ancien président Donald Trump devant un tribunal fédéral, selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Les parties plaignantes exigent une compensation financière non spécifiée pour le rôle présumé de l’ancien chef de l’État dans l'attaque du Capitole le 6 janvier, lit-on dans une copie de la plainte qui est parvenue à VOA Afrique.

La plainte, qui a été déposée devant un tribunal fédéral de première instance pour la ville de Washington, où se trouve le Capitole, a été portée par le représentant Bennie Thompson, un démocrate du Mississippi. Ce dernier est appuyé par la National Association for the Advancement of Colored People, NAACP, l'une des plus anciennes organisations de défense des droits des minorités ethniques.

"Ku Klux Klan Act"

En plus des dommages et intérêts, la plainte demande au tribunal de déclarer que M. Trump, qui a quitté ses fonctions le 20 janvier, est coupable d'avoir violé une loi fédérale.

Cette loi, connue de façon informelle sous le nom de "Ku Klux Klan Act", avait été promulguée en 1871 par le président Ulysses Grant, un ancien général qui avait vaincu la rébellion pro-esclavagiste du sud, sous le président Abraham Lincoln lors de la Guerre civile américaine.

La loi interdit tout "complot" visant à empêcher que les membres du Congrès s'acquittent de leurs fonctions officielles, selon la plainte.

Tout comme ce fut le cas dans les deux procès de l'ancien chef d'État devant le Sénat - où il a été acquitté en bonne et due forme - les plaignants tiennent M. Trump pour responsable d’avoir incité une foule enragée à prendre d'assaut le Capitole. Une attaque qui a entraîné, directement et indirectement, la perte de six vies humaines.

Outre le 45e président, sont également accusés son avocat Rudy Giuliani et deux groupes d’extrême droite : les Proud Boys (garçons fiers) et les Oath Keepers (gardiens du serment), accusés d’avoir organisé les aspects tactiques de l’attaque contre le siège du Congrès.

M. Giuliani, 76 ans, est l'ancien maire de la ville de New York. Il est devenu célèbre au niveau national pour sa gestion -- au niveau local -- du lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001. Il s'était porté candidat lors des primaires du parti républicain à la présidentielle de 2008, mais n'a pas réussi, n'ayant remporté aucun État. Il retire sa candidature et au final c’est l'ancien sénateur de l’Arizona, John McCain, qui gagne. L'élection générale avait finalement été remportée par le démocrate Barack Obama.

Dans leur action en justice, les plaignants soutiennent qu'un "plan commun" a été ourdi par M. Trump, 74 ans, et M. Giuliani pour empêcher le décompte des votes du Collège électoral, qui donnaient Joe Biden vainqueur.

Décrit dans le procès comme une "organisation fraternelle pro-occidentale pour les hommes qui refusent de s'excuser d'avoir créé le monde moderne ; alias les chauvinistes occidentaux", le groupe Proud Boys est accusé d'avoir "organisé et mené l'insurrection au Capitole le 6 janvier 2021".

L'autre entité poursuivie en justice est le groupe des Gardiens du serment (Oath Keepers), qui est décrit comme "une milice" basée à Las Vegas, dans l'État du Nevada. Selon les documents du procès, ce groupe est composé "de militaires et d’agents de la force publique, actuels et anciens".

Immunité présidentielle

Le procès de mardi s'appuie fortement sur les déclarations faites sur les réseaux sociaux par les accusés et des tiers.

"Trump, Giuliani, Proud Boys et Oath Keepers ont planifié, coordonné et exécuté un plan commun pour empêcher le Congrès de remplir ses fonctions officielles en certifiant les résultats de l'élection présidentielle", écrivent les plaignants.

Selon la jurisprudence américaine, les procès en procédure civile ne conduisent généralement pas à l'emprisonnement.

D'après le quotidien USA Today, en général les présidents américains bénéficient d'une vaste immunité contre toutes poursuites judiciaires pour les actes qu'ils ont commis dans le cadre de leurs fonctions officielles. Mais la plainte déposée mardi a été déposée contre M. Trump en tant qu’individu, et non comme président. La partie plaignante affirme que les faits qui sont reprochés à Donald Trump ont été commis hors du cadre de ses fonctions officielles, ce qui engage sa responsabilité individuelle.

Il revient désormais à un ou plusieurs juges de trancher.

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Un procès "stupide": des ténors républicains contre la destitution de Trump

USA-TRUMP/

La perspective d'une condamnation de Donald Trump dans son procès en destitution paraissait très incertaine dimanche, plusieurs sénateurs républicains se disant fermement contre à la veille de la transmission au Sénat de l'acte d'accusation de l'ex-président pour "incitation à l'insurrection".

"Je trouve ce procès stupide. Je pense que cela va être contre-productif", a tonné le sénateur républicain Marco Rubio dimanche sur Fox.

"Le pays est déjà en flammes et cela revient à verser de l'essence sur ce feu."

Sur fond d'appels au rassemblement lancés par le nouveau président démocrate Joe Biden, plusieurs ténors républicains mettaient ainsi en garde contre les "divisions" que risquerait de creuser encore un tel procès historique.

Si les langues se sont déliées et que même des fidèles, comme Marco Rubio, reconnaissent ouvertement que le milliardaire "porte une part de responsabilité" dans l'assaut meurtrier du Capitole le 6 janvier, plusieurs estiment, comme M. Rubio dimanche, que "remuer tout cela" risquerait de nuire encore plus au pays.

Des sénateurs républicains déclarent même anticonstitutionnel de juger en destitution un ex-président, et cherchent une voie pour empêcher la tenue même du procès, sur cette base.

Plongé dans un silence inédit depuis son bannissement de Twitter, installé dans sa luxueuse résidence de Mar-a-Lago, en Floride, Donald Trump continue d'exercer une profonde influence sur son parti.

Et les figures républicaines, plus rares, qui ont vivement dénoncé son rôle dans les violences tombent sous le feu des critiques de la base républicaine.

Mais pas question pour elles d'en démordre, à l'image du sénateur Mitt Romney qui a défendu la tenue d'un procès en destitution dimanche.

"Si nous voulons que ce pays se rassemble, il est important de reconnaître que la responsabilité, la vérité et la justice sont nécessaires", a déclaré le conservateur sur Fox, en laissant entendre qu'il pourrait juger coupable le magnat de l'immobilier, accusé d'avoir incité ses partisans "à l'insurrection" lors des violences du 6 janvier, qui ont fait cinq morts.

Cet ex-candidat à la présidentielle fut le seul sénateur républicain à condamner Donald Trump lors de son premier procès en destitution, en février 2020 dans l'affaire ukrainienne. Le président avait alors été acquitté par un Sénat à majorité républicaine.

Depuis mercredi, les démocrates ont pris le contrôle de la chambre haute mais leur majorité est extrêmement fragile: ils occupent 50 sièges, contre 50 sièges pour les républicains.

En cas d'égalité parfaite dans un vote, la nouvelle vice-présidente Kamala Harris a le pouvoir d'ajouter sa voix pour faire pencher la balance du côté démocrate.

Procès le 9 février

Mais il auront besoin des deux tiers du Sénat pour condamner Donald Trump, soit 17 voix républicaines si l'ensemble des démocrates votent pour. Un nombre qui semble aujourd'hui difficile à atteindre, même si leur puissant chef, Mitch McConnell, a indiqué qu'il n'excluait pas de voter pour sa condamnation.

Avec sa mise en accusation pour "incitation à l'insurrection" votée à la Chambre des représentants le 13 janvier, le républicain est devenu le premier président des Etats-Unis à tomber deux fois sous le coup d'un "impeachment".

Lundi, l'acte d'accusation de la Chambre sera transmis au Sénat à 19H00 (00H00 mardi), marquant l'ouverture formelle du procès. Mais il ne démarrera en plein que deux semaines plus tard, le 9 février.

"Je m'attends à ce que cela aille plus vite" que le premier, qui avait duré 21 jours, a indiqué dimanche l'élue démocrate Madeleine Dean, l'une des "procureurs" de la Chambre.

S'il s'est bien gardé de peser dans les débats sur le bien-fondé de cette procédure, ce délai soulage certainement Joe Biden, qui pourra voir plus de membres de son cabinet confirmés par le Sénat d'ici là. Et espère faire adopter rapidement des mesures phares au Congrès, avant que la chambre haute ne soit monopolisée par le procès.

Mais sa pièce maîtresse, un plan titanesque de relance de l'économie et de lutte contre la pandémie, de 1.900 milliards de dollars, pourrait avoir du mal à rassembler assez de voix au Sénat à en croire les premières oppositions de républicains.

Le "montant total est assez choquant", a ainsi déclaré Mitt Romney dimanche, tout en se montrant ouvert à négocier sur certains points du plan, comme l'aide aux chômeurs ou aux Etats et collectivités locales.

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