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Prison ferme confirmée pour un l'ex-ministre et opposant Rahajason à Madagascar


Elise Alexandrine Rasolo, la Ministre de la Justice, lors d'une cérémonie à Antananarivo. (Ministère de la Justice de Madagascar)

L'opposant malgache Harry Laurent Rahajason, incarcéré depuis dix mois, a vu sa condamnation confirmée vendredi en appel pour complicité d'organisation de manifestation non autorisée autour de critiques contre un remède miracle anti-Covid promu par le chef de l'Etat, Andry Rajoelina.

"La peine de 44 mois d'emprisonnement de mon frère vient d'être confirmée par la cour d'appel" d'Antananarivo, a déclaré en larmes à l'AFP Bodo Fabre, la soeur de l'ancien ministre de la Communication, accusant les juges de partialité.

Les avocats de M. Rahajason avaient qualifié ce procès de règlement de comptes politique. "Lorsque la politique entre dans le prétoire, la justice sort", avait plaidé Me Erick Rafidison, demandant la relaxe de son client.

Beaucoup de médecins, notamment, ont critiqué à Madagascar une tisane à base d'artémise, appelée Covid Organics, présentée comme un remède miracle par le président Andry Rajoelina. Un de ces médecins, Berija Ravelomanantsoa, a été arrêté et incarcéré pour avoir critiqué cette tisane sur Facebook.

Le 13 juillet 2020, deux jeunes gens avaient déroulé une banderole sur une route fréquentée de la capitale, réclamant la libération de ce médecin. Interpellés et interrogés, l'un d'entre eux aurait désigné M. Rahajason, arrêté trois jours plus tard, comme l'instigateur de l'opération.

A l'audience, ce témoin était revenu sur ses accusations. Et l'ex-ministre aux cheveux blancs, visiblement éprouvé par ses premiers mois en détention, avait affirmé ne pas connaître les manifestants.

"Je suis journaliste de formation. J'ai deux stations de radio (...) Pourquoi aujourd'hui, je paierais des jeunes pour demander la libération d'une personne que je ne connais même pas?", avait-il plaidé.

La cour d'appel a cependant confirmé la culpabilité du ministre de l'ex-président Hery Rajaonarimampianona (2014-2018), pour complicité dans l'organisation de cette manifestation.

"La liberté d'expression et d'opinion sont garanties par la Constitution à Madagascar", avait rappelé l'avocat de la défense à l'audience.

Les avocats français de l'ex-ministre, Mes William Bourdon et Amélie Lefebvre, ont affirmé en février avoir saisi le Comité des droits de l'Homme des Nations unies.

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