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Côte d'Ivoire

Métro d'Abidjan: une offre à 1,36 milliard d'euros acceptée par la Côte d'Ivoire

Le patron de Bouygues Contstruction (L) Philippe Bonnave signe avec le ministre ivoirien des Transports Amadou Kone un accord de projet de construction du Métro d'Abidjan.

Les autorités ivoiriennes ont approuvé l'offre technique et financière soumise par un consortium regroupant les groupes français Bouygues Travaux Publics, Alstom, Colas Rail et Keolis pour la construction de la première ligne du métro d'Abidjan, ont indiqué ces sociétés lundi.

Un avenant a été signé samedi à l'occasion de la visite du président français Emmanuel Macron à Abidjan. "Le coût des travaux de construction du métro est de 1,36 milliard d'euros", a précisé dans un communiqué la Société des transports abidjanais sur rail (Star), qui regroupe les quatre entreprises.

Bouygues Travaux Publics sera chargé du pilotage du projet et du génie civil, Colas Rail (groupe Bouygues) des voies et de l'alimentation électrique et Alstom du matériel roulant, de la signalisation des télécommunications et des équipements du dépôt.

Keolis (groupe SNCF) sera chargé de l'exploitation et de la maintenance, et assurera la revue opérationnelle du système pendant la phase de construction, selon le communiqué.

Cette ligne doit traverser la métropole ivoirienne du nord au sud sur 37 km, jusqu'à l'aéroport, essentiellement le long d'un corridor ferroviaire existant.

Si les travaux ont été officiellement lancés par les présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron en novembre 2017, le gros du chantier devrait débuter fin 2020.

Toutefois, "la date effective de démarrage des travaux et la prise en commande du contrat sont conditionnées par la levée de deux conditions suspensives majeures: la mise à disposition par l'Etat ivoirien de l'ensemble des terrains et le bouclage du financement du projet en liaison avec les autorités françaises", a relevé la Star dans son communiqué.

Le coût de construction du projet "sera couvert par des financements français avec un mix de prêts du Trésor et de financements privés garantis par l'Etat français", a précisé à l'AFP le ministère français de l'Economie, notant qu'"une première tranche de prêt du Trésor a été conclue lors de la visite" de M. Macron à Abidjan.

"La mise en service de l'ensemble de la ligne pourrait intervenir en 2026", selon le dossier de presse publié à Abidjan.

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Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés
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Levée d'immunité des parlementaires pro-Soro arrêtés

Le parlement ivoirien à Abidjan, le 9 janvier 2017.

L'Assemblée nationale ivoirienne, où le pouvoir dispose d'une majorité absolue, a annoncé mardi avoir voté la levée de l'immunité parlementaire de cinq députés pro-Soro arrêtés après le retour avorté le 23 décembre de l'ex-chef rebelle Guillaume Soro, dont l'immunité a également été levée.

"L'immunité parlementaire des députés est levée suite à un vote au scrutin secret des membres du bureau de l'Assemblée nationale", selon le texte daté de lundi.

La levée d'immunité de Loukimane Camara, Kando Soumahoro, Alain Lobognon, Mamadou Soro, Soumaila Yao ainsi que de Guillaume Soro, a été votée après "une requête du groupe RHDP" (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix), coalition soutenant le président Alassane Ouattara, précise le communiqué.

La justice ivoirienne accuse l'ex-Premier ministre et ex-président de l'Assemblée nationale d'avoir préparé "une insurrection civile et militaire" pour s'emparer du pouvoir. M. Soro avait appris le 23 décembre qu'un mandat d'arrêt avait été lancé à son encontre alors qu'il était dans un vol le ramenant en Côte d'Ivoire après six mois d'absence à l'étranger. Il avait alors fait demi-tour tandis que les forces de l'ordre avaient arrêté certains de ses proches dont les cinq députés.

"C'est une situation totalement ubuesque. On baigne dans le non-droit, dans les vices de procédure. Un groupe parlementaire ne peut pas demander la levée de l'immunité de députés et encore plus le bureau de l'Asssemblée ne peut pas statuer sur la levée de l'immunité", a réagi Louis Ouattara, un proche de M. Soro.

Longtemps allié d'Alassane Ouattara, qu'il a aidé à porter au pouvoir pendant la crise post-électorale de 2010-2011, Guillaume Soro s'est ensuite brouillé avec lui, jusqu'à la rupture début 2019.

Jusqu'à cette affaire, M. Soro était considéré comme un challenger sérieux pour la présidentielle par les analystes politiques, qui le disent populaire, notamment auprès de la jeunesse.

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui fait 3.000 morts, la prochaine présidentielle s'annonce tendue. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

Les évêques ivoiriens "préoccupés" avant la présidentielle

Les évêques ivoiriens "préoccupés" avant la présidentielle
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Après la mort d'un enfant dans un train d'aterrissage, un quartier d'Abidjan sur le point d'être rasé

Un avion de la compagnie nationale ivoirienne Air Cote d'Ivoire, un Airbus A320 de nouvelle génération, a atterri à l'aéroport Felix Houphouet-Boigny d'Abidjan, le 18 juillet 2017.

Les habitants du quartier populaire d'Adjouffou vidaient lundi leurs maisons avant qu'elles ne soient rasées pour instaurer un périmètre de sécurité autour de l'aéroport d'Abidjan, conséquence de la découverte le 8 janvier du corps d'un enfant dans le train d'atterrissage à Roissy.

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'enfant âgé de 14 ans a sans doute escaladé un mur de l'aéroport puis s'est accroché aux roues de l'avion juste avant le décollage d'un vol Abidjan-Paris.

La semaine dernière, les autorités ont annoncé "la création d'un périmètre de sécurité, une bande de 200 mètres" tout autour de la clôture de l'aéroport. Le quartier d'Adjouffou, qui compte environ 25.000 habitants, va donc être partiellement détruit et le début des opérations devaient débuter lundi.

Ce n’’est pas bon! On n’a rien. On fait quoi maintenant? Je ne vais plus à l'école. Regardez mon papa!", s'insurge Aicha Sawadogo 14 ans. Son père ramasse les dernières affaires de sa maison, un taudis aux murs en carton et bois. La jeune fille éclate en sanglots: Ce n’’est pas bon, pas bon..."

L'eau a été coupée depuis trois jours. Sur certains murs, on voit l'inscription en rouge "AD" (à détruire). Lundi, les habitants qui avaient déjà commencé le déménagement les jours précédents, emportaient tout ce qu'ils pouvaient de leurs maisons, arrachant portes, fenêtres et toits. Le quartier semble avoir été dévasté par une tempête ou une explosion.

Francs Kablan, chauffeur routier, neuf bouches à nourrir, est désemparé. Il donne un coup de main à un voisin pour l'aider à enlever son toit. "Je suis là parce que je ne sais pas où aller. On a mis les affaires chez la famille de ma femme. Je suis né ici, 40 ans que j'habite ici. Avant, il n'y avait pas de mur, on voyait les avions. Il n'y a jamais eu de problème. L'enfant n'est pas passé par ici", estime-t-il.

- "Que le gouvernement ait pitié" -

"Tout le monde paie le prix pour une seule personne", crie une femme en écoutant M. Kablan.

"Que le gouvernement ait pité de nous. Nous, on est pauvre. On souffre déjà assez. On n'a pas d'argent pour louer. Mes affaires sont dispersées. Je ne suis pas allée à l'école ce matin", se lamente Epiphanie Djossou, 19 ans, élève de terminale. Amélie Djossou, sa grand-mère, habite le quartier depuis 50 ans. "Au début il y avait une maison par ci, par là. Maintenant c'est une ville. On ne sait pas où aller", dit-elle.

La mort du jeune Laurent Barthélémy Ani Guibahi, retrouvé le 8 janvier dans le train d'atterrissage d'un avion Roissy, a ému tout le pays, mais certains se sont aussi inquiétés des mesures de sécurité autour de l'aéroport dans un pays sous la menace djihadiste. La Côte d'Ivoire a été touchée par un attentat en mars 2016 (19 morts) dans la station balnéaire de Bassam proche de l'aéroport.

"Même un poulet quand tu le déplaces, tu prévois un autre endroit pour lui. Rien n'est prévu pour nous. Il faut des mesures d'accompagnement", affirme Abdul Ouattara, 41 ans, qui a toujours habité le quartier. "Quand on était jeune, on traversait la piste pour cultiver du manioc ou cueillir des mangues... On a toujours été ici. Il y a des écoles, des boutiques, des églises, des mosquées..."

Des sites pour reloger les expulsés sont à l'étude, avait assuré Hamed Diomandé, directeur de cabinet du ministre des Transports, la semaine dernière.

Le quartier d'Adjouffou se situe sur l'emprise de l'aéroport et donc des terrains appartenant à l'Etat même s'il se trouve à l'extérieur de la clôture.

Les évêques "préoccupés" avant la présidentielle

Les partisans de la coalition d'opposition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), brandissent une affiche de l'ancien président Gbagbo lors d'un rassemblement à Yopougon, Abidjan, le 28 juillet 2018.

Les évêques de Côte d'Ivoire, réunis en assemblée plénière, se disent "préoccupés" avant la présidentielle d'octobre 2020 parlant de "climat de peur" dans une déclaration transmise à la presse lundi.

"Nous archevêques et évêques de Côte d'Ivoire préoccupés par la situation socio-politique qui prévaut à la veille des élections générales dans notre pays, vous adressons ce message comme une suite logique de celui délivré en juin 2019, intitulé +évitons-nous une autre guerre+”, écrivent-ils.

"Les mutineries, les conflits inter-communautaires se sont soldés par des pertes en vies humaines. Ces conflits ont montré combien les cœurs ne sont pas encore apaisés et que tout peut exploser à tout moment. Surtout avec les armes (...) qui révèlent que le processus de désarmement (...) de la crise post-électorale n'est pas allé à son terme", estiment les évêques.

Ils évoquent les mutineries qui ont ébranlé le pays en 2017 ou des affrontements interethniques comme ceux de Beoumi (centre) qui avaient fait 16 morts en mai 2019.

"Progressivement s'installe dans notre pays un climat de peur et de terreur", écrivent les évêques qui estiment que "les prochaines élections doivent être transparentes, crédibles et pacifiques pour que tous acceptent les résultats comme expression de la volonté de la majorité des Ivoiriens".

Les évêques exhortent le "pouvoir exécutif (...) à garantir aux personnes et aux institutions, notamment la Commission électorale indépendante (CEI), une totale indépendance".

"Comme toute compétition, les élections ont besoin d'un arbitre. Si l'arbitre est à la fois joueur et arbitre, la fin de la compétition est déjà connue", soulignent-ils.

Ils notent que "la question de l'indépendance des structures devant arbitrer ces joutes électorales comme la CEI divisent et cristallisent encore les tensions".

L'opposition critique depuis des mois la nouvelle commission qu'elle qualifie "illégale et illégitime".

Dix ans après la crise post-électorale de 2010-2011 qui avait fait 3.000 morts, la présidentielle d'octobre 2020 s'annonce tendue en Côte d'Ivoire. Les élections municipales et régionales de 2018 avaient été marquées par de nombreuses violences et des fraudes.

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