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Lula aux portes de la prison dans un Brésil divisé

Luiz Inacio Lula da Silva, à gauche, Rio de Janeiro, Brésil, le 2 avril 2018.

Avec le rejet jeudi de la demande d'habeas corpus de Luiz Inacio Lula da Silva, l'ex-président peut être incarcéré dans les prochains jours, une décision à forte portée politique dans un pays très polarisé.

L'arrestation imminente de celui qui était donné en tête des intentions de vote pour la présidentielle d'octobre rebat les cartes d'un scrutin présenté comme un des plus imprévisibles depuis des décennies.

En théorie, plus aucun obstacle ne sépare l'icône de la gauche de la prison, mais, selon de nombreux juristes, il ne devrait pas se retrouver derrière les barreaux avant la semaine prochaine, la date de mardi étant annoncée comme la plus probable.

>> Lire aussi : Revers en justice pour Lula, favori de la présidentielle au Brésil

Lula, 72 ans, devra purger une peine de 12 ans et un mois de prison pour avoir reçu un luxueux appartement en bord de mer de la part d'une entreprise de bâtiment en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics.

L'ex-président (2003-2010) nie farouchement, invoquant l'absence de preuves et dénonçant un complot visant à l'empêcher de briguer un troisième mandat, huit ans après avoir quitté le pouvoir avec un taux de popularité record.

"Le peuple brésilien a le droit de voter pour Lula, le candidat de l'espérance. Sa candidature sera défendue dans les rues et dans toutes les instances, jusqu'aux dernières conséquences", a affirmé sur Twitter le Parti des Travailleurs, fondé par Lula dans les années 80, peu après l'annonce de la décision de la Cour suprême.

"La présomption d'innocence, ce droit fondamental (...), n'a pas prévalu aujourd'hui pour Lula. C'est un jour triste pour la démocratie et pour le Brésil", a déclaré la présidente de ce parti, Gleisi Hoffmann.

L'ex-président a également reçu le soutien du président vénézuélien Nicolas Maduro, qui a affirmé sur Twitter avoir ressenti "une douleur à l'âme devant une telle injustice".

- "Combat contre l'impunité" -

Retransmis en direct à la télévision, les débats de la Cour suprême ont débuté mercredi après-midi et se sont prolongés plus de 11 heures durant.

À l'image du Brésil, les 11 juges se sont montrés profondément divisés et la demande d'habeas corpus de Lula a été rejetée par six voix contre cinq.

Bien que très serré, ce résultat est une victoire éclatante pour les procureurs de l'opération "Lavage-Express", enquête tentaculaire qui a mis au jour un gigantesque scandale de corruption impliquant des hommes politiques de tous bords.

Même s'il a été rattrapé par les affaires, Lula reste perçu comme "près du peuple" et dispose encore d'un réservoir de voix considérable, notamment dans les régions pauvres du nord-est, dont il est originaire.

Mais il est aussi détesté par toute une partie de la population, et de nombreuses voix se sont élevées pour saluer la décision de la Cour suprême.

Mardi soir, veille du jugement, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient manifesté dans les plus grandes villes du pays pour réclamer l'incarcération de Lula.

"L'ex-président n'est pas au-dessus de la loi. Une décision dans le sens contraire frustrerait la société et serait un retour en arrière dans le combat contre l'impunité", a affirmé le parti de centre-droit PSDB dans un communiqué.

Une autre prise de position, bien plus polémique, a défrayé la chronique. Le général Eduardo Villas-Boas, chef de l'armée brésilienne, avait publié mardi soir sur Twitter un message dans lequel il indique que les militaires "partagent le sentiment des Brésiliens qui répudient toute impunité".

Même si elle ne fait pas explicitement référence à Lula, cette publication laisse entendre une rare prise de position de l'armée, dans un pays qui vivait encore sous le joug de la dictature militaire (1964-1985) il y a une trentaine d'années.

Amnesty International a considéré que la déclaration du général était "un grave affront à l'indépendance des pouvoirs et une menace envers l'Etat démocratique".

Avec AFP

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Manifestations à travers la Syrie contre la décision américaine sur le Golan

Des Syriens contre la décision du président américain Donald Trump de reconnaître la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan le 26 mars 2019.

Des manifestations ont eu lieu mardi dans de nombreuses villes de Syrie pour protester contre la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté israélienne sur la partie occupée et annexée du plateau du Golan.

Le président américain Donald Trump a signé lundi à la Maison Blanche, en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un décret reconnaissant la souveraineté israélienne sur ce territoire conquis en 1967 par l'Etat hébreu et annexé en 1981. L'ONU n'a jamais reconnu cette annexion.

Le gouvernement syrien avait dénoncé dès lundi "une violente attaque contre l'intégrité territoriale" de la Syrie.

Mardi, des Syriens sont descendus dans la rue pour protester contre la décision américaine à Homs (centre), Qamichli et Hassaké, dans le nord-est du pays sous administration kurde, à Alep (nord), Deir Ezzor (est) ainsi que dans la capitale Damas et les fiefs du président Bachar al-Assad à Lattaquié et Tartous (ouest), selon l'agence de presse officielle Sana.

Ils ont brandi des portraits du président ainsi que des drapeaux syriens et palestiniens, selon la même source.

"Le parti pris éhonté des Etats-Unis en faveur d'Israël ne changera pas l'identité syrienne du Golan", a affirmé le ministre de l'Information Imad Sara à la télévision d'Etat syrienne lors de la manifestation à Damas.

"Le Golan est arabe et syrien que ça leur plaise ou non", a déclaré à l'AFP un des manifestants, Mohammad Shaaban, à Alep.

"L'Amérique est maintenant le premier ennemi des Arabes", a dénoncé dans une déclaration lue devant le palais de justice de Damas un représentant de l'ordre des avocats syriens, selon des images de la télévision d'Etat. A Hama (centre), les avocats ont interrompu les audiences pendant une heure en signe de protestation, selon Sana.

La Russie et l'Iran, alliées du régime syrien, ainsi que plusieurs Etats arabes ont rejeté la décision des Etats-unis.

Prévues de longue date, des consultations à huis clos du Conseil de sécurité sur la force de l'ONU (Fnuod) déployée sur le plateau du Golan doivent se tenir mercredi à New York. Dès mardi, une réunion mensuelle publique du Conseil sur le Proche-Orient devrait aussi permettre aux membres de l'instance de l'ONU d'évoquer la décision américaine.

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