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Limogeage du patron de l'armée en Angola

Le president de l'Angola Joao Lourenco à Kinshasa, en RDC, le 14 février 2018.

Le président angolais Joao Lourenço a démis de ses fonctions lundi le chef d'état-major de son armée, le général Geraldo Sachipengo Nunda, un mois après sa mise en cause par le bureau du procureur général dans une affaire de corruption.

Dans un communiqué, M. Lourenço a annoncé sans commentaire son remplacement par le général Antonio Egidio de Sousa Santos.

Le 26 mars, le procureur général adjoint du pays, Luis Benza Zenga, avait révélé l'inculpation du général Sachipengo Nunda et de trois autres officiers supérieurs dans une enquête portant sur une fraude chiffrée à 50 milliards de dollars.

Depuis son arrivée au pouvoir en septembre dernier, M. Lourenço a fait de la lutte anticorruption une de ses priorités.

>> Lire aussi : Le fils dos Santos aurait voulu détourner 1,5 milliard de dollars en Angola

Il n'a pas hésité à limoger de nombreux proches de son prédécesseur José Eduardo dos Santos, qui lui a cédé les rênes du pays après un règne sans partage de trente-huit ans pendant lesquels il a mis l'économie du pays en coupe réglée.

Un des fils dos Santos, José Filomeno, a été récemment inculpé pour une tentative de détournement de 1,5 milliard de dollars alors qu'il dirigeait le fonds souverain du pays.

Sa fille Isabel dos Santos fait elle l'objet d'une autre enquête portant sur des virements suspects alors qu'elle exerçait les fonctions de PDG de la compagnie pétrolière nationale Sonangol.

>> Lire aussi : Combat des chefs entre le nouveau et l'ancien président en Angola

Outre ces cas emblématiques, des dizaines de hauts fonctionnaires ou patrons d'entreprises publiques ont été récemment remerciés.

Plusieurs autres hauts responsables de l'armée ont été limogés lundi par le président, dont deux adjoints du chef d'état-major limogé et le chef des services de renseignements extérieurs.

Cette décision a été prise malgré le vote d'une loi imposée par l'ancien président dos Santos, quelques semaines avant la fin de son mandat, qui gelait pour huit ans les nominations aux principaux postes d'encadrement des forces de sécurité.

Les relations sont tendues depuis plusieurs mois entre MM. Lourenço et dos Santos.

Toujours chef du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA) au pouvoir, l'ancien chef de l'Etat a annoncé qu'il en rendrait les clés au plus tard dans un an, alors que les partisans de son successeur exigent un départ plus rapide.

Avec AFP

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Le Soudan célèbre l'accord historique, la désignation du Conseil souverain retardée

Le lieutenant-général Abdel Fattah Al-Burhan, président du Conseil militaire, et le chef de la coalition de l'opposition soudanaise Ahmad al-Rabiah célèbrent la signature de l'accord de partage du pouvoir qui ouvre la voie à un gouvernement de transition

Le Soudan a célébré dimanche l'accord historique signé la veille par les dirigeants militaires et la contestation en vue de la transition vers un pouvoir civil, mais la désignation attendue du Conseil souverain censé piloter cette transition a été reportée à lundi.

Comme la veille, de nouvelles scènes de liesse ont eu lieu dimanche dans les rues de Khartoum pour fêter la signature samedi par les généraux au pouvoir et les meneurs de la contestation d'un accord prévoyant une transition de 39 mois, qui doit être menée par le "Conseil souverain" composé de 11 membres -six civils et cinq militaires.

Attendue dimanche, l'annonce de la composition de ce Conseil souverain n'avait cependant toujours pas eu lieu en fin de soirée. Selon des sources de l'opposition, seuls cinq des onze membres ont été choisis pour le moment, et la composition complète devrait être connue lundi.

La cérémonie de signature, qui avait s'était déroulée samedi dans la capitale en présence de nombreux dignitaires étrangers, a constitué le plus grand événement du genre à être organisé depuis des années, tranchant avec les années d'isolement du Soudan.

De nombreux pays ont salué la signature de l'accord, considéré comme le point de départ d'un "nouveau Soudan", après les 30 ans de pouvoir d'Omar el-Béchir, détenu depuis sa destitution en avril par l'armée sous la pression de manifestations massives.

"Cet accord répond aux demandes du peuple soudanais, qui a appelé sans relâche au changement et à un avenir meilleur", a écrit le secrétaire d'Etat britannique pour l'Afrique, Andrew Stephenson.

Sur Twitter, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a promis que Washington soutiendrait l'établissement "d'un gouvernement qui protège les droits de tous les Soudanais et mène vers des élections libres et équitables".

- Nouvelles institutions -

D'après les documents signés samedi, plusieurs étapes précèderont les élections prévues en 2022.

La première est la formation du Conseil souverain. Remplacant le Conseil militaire, qui avait pris les rênes du pays après la destitution de Omar el-Béchir, ce Conseil souverain sera d'abord dirigé pendant 21 mois par un général, puis par un civil pendant les 18 mois restants.

Abdallah Hamdok, un ex-économiste de l'ONU choisi jeudi par la contestation comme Premier ministre, devrait ensuite être officiellement désigné mardi par ce Conseil.

Le gouvernement doit lui être formé le 28 août, avec 20 membres au maximum, pour permettre aux nouvelles institutions d'affronter les principaux défis du pays, en priorité la relance d'une économie en crise.

Les huit mois de manifestations ont fait plus de 250 morts, selon un comité de médecins proche de la contestation

- Euphorie de courte durée? -

Quelques membres de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, craignent toutefois que l'euphorie ne soit de courte durée, et des tensions persistent.

Alors que l'accord de transition conclu début juillet a été salué comme le meilleur que le Soudan puisse espérer, certains contestataires estiment qu'il a nui à leur révolution.

Ils pointent notamment l'omniprésence dans le processus de transition du général Mohammed Hamdan Daglo, à la tête d'une force paramilitaire et numéro deux du Conseil militaire. Celui-ci a d'ailleurs cosigné l'accord samedi.

Les redoutés paramilitaires des Forces de soutien rapide (RSF) qu'il dirige sont accusés d'avoir réprimé plusieurs manifestations. Beaucoup craignent que le général Daglo, dit "Hemeidti", ne tente de s'accaparer ensuite le pouvoir et de tuer dans l'oeuf le processus démocratique.

Mais pour l'analyste soudanais Abdel Latif al-Buni, le plus grand risque dans l'immédiat pour la transition est la volonté de se venger de certains.

"Un esprit de revanche contre l'ancien régime est dangereux", estime-t-il. "Cela mènera vers un affrontement entre l'ancien régime et les nouveaux dirigeants".

Omar el-Béchir, qui fait l'objet de mandats d'arrêt internationaux émis par la Cour pénale internationale pour "génocide", "crimes contre l'humanité" et "crimes de guerre" au Darfour (ouest), doit être jugé au Soudan pour corruption. Mais la date de son procès est indéterminée.

Avec AFP

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