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Liesse rouge et blanche pour accueillir les Croates à Zagreb


Un vendeur des souvenirs aux couleurs de l’équipe de la Croatie avant le match de football Coupe du monde Russie 2018 entre la Croatie et la Russie dans un stand sur la place principale de Zagreb le 7 juillet 2018.
Un vendeur des souvenirs aux couleurs de l’équipe de la Croatie avant le match de football Coupe du monde Russie 2018 entre la Croatie et la Russie dans un stand sur la place principale de Zagreb le 7 juillet 2018.

En liesse, Zagreb accueille lundi en héros ses "Vatreni" vice-champions du monde, battus en finale du Mondial-2018 par la France.

"Levez-les mains ! Croatie !", lance un animateur à la foule tandis que l'avion des joueurs, escorté depuis l'entrée dans l'espace aérien croate de deux Mig-21 de l'armée de l'air, survole peu après 13h TU la place Jelacic et ses alentours.

"Joue ma Croatie ! Quand je te vois mon coeur s'enflamme !", "Que les coeurs flamboyants battent plus fort !", chante la foule, drapeaux au vent, maillots à damier rouge et blanc au dos. Elle crie quand elle voit sur les écrans l'avion roulant doucement sur le tarmac, son fuselage marqué d'un "Bravo Vatreni !" ('Flamboyants', le surnom de la sélection), passant doucement sous un arc d'eau lancé par les pompiers de l'aéroport Franjo-Tudjman.

Et elle exulte quand le capitaine de la sélection apparaît en haut de la passerelle. "Luka...", crie l'animateur. "Modric !", répond la place Jelacic. "Mario"... "Mandzukic !", "Dejan"... "Lovren !". Trois heures plus tard, le bus entre enfin en ville, n'est toujours pas arrivé à destination, se frayant difficilement un passage dans la foule.

Toutefois, un invité des joueurs dans leur bus risque de faire grincer quelques dents, notamment chez les voisins des Croates: le chanteur ultranationaliste Thompson, de son vrai nom Marko Perkovic, accusé d'être un sympathisant du régime oustachi pronazi durant la Seconde guerre mondiale.

Malgré l'annonce d'une arrivée différée, les supporteurs avaient afflué très tôt dans le centre.

Quelque 150.000 personnes se sont réunies dans le centre de la capitale croate, selon les médias. Beaucoup ont patienté plusieurs heures, malgré la chaleur et le soleil au lendemain d'une journée qui fut longtemps pluvieuse. Les transports publics sont gratuits toute la journée.

De mémoire de Zagrebois, ce rassemblement surpasse sans doute l'immense manifestation anti-Tudjman en 1996 et le retour au pays du général Ante Gotovina, acquitté par le Tribunal pénal international de La Haye en 2012 et considéré par les Croates comme un héros de la guerre d'indépendance contre les forces serbes (1991-95).

Drapeaux géants sur les beaux immeubles de style austro-hongrois de la place, des Croates restés ou pays ou expatriés, des retraités et des enfants: c'est tout un peuple qui entend dire sa fierté et fêter Luka Modric et sa bande.

- 'Nous avons cru' -

"C'est comme ça qu'on aime la Croatie", peut-on lire sur une bannière. "Nous sommes peu nombreux mais nous avons cru et cela suffit", dit une autre.

"J'ai décidé de fermer mon cabinet aujourd'hui pour accueillir nos héros", dit Sanja Klajic, une médecin. "J'ai mis un panneau +En ce 16 juillet 2016, fermé pour nos Vatreni+".

"On vit un épisode incroyable de notre histoire. Il fallait absolument que je sois à Zagreb pour saluer nos gars", s'enthousiasme Jure Pavlicic, 47 ans, de Vinkovci dans l'est du pays, venu pour l'occasion.

Sur le parcours, chacun tente de se placer. Les enfants sont dressés sur des rebords de fenêtres.

"Viens par là, c'est la meilleure place", dit une femme à son amie à un coin de rue où le bus doit passer.

"Ces jeunes gens, dans cent ans, on parlera encore de leur exploit", assure Jure, retraité de 67 ans.

Avec AFP

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