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Les talibans menacent de faire "souffrir" l'Amérique après la rupture du dialogue

Le mollah Abdul Ghani Baradar, le plus haut dirigeant politique du groupe des talibans, troisième à gauche, à Moscou, en Russie, le 28 mai 2019. (AP Photo / Alexander Zemlianichenko)

Les talibans ont menacé dimanche de faire "souffrir plus que tout autre" les Etats-Unis après la rupture spectaculaire par le président américain Donald Trump des négociations sur le conflit en Afghanistan, même si les deux parties ont laissé la porte ouverte à une future reprise du dialogue.

Le président américain a créé la surprise par une double annonce tonitruante samedi soir.

Il a d'abord dévoilé avoir organisé dans le plus grand secret une réunion, prévue ce dimanche dans sa résidence de Camp David, lieu emblématique de nombreuses négociations de paix, avec son homologue afghan Ashraf Ghani et, surtout, avec les chefs des talibans.

Ce projet de rencontre sans précédent avec les talibans, à deux jours du 18e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 qui avaient déclenché l'invasion américaine de l'Afghanistan, a soulevé l'indignation y compris parmi les alliés de M. Trump.

"Camp David est le lieu où les dirigeants de l'Amérique se sont retrouvés pour planifier notre riposte après qu'Al-Qaïda, soutenue par les talibans, eut tué 3.000 Américains le 11 septembre. Aucun membre des talibans ne devrait mettre les pieds là-bas. Jamais", a tweeté la membre républicaine du Congrès Liz Cheney, fille de l'ex-vice-président Dick Cheney.

"C'est très bizarre d'inviter une organisation terroriste de ce type à Camp David", a réagi pour sa part sur CNN le candidat démocrate à la présidentielle Julian Castro.

En quelques tweets, Donald Trump a aussi annulé les pourparlers en cours depuis un an avec les insurgés, qui semblaient pourtant sur le point d'aboutir à un accord après dix-huit ans de conflit en Afghanistan.

La raison invoquée pour ce coup de théâtre: l'attentat meurtrier de jeudi à Kaboul, revendiqué par les rebelles et qui a notamment tué un soldat américain.

"L'Amérique va souffrir plus que tout autre", "son attitude anti-paix sera plus visible aux yeux du monde, et ses pertes humaines et financières vont augmenter", a mis en garde un porte-parole du mouvement rebelle, Zabihullah Mujahid, promettant de "poursuivre son jihad" jusqu'à la "fin de l'occupation".

Dans l'immédiat, la violence risque de redoubler à l'approche de l'élection présidentielle du 28 septembre en Afghanistan.

- "Pas pessimiste" -

Est-ce pour autant la fin de ce processus inédit pour mettre fin à la plus vieille guerre des Etats-Unis?

Malgré leur message belliqueux, les talibans ont dit croire que les Américains reviendront à la table des négociations.

Quant au chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, il n'a pas exclu une reprise des tractations, à condition que les insurgés "changent d'attitude" et "confirment les engagements qu'ils avaient pris". Faute de quoi "le président des Etats-Unis ne va pas réduire la pression", a-t-il averti.

"Je ne suis pas pessimiste", a toutefois assuré le secrétaire d'Etat.

Il a confirmé qu'un "accord de principe" était sur la table après "d'énormes progrès". Il devait permettre un début de retrait progressif des 13.000 à 14.000 soldats américains en Afghanistan, en échange de garanties contreterroristes de la part des talibans, d'une "réduction de la violence" et de l'ouverture de négociations de paix directes entre les autorités de Kaboul et les insurgés -- ce à quoi ces derniers s'étaient jusqu'ici toujours refusés.

Tenu jusqu'ici à l'écart, le président Ghani, qui avait exprimé sa "préoccupation" face au projet d'accord, a jugé que "la paix réelle ne pourra arriver que lorsque les talibans cesseront de tuer des Afghans et accepteront un cessez-le-feu et des pourparlers en tête à tête avec le gouvernement afghan".

Le Pakistan a invité Washington et les talibans à reprendre le dialogue. Quant au chef de la diplomatie iranienne Jawad Zarif, dont le pays est à la fois ennemi des talibans et des Etats-Unis, il a tweeté que "les étrangers vaincus doivent partir et la lutte fratricide doit prendre fin".

- "Prétexte" -

"S'ils sont incapables d'accepter un cessez-le-feu pendant ces discussions de paix très importantes", "alors ils n'ont probablement pas les moyens de négocier un accord significatif", a lancé samedi soir Donald Trump, qui a déjà marqué l'histoire en rencontrant le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et qui aimerait un sommet avec les dirigeants iraniens.

Selon Laurel Miller, responsable de la diplomatie américaine pour l'Afghanistan et le Pakistan entre 2013 et 2017, le projet de rencontre secrète avec les chefs talibans "est une grosse surprise". "Pourquoi l'annuler en raison d'une attaque meurtrière à Kaboul jeudi alors que les talibans ont récemment multiplié les attentats? Ce n'est pas très clair", dit à l'AFP l'actuelle directrice Asie de l'organisation de prévention des conflits International Crisis Group.

Une possible explication, selon l'analyste du cercle de réflexion Wilson Center Michael Kugelman, est que Donald Trump "avait besoin d'un prétexte pour se retirer d'un accord qui n'allait pas fonctionner". "Il en a trouvé un", souligne-t-il sur Twitter.

A Kaboul, le directeur de l'Institut afghan d'études stratégiques, Davoud Moradian, a pour sa part imputé l'échec à la stratégie de Washington, qui a selon lui "donné l'impression que les Etats-Unis étaient pressés de partir, que l'accord soit applicable ou pas".

Donald Trump, qui juge de longue date que ce conflit a coûté trop d'argent et de vies aux Etats-Unis et a promis de "mettre fin aux guerres sans fin", avait clairement fait savoir qu'il voulait battre le rappel des troupes avant de briguer un second mandat en novembre 2020.

Avec AFP

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Le projet de Facebook Libra est essentiel à la "prédominance du système financier américain" selon Zuckerberg

Illustration dela monnaie virtuelle de Facebook "Libra" - 21 juin 2019.

Le projet de monnaie numérique de Facebook, Libra, permettrait de "perpétuer la prédominance du système financier américain" dans le monde, a argumenté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, dans un discours qu'il doit prononcer mercredi devant une commission parlementaire américaine.

Dans ses remarques préliminaires publiées mardi, il décrit la Libra comme une innovation financière majeure, nécessaire notamment pour prémunir le pays contre la montée en puissance de la Chine dans le secteur des cryptomonnaies.

Prévue pour être lancée en 2020, la Libra fait face à une levée de boucliers de la part de nombreux gouvernements dans le monde, qui y voient une menace pour la souveraineté économique des Etats.

"Pendant que nous débattons, le reste du monde n'attend pas. La Chine se prépare activement à lancer des idées similaires dans les mois qui viennent", considère Mark Zuckerberg.

"La Libra sera essentiellement adossée aux dollars, et je pense qu'elle va perpétuer la prédominance du système financier américain ainsi que nos valeurs démocratiques dans le monde. Si l'Amérique n'innove pas, notre prédominance financière n'est pas garantie", insiste-t-il.

Le jeune milliardaire a reconnu que les bévues de Facebook sur le respect de la vie privée et la protection des données personnelles peuvent donner l'impression que le réseau social "n'est pas le messager idéal en ce moment".

Mais il a rappelé l'objectif affiché du projet - soutenir les personnes exclues du système bancaire actuel, notamment les migrants -et la structure de la gouvernance prévue, à savoir un conseil indépendant composé d'entreprises et d'organisations à but non lucratif.

"Les gens payent un prix trop élevé, et doivent attendre beaucoup trop longtemps, pour envoyer de l'argent à leur famille à l'étranger", détaille-t-il.

"Le projet Libra doit permettre une meilleure inclusion financière, à bas prix (...). La recherche montre que l'accès aux services financiers peut aider à sortir les gens de la pauvreté. Nous pensons que ce problème peut être résolu, et nous voulons faire partie de la solution", continue-t-il.

Le ministre des Finances américain Steven Mnuchin a réitéré mardi son opposition pour l'heure à ce projet, estimant que de nombreux sujets d'inquiétude n'étaient pas réglés, comme "la question du blanchiment d'argent".

Les saoudiennes autorisées à intégrer les forces armées

Soldats saoudiens à Marib au Yémen, 26 janvier 2018.

Dans le cadre d’un vaste programme de réformes économiques et sociales, les saoudiennes ont été autorisées le 9 octobre à intégrer les forces armées du royaume.

Ryad a récemment multiplié les décisions en faveur des femmes dans ce pays qui applique une version rigoriste de l'islam, mais les organisations de défense des droits humains l'accusent de réprimer parallèlement les militantes.

"C'est un nouveau pas vers l'émancipation", a écrit le ministère des Affaires étrangères sur Twitter, précisant que les femmes pourront seulement accéder aux rangs de soldat de première classe, caporal, sergent et sergent-chef.

L'Arabie Saoudite a autorisé l'année dernière les femmes à intégrer des postes au sein des forces de sécurité.

Sous la houlette du prince héritier Mohammed ben Salmane, plusieurs réformes visant à octroyer des droits aux femmes ont été engagées ces dernières années, comme l'autorisation de conduire ou de voyager à l'étranger sans l'accord préalable de leur "gardien".

Au cours de la même période, une vague de répression a visé plusieurs militantes des droits humains. Certaines d'entre elles restent détenues, comme Loujain al-Hathloul.

Depuis la chute des cours du pétrole ces cinq dernières années, l'Arabie Saoudite, premier exportateur de brut, tente d'améliorer son image à l'étranger pour attirer les investisseurs et les touristes.

Une jihadiste fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion en France

Esquisse d'Inès Madani devant le tribunal correctionnel de Paris lors de son procès pour préparation d'actes de terrorisme le 11 avril 2019.

Inès Madani a fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion pour avoir tenté de faire exploser une voiture près de la cathédrale Notre-Dame à Paris en 2016.

Cette jeune femme de 22 ans, déjà condamnée en avril par la justice à huit ans de prison pour des faits plus anciens, encourait la perpétuité. La cour d'assises spéciale, composée uniquement de magistrats professionnels et non de jurés, a suivi les réquisitions du parquet en la condamnant le 14 octobre à 30 ans de réclusion criminelle. Les magistrats n'ont cependant pas mentionné de période de sûreté.

"C'est une décision qui s'adresse à l'opinion et qui ne tient compte ni de la réalité des faits, ni de la jeunesse de l'accusée", a déclaré son avocat Laurent Pasquet-Marinacce.

Les parties ont dix jours pour interjeter appel mais bénéficient d'un délai supplémentaire de cinq jours si l'une d'elles fait appel. Les autres accusées ont donc jusqu'à mardi prochain pour se décider.

Les accusées étaient devenues, selon l'expression du parquet, le "visage du jihad au féminin".

Elles ont été condamnées pour avoir voulu lancer des attaques terroristes, en suivant les consignes de Rachid Kassim, propagandiste du groupe État Islamique et inspirateur en 2016 de l'assassinat d'un policier et de son épouse à Magnanville, en région parisienne.

Inès Madani et Ornella Gilligmann (condamnée à 25 ans de réclusion) ont tenté de faire exploser une voiture remplie de bonbonnes de gaz dans la nuit du 3 au 4 septembre 2016, devant des restaurants situés près de Notre-Dame de Paris, en essayant de l'incendier avec du gasoil. Seul le choix de ce carburant, difficile à enflammer, avait permis d'éviter l'explosion.

Après l'échec de cet attentat, Inès Madani s'était retranchée dans l'appartement d'Amel Sakaou (condamnée à 20 ans de réclusion), en région parisienne. Toutes deux avaient été rejointes par Sarah Hervouët (condamnée à 20 ans de réclusion), originaire du sud de la France.

Se sachant traquées, les trois jeunes femmes avaient quitté précipitamment leur appartement le 8 septembre, armées de couteaux de cuisine. Sur le parking, Sarah Hervouët avait porté un coup de couteau à un policier en civil de la DGSI (sécurité intérieure). Inès Madani avait pour sa part couru vers un policier, qui l'avait blessée par balles aux jambes.

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