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Les Sud-Coréens sur le sommet: entre doutes, espoirs et désintérêt

Accrochés aux nouvelles, les populations suivent les moindres développements du sommet à venir entre Donald Trump et Kim Jong Un Ecran géant à la gare de Séoul, en Corée du Sud, le 5 juin 2018. (Photo AP / Ahn Young-joon)

Les lignes de fracture qui divisent les Sud-Coréens au sujet du sommet imminent entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump sont d'ordre générationnel et politique.

Certains espèrent la fin de la confrontation héritée de la Guerre froide, que le Nord renoncera au bout du compte à son arsenal nucléaire. D'autres se montrent sceptiques quant aux intentions de Pyongyang. D'autres encore sont trop préoccupés par leur situation économique pour se soucier vraiment de la réunion.

Le scepticisme des anciens

Pour Lee Eun-ho, un ouvrier de 70 ans, le Nord ne se débarrassera jamais de ses armes atomiques car M. Kim les a "en fait développés pour s'accrocher au pouvoir".

"Je n'attends pas grand chose de ce sommet", dit-il. De même, à ses yeux, une réunification de la péninsule divisée serait impossible car quatre puissances, en l'espèce les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon, n'en veulent pas.

Choi Ho-Chul, un ancien employé de banque de 73 ans, doute aussi que le Nord abandonne son arsenal nucléaire car c'est un moyen "de contrôler sa population".

"Je parie que le Nord ne renoncera pas à ses armes nucléaires", dit-il, estimant néanmoins que les Etats-Unis et leurs alliés doivent user à la fois "de la carotte et du bâton" pour contraindre Pyongyang à le faire.

Les optimistes

Lee Hye-ji, femme au foyer de 31 ans, a elle de "l'espoir". Elle se soucie moins d'une dénucléarisation que d'une déclaration pour officialiser la fin de la guerre de Corée (1950-53). Le conflit s'est achevé sur un cessez-le-feu plutôt qu'un traité de paix et les deux pays sont techniquement en guerre.

"Cela nous ferait avancer d'un pas vers la réunification", juge-t-elle.

"Cela serait une bonne chose que nous cessions de nous battre", renchérit Cho Sung-kwon, retraité de 62 ans.

Il explique que sa perception de Kim Jong Un, "un méchant avec des armes atomiques", s'était considérablement améliorée à la suite de ses deux sommets avec le président sud-coréen Moon Jae-in dans le village de Panmunjom, où fut signée la trêve.

"Malgré son jeune âge, il a l'air malin", ajoute-t-il. De son avis, M. Kim se rend bien compte que la croisade du régime pour se doter d'un arsenal nucléaire afin d'assurer sa survie se "heurte à une impasse" du fait de sanctions sans cesse plus dures.

"Je crois que le Nord va se dénucléariser (...) car il sait qu'il n'a pas d'autre choix".

Le Sud devra fournir au Nord son aide économique car les Corées ne forment qu'un seul peuple, juge-t-il encore.

"Cela serait grandiose de nous réunifier comme les Allemands!"

L'indifférence des plus jeunes

Kim Hee-hyun, 30 ans, pense que M. Kim est parvenu à la conclusion qu'une dénucléarisation serait bénéfique pour ses propres objectifs mais se méfie du coût d'une réunification potentielle.

"Le Sud ne peut tout simplement pas se permettre de s'occuper du Nord économiquement", explique-t-elle. "Mais des échanges transfrontaliers et des voyages seraient à souhaiter".

D'autres Sud-Coréens de la même génération racontent qu'ils sont trop occupés à chercher un emploi pour se pencher sur la diplomatie.

Le taux de chômage des jeunes atteignait 10,7 % en avril. Kim Tae-yong, 27 ans, titulaire d'un diplôme en ingénierie et à la recherche d'un emploi, déclare: "Franchement, je ne ressens rien de spécial concernant le sujet, j'espère juste que cela va lever les incertitudes. C'est dur de déterminer si la réunification serait une bonne chose, vu l'énorme fardeau économique et le vaste fossé culturel entre les deux parties".

Lee Do-Kyu, 27 ans, au chômage également, raconte que les récents sommets intercoréens ont réveillé son intérêt pour la politique. Mais cela n'a pas duré.

"A cause des difficultés ces jours ci à trouver du boulot, je me suis désintéressé de ce genre de choses".

Avec AFP

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L'OMS suspend les essais cliniques relatifs au Coronavirus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé assiste à la 73e Assemblée mondiale de la santé virtuelle lors de l'épidémie de coronavirus à Genève, le 19 mai 2020.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir suspendu "temporairement" les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine qu'elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision fait suite à la publication d'une étude vendredi dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle, précisant que la suspension avait été décidée samedi.

L'OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l'hydroxychloroquine, baptisés "Solidarité", dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19.

Actuellement, "plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays", a expliqué le patron de l'OMS.

Or, selon la vaste étude parue dans The Lancet, ni la chloroquine, ni son dérivé l'hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

L'étude a analysé des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d'entre eux ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l'antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menées par l'OMS et ses partenaires concernant l'hydroxychloroquine seront suspendus le temps que "les données" recueillies par les essais Solidarité "soient examinées", a indiqué M. Tedros.

"Il s'agit d'une mesure temporaire", a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l'OMS.

L'hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l'hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L'hydroxychloroquine connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l'azithromycine.

L'effervescence autour de l'hydroxychloroquine a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s'en est fait l'apôtre, au point d'en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif.

Au Brésil, le président Jair Bolsonaro est convaincu de ses effets, au point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

Lundi, le chef de l'OMS a tenu à rappeler qu'hydroxychloroquine et chloroquine "sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme".

Première sortie publique de Joe Biden depuis le 15 mars

L'ancien vice-président Joe Biden parle lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a fait lundi sa première sortie publique en plus de deux mois, avec un masque, pour une brève cérémonie de dépôt de gerbe sur un monument aux anciens combattants américains près de son domicile, en ce jour férié de Memorial Day.

"Cela fait du bien de sortir de chez moi", a lâché le candidat, 77 ans, reclus depuis mi-mars avec sa femme, Jill, dans sa maison de Wilmington dans le Delaware, dont il sortait tout de même pour des promenades périodiques à pied et à vélo, selon lui.

Joe Biden n'avait participé à aucun événement public depuis un débat dans un studio de télévision contre son ex-rival des primaires Bernie Sanders le 15 mars, un confinement handicapant en pleine campagne présidentielle, alors que son adversaire Donald Trump est très présent dans l'actualité et sort régulièrement de la Maison Blanche.

Le président, lui, ne porte pas de masque en public. Il a repris le golf ce week-end, après plus de deux mois d'interruption, alors que le déconfinement est largement engagé dans l'ensemble des Etats-Unis.

La campagne de l'ancien vice-président de Barack Obama s'était brusquement arrêtée avec les premières décisions de confinement en mars. Un meeting dans l'Ohio avait été annulé à la dernière minute le 10 mars et remplacé par un discours dans une salle à demi-vide à Philadelphie ce soir-là, puis il avait fait une conférence de presse dans un hôtel de Wilmington le 12 mars.

C'est confiné qu'il a célébré sa victoire aux primaires, et depuis plus de deux mois, il tente de faire campagne à distance, depuis un studio installé dans sa maison, pour le scrutin présidentiel de novembre.

Lundi, il a échangé quelques mots avec des soutiens et des journalistes, à bonne distance, et en gardant son masque sur le visage, ce qui a rendu la compréhension difficile. "N'oublions jamais les sacrifices de ces hommes et femmes. N'oublions jamais", a-t-il dit.

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