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Les Sénégalais inquiets des répercussions économiques de la crise en Ukraine

Abou Sy, en bleu, s’inquiète de la situation en Ukraine, à Dakar, le 24 février 2022. (VOA/Seydina Aba Gueye)

L’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie suscite de nombreuses réactions au Sénégal. Sur la toile, ce conflit européen est largement commenté avec des internautes qui demandent au président Macky Sall de ne pas se mêler de cette crise. Loin du virtuel, les avis sont beaucoup plus tranchés.

La toile s’est enflammée jeudi à la vue des premiers bombardements russes sur l’Ukraine. Pour beaucoup de Sénégalais, c’est une situation à laquelle les dirigeants africains ne doivent pas se mêler.

Mais jeudi le président Macky Sall, président en exercice de l’Union africaine, s’est exprimé dans un communiqué co-signé avec Moussa Faki Mahamat, président de la commission de l’UA. C’est une position logique pour Khadim Ngom.

"Le monde est un village planétaire, ce qui se passe en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie va se répercuter directement en Afrique, raison pour laquelle c’est un devoir moral pour cette organisation intergouvernementale qu’est l’Union africaine de pouvoir donner son point de vue et de mesurer sa position eu égard à cette géopolitique actuelle", affirme-t-il.

La situation actuelle, pour Djibril Gueye, est provoquée par les puissances occidentales et, selon lui, la posture de la Russie est tout à fait normale.

"Les Etats-Unis et l'Union européenne ont poussé Kiev à adopter une attitude hostile à Moscou et je pense que ce n'est pas normal. Actuellement si on laisse l'Ukraine rejoindre l'OTAN, tous les radars et services militaires de l'OTAN feront face à Moscou et c'est ça le danger", estime-t-il. Djibril se dit favorable à l’action russe et "salue le leadership de Vladimir Poutine de pouvoir défier les occidentaux. Je pense que si chaque président réagissaient comme lui tous les peuples seraient contents".

L’Ukraine est un grand producteur de blé et de maïs. Loin des analyses diplomatiques ou géopolitiques, Abou Sy lui s’inquiète des répercussions sur le marché et ses effets dans la vie quotidienne des Sénégalais.

"Depuis trois semaines nous avons connu une hausse du prix de la baguette de pain et ce n'est pas seulement ici au Sénégal pratiquement c'est dans toute la sous-région ouest-africaine. Donc le blé ça peut se répercuter sur les prix et causer une certaine inflation", dit-il.

La Russie est aussi parmi les grands fournisseurs mondiaux de gaz et de pétrole. A l'annonce des opérations militaires russes, le baril de pétrole a franchi la barre symbolique de 100 dollars. Même si la guerre lancée par la Russie en Ukraine est perçue par beaucoup de Sénégalais comme un conflit loin du pays de la Teranga, il peut avoir aussi des répercussions sur plusieurs secteurs du pays.

Guerre en Ukraine: la toile sénégalaise s'embrase
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Tabaski: la hausse des prix inquiète les éleveurs sénégalais

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Nouveau concert de casseroles à Dakar

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A Dakar mercredi soir, il y avait du bruit. Des habitants sont sortis sur leurs balcons pour taper sur des casseroles. D’autres ont klaxonné dans leur voiture. Le tout, à l'appel d’Ousmane Sonko, l’homme politique qui cherche à défier le pouvoir, à un mois des élections législatives au Sénégal.

Que pensent les Sénégalais de l’annulation de la manifestation de l’opposition?

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L'opposition a annulé sa manifestation à Dakar à cause de la Tabaski

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L'opposition sénégalaise renonce à ses manifestations et "ira" aux législatives

Le maire de Dakar Barthélémy Dias en voiture pour assister à un rassemblement de l'opposition sénégalaise à Dakar. (Photo by SEYLLOU / AFP)

L'opposition au Sénégal a renoncé mercredi à ses manifestations contre le pouvoir, interdites par les autorités, et annoncé qu'elle participerait finalement aux élections législatives du 31 juillet, dans un souci d'apaisement après les heurts mortels de la mi-juin.

Le principal opposant Ousmane Sonko a annoncé l'annulation des regroupements à Dakar et dans plusieurs villes du pays après "des appels du peuple qui a exprimé ses inquiétudes par rapport à la fête (musulmane) de la Tabaski" le 10 juillet et à "la période des examens scolaires", lors d'un point presse dans la capitale. "Il faut qu’on s’oriente résolument vers la préparation des élections législatives du 31 juillet. (La coalition de l’opposition) Yewwi Askan Wi ira à ces élections", a affirmé M. Sonko. "Nous avons notre liste de suppléants et sommes représentés dans les 54 départements" du pays, a-t-il ajouté.

La tension a grandi au Sénégal après l'invalidation par le Conseil constitutionnel de la liste des titulaires sur la liste nationale de cette coalition d'opposition. Cette invalidation a éliminé de la course des figures de l'opposition, comme Ousmane Sonko, qui ont dénoncé un stratagème de la présidence pour écarter ses adversaires. "Si Macky Sall les perd (les législatives), il ne parlera plus de 3e mandat", a affirmé M. Sonko. L'opposition prête au président l'intention de se représenter en 2024. M. Sall entretient le flou sur le sujet.

M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et candidat déclaré à celle de 2024, et d'autres leaders avaient menacé d'empêcher la tenue des élections législatives si sa liste de titulaires ne pouvait pas participer. Il avait aussi appelé à des manifestations. La dernière en date, le 17 juin, interdite par les autorités, avait provoqué des heurts. Trois personnes étaient mortes et plus de 200 personnes avaient été interpellées, dont deux députés. L'un a été condamné lundi à six mois de prison avec sursis, l'autre a été relaxé.

Manifestations interdites

Les manifestation de mercredi prévues à Dakar et dans plusieurs villes ont elles aussi été interdites par les autorités malgré les appels d'organisation de la société civile pour "mettre fin aux graves atteintes au droit de réunion pacifique". Pour justifier cette décision, un arrêté du préfet de Dakar a invoqué "des menaces réelles à l'ordre public", "des risques réels d'infiltration par des individus mal intentionnés", "des menaces graves d'atteintes aux édifices publics" et "des risques réels d'entrave à la libre circulation des personnes et des biens".

Il a parlé aussi de violation du code électoral et de son article L.61, qui proscrit toute propagande "déguisée" dans les 30 jours précédant l'ouverture de la campagne électorale. Celle-ci doit s'ouvrir le 10 juillet en vue des législatives du 31 juillet, qui visent à renouveler les 165 députés de l'Assemblée nationale, largement dominée par la coalition présidentielle.

"La décision de sursoir aux manifestations n'est pas due aux interdictions des préfets", a déclaré M. Sonko qui avait annoncé leur tenue quel que soit l'avis des autorités. M. Sonko a aussi appelé à un "nouveau concert de casseroles jeudi à partir de 20H00 (GMT et locales) pendant 30 minutes", comme le 22 juin. Ce jour-là, des Sénégalais de tous les âges étaient sortis dans la rue ou sur leur balcon pour taper sur leurs ustensiles de cuisine.

La mise en cause de M. Sonko par la justice dans une affaire de viols présumés avait contribué en mars 2021 à plusieurs jours d'émeutes qui avaient fait au moins une douzaine de morts.

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