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Crimes/enquêtes

Les négociations avec les ravisseurs divisent le public nigérian

Un panneau routier de la ville de Kankara, après que des hommes armés ont enlevé des étudiants à Kankara, dans le nord-ouest de l'État de Katsina, au Nigeria, le 15 décembre 2020.

Les négociations entamées entre les autorités nigériane et un gang armé qui a enlevé mercredi 42 personnes, dont 27 enfants, d'un internat du district de Kagara font l'objet de vives critiques.

Les autorités estiment que la négociation reste la seule voie car toute action militaire pourrait entraîner des morts inutiles. Le gouvernement de l'État de Niger, où le rapt s’est déroulé, affirme avoir pris contact avec les ravisseurs par l'intermédiaire de dirigeants des communautés qui, selon eux, les connaissaient.

Mais de nombreux Nigérians ne voient pas d’un bon œil ces négociations et manifestent leurs inquiétudes.

"Toutes ces petites négociations dans les coulisses en cours pour des rançons encouragent les mauvaises attitudes et aggravent la situation sécuritaire dans le nord-est", fustige Idayate Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement. "En décembre, nous avons vécu la pire expérience lorsque plus de 300 enfants ont été enlevés à Katsina".

Bright Ojo, une résidente d'Abuja, ne soutient pas non plus l’action du gouvernement. "Le fait de négocier avec ces gens les encourage. Comment nous expliquer ce qui va se passer avec les fonds du budget national qu’ils utilisent pour les négociations. C’est une forme de détournement de fonds publics", tranche-t-elle. "Je ne vois pas comment un gouvernement digne d’un pays doit aller négocier avec des criminels", ajoute-t-elle.

"Les autorités sont-elles en harmonie ?"

Pour Kabiru Adamu, expert en sécurité, le gouvernement n’a pas d'autre choix que de négocier: "Honnêtement parlant, ils n’ont aucune autre option, vu que les élèves ont été enlevés et se trouvent dans les mains des criminels".

Entre temps, sur le terrain, un dispositif de sécurité impressionnant est déployé pour aider à ramener les personnes enlevées. Il comprend la police, l’armée et des unités de renseignement.

Les écoliers sont escortés par des militaires nigérians après leur libération suite à leur enlèvement, le vendredi 18 décembre 2020 à Katsina, au Nigeria.
Les écoliers sont escortés par des militaires nigérians après leur libération suite à leur enlèvement, le vendredi 18 décembre 2020 à Katsina, au Nigeria.

Le dernier enlèvement de masse est survenu deux mois après le rapt de plus de 300 élèves dans une école de Kankara, dans l’Etat de Katsina, l'État d'origine du président Buhari, alors que le président était en visite dans la région.

Ils ont été libérés après des négociations, mais l'incident a déclenché l'indignation et les souvenirs des enlèvements jihadistes d'écolières nigérianes à Dapchi et Chibok qui ont choqué le monde.

Les enlèvements ne sont que l'un des défis sécuritaires auxquels est confronté le gouvernement de M. Buhari depuis son élection en 2015. Il est aussi confronté à une insurrection djihadiste dans le nord-est, ainsi qu'à des tensions ethniques dans certaines régions du sud.

Le cardinal John Onaiyekan se dit préoccupé par la situation actuelle dans son pays.

"Je me demande si nous voyons les choses de la même manière, c’est ça ma préoccupation majeure", confie l'évêque d’Abuja. "Existe-t-il des gens qui ont un agenda caché ? Le gouvernement est-il lui-même uni ? Et lorsque je parle de gouvernement je ne parle pas seulement du gouvernement fédéral mais aussi des gouvernements des Etats et des autorités locales. Nous autres citoyens, nous voulons savoir ce qui se passe".

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Arrestation d'un ancien chef de l'armée libérienne aux États-Unis

ARCHIVES - La ville de Monrovia, capitale du Liberia, le 12 octobre 2017.

Un ancien chef de l'armée libérienne accusé d'avoir tué des civils pendant la guerre civile qui a déchiré son pays (1989-2003) a été arrêté aux États-Unis et inculpé pour "fraude à l'immigration", selon les autorités judiciaires de Pennsylvanie.

Une procureure américaine a fait arrêter et inculpé Moses Slanger Wright, un ancien commandant général des Forces armées libériennes de 69 ans, résidant à Philadelphie, pour "tentative frauduleuse d'obtenir la citoyenneté", "de fraude dans les documents d'immigration" et de "fausses déclarations" pour obtenir la nationalité américaine.

"L'accusé (...) n'a pas dit la vérité sur ses activités pendant la première guerre civile du Libéria", a précisé dans un communiqué le bureau du procureur du district Est de Pennsylvanie reçu vendredi par l'AFP.

M. Wright est mis en cause pour avoir personnellement commis, ou pour avoir ordonné à ses soldats de commettre, de "nombreuses atrocités", parmi lesquelles des meurtres de civils, des arrestations et des peines d'emprisonnement arbitraires sur des civils.

La Commission Vérité et Réconciliation du Liberia accuse notamment M. Wright d'avoir tué 27 civils en juin 1990. M. Wright avait obtenu l'asile aux Etats-Unis en 2000 et demandé la citoyenneté en 2013.

Jusqu'à présent, aucun responsable n'a été poursuivi ni condamné au Liberia pour les crimes commis pendant la guerre civile, qui a fait 250.000 morts et a été marquée par de nombreux massacres. Quelques procès ont eu lieu ou sont en attente en Suisse, en Finlande ou en France, mais de nombreuses personnalités impliquées dans le conflit occupent toujours des postes économiques et politiques importants au Liberia.

"Ceux qui ont pris la vie d'innocents pendant la guerre civile – ceux qui ont tué sans pitié des enfants, torturé des personnes âgées – doivent faire face à la justice", a déclaré à l'AFP Adama Dempster, militant libérien des droits humains.

M. Wright a été arrêté jeudi et a comparu une première fois devant un tribunal fédéral le même jour, a déclaré à l'AFP un porte-parole du bureau du procureur.

Des hackers dérobent 100 millions de dollars en cryptomonnaie aux USA

Image d'illustration.

La société américaine de crypto-monnaie Harmony a déclaré vendredi que des pirates informatiques lui ont dérobé environ 100 millions de dollars.

Selon l'entreprise basée en Californie, les hackers ont frappé un outil permettant de transférer des crypto-monnaies d'un système à un autre.

D'après Elliptic, une société d'analyse basée à Londres, les pirates ont emporté un certain nombre de crypto-monnaies différentes à Harmony, notamment Ether, Tether et USD Coin, qu'ils ont ensuite convertis à travers des échanges dits décentralisés.

Ce vol n'est que le dernier en date d'une longue série. En mars, des pirates ont soutiré environ 615 millions de dollars de crypto-monnaies à Ronin Bridge, une autre entreprise. Selon les autorités américaines, ce vol aurait été perpétré par des pirates nord-coréens.

En tout, les pirates informatiques ont déjà subtilisé plus d'un milliard de dollars depuis le début de l'année, selon Elliptic.

Les conclusions de quatre années d'enquête sur la corruption sous Jacob Zuma

Les conclusions de quatre années d'enquête sur la corruption sous Jacob Zuma
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En Afrique du Sud, les conclusions de quatre années d'enquête sur la corruption d'État pendant la présidence de Jacob Zuma, ont été remises au président Cyril Ramaphosa. L'ex-président est accusé d'avoir organisé le pillage de l'argent public.

Le rapport accablant de la corruption d'Etat sous l'ère Zuma

Poussé à la démission en 2018, Jacob Zuma est en liberté conditionnelle pour raison médicale.

Les conclusions de quatre années d'enquête menée par une commission ad hoc, sur la corruption d'Etat en Afrique du Sud pendant l'ère Zuma (2009-2018), ont été remises mercredi au président Cyril Ramaphosa.

Voici les principaux points d'un rapport accablant de plus de 5.000 pages pouvant aboutir à des poursuites judiciaires.

Jacob Zuma

L'ex-président est accusé d'avoir été "un acteur central" dans le système mis au point pour piller l'argent public au profit d'un cercle de politiciens et de puissants hommes d'affaires d'origine indienne, les frères Gupta.

Poussé à la démission en 2018, Jacob Zuma est en liberté conditionnelle pour raison médicale, condamné à 15 mois de prison pour avoir refusé de témoigner devant la commission anti-corruption. Son incarcération en juillet avait provoqué une vague inédite de violences qui ont fait plus de 350 morts.

Le rapport sur la corruption d'Etat pendant l'ère Zuma remis à Cyril Ramaphosa
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L'enquête a démarré en août 2018. Après plus de 400 jours d'auditions, plus de 300 témoins, près de 1.500 personnes sont mises en cause dont M. Zuma. Décrit comme le "pantin" des frères Gupta, dont deux d'entre eux ont été arrêtés en juin à Dubai, le rapport estime que "dès le début de son premier mandat, le président Zuma était prêt à faire tout ce que les Gupta voulaient". Une demande d'extradition d'Atul et Rajesh Gupta est en cours.

Siphonner

Les entreprises publiques ont été la principale cible de la vaste machination qui a permis de détourner l'équivalent d'au moins 30 milliards d'euros, selon une estimation de M. Ramaphosa.

Electricité, transports, aviation, défense, média, tous les secteurs ont été méthodiquement siphonnés. La richissime famille Gupta est accusée d'avoir exercé des pressions pour empocher des contrats publics douteux, influençant le choix des personnes nommées aux postes clés et de certains ministres. Après des années de mauvaise gestion, le secteur public est aujourd'hui à l'agonie et pèse dans le budget de l'Etat qui a régulièrement lancé des sauvetages.

Cyril Ramaphosa

Vice-président à l'époque de la "capture d'Etat", nom employé dans le pays pour désigner les années de corruption rampante, M. Ramaphosa est coupable d'inaction, selon le juge Zondo. L'actuel président a juré d'éradiquer la corruption en succédant à Jacob Zuma mais il a lui-même été appelé à témoigner devant la commission. Ses réponses sur ce qu'il savait sont "opaques", estime le rapport.

M. Ramaphosa aurait pu agir, "en tant que vice-président, il avait certainement la responsabilité de le faire". "Le président a décrit en détail les options qu'il avait envisagées en tant que vice-président (...) et les efforts menés en tant que président pour mettre fin à l'abus des ressources publiques", a indiqué jeudi la présidence dans un communiqué.

L'ANC

Le Congrès national africain (ANC), parti historique au pouvoir, "a permis, soutenu et rendu possible la corruption et la capture d'État", estime le rapport. Le parti a "déployé des personnes aux plus hauts postes de l'Etat" et l'organisation, qui a la majorité au Parlement, a laissé "la capture d'Etat se produire sous son contrôle". Plusieurs responsables sont mis en cause.

L'ANC doit décider d'ici décembre s'il investit ou non Cyril Ramaphosa pour briguer un nouveau mandat en 2024. En Afrique du Sud, l'Assemblée nationale, élue, désigne le président au scrutin indirect. Selon le rapport, ce système qui a permis de mettre à la tête du pays "quelqu'un qui agirait comme le président Zuma" est défectueux. Le rapport recommande une élection du président de la République au scrutin direct.

Les poursuites

La commission a un rôle uniquement consultatif mais ses conclusions peuvent être transmises au parquet. Cyril Ramaphosa a indiqué mercredi qu'il annoncera dans un délai de quatre mois d'éventuelles poursuites judiciaires.

Le juge Zondo, qui avait déjà recommandé des poursuites contre plus de 130 personnes dont plusieurs anciens ministres, a ajouté à sa liste le fils de Jacob Zuma, Duduzane, pour avoir facilité les transactions avec les frères Gupta. Ainsi que l'ancien chef des renseignements, Arthur Fraser, à l'origine d'une récente plainte pour corruption visant M. Ramaphosa, autour d'une histoire gênante de cambriolage.

Des anti-rwandophones "porteurs de machettes" arrêtés à Kinshasa

Il y a une semaine, les autorités ont annoncé leur décision de combattre "la chasse" aux rwandophones.

La police congolaise a annoncé jeudi avoir interpellé des jeunes "porteurs de machettes" qui voulaient s'en prendre aux rwandophones présents à Kinshasa sous prétexte de complicité avec les rebelles du M23 soutenus, selon Kinshasa, par le Rwanda.

"Il s'agit des individus qui avaient tenté de troubler l'ordre public et de stigmatiser d'autres personnes vivant à Kinshasa. La police les a interpellés afin que la justice s'occupe de leur cas", a déclaré à l'AFP le général Sylvano Kasongo, chef de la police de Kinshasa.

Samedi dernier, une vidéo partagée sur les réseaux sociaux avait créé l'émoi. On y voyait des jeunes "procéder à des contrôles de véhicules dans le but d'attenter (à la vie) des paisibles personnes aux faciès nilotiques", a indiqué à la presse le major Alpha Landu, porte-parole de la police de Kinshasa. Ces jeunes gens, "sans titres ni qualité, porteurs de machettes, étaient habillés en tenues ressemblant à celles des Forces armées de la République démocratique du Congo", a expliqué l'officier.

Parmi les sept personnes présentées, il y a également un homme connu comme harangueur des foules du parti présidentiel Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), interpellé pour "incitation à la haine tribale", a indiqué le major Landu. Dans une autre vidéo, on le voit citant les noms et adresses des personnes ciblées.

Il y a une semaine, les autorités ont annoncé leur décision de combattre "la chasse" aux rwandophones (personnes parlant le kinyarwanda, langue nationale du Rwanda) durant les manifestations organisées depuis plusieurs semaines contre le Rwanda et le M23.

Rébellion à dominante tutsi vaincue en 2013 par Kinshasa dans l'est de la RDC, le M23 ("Mouvement du 23 mars") a repris les armes fin 2021, en reprochant aux autorités congolaises de n'avoir pas respecté un accord pour la démobilisation et la réinsertion de ses combattants. Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir ces rebelles, ce que Kigali dément.

Les relations entre la RDC et le Rwanda sont tendues depuis l'arrivée massive dans l'est de la RDC de Hutus rwandais accusés d'avoir massacré des Tutsis lors du génocide rwandais de 1994.

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