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Tchad

Les enseignants vacataires tchadiens réclament 120 millions francs CFA

Vue de l'entrée principale de l'université de N'Djamena, 22 septembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).

Au Tchad, les enseignants chercheurs-vacataires du supérieur réclament des arriérés de vacations datant de 2016 à 2019. Ils sont aussi mécontents d’une circulaire du président de l’université de N’Djamena les suspendant temporairement.

La semaine qui commence risque d’être mouvementée dans les différentes facultés de N’Djamena, au Tchad.

Des enseignants réclament trois ans d'arriérés de salaires
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Les 72 heures accordées aux autorités rectorales par les enseignants-vacataires du supérieur pour exiger le paiement des arriérés de vacation ont expiré le week-end dernier. Datant de 2016 à 2019 ces vacations se chiffrent à 120 millions de FCFA .

Les vacataires contestent la note circulaire du président de l’université de N’Djamena, suspendant leurs activités.

Professeur Mahamat Barko, président de l'université de N'Djamena, 22 septembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).
Professeur Mahamat Barko, président de l'université de N'Djamena, 22 septembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).


Cette suspension, selon le président de l’université de N’Djamena, le professeur Mahamat Barka, permettra à l’administration des quatre facultés de responsabiliser les enseignants permanents à l’exception de la faculté de médecine.

Il invite les enseignants vacataires à "prendre leur mal en patience". Car dit-il, "la suspension est temporaire". "S’il y a des heures où on n’arrive pas à pourvoir certaines classes avec les enseignants permanents, on peut faire appel aux enseignants vacataires", assure-t-il.

Le président de l’université de N’Djamena déplore le fait que, dans certaines facultés, aucun enseignant a 100 heures de travail alors que dans les normes, chaque enseignant doit avoir 260 heures par an.

Il cite en exemple, la faculté de gestion, où il y a 70 enseignants pour 600 étudiants. "Dans cette faculté, est-ce qu’on a besoin des vacataires ?", s’interroge Mahamat Barka.

Dingamnayal Nabaye Charlot l'un des porte-paroles des enseignants vacataires à N'Djamena, 22 septembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).
Dingamnayal Nabaye Charlot l'un des porte-paroles des enseignants vacataires à N'Djamena, 22 septembre 2019. (VOA/André Kodmadjingar).


Pour l’un des porte-paroles du Collectif national des enseignants-chercheurs-vacataires du supérieur, Dingamnayal Nabaye Charlot, le régime de vacation a été introduit depuis 1971, date de la création de l’université du Tchad, devenu aujourd’hui l'université de N’Djamena.

Dingamnayal estime qu’il "n’y a pas de meilleure manière de revendiquer son droit bafoué que de se constituer en prisonnier libre. Nous allons laisser leur université, si le président n’a plus besoin de nous, nous allons partir, mais nous avons presté et l’université doit nous payer", réclame-t-il.

"C’est l’injustice, que nous combattons. Nous avons voulu saisir le juge administratif pour excès de pouvoir : malheureusement, nous nous sommes rendus compte que ce n’est même pas un acte administratif", a souligné Dingamnayal Nabaye Charlot.

L’Union nationale des étudiants tchadiens (UNET) estime que cette décision, même si elle est provisoire, a déjà des répercussions négatives sur les activités académiques.

Aserpé Dickréo Amos, président national l’UNET, estime pour sa part que ce sont les enseignants vacataires qui sont en charge des travaux dirigés des étudiants et depuis la reprise des cours, ces enseignants ne sont pas là.

Les étudiants font des contrôles sans passer par les travaux dirigés. Il demande au président de l’université de N’Djamena de revenir sur cette décision.

Au cas contraire, il menace d’appeler la base à une grève de solidarité avec les enseignants vacataires. Parce que selon lui, ce sont les étudiants qui sont les premières victimes de cette situation.

Selon des sources proches du rectorat de N’Djamena, une rencontre d’urgence est prévue ce lundi avec les enseignants et chercheurs du supérieur afin de désamorcer cette crise.

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Des centaines de manifestants dans les rues de N'Djamena

Des manifestants défilent dans les rues de N'Djamena le 29 juillet 2021.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté jeudi à N'Djamena contre la junte qui dirige le Tchad depuis la mort d'Idriss Déby Itno, encadrées par un fort dispositif policier, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des associations de la société civile et le parti "Les Transformateurs" de l'opposant Succès Masra ont appelé à manifester contre "la confiscation du pouvoir" du Conseil militaire de transition (CMT), dirigé par le fils d'Idriss Déby, Mahamat Idriss Déby Itno, et "exiger la révision de la charte actuelle et l'organisation d'une conférence nationale souveraine, inclusive et globale".

Les autorités de transition ont affirmé jeudi soir dans un communiqué qu'un dialogue national inclusif se tiendrait en novembre et décembre, en vue de "l'organisation d'un référendum constitutionnel et des élections générales libres et transparentes", sans autre précision.

"Nous marchons pour exiger le rétablissement de la démocratie et de la justice, gages d'une véritable paix", a indiqué à l'AFP Narcisse, un jeune de 22 ans, brandissant une affiche "non à la monarchie".

La manifestation avait été autorisée sur une avenue, longue de 3 kilomètres, dans le centre de la capitale tchadienne. Les forces de l'ordre ont été massivement déployées. La manifestation s'est déroulée dans le calme, a constaté un journaliste de l'AFP.

"La France hors du Tchad", affirmait une pancarte et des drapeaux français ont été brûlés.

La France, ancienne puissance coloniale, est accusée par une partie de l'opposition de soutenir le nouveau pouvoir depuis que le président Emmanuel Macron, seul chef d'État occidental présent, est venu à N'Djamena rencontrer les nouvelles autorités à l'occasion des funérailles du maréchal Déby.

"Nous allons continuer à marcher jusqu'à l'instauration d'un pouvoir civil. La France doit choisir le peuple tchadien comme son véritable interlocuteur et non un petit groupe d'individus, ou elle sera l'ennemi éternel du peuple tchadien", a déclaré Max Loalngar, porte-parole de Wakit Tamma, une plateforme de l'opposition.

Depuis l'annonce de la mort du président Déby le 20 avril, Mahamat Idriss Déby Itno, 37 ans, concentre presque tous les pouvoirs. Il s'est arrogé les titres de président de la République et de chef suprême des armées. Il a promis des élections "libres et démocratiques" au terme d'une période de transition de 18 mois renouvelable, mais sans exclure une prolongation de la transition.

Le 27 avril, six personnes avaient été tuées à N'Djamena et dans le sud du Tchad, selon les autorités, neuf selon une ONG locale, au cours de manifestations interdites, à l'appel de l'opposition et de la société civile. Plus de 600 personnes avaient été arrêtées.

Le 12 juillet, la junte avait autorisé pour la première fois une marche de l'opposition, en changeant l'itinéraire initial, ce qui avait poussé les organisateurs à annuler la mobilisation.

Le CMT a dissous le Parlement et le gouvernement et abrogé la Constitution. Sous la pression internationale, la junte a finalement nommé un "gouvernement de transition" de civils le 2 mai, dirigé par Albert Pahimi Padacké, le dernier Premier ministre du défunt.

Les rebelles tchadiens "n’ont pas encore désarmé"

Le général Mahamat Idriss Deby, chef du Conseil militaire de transition (CMT) du Tchad, délivrant un message au palais présidentiel de N'Djamena, le 27 avril 2021.

Le chef de la junte qui a pris le pouvoir au Tchad après la mort du président Idriss Déby Itno a déclaré mardi que les rebelles qui ont lancé une offensive en avril "n’ont pas encore désarmé", selon le site de la présidence.

Le 20 avril, au lendemain de sa réélection à la tête du Tchad, l'armée annonçait que le président Déby, qui dirigeait le pays d'une main de fer depuis 30 ans, avait été tué au front contre des rebelles du Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), qui avaient lancé une offensive en provenance de Libye le 11 avril.

Dès l'annonce de son décès, une junte de 15 généraux proclamait un de ses fils, Mahamat Idriss Déby Itno - général quatre étoiles à 37 ans - président de la République à la tête d'un Conseil militaire de transition (CMT), dissolvait l'Assemblée nationale et le gouvernement et abrogeait la Constitution.

"Je voudrais noter que les ennemis du Tchad n’ont pas encore désarmé. Ils s’activent au quotidien pour déstabiliser nos institutions et retarder notre marche vers le progrès et l’émergence", a déclaré mardi Mahamat Idriss Déby devant des leaders religieux à l'occasion de la fête de l'Aïd.

"C’est tous ensemble que nous devons montrer aux ennemis de la patrie que nous sommes jaloux de l’indépendance et de la souveraineté de notre pays", a poursuivi le chef de la junte.

Les autorités tchadiennes avaient affirmé début mai que les rebelles étaient en "débandade".

Mahamat Déby avait accusé les rebelles tchadiens d'être des mercenaires en Libye et d'être "entraînés par des forces étrangères".

Le Togo a tenté en juin une médiation entre N'Djamena et différents groupes rebelles, en vain jusqu'à présent. "En plus du FACT, il y avait deux autres groupes armés représentés mais il n'y a pas eu de suite depuis", a assuré à l'AFP un responsable rebelle qui a participé à ces "rencontres" et a requis l'anonymat.

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