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Les réseaux jihadistes communiquent avec un arsenal toujours plus perfectionné

Photo à titre d’illustration uniquement : les méthodes des cellules terroristes sont désormais les mêmes que celles des hackers, selon des experts.

De l'adresse cachée au jeu en ligne, les réseaux jihadistes utilisent de mieux en mieux les ressources d'internet pour recruter et communiquer, entraînant les services de sécurité dans une course-poursuite technologique pour les localiser et décrypter leurs messages.

Peut-on agir impunément sur le web en restant anonyme ? Pas complètement, même si, selon des experts réunis au Forum international de la cybersécurité (FIC) à Lille, dans le nord de la France, les méthodes des cellules terroristes sont désormais les mêmes que celles des hackers.

Pour rester discret sur internet, il faut d'abord se procurer une adresse IP (l'identification de l'appareil) exotique. Et, explique à l'AFP Thierry Karsenti chez l'éditeur d'antivirus israélien Check Point, ne jamais surfer depuis chez soi, en profitant au maximum du wifi public. Il faut ensuite utiliser des flux anonymisés, comme le réseau TOR. Et crypter ses communications.

A cet égard, l'affaire Snowden a laissé des traces. Car la révélation, en 2013, d'un programme de surveillance massif des services américains et britanniques, a poussé le monde de l'internet à tout crypter, ou presque.

Aux Etats-Unis, relève M. Karsenti, le tiers du trafic sur le net est désormais chiffré, contre 3 à 5% il y a deux ou trois ans. "Les prévisions, c'est que ça va doubler cette année", ajoute-t-il.

Qui dit chiffrer dit déchiffrer, pour ceux qui traquent la menace terroriste. C'est un processus lent et complexe. Et il l'est d'autant plus qu'il devient statistiquement plus compliqué de déceler dans la masse quels messages il faut traiter en priorité.

On n'arrive pas toujours à déchiffrer les messages, remarque Arnaud Kopp de la société de sécurité informatique Palo Alto Networks. Mais, dit-il à l'AFP, l'analyse des flux, la fréquence des messages, leur volume, leur source, leur destination, sont autant d'éléments intéressants.

"On a vu apparaître avec l'(organisation) Etat islamique des applications spécifiquement développées pour ses propres besoins", relève aussi M. Kopp. "On va avoir le moyen de détecter le trafic généré par ces applications, sans aller forcément jusqu'à déchiffrer ou casser l'algorithme. Au minimum, on pourra détecter que l'application a été téléchargée, qu'elle est en utilisation... Ça donne une trace extrêmement importante."

Pour leurs smartphones, les terroristes utilisent de préférence des cartes SIM achetées à l'étranger pour brouiller les pistes, privilégient des appareils cryptés afin que les services de sécurité soient incapables de récupérer les données s'ils mettent la main dessus - un iPhone saisi après les attentats de novembre à Paris n'a toujours pas été "cassé" - et évitent les conversations classiques.

Telegram Messenger, une application de messagerie sécurisée d'origine russe, a ainsi la faveur des jihadistes. "L'avantage c'est que les messages et les discussions sont chiffrées, et ce sont des choses qui s'autodétruisent une fois les échanges terminés", pointe François Paget, secrétaire général adjoint du Club de la sécurité de l'information français (Clusif).

"Telegram était un outil émergent que personne n'écoutait. Maintenant qu'on en parle dans la presse, ça va changer", tempère cependant Jérôme Robert, directeur du marketing de la société de conseil française Lexsi.

Parmi les alternatives, il y a aussi "des méthodes non-conventionnelles de communication", comme les jeux en ligne, embraye-t-il.

L'utilisation par les terroristes de la PlayStation 4 de Sony pour préparer les attentats de Paris n'était qu'une rumeur, mais l'idée plaît.

On peut très bien décider que la manière de communiquer, c'est en jouant à tel jeu en ligne."
--Thierry Karsenti

Plus généralement, qui veut rester "sous les radars" doit aller là où on ne l'attend pas, poursuit Jérôme Robert: "Si j'envoie des signaux de morse à quelqu'un qui est sur la Tour Eiffel, personne ne va intercepter notre conversation, parce que personne ne pense à ce genre de communication!"

Surtout, ajoute-t-il, il faut que ses correspondants soient sûrs. "Si tu te débrouilles bien, tu ne te fais jamais attraper. Le problème, c'est si tu es en contact avec des gens qui sont sous surveillance!"​

(Avec AFP)

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La Russie dit avoir développé le premier vaccin contre le coronavirus

Le président russe Vladimir Poutine sur la Place Rouge à Moscou, en Russie, le 24 juin 2020. REUTERS/Maxim Shemetov

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mardi que le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa avait développé le "premier" vaccin contre le nouveau coronavirus dans le monde.

Le ministère russe de la Santé a précisé qu'une double inoculation "permettait de former une immunité longue", estimant qu'elle pouvait durer "deux ans".

Le vaccin contre le coronavirus développé en Russie a été baptisé "Spoutnik V", en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite, a déclaré le fonds souverain impliqué dans son développement.

"Plus d'un milliard de doses" ont été pré-commandées par 20 pays étrangers, a affirmé le patron de ce fonds Kirill Dmitriev, précisant que la phase 3 des essais commençait mercredi.

Le fonds souverain a précisé que la production industrielle débutera en septembre.

Cependant des experts émettent des doutes sur l'efficacité d'un vaccin produit, semble-t-il, à la hâte, rapporte le quotidien britannique Financial Times.

Des critiques balayées d'un revers de main par M. Dmitriev, qui dénonce une "politisation" de la recherche scientifique.

"Au lieu d'attaquer constamment la Russie, qui sera le premier pays au monde à enregistrer un vaccin contre le coronavirus, il serait préférable de s'engager dans un dialogue constructif avec nous", a-t-il déclaré.

D'après le magazine Time, le président Vladimir Poutine a déclaré qu'une de ses filles a déjà été inoculée du vaccin, gage de sa fiabilité.

Selon les autorités russes, les enseignants et le personnel médical devraient commencer à être vaccinés dès le mois d'août avant que le vaccin ne soit mis en circulation le 1er janvier 2021 dans la population.

Le nom du vaccin, Spoutnik V, renvoie à la victoire politico-scientifique qu'était la mise en orbite du satellite Spoutnik 1 par l'URSS en pleine Guerre Froide.

Tedros Adhanom Ghebreyesus garde l'espoir face au coronavirus
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HRW se félicite d'un soutien croissant au contrôle des robots tueurs

Un faux robot tueur exposé à Londres en avril 2013 lors du lancement de la campagne contre les robots tueurs.

Une majorité de pays sont désormais favorables à une réglementation internationale sur les armes autonomes, également appelées "robots tueurs", a affirmé lundi Human Rights Watch, en publiant un rapport sur les positions en la matière de 97 pays.

"Chaque pays a le devoir de protéger l'humanité de ces évolutions dangereuses", a estimé Mary Wareham, directrice du plaidoyer auprès de la division Armes de HRW et coordinatrice de la Campagne contre les robots tueurs, ces systèmes d'armement automatisés capables d'identifier et d'éliminer des cibles sans qu'une action humaine soit nécessaire.

"Placer l’usage de la force hors de tout contrôle humain est désormais largement considéré comme une grave menace pour l’humanité qui mérite une action préventive multilatérale urgente", a plaidé la responsable.

Elle s'est félicité d'un soutien croissant à l'interdiction de ces armes, comme le montre un rapport de l'organisation qui a examiné les positions de 97 pays: "La grande majorité d’entre eux considère que le maintien d’un contrôle et d’une prise de décision par des humains est une condition essentielle à l’acceptabilité et à la légalité internationale des systèmes d’armement".

"La plupart de ces pays ont exprimé le désir qu’un nouveau traité soit adopté imposant le maintien du contrôle humain sur l’usage de la force, dont 30 qui ont pris explicitement position en faveur d’une interdiction pure et simple des armes totalement autonomes", selon HRW.

Le rapport avait été préparé en vue d'une réunion de la Convention sur les armes classiques (CCAC) sur les robots tueurs qui devait s'ouvrir à l'ONU à Genève (Suisse) ce lundi mais a été reportée à l'automne prochain.

Mais "la technologie progresse clairement alors que certains des efforts diplomatiques ralentissent", a regretté Steve Goose, directeur de la division Armes de HRW.

HWR déplore notamment qu'"un petit nombre de puissances militaires – notamment la Russie et les États-Unis – (aient) bloqué les progrès vers une réglementation, tout en investissant massivement dans les applications militaires de l’intelligence artificielle et en développant des systèmes d’armes autonomes aériennes, terrestres et maritimes". Les décisions de la CCAC sont prises par consensus.

Depuis 2017, un groupe d'experts a défini, dans le cadre de la CCAC, 11 principes endossés par 121 pays, où revient constamment l'idée du maintien, en toutes circonstances, d'une forme de contrôle humain.

Hong Kong: Londres "profondément préoccupé" par l'arrestation de Jimmy Lai

Des manifestants à Hong Kong, le 1er octobre 2017.

Le gouvernement britannique est "profondément préoccupé" par l'arrestation à Hong Kong du magnat de la presse Jimmy Lai, une des figures de proue du mouvement pro-démocratie du territoire, a déclaré un porte-parole de Downing Street lundi.

"Nous sommes profondément préoccupés par l'arrestation de Jimmy Lai et de six autres personnes à Hong Kong. C'est une preuve supplémentaire que la loi sur la sécurité nationale est utilisée pour faire taire la voix de l'opposition.", a déclaré ce porte-parole.

Patron de Next Digital, propriétaire de deux titres critiques du régime chinois, le quotidien Apple Daily et le magazine Next, Jimmy Lai a été interpellé pour des soupçons de collusion avec des forces étrangères, une des infractions visées par la nouvelle législation sécuritaire entrée en vigueur fin juin, et de fraudes. Une autre figure de proue du mouvement pour la démocratie, Agnes Chow, a été appréhendée en application de cette même loi sur la sécurité nationale.

Au total, selon une source policière, dix personnes ont été interpellées lundi.

Considérée comme une réponse de Pékin aux mois de manifestations en faveur de la démocratie qui avaient ébranlé Hong Kong en 2019, la législation récemment introduite donne aux autorités locales de nouveaux pouvoirs pour réprimer quatre types de crimes contre la sécurité de l'Etat : la subversion, le séparatisme, le terrorisme et la collusion avec des forces extérieures.

Nombre de militants pour la démocratie dénoncent un texte liberticide qui vient en finir selon eux avec le principe "Un pays, deux systèmes" ayant présidé à la rétrocession en 1997 et garantissant théoriquement jusqu'en 2047 aux Hongkongais des libertés inconnues dans le reste de la Chine.

Les chefs de la diplomatie des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l'Australie, de la Nouvelle-Zélande et du Canada, cinq pays qui forment l'alliance surnommée "les Five Eyes", ont exprimé leur "vive inquiétude face à l'imposition par Pékin de la nouvelle loi sur la sécurité nationale, qui érode les libertés et les droits fondamentaux du peuple de Hong Kong", dans un communiqué commun diffusé dimanche.

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