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Les budgets pour l'aide aux réfugiés ont doublé en 2015 dans l'OCDE

Des agents de l'agence de protection des frontières de l'Union européenne, Frontex, mènent un migrant dans un ferry dans le port de Mytilène, l'île de Lesbos, en Grèce, le 8 Avril 2016.(AP Photo/Petros Giannakouris)

L'aide consacrée à l'accueil des réfugiés a doublé dans les pays industrialisés en 2015, passant de 6,6 à 12 milliards de dollars en un an, sans empiéter sur les autres programmes d'aide au développement.

En 2015, les sommes allouées à toutes les formes d'aide au développement ont augmenté de 6,9% pour atteindre un total de 131,6 milliards de dollars, précise l'Organisation pour la coopération et le développement économiques.

Cette hausse s'explique en grande partie par l'augmentation des budgets dédiés à l'accueil des réfugiés. Environ 1,5 million de demandes d'asile ont été enregistrées en 2015 dans les pays de l'OCDE, dont un million en Europe, rappelle l'OCDE.

Sans les aides aux réfugiés, la hausse totale de l'aide au développement ne serait que de 1,7%. Elle est portée par une progression des aides bilatérales vers les pays les plus pauvres (+4% à 24 milliards de dollars) après plusieurs années de recul.

"Les pays ont dû trouver des sommes considérables pour couvrir les coûts d'une crise des réfugiés historique en Europe, et la plupart d'entre eux ont, jusqu'à présent, évité de réorienter l'argent initialement alloué aux programmes de développement. Ces efforts doivent se poursuivre", a commenté le secrétaire général de l'OCDE, M. Angel Gurría, cité dans le communiqué.

L'aide publique au développement a connu les plus fortes hausses en Grèce (38,7%), Allemagne (27,9%), Autriche (15,4%) ou Suède (36,8%), parmi les pays les plus concernés par l'afflux de migrants, souligne l'OCDE.

Mais, relève l'ONG ONE, fondée par Bono pour lutter contre l'extrême pauvreté, le Danemark et l'Autriche ont eux, "sous couvert de crise des réfugiés, coupé l'aide vers les pays les plus pauvres".

"Les pays européens ne doivent pas utiliser la crise des réfugiés comme prétexte pour atténuer leurs efforts dans la lutte contre l'extrême pauvreté. Nous pouvons et devons faire les deux", a commenté la directrice France de ONE, Friederike Röder, dans un communiqué.

Sur l'ensemble de l'aide au développement, les donneurs les plus généreux en volume ont été les États-Unis (-7%), le Royaume-Uni (+3,2%), l'Allemagne, le Japon (+12,4%) et la France.

L'aide française a augmenté de 2,8% en un an après près de quatre années de baisse consécutives, si bien que la France n'alloue que 0,37% de son revenu national brut à l'aide au développement contre 0,5% en 2010.

Ce 0,37% représente "moitié moins que l'objectif de 0,7%" fixé par les Nations unies, a souligné l'ONG Oxfam France, en notant que "d'autres pays européens, confrontés aux mêmes difficultés économiques et budgétaires, ont pourtant fait le choix d'une aide publique au développement plus ambitieuse".

Le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède ont eux dépassé l'objectif des Nations Unies.

Avec AFP

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Afghanistan: une période d'une semaine de réduction des combats démarrera samedi

Une délégation de Taliban en Russie, le 30 mai 2019. REUTERS / Evgenia Novozhenina / File Photo - RC2NNE91BJBD

Une réduction des combats devant durer une semaine, prévue entre talibans, Américains et forces de sécurité afghanes, démarrera samedi, a-t-on appris vendredi auprès de plusieurs des parties, après des semaines de négociations.

"La réduction des violences démarrera le 22 février et elle durera une semaine", a annoncé Javed Faisal, le directeur du Conseil national de la sécurité d'Afghanistan.

Ce ralentissement des combats, s'il est effectif, devrait ouvrir la porte à la signature d'un accord entre Washington et talibans sur un retrait des troupes américaines d'Afghanistan en échange de garanties sécuritaires des insurgés.

"Nous espérons que cette réduction des violences mènera à un cessez-le-feu, et à une paix durable en Afghanistan", a poursuivi M. Faisal.

Les forces américaines, qui disposent de 12 à 13.000 soldats en Afghanistan, n'ont pas souhaité réagir. Mais plusieurs sources talibanes ont confirmé l'information à l'AFP.

"Nous avons reçu des ordres de nos dirigeants, nous demandant d'être prêts pour la réduction des violences qui démarrera samedi", a déclaré un taliban du district de Maiwand, dans la province de Kandahar (Sud).

A Doha, un haut responsable afghan avait déclaré mardi que la signature d'un accord américano-taliban pourrait intervenir le 29 février dans la capitale qatarie, si la "réduction des violences" intervenait.

L'information a été confirmée vendredi par un cadre taliban basé au Pakistan. "Le cessez-le-feu ou la réduction de violence démarrera samedi et les deux parties se sont mises d'accord pour signer l'accord le 29 février", a-t-il indiqué.

Une fois cet accord signé, des discussions inter-afghanes doivent s'ouvrir, alors que les talibans refusaient depuis 18 ans de négocier avec le gouvernement de Kaboul qu'ils considèrent comme une "marionnette" de Washington.

- 'Respect sincère' -

D'après la source talibane au Pakistan, ces pourparlers devraient démarrer "le 10 mars".

Jeudi, le numéro 2 des insurgés Sirajuddin Haqqani avait déclaré les rebelles "pleinement engagés à travailler avec les autres parties" dans un "respect sincère afin de convenir d'un nouveau système politique inclusif".

"Nous sommes sur le point de signer un accord avec les États-Unis et nous sommes pleinement engagés à en appliquer toutes les dispositions, dans la lettre et l'esprit", avait-il écrit dans une tribune au quotidien américain New York Times.

Le numéro 2 taliban s'était ainsi montré rassurant quant à la volonté des insurgés d'empêcher des groupes extrémistes de trouver refuge en Afghanistan pour frapper ailleurs, une autre clause du futur accord de paix.

"Il n'est dans l'intérêt d'aucun Afghan de permettre à de tels groupes de prendre notre pays en otage et d'en faire un champ de bataille", avait-il assuré.

Lundi, l'envoyé américain Zalmay Khalilzad, qui représente Washington depuis plus d'un an aux pourparlers entre les deux parties, s'était toutefois dit "prudemment optimiste" quant aux progrès réalisés en vue d'un éventuel accord.

Les États-Unis, qui souhaitent mettre un terme à leur engagement en Afghanistan, la plus longue guerre de leur histoire, ont obtenu "des engagements de la part des talibans sur les questions de sécurité", avait-il observé depuis Islamabad.

La semaine dernière, Donald Trump avait qualifié de "très proche" un accord entre Etats-Unis et talibans.

Le président américain avait toutefois annulé en septembre un telle signature, alors que celle-ci semblait imminente, après un énième attentat qui avait tué notamment un soldat américain.

Les discussions, qui avaient depuis repris au Qatar, semblaient buter sur l'exigence américaine d'une réduction significative de la violence de la part des talibans.

Plus d'un an de contestations dans le monde arabe et en Iran

Des manifestations protestent contre la présence militaire française en Libye, sur la place des Martyrs à Tripoli, le 22 juillet 2016.

Du Soudan et de l'Algérie, où des mouvements populaires ont écarté des chefs d'Etat, à l'Irak et au Liban, secoués par des révoltes inédites, voici un rappel des contestations dans le monde arabe et en Iran depuis fin 2018.

En 2011, le Printemps arabe avait mis fin aux règnes de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et Hosni Moubarak en Egypte. Seule la Tunisie poursuit aujourd'hui sa transition démocratique, alors qu'en Syrie, au Yémen et en Libye, les révoltes ont dégénéré en guerres.

- Soudan -

Le 19 décembre 2018, des centaines de Soudanais manifestent contre le triplement du prix du pain. Les rassemblements deviennent hebdomadaires et réclament la démission d'Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 30 ans.

Le 6 avril 2019, la contestation prend la forme d'un sit-in à Khartoum devant le siège de l'armée. Le 11, Omar el-Béchir est destitué par l'armée et remplacé par un Conseil militaire. Mais des milliers de manifestants restent devant le QG de l'armée, rejetant un "coup d'Etat".

Le sit-in est dispersé le 3 juin dans le sang par des hommes armés en tenue militaire.

Mi-août, un accord négocié entre l'armée et la contestation est signé. Le pays se dote d'un Conseil souverain, à majorité civile mais dirigé par un militaire, pour superviser la transition vers un régime civil.

La répression a fait plus de 250 morts, selon les contestataires.

- Algérie -

Le 22 février 2019 commencent des manifestations massives contre la candidature à un 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, très affaibli depuis un AVC en 2013.

Le 2 avril, le président Bouteflika démissionne sous la pression de la rue et de l'armée, après deux décennies au pouvoir.

Le "Hirak" (mouvement) continue néanmoins à mobiliser les manifestants pour réclamer une véritable rupture avec le "système" politique en place depuis l'indépendance en 1962.

Mais il n'a pu empêcher, malgré une abstention record, l'élection en décembre d'Abdelmadjid Tebboune, un ancien fidèle d'Abdelaziz Bouteflika.

- Egypte -

En septembre 2019, plusieurs centaines de personnes manifestent pour exiger le départ d'Abdel Fattah al-Sissi, au pouvoir depuis 2014.

Les rassemblements font suite à la diffusion de vidéos d'un homme d'affaires en exil accusant le président de corruption.

Mais ce début de contestation est rapidement étouffé par le pouvoir.

Quelque 4.000 personnes ont été interpellées, dont des avocats et des universitaires.

- Irak -

A la suite d'appels sur les réseaux sociaux, les Irakiens manifestent à Bagdad et dans le Sud début octobre 2019 contre la corruption, le chômage et la déliquescence des services publics. Des tirs contre les cortèges font plus de 150 morts.

Le mouvement reprend le 24 octobre à l'occasion du premier anniversaire de l'entrée en fonctions du gouvernement d'Adel Abdel Mahdi. Il prend de l'ampleur avec des manifestations monstres réclamant la "chute du régime". La désobéissance civile bloque écoles et administrations. La répression s'intensifie.

L'Iran voisin, dont l'influence n'a cessé d'enfler en Irak, est conspué par les manifestants, et ses symboles sont incendiés.

Le 1er décembre, le Parlement accepte la démission du gouvernement.

Un Premier ministre a été chargé début février de former un nouveau gouvernement.

Si le mouvement s'est essoufflé, des centaines de protestataires continuent de réclamer la refonte du système et une classe politique renouvelée.

Les violences ont fait près de 550 morts et 30.000 blessés selon un bilan officiel.

- Liban -

Le 17 octobre, le gouvernement annonce une taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie Internet, dans un contexte de grave crise économique. Cette mesure, bien que retirée, fait exploser la colère des Libanais qui descendent aussitôt dans la rue.

Des dizaines de milliers de Libanais vont se rassembler à Beyrouth et ailleurs pour réclamer le départ d'une classe dirigeante jugée corrompue et incompétente.

Le 29, les contestataires obtiennent la démission du Premier ministre Saad Hariri.

Mais le nouveau gouvernement dirigé par Hassan Diab et formé le 21 janvier est affilié, comme les précédents, à des partis politiques que la rue conspue.

- Iran -

Le 15 novembre, des manifestations éclatent après l'annonce d'une forte hausse du prix de l'essence. La contestation touche une centaine de villes.

Selon Amnesty International, plus de 300 personnes ont été tuées en trois jours dans la répression, chiffres rejetés par Téhéran. Au moins 7.000 personnes auraient été arrêtées, d'après l'ONU.

Législatives en Iran : les conservateurs favoris

Posters de campagne dans le centre de Téhéran, la capitale iranienne. (Archives)

Quelque 58 millions d'Iraniens sont appelés à élire un nouveau Parlement vendredi pour un scrutin où les conservateurs partent favoris, portés par un ressentiment populaire contre le président modéré Hassan Rohani, alimenté entre autres par la crise économique.

La onzième législature à sortir des urnes depuis la révolution islamique de 1979 commencera son travail dans un contexte de tensions exacerbées entre Téhéran et Washington, et alors que l'Iran traverse une violente récession.

Les élections se tiennent aussi près d'un mois et demi après que les forces armées iraniennes eurent abattu "par erreur" un avion de ligne ukrainien, drame qui a ajouté à la défiance de la population vis-à-vis des autorités.

Les autorités civiles ont nié toute responsabilité avant que l'état-major ne reconnaisse sa responsabilité trois jours après le drame.

Cet aveu tardif a provoqué des manifestations antipouvoir, limitées, faisant voler en éclats l'apparence d'unité nationale manifestée quelques jours plus tôt à l'occasion des funérailles du général iranien Qassem Soleimani, tué par une frappe américaine en Irak le 3 janvier.

A Téhéran, nombre d'habitants ont fait part à l'AFP de leur refus d'aller voter.

Pour Amir Mohtasham, 38 ans, au chômage depuis deux ans, "ces élections sont vaines". "Je ne fais confiance ni aux conservateurs, ni aux réformateurs".

- "Sans mon vote" -

Mieux loti, Mohammad, marchand de tapis âgé de 30 ans, dit avoir "voté pour Rohani avec un rêve". "Mais on n'a rien accompli [et] il y a trop de mensonges", ajoute-t-il : "Si voter c'est légitimer, alors ce sera sans mon vote".

Figure réformatrice, Sadeq Zibakalam, professeur à l'université de Téhéran, notait jeudi dans le journal Armân que "le changement attendu n'a pas eu lieu".

La disqualification de milliers de candidats réformateurs et modérés réduit pratiquement le scrutin à un affrontement entre conservateurs et ultraconservateurs et pourrait alimenter l'abstention.

En fonction du poids des ultras dans la future Assemblée, la politique extérieure d'ouverture, poursuivie par M. Rohani depuis son élection en 2013, pourrait changer.

Les ultraconservateurs s'opposent à toute négociation avec l'Occident, et critiquent régulièrement ce qu'ils estiment être la passivité de M. Rohani face aux menaces du président américain Donald Trump.

Et ils sont impatients de sortir de l'accord international sur le nucléaire iranien, la grande réalisation de M. Rohani, conclu en 2015 à Vienne, mais menacé d'implosion depuis que M. Trump l'a dénoncé unilatéralement en 2018.

Dans l'esprit de M. Rohani, l'accord de Vienne devait ouvrir une ère de prospérité pour l'Iran en le sortant de son isolement international.

Au lieu de cela, le retour des sanctions américaines dans la foulée du retrait des Etats-Unis de l'accord a plongé l'Iran dans une violente récession.

Plusieurs figures réformatrices ont mis en garde contre une victoire des ultraconservateurs en cas de forte abstention.

L'ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique, a appelé à une participation massive pour déjouer les "complots vicieux" des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran. "Voter [...] est un devoir religieux", a-t-il encore affirmé mardi.

Depuis mercredi, la télévision diffuse une multitude d'appels à voter de responsables politiques ou d'ayatollahs.

- Bulletins torpilles -

Un court dessin animé diffusé plusieurs fois par jour montre les bulletins de vote se transformer comme autant de torpilles contre une flotte d'envahisseurs, envoyée par le fond.

L'abstention "augmentera la possibilité d'une agression militaire", a déclaré sur Twitter Hesameddine Achéna, proche conseiller de M. Rohani, en appelant les Iraniens à voter même s'ils ne sont pas contents du gouvernement.

Après les disqualifications massives par le Conseil des gardiens, organe aux mains des conservateurs chargé du contrôle des élections, moins de 7.200 candidats se retrouvent en lice pour briguer les 290 sièges du Parlement, selon le ministère de l'Intérieur.

Washington a annoncé jeudi des sanctions financières - essentiellement symboliques - contre cinq responsables du Conseil de gardiens, dénonçant "la manipulation des élections pour favoriser l'agenda pernicieux du régime".

La participation aux dix dernières élections a atteint en moyenne 60,5%, selon l'Intérieur.

Le porte-parole du Conseil des gardiens, Abbas Ali Kadkhodaï, a jugé mercredi qu'une participation inférieure à 50% ne poserait "pas de problème pour la démocratie".

Les bureaux de vote doivent ouvrir à 08h00 (04h30 GMT) et fermer à 18h00, mais la durée du scrutin est souvent prolongée, notamment à Téhéran.

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