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Les autorités tchadiennes de transition annulent un décret contesté

Au Tchad, les autorités de transition annulent un décret contesté, le 12 janvier 2022. (VOA/André Kodmadjingar)

Le président militaire de la transition Mahamat Idriss Déby a annulé un acte qu’il a lui-même signé le 31 décembre 2021, nommant plusieurs personnalités a des postes de commandement. Le décret qui vient d’être annulé a été critiqué par les énarques, qui se sentent lésés dans leur droit.

D’abord se sont les énarques, intégrés et mis à la disposition du ministère de l’Administration du territoire, qui étaient les premiers à sortir de leur silence.

"Quand il y a un projet de nomination au ministère de l’Administration du territoire, les hommes politiques envoient les noms de leurs militants pour demander des postes au détriment des énarques formés dans une école de renom comme l’ENA, École nationale d’administration", ont-ils affirmé en dénonçant dans l’anonymat.

"Nous disons non, unanimement non, nos droits sont bafoués, il faudrait que ces gens-là changent, qu’ils cessent avec ces pratiques malsaines", a décrié un de ces énarques, qui ajoute qu'ils avaient écrit au ministre de l’administration du territoire à plusieurs reprises et qu'une liste de personnes qualifiées qui lui avait été remise n'a pas été prise en considération.

Le mécontentement des énarques semble être entendu par les autorités de transition. Neuf jours après la publication de ce décret contesté, le président du Conseil militaire de transition recule. Il a annulé purement et simplement son acte.

Une décision sage, selon les juristes, qui estiment que ce décret n'aurait même pas dû être pris puisque le poste des sous-préfet a été supprimé en 2018.

"En principe, dans un pays normal, le Premier ministre aurait démissionné, ou on devait le faire démissionner. Parce que c’est très grave de faire signer un décret sans objet. C’est dommage pour une administration qui est tellement légère", a déclaré Dr Sitack Yombatina Beni, enseignant chercheur à l’ENA.

Dr Sitack Yombatina Beni enseignant-chercheur à l'École nationale d'administration du Tchad, le 12 janvier 2022.
Dr Sitack Yombatina Beni enseignant-chercheur à l'École nationale d'administration du Tchad, le 12 janvier 2022.

"Dans les ordonnances qui régissent les collectivités territoriales décentralisées, il faut une loi pour créer les unités administratives. A ce jour, il n’y a pas de loi dans ce sens et donc on ne peut pas nommer les gens parce que les limites ne sont pas tracées", a expliqué le juriste.

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Premier grand meeting de l’opposition dans un stade de N’Djamena

Vue du meeting de l'opposant Dr Succès Masra président du parti les Transformateurs au stade Idriss Mahamat Ouya (VOA/André Kodmadjingar).

L’opposant Succès Masra, président du parti les Transformateurs, a tenu un grand meeting samedi dans l’enceinte du stade Idriss Mahamat Ouya, le plus grand stade de N’Djamena. Cette manifestation autorisée de justesse par l’administration tchadienne a mobilisé une marée humaine.

Succès Masra a su mobiliser autour de lui à ce premier meeting politique le 8 janvier des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des artistes et d’anciens ministres du feu Maréchal du Tchad, des chefs des partis politiques et des leaders religieux.

Dans la mi-journée, des jeunes dont l'âge variait entre 15 et 40 ans, à pied, à moto, en bus ou en voiture personnelle, drapeau du Tchad en main, ont afflué vers le stade Idriss Mahamat Ouya. A 15h 15 min, heure de N’Djamena, Dr Succès Masra fait son entrée au Stade. Debout dans sa voiture, il prend le bain de foule dans un stade plein à craquer. Différentes personnalités se sont succédé à la tribune.

Pour le professeur Avocksouma Jona Atchénémou, ancien ministre et président d’un jeune parti politique, "Les Démocrates", "chaque fois qu’on posait le problème du Tchad, on nous disait que le Tchad est un pays particulier".

"Que le Tchad vient de loin, et c’est la raison pour laquelle, il ne va pas aller plus loin ? Nous ne pouvons pas accepter cela, aujourd’hui le Tchad est en marche. Et j’en ai marre lorsqu’un retraité se fait taper dessus parce qu’il veut demander sa petite pension, j’en ai marre et j’ai honte", a-t-il déclaré.

Beaucoup d’observateurs estiment que le rassemblement de samedi était une première pour l’opposition depuis que le Tchad a accédé à la souveraineté internationale.

Pour le pasteur Guy Thomassin, la journée du 8 janvier est une journée historique. "Soldat, dépose ton arme. Arrête de tirer sur nous, parce que tu sais que nous avons gagné, tu sais bien que nous allons vaincre dans cette lutte. Car la cause que nous défendons est juste et légitime. Tu sais que le sang que tu répands est le sang de ta fille, le sang de ton fils, de ta mère, de ton père, c’est le sang de ton frère et de ta sœur. Alors s’il te plait arrête les lacrymogènes, arrête de tirer sur les élèves et les étudiants", a-t-il insisté.

S’exprimant au nom du Groupe de réflexion et d’action pour l’Appel du 1er juin 2021 qu’il préside, Bedoumra Kordjé, ancien haut cadre de la Banque africaine de développement, a souligné que l’objectif de son groupe, qui n’est pas un parti politique mais une force de proposition, est de favoriser une transition apaisée pouvant aboutir à des élections libres, transparents et démocratiques.

Pour lui, les Tchadiens veulent que la fin de la transition marque une ère nouvelle de développement, de justice et d’égalité où la priorité sera donné aux questions d’éducation, de santé, aux services sociaux, à la diversification de l’économie, au dynamiste du secteur privé, à l’éradication de la corruption et d’injustice et de discrimination de toutes sortes.

Et pour aboutir à cette fin réussie de transition, le Groupe de réflexion et d’action pour l’Appel du 1er juin demande que les représentants de toutes les forces vives se retrouvent pour fixer les règles du jeu de la transition dans un dialogue sincère et franc.

Dr Succès Masra, président du parti "Les Transformateurs" a promis de ne pas trahir la confiance de ses militants et sympathisants.

"Notre destin est un destin intergénérationnel et le moment est arrivé pour notre pays de réussir son dialogue intergénérationnel intelligent et de passage de témoin. Alors nourri par l’intelligence collective et par l’ensemble des Tchadiens qui choisissent le drapeau du Tchad au détriment du drapeau d’un parti politique qui témoigne de votre amour pour votre pays, je suis ici pour vous dire que nous allons y arriver", a-t-il dit.

Succès Masra tient le premier grand meeting de l'opposition tchadienne sous la junte
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Un premier meeting réussi dans le plus grand stade de N’Djamena. Un pari gagné pour les militants du parti "Les Transformateurs" qui entendent demander la Place de la nation, située en face de la présidence de la République, pour une autre meeting politique dans les prochains jours. Les forces de l’ordre déployées en grand nombre ont encadré de façon professionnelle la manifestation de samedi.

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