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Les arrivées record de migrants provoquent des résistances en Italie

Un migrant ressortissant de l'Erythrée se promène le long de la route après avoir quitté un camp de la Croix-Rouge Caritas mis en place dans la ville frontalière italienne, à Ventimiglia, Italie, 13 octobre 2016.

Avec déjà plus de 27.000 personnes, octobre est en train de battre tous les records d'arrivées de migrants de ces dernières années en Italie, où la croissance exponentielle du réseau d'accueil provoque aussi de fortes résistances.

Cette envolée montre la capacité d'organisation des réseaux de passeurs en Libye, mais peut-être aussi leur inquiétude que les accords en négociation entre l'Union européenne et Tripoli mettent bientôt un coup de frein aux départs.

Selon les statistiques du ministère de l'Intérieur publiées jeudi, 26.161 migrants, quasiment tous originaires d'Afrique de l'Ouest et de la Corne de l'Afrique, ont débarqué en Italie, auxquels s'ajouteront les migrants encore en mer, dont un millier secourus jeudi.

Même au plus fort de ces derniers étés, les arrivées n'avaient dépassé qu'une seule fois les 25.000 en un mois. Et ce mois d'octobre record a fait bondir le total des arrivées à quelque 159.000 depuis le début de l'année, dépassant le total de 153.000 en 2015 et s'approchant du record de 170.000 en 2014.

"Il y a forcément d'une part une meilleure organisation des passeurs, qui ont montré qu'ils étaient capables de faire partir jusqu'à 11.000 personnes en deux jours", explique à l'AFP Flavio di Giacomo, porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), dont des agents s'entretiennent avec les migrants à l'arrivée.

"Mais ce que nous racontent les migrants, c'est aussi qu'ils ont peur que la route soit fermée dans quelques mois", en particulier avec le programme européen lancé cette semaine pour former des gardes-côtes libyens.

"Et s'il y a une chose que les migrants ne veulent pas, c'est d'être secourus par des gardes-côtes libyens, qui les emmènent dans des centres de détention et les replongent dans le cycle des abus et violences", ajoute-t-il, en évoquant des témoignages "hallucinants" de migrants torturés, violés, affamés et tués en Libye.

Beaucoup se pressent donc sur les canots des passeurs, dans des conditions toujours plus précaires qui ont encore coûté la vie à plus de 200 personnes depuis dix jours, laissant redouter d'autres drames si les départs massifs se poursuivent dans les prochaines semaines.

- Barricades -

Pour l'Italie, c'est un défi d'autant plus délicat que la fermeture de facto des frontières bloque la majeure partie des nouveaux arrivants sur son territoire.

Les centres pour demandeurs d'asile -- désormais en grande majorité des hôtels réaménagés -- hébergeaient 66.000 personnes fin 2014 et 103.000 fin 2015. Le total est désormais de 171.000, et les préfets peinent à trouver de nouvelles places.

Malgré la volonté du gouvernement de répartir les migrants sur tout le territoire avec l'objectif d'une moyenne de 3 migrants pour 1.000 habitants, de nombreux maires font de la résistance, et parfois aussi des riverains.

Lundi, les habitants de Gorino, localité de 700 habitants dans le delta du Pô, ont érigé des barricades pour empêcher l'arrivée de 12 migrantes dans un hôtel-bar réquisitionné par le préfet.

"Ce n'est pas le visage de l'Italie", a tempêté le ministre de l'Intérieur Angelino Alfano, tout en autorisant le préfet à renoncer à son ordre de réquisition et à répartir les femmes dans d'autres communes.

Mais la Ligue du Nord, parti proche du Front national français, a salué "ces nouveaux héros de la résistance contre la dictature de l'accueil".

Et lors d'une manifestation jeudi soir devant une caserne de Milan qui doit bientôt accueillir 300 migrants, le chef de ce parti, Matteo Salvini, a appelé les forces de l'ordre à se rebeller.

"Tant d'hommes et de femmes de la police, des carabiniers, de la marine me disent tous les jours tout bas qu'ils en ont marre d'amener chez nous ceux qu'ils vont devoir suivre ensuite. J'attends le jours où ces hommes et ces femmes en uniforme nous donnerons un coup de main", a-t-il lancé. "Obéir est juste, mais désobéir à des ordres erronés est tout aussi juste".

"Une provocation très grave et irresponsable", ont réagi deux syndicats de police vendredi.

Avec AFP

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Le président Marcelo Rebelo de Sousa réélu au Portugal

Le président du Portugal, Marcelo Rebelo de Sousa, au Palais de l'Elysée, en France, le 14 juillet 2019.

Sans surprise, les Portugais ont reconduit dimanche leur président, le conservateur modéré Marcelo Rebelo de Sousa, à l'issue d'un scrutin réalisé en pleine tourmente sanitaire et marqué par une importante percée de l'extrême droite.

L'actuel chef de l'Etat, un ancien professeur de droit de 72 ans, devenu célèbre en tant que commentateur politique à la télévision, a obtenu 60,7% des voix, selon des résultats partiels portant sur la quasi-totalité des circonscriptions.

Dans son discours de victoire, il a promis de faire de la lutte contre la pandémie sa "première priorité", en remerciant les électeurs pour leur "confiance renouvelée dans des conditions tellement plus difficiles" que celles d'il y a cinq ans, lors de sa première élection.

Avec 13% des suffrages, l'ex-eurodéputée socialiste Ana Gomes est arrivée en deuxième position, devançant in extremis le candidat d'extrême droite André Ventura, qui a engrangé 11,9% des voix.

Grâce à ce résultat, le fondateur du parti antisystème "Chega" ("ça suffit") confirme l'assise de la droite populiste dans un pays qui a connu une longue dictature fasciste, mais semblait jusqu'ici passer à côté d'une mouvance qui a fait des émules ailleurs dans le monde.

Ce juriste de 38 ans avait d'abord créé la surprise en entrant au Parlement lors des élections législatives de fin 2019, avec un score de 1,3%, soit près de 70.000 voix.

"Progression de l'ultra-droite"

"Pour la première fois, un parti ouvertement antisytème a rompu le champ de la droite traditionnelle, avec près d'un demi-million de voix", s'est félicité dimanche cet allié de la Française Marine Le Pen et de l'Italien Matteo Salvini.

Il n'a toutefois pas atteint l'objectif qu'il s'était fixé de battre la socialiste Ana Gomes, qui a fait campagne sans le soutien de son parti, ni du Premier ministre Antonio Costa qui le dirige, en promettant de faire barrage à M. Ventura.

"Si je n'avais pas été candidate, nous aurions encore plus à regretter la progression de l'ultra-droite", a affirmé cette ancienne diplomate et militante anticorruption âgée de 66 ans.

Le taux d'abstention s'est élevé à 60,6%, un record historique pour une élection présidentielle depuis l'avènement de la démocratie, en 1974.

Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.
Le président du Portugal Marcelo Rebelo de Sousa (à dr.) et son homologue angolais Joao Lourenco se serrent la main à l'issue d'une conférence de presse commune au palais présidentiel de Belém à Lisbonne, jeudi 22 novembre 2018.

Mais candidats et analystes redoutaient une participation encore plus faible en raison de l'explosion des cas de coronavirus que connaît actuellement le Portugal, dont les dix millions d'habitants sont soumis depuis une dizaine de jours à un deuxième confinement général.

Selon les données collectées par l'AFP, c'est le pays au monde ayant signalé au cours des deux dernières semaines le plus grand nombre de contagions et de décès par Covid-19 en rapport avec sa population, dépassé seulement par l'enclave britannique de Gibraltar.

Files d'attentes

Après les commerces et les restaurants, le gouvernement s'est résolu à fermer les écoles vendredi, tandis qu'un nouveau record de décès quotidiens a encore été battu dimanche, portant le bilan total depuis le début de la pandémie à près de 10.500 morts.

Toute la journée, de nombreux électeurs ont dû faire de longues files d'attente devant les bureaux de vote, en se tenant à distance avant de pouvoir y entrer un par un.

"Même si c'est important de venir voter alors qu'on est en confinement, cela n'a aucun sens de sortir de la maison et de se regrouper avec des milliers de personnes", a regretté Luis Araujo, un électeur qui a voté dans un école de Lisbonne.

En fin de campagne, le président sortant avait demandé aux électeurs de se mobiliser pour éviter un second tour et "épargner aux Portugais le prolongement de l'élection pendant trois semaines cruciales" pour freiner l'épidémie.

Au cours de son premier mandat, Marcelo Rebelo de Sousa a cohabité sans accroc majeur avec le gouvernement socialiste minoritaire d'Antonio Costa.

Au Portugal, le chef de l'Etat n'a aucun pouvoir exécutif mais joue un rôle d'arbitre en cas de crise politique, et il peut dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives anticipées.

"Les agents de la santé qui refusent de se faire vacciner posent un risque"

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370 personnes secourues par un navire humanitaire

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Venezuela: Maduro demande à Biden de "tourner la page"

Venezuelan President Nicolás Maduro removes his mask as he prepares to speak about his annual report to the nation before legislators in the National Assembly, Caracas, Jan. 12, 2021.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a appelé samedi son nouvel homologue américain Joe Biden à "tourner la page", se déclarant prêt à ouvrir "une nouvelle voie" dans les relations diplomatiques rompues il y a deux ans entre Caracas et Washington.

"Nous sommes prêts à suivre une nouvelle voie dans nos relations avec le gouvernement de Joe Biden, sur la base du respect mutuel, du dialogue, de la communication et de la compréhension", a déclaré M. Maduro dans un discours adressé à ses partisans.

"Le Venezuela, ce Venezuela du XXIe siècle, bolivarien et révolutionnaire, est prêt à tourner la page" des querelles diplomatiques avec l'administration de Donald Trump qui a imposé de multiples sanctions économiques au Venezuela, dont un embargo sur le pétrole depuis 2019, première ressource du pays, afin de renverser le régime socialiste de M. Maduro qualifié de "dictateur".

Les Etats-Unis avaient également reconnu, comme plus de 50 pays dans le monde, l'opposant Juan Guaido. Celui-ci s'était autoproclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019 et avait accusé M. Maduro d'avoir "frauduleusement" remporté l'élection présidentielle de 2018, boycottée par l'opposition.

"Il y a deux ans, j'ai dû réagir avec force et dignité et, d'ici même, j'ai procédé en tant que chef de l'Etat à la rupture de toutes les relations politiques et diplomatiques avec le gouvernement américain de l'époque", a poursuivi M. Maduro depuis le balcon du palais présidentiel de Miraflores. "Trump est parti!", s'est-il félicité.

Dès la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine en novembre, Nicolas Maduro l'avait félicité et s'était dit "prêt au dialogue et à la bonne entente avec le peuple et le gouvernement des Etats-Unis". Des appels réitérés en décembre.

- Soutien américain à Guaido -

Antony Blinken, désigné par Joe Biden pour être son secrétaire d'Etat, a toutefois déclaré que la Maison Blanche continuerait à reconnaître Juan Guaido. Le futur chef de la diplomatie américaine a par ailleurs qualifié M. Maduro de "dictateur brutal".

Ce soutien renouvelé au chef de l'opposition vénézuélienne est intervenu malgré la nouvelle majorité chaviste au Parlement, issue des élections du 6 décembre boycottées par l'opposition, qui les dit frauduleuses. Elles n'ont pas été reconnues par les Etats-Unis, l'Union européenne ni plusieurs plusieurs pays d'Amérique latine.

Même si un allègement des sanctions ne semble pas à l'ordre du jour, les analystes estiment que l'administration Biden se montrera sans doute plus modérée que la précédente et qu'elle plaidera en faveur d'une médiation internationale en vue d'une transition progressive du pouvoir au Venezuela.

Juan Guaido, de son côté, défend la continuité de l'ancien Parlement d'opposition et, avec elle, de sa position de chef du congrès, dont il a revendiqué la présidence par intérim.

Le président de la nouvelle Assemblée nationale, Jorge Rodriguez, a répété samedi les accusations de corruption à l'encontre de Juan Guaido, sur la base de plaintes publiées par le quotidien américain Washington Post concernant des irrégularités présumées liées à des fonds et des actifs du Venezuela d'un total de 40 milliards de dollars bloqués à l'étranger.

Selon l'ONU, plus de cinq millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays depuis 2015 pour fuir la grave crise politique et économique que traverse le pays avec une inflation incontrôlée de +4.000% sur un an.

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