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Les Angolais de Primeiro Agosto rêvent encore d'un exploit


L'attaquant tunisien Youssef Blayli et l'attaquant angolais Leysller de Aranjo lors de leur match de football de la Ligue des champions de la CAF entre Primeiro de Agosto et Esperance de Tunisie à Tunis, le 6 avril 2013.

Ils ont triomphé du "Tout Puissant" alors pourquoi pas ? Non contents d'avoir atteint pour la première fois les demi-finales de la Ligue des champions d'Afrique, les Angolais de Primeiro Agosto se prennent maintenant à rêver d'une finale, voire plus.

Après un début de compétition délicat, les "rouge et noir" de Luanda se sont invités dans le dernier carré de la compétition en écartant à la surprise générale les ogres multititrés du TP (Tout Puissant) Mazembe (RD Congo) en quarts de finale (0-0, 1-1).

Les voilà confrontés à un autre "grand" du continent, l'Espérance de Tunis, pour un duel en deux manches qui s'ouvre mardi dans leur antre de la capitale angolaise. Avec un moral d'acier.

"Depuis l'an 2000, personne ou presque n'a réussi à éliminer le TP Mazembe. Mais nous l'avons fait et nous avons arraché le droit d'être en demi-finale, légitimement", s'enorgueillit l'entraîneur du Primeiro Agosto, le Serbe Zoran Manojlovic.

"On s'attend à un match très difficile mais nous avons toutes nos chances de jouer une grande finale", ajoute-t-il.

Un duel au sommet, le club de la capitale angolaise n'y a plus goûté depuis la finale de la Coupe d'Afrique des Coupes 1998, une épreuve aujourd'hui disparue. Il s'était alors incliné face à... l'Espérance de Tunis (3-1, 1-1). Déjà.

Poids plume sur le continent, le Primeiro Agosto fait partie de la catégorie des lourds sur le plan national. Comme son nom l'indique, il est né à Luanda le 1er août 1977.

'Fantastiques'

Fondé deux ans après l'indépendance par la branche armée du Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (MPLA), alors au pouvoir, il est toujours considéré comme le club des militaires. Son président Carlos Henrique est général.

La concurrence footballistique est particulièrement rude à Luanda.

Le Primeiro Agosto s'y confronte aux Atlantico Petroleos, le club de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, au Benfica, propriété d'une des filles de l'ex-président Jose Eduardo dos Santos, ou à l'Inter, l'équipe de la police. Sans compter le Progresso do Sambizanga et le Kabuskorp...

Les "pétroliers" et les "militaires" règnent en maîtres sur ce champ de bataille. Les premiers y ont glané 15 titres nationaux, les seconds 12, dont les trois derniers (2016, 2017, 2018).

A la tête des Primeiro Agosto depuis un an, Zoran Manojlovic considère l'accession de ses joueurs en demi-finale de la Ligue des champions comme la consécration de son travail.

"Je suis très fier de cette performance, non seulement pour moi mais aussi pour tous les Angolais", dit-il. "Arriver là nous a demandé beaucoup d'efforts. Notre jeu est bien en place grâce aux joueurs, qui sont fantastiques".

"Nous avons des joueurs excellents (...) qui forment une équipe compacte, capable de se surpasser dans les grandes occasions", renchérit le porte-parole du club, Meike Castanheta Neves.

A forte ossature angolaise, l'effectif ne compte pas de "stars". Mais depuis le match retour contre les Congolais de Mazembe, il a son héros. Le gardien Adao "Tony" Cabaça, 32 ans, qui a arraché à lui tout seul la qualification en arrêtant deux penalties.

'Le pays avec nous'

Sa prestation a dopé les espoirs de tous ses coéquipiers, persuadés de pouvoir rééditer l'exploit face aux Tunisiens.

"Nous allons jouer notre football, avec toute notre volonté et tout notre enthousiasme", promet le milieu de terrain nigérian Ibukun Akinfenwa, "nous sommes confiants".

"Nous sommes prêts, même si tous nos joueurs ne sont pas encore à 100%", confirme le coach Zoran Manojlovic. Et il ajoute: "Sur deux matches, nous pouvons atteindre la finale".

Les supporteurs eux aussi y croient dur comme fer. "Je suis confiant parce que nous avons éliminé TP Mazembe, qui n'était pas une petite équipe", veut croire Salakiaku Rivelino Miguel, en observant l'entraînement de ses favoris.

"Nous n'avons pas peur de notre adversaire", renchérit son voisin, Alexandre Nascimento, "le Primeiro Agosto est l'une des équipes qui encaissent le moins de buts à l'extérieur".

Le club espère faire le plein mardi de son Estadio 11 de Novembro (48.500 places) et, au delà, rassembler le pays tout entier derrière son équipe.

"En théorie, les Tunisiens sont plus forts que nous, ils ont plus d'expérience, plus de titres continentaux", conclut Meike Castanheta Neves, "mais le Primeiro Agosto représente tout un pays, tout l'Angola est derrière nous".

L'enjeu est de taille. Jamais un club angolais n'a encore atteint une finale de Ligue des champions africaine.

Avec AFP

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