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Les étudiants étrangers attendent avec impatience la stabilité des visas


Gregory Minott est venu aux Etats-Unis avec un visa étudiant, dans le Massachusetts, le 12 juin 2020.

Les étudiants étrangers aux États-Unis, dont les études et le statut d'immigration ont subi des changements sous l'administration du président Donald Trump, espèrent que leurs séjours se stabiliseront avec le président-élu Joe Biden.

"Je crois que les étudiants internationaux se sentiraient plus en sécurité aux États-Unis tout en poursuivant leurs études", a expliqué Roman Ivasiy, un étudiant ukrainien à la Georgia State University. "Surtout pendant la crise du COVID, lorsque la plupart des programmes sont passés en ligne."

La pandémie du Covid-19 a fermé les campus universitaires à travers les États-Unis depuis mars, laissant les étudiants étrangers dans l'incertitude et risquant de perdre leur statut de visa étudiant.

"J'espère que voyager sera plus pratique, avec moins d'obstacles à franchir, un processus plus rationalisé qui ne décourage pas la demande de visa, surtout après l'obtention du diplôme", a confié Jehan Ayesha-Wirasto, une Malaysienne.

L'administration de Donald Trump a menacé de limiter la formation pratique facultative, ou programme OPT, qui accordait aux étudiants étrangers un visa prolongé pour rester aux États-Unis jusqu'à trois ans après l'obtention de leur diplôme. Il est populaire parmi les étudiants en sciences, en technologie, en ingénierie et en mathématiques qui souhaitent rester aux États-Unis après l'OPT avec des visas de travail H-1B.

"La suite des élections américaines a été extrêmement stressante", a témoigné Mariana C., une étudiante brésilienne à l'Université Cornell, qui craint des représailles si elle révèle son nom complet. "C'est vraiment décourageant de ne pas pouvoir participer à une décision qui m'affectera inévitablement".

Plusieurs changements de règles

Les étudiants étrangers ont été confrontés à plusieurs changements de règles sur les visas cette année sous l'administration Trump, ce qui a laissé des millions de personnes dans l'incertitude.

En septembre, le département de la sécurité intérieure a proposé une nouvelle règle limitant les visas d'étudiants F ou J à une durée fixe de quatre ans, malgré de nombreux programmes d'études d'une durée plus longue que cela.

Des étudiants étrangers à Stanford, le 11 mars 2014.
Des étudiants étrangers à Stanford, le 11 mars 2014.

La règle limiterait les visas d'étudiants à une durée fixe de deux ans si les étudiants venaient d'un pays avec un taux supérieur à 10% ou si le pays se trouvait sur la liste des sponsors du terrorisme du département d'État américain.

En août, Immigration and Customs Enforcement a annoncé une règle qui obligerait les étudiants internationaux inscrits à des cours en ligne dans des universités américaines à rester au campus malgré la pandémie. La règle a été abrogée une semaine plus tard après avoir fait face à de vives réactions de la part des universités et des étudiants.

Le président Donald Trump avait également publié un décret en mai interdisant aux étudiants diplômés chinois d'entrer dans le pays, affirmant qu'ils acquièrent illégalement la propriété intellectuelle des États-Unis.

"Les multiples tentatives de Trump pour limiter les droits des étudiants internationaux étaient stressantes", se souvient Anna Shchetinina, étudiante russe à l'Université du Minnesota. "Cependant, je me rends compte qu’avec Biden, les relations entre la Russie et les États-Unis pourraient devenir encore plus compliquées", en raison des tensions entre les deux pays.

"Nous, en tant que Fulbrights, avons un privilège, car nous sommes directement parrainés par le Département d'État", explique Jose A. Almodovar, 28 ans, étudiant dominicain à la Washington State University à Pullman, Washington. "Mais de nombreux étudiants internationaux ne le sont pas, et ils vivent dans la crainte qu'à un moment donné, leurs privilèges de visa soient résiliés sous le président Trump sans aucune raison."

"Des concessions n'ont été accordées aux étudiants internationaux que ce semestre en raison d'une poussée des grandes universités pour permettre une flexibilité en raison des circonstances atténuantes et de l'incertitude créées par la pandémie", a déclaré Mariana C.

Certains étudiants ont déclaré qu'ils ne s'attendaient pas à un grand changement dans les politiques de visa d'étudiant ou le statut d'étudiant international.

Pas de changement radical

"Je pense honnêtement que Biden sera plus modéré, mais ne changera pas radicalement le système des visas. Ainsi, son administration sera moins xénophobe mais ne changera pas radicalement les visas pour être en faveur des étudiants internationaux ici", estime Mohamed Badawy, 26 ans, étudiant égyptien à l'Université Stony Brook de Stony Brook, New York.

"Peut-être que ça aurait été différent si COVID n'avait pas frappé. Mais il a beaucoup à faire maintenant, s'il gagne. S'il ne le fait pas, Trump rendrait la situation des visas de plus en plus difficile", a ajouté Badawy.

"Pour moi, en tant qu'étudiant en santé publique, il est préférable de voir quelqu'un au bureau ovale qui ne discrédite pas le travail des experts en santé publique à travers le pays et qui respecte l'expertise scientifique appliquée pour lutter contre la pandémie", a déclaré Ivasiy.

"J'espère que les fonds fédéraux comprendront également une aide financière pour les étudiants internationaux", souligne Ayesha-Wirasto. Les étudiants internationaux ont droit à des prêts privés, et non à une aide fédérale, et à peu d'autres aides financières.

Plus de 60% des étudiants étrangers paient leurs frais de scolarité et leurs frais de leur poche, selon l'Institut pour l'éducation internationale.

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