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Le Zimbabwe rend hommage au chef de l'opposition, "doyen de la démocratie"

Des partisans de l'opposition rendant hommage au défunt Morgan Tsvangirai à l'aéroport d'Harare, Zimbabwe, 17 février 2018.

Des milliers de partisans de l'opposition et des responsables politiques ont rendu hommage lundi à Harare à leur "héros" Morgan Tsvangirai, décédé la semaine dernière des suites d'un cancer.

"Repose en paix président", pouvait-on lire sur un portrait de Morgan Tsvangirai brandi par l'un de ses partisans, au passage du corbillard.

A l'intérieur, reposait le cercueil blanc du chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC).

La dépouille a été transportée lundi du quartier général du MDC jusqu'à - ironie de l'histoire - la place Robert Mugabe, du nom de l'ancien président zimbabwéen et rival historique de Morgan Tsvangirai.

La foule était vêtue de rouge, la couleur du MDC.

Morgan Tsvangirai est décédé le 14 février à l'âge de 65 ans des suites d'un cancer du côlon à Johannesburg où il était soigné.

"Une vie de service et de sacrifice, le héros, le patriote, le visionnaire, l'homme d'Etat", affirmait une immense banderole surplombant la scène où ont défilé plusieurs responsables politiques lundi à Harare.

>> Lire aussi : Le Zimbabwe en deuil après la mort de Tsvangirai

"Aujourd'hui, nous rendons hommage à un héros national", a déclaré le président en exercice du MDC, Nelson Chamisa.

"On ne va pas laisser tomber Tsvangirai, nous lui rendrons hommage en remportant les élections de 2018", a-t-il lancé à la foule, alors que des élections parlementaires et présidentielle sont prévues d'ici au mois de juillet.

Avec la mort de son chef, le MDC est pourtant au bord de l'explosion. Des rivalités entre les trois vice-présidents ont ouvert un boulevard au nouveau chef de l'Etat Emmerson Mnangagwa et à son parti, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l'indépendance du Zimbabwe en 1980.

'Résilient et courageux'

"Aujourd'hui, l'Afrique salue un homme qui a montré sa résilience, le doyen de la démocratie en Afrique. Morgan Tsvangirai, tu es notre héros, notre héros africain", a déclaré un responsable de l'opposition namibienne, McHenry Venaani.

Morgan Tsvangirai était devenu le symbole de l'opposition à Robert Mugabe, au pouvoir pendant trente-sept ans jusqu'à sa démission en novembre dernier.

L'ancien ministre du Travail zambien, et témoin de mariage du chef du MDC, Fackson Shamenda, l'a décrit comme "un homme courageux", rappelant qu'il avait été "frappé et maltraité par ce gouvernement".

>> Lire aussi : Tsvangirai mort, l'opposition au bord de l'explosion au Zimbabwe

Les images de Morgan Tsvangirai, le visage tuméfié, le crâne partiellement rasé et la chemise ouverte après son arrestation en 2007 avaient fait le tour du monde.

Un an plus tard, il était passé tout près d'une victoire électorale historique, en remportant le premier tour de la présidentielle devant Robert Mugabe. Mais face à un risque d'embrasement, il avait préféré retirer sa candidature et laisser le champ libre à son rival.

Morgan Tsvangirai avait finalement officié comme Premier ministre de "cohabitation" de 2009 à 2013, et voulait tenter sa chance une dernière fois cette année contre Emmerson Mnangagwa.

"Je pleure notre formidable héros, un homme du peuple", a réagi lundi Fungai Nyapopoto, un vendeur de rue de 40 ans, venu lui rendre hommage. "C'est une période très difficile. On ne l'oubliera jamais."

"Il est notre héros, celui qui se tenait aux côtés des pauvres", a aussi salué Marvellous Nyamunonoka, une femme de ménage de 34 ans venue saluer sa mémoire.

La dépouille de Morgan Tsvangirai doit être transportée dans son village de Buhera, à 250 km au sud de Harare, où il sera enterré mardi.

Avec AFP

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Cyclone au Mozambique: réouverture d'axes routiers clés, menace d'épidémies

Le ministre mozambicain de l'Environnement Celso Correia, au centre, chargé de la coordination des secours.

Des milliers de rescapés vont pouvoir recevoir nourriture, tentes et médicaments grâce à la réouverture d'axes routiers clés, essentiels dans un pays désormais menacé par des épidémies, de vraies "bombes à retardement" selon la Croix-Rouge.

Le cyclone, qui a provoqué inondations monstres et éboulements de terrain et pris de court les secours, a fait plus de 700 morts au Mozambique, pays le plus touché, et au Zimbabwe voisin.

Mais ce bilan est amené à grimper "au fur et à mesure que nous atteignons des régions isolées", a prévenu lundi le ministre mozambicain de l'Environnement Celso Correia, chargé de la coordination des secours.

Au total, près de deux millions de personnes ont été touchées par le cyclone et ses inondations en Afrique australe (Mozambique, Zimbabwe et Malawi). Nombre d'entre elles ont perdu maisons, récoltes ou encore vêtements.

La ville de Buzi (est du Mozambique), l'une des plus affectées par les intempéries, est de nouveau accessible par la route. Des camions transportant une quinzaine de tonnes de nourriture étaient en route lundi pour cette ville dévastée par les inondations, où de nombreux habitants dorment encore dans les rues ou sur les toits.

"Cela va être beaucoup plus rapide d'acheminer l'aide" après la reconstruction express de routes emportées par les eaux, s'est réjoui Saviano Abreu, du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha).

L'accès à l'eau devait aussi être rétabli à Buzi avant la nuit de lundi à mardi, selon le ministre Correa. La rivière Buzi est rentrée dans son lit, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le grand défi pour les autorités et les secours est désormais d'éviter la propagation d'épidémies.

- Nombre élevé de diarrhées -

Car les rescapés du cyclone Idai sont confrontés à une "bombe à retardement", a mis en garde lundi le chef de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Elhadj As Sy, qui a "tiré la sonnette d'alarme".

Il y a un "risque élevé de maladies transmises par l'eau", comme le choléra, le typhus et le paludisme, ce dernier étant endémique dans la région, compte tenu des eaux stagnantes, du manque d'hygiène, des corps en décomposition et de la promiscuité dans les centres d'hébergement, a-t-il expliqué.

Le gouvernement mozambicain a déjà identifié quelques cas suspects de choléra, mais ils n'ont pas encore été confirmés, a précisé M. Sy, prévenant qu'une épidémie de choléra à grande échelle à la suite de ce type de catastrophe ne serait pas surprenante.

Dimanche, Maputo l'avait jugé "inévitable".

"Un important nombre" de cas de diarrhées a également été enregistré, selon les autorités mozambicaines.

Or, les diarrhées sont "tueuses", a prévenu Sebastian Rhodes-Stampa, du Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies. "Ce n'est pas comme quand on est à la maison et qu'on a accès à de l'eau au robinet. Si vous êtes en pleine nature, c'est un vrai problème", a-t-il expliqué.

A Beira, à l'école secondaire Samora Machel, où s'entassent un millier de sinistrés, des employés de la Croix-Rouge distribuaient lundi des prospectus expliquant comme prévenir le choléra: lavage des bains, enfouissement des matières fécales...

- Enfants traumatisés -

La décrue se poursuivait lundi. Mais les inondations ont déjà détruit environ un demi-million d'hectares de récoltes, selon Ocha, laissant craindre des pénuries alimentaires dans les mois qui viennent.

A New York, le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Mark Lowcock, a lancé un appel à trouver 282 millions de dollars afin d'aider le Mozambique pour les trois prochains mois. Cet argent aidera à fournir de l'eau, des soins et des abris pour les populations qui ont tout perdu lors du passage du cyclone Idai, a-t-il précisé.

D'autres appels de fonds seront lancés par l'ONU dans les prochains jours pour le Zimbabwe et le Malawi, également touchés par la catastrophe, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse.

"Un homme possédait 40 vaches et il les a toutes perdues. 40 ! Vous imaginez", a témoigné un habitant de Buzi, Joao Zacaria.

Les humanitaires tentaient aussi de réunir les familles séparées par les intempéries. Chaque jour, ils reçoivent "des appels de parents désespérés à la recherche de leurs enfants", a expliqué l'organisation Save the Children.

Des enfants sont aussi "traumatisés après avoir apparemment vu leurs parents emportés par les eaux ou après avoir perdu des frères et soeurs", a ajouté Ocha.

Profitant de la décrue et de la réouverture des banques, l'activité commerciale reprenait à Beira. Des habitants faisaient la queue devant des boulangeries. D'autres s'attelaient à réparer leurs habitations éventrées, alors que l'électricité n'était rétablie que dans quelques quartiers.

A l'extérieur de la ville, dans des zones inondées, des enfants attrapaient avec des cannes à pêche de fortune, des poissons, tandis que des adultes cherchaient dans l'eau des biens encore engloutis.

Avec AFP

Wecyclers, nouvelle vedette écolo

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Votre page des sports avec Yacouba Ouedraogo

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Nouvelle tuerie au Mali : à qui la faute ?

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Aux Comores, le pouvoir disperse des manifestants qui hurlent à la fraude électorale

Des partisans et des membres de l'opposition comorienne manifestent dans les rues de Moroni contre le référendum constitutionnel à Moroni, Comores, le 13 juillet 2018.

Les forces de l'ordre comoriennes ont violemment dispersé lundi une manifestation de l'opposition, qui accuse le chef de l'Etat sortant Azali Assoumani d'avoir orchestré une fraude généralisée pour se faire réélire dès le premier tour de la présidentielle.

Dans l'attente des premiers résultats, plusieurs candidats au scrutin de dimanche accompagnés d'une centaine de leurs partisans ont tenté de marcher sur la place de l'Indépendance, au coeur de la capitale Moroni, pour dénoncer le "hold-up" électoral en cours.

Des dizaines de gendarmes ont accueilli les protestataires par une volée de tirs de gaz lacrymogène et de balle en caoutchouc qui les ont rapidement dispersés.

Le calme est revenu dans l'après-midi dans la capitale. Des militaires en armes ont été déployés sur les grands axes de la capitale, à titre de "prévention", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, dit "Kiki".

Manifestations réprimées aux Comores
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Selon une source hospitalière, l'intervention s'est soldée par 12 blessés légers, dont trois candidats à l'élection.

"Les forces de l'ordre ont pris fait et cause pour un pouvoir qui a perdu toute légitimité", a réagi auprès de l'AFP le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada.

"Hier, les Comoriens ont voté, et aujourd'hui nous avons un pouvoir qui est devenu fou et tire sur les candidats qui ont gagné dans les urnes !"

Le dépouillement a suivi son cours toute la journée de lundi. La Commission électorale (Ceni) pourrait annoncer les premiers résultats d'ici mardi, selon le ministre Daoudou.

- 'Mascarade' -

Avant même la clôture du vote, les douze candidats opposés au colonel Azali ont dénoncé dimanche une "mascarade" et appelé la population du pays à la "résistance". Comme celui de l'opposition, le bilan du scrutin dressé lundi par la société civile comorienne est accablant.

Bureaux saccagés et fermés avant l'heure officielle de clôture (18H00 locales) par les forces de l'ordre, urnes bourrées, assesseurs de l'opposition empêchés, toute la palette de la fraude électorale y est passée.

"Des bureaux de vote (ont été) fermés dès 16H30 sur ordre des forces de l'ordre, elles se sont chargées de la récupération des urnes avant toute opération de dépouillement", a dénoncé l'Observatoire des élections.

Présidentielle aux Comores : l'opposition accuse le sortant Azali de "coup d'Etat" électoral
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Sur l'île d'Anjouan, en majorité hostile au président Azali, l'armée est intervenue pour disperser la foule en colère, faisant un mort et une dizaine de blessés, selon l'ONG.

Le ministre de l'Intérieur a fermement démenti que ces personnes aient été victimes de tirs à balle réelle des forces de l'ordre et balayé les accusations de fraude.

"Les incidents relevés ne sont pas de nature à entacher la sincérité du scrutin", a-t-il assuré à l'AFP, "je n'ai jamais vu élections plus transparentes dans notre pays..."

Tout au long d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat, Azali Assoumani, 60 ans, a répété qu'il comptait bien l'emporter dès le premier tour.

A la tête du pays de 1999 à 2006, réélu en 2016, l'ancien putschiste a engagé sa grande entreprise de maintien au pouvoir en faisant adopter, il y a un an, une réforme constitutionnelle par référendum.

- 'Machine Azali' -

Ce texte a étendu de un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée par rotation à un natif de chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan). Par la grâce du nouveau calendrier électoral, Azali Assoumani pourrait rester, en cas de victoire, au pouvoir jusqu'en 2029.

L'opposition a crié au scandale. Ce nouveau système, dit-elle, a remis en cause le fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

Mais rien n'y a fait. Au contraire, le président a fait taire les critiques à grands coups d'arrestations. Son ennemi juré, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, est détenu pour corruption et plusieurs dirigeants de partis condamnés pour tentatives de coup d'Etat.

L'opposition a dénoncé la dérive autoritaire du régime, sa corruption et son incapacité à réduire la pauvreté extrême des 800.000 habitants du pays.

Mais, divisée et décimée par la répression, ses chances de succès sont apparues limitées face à la "machine Azali".

"Le vote de dimanche conclut une entreprise de fraude caractérisée engagée il y a longtemps", a estimé une source occidentale. "Azali va autoriser quelques recours pour donner un peu de verdict démocratique au processus mais sa légalité lui importe peu."

"La situation est préoccupante", s'est inquiété auprès de l'AFP Samir Soulaïmane, de la Plateforme citoyenne, un collectif de la société civile. "Nous en appelons à la communauté internationale, dont l'Union africaine, pour amorcer un dialogue politique avant que le pays ne sombre dans le chaos."

"Nous sommes un pays souverain", s'est déjà agacé le ministre de l'Intérieur, "personne ne viendra nous imposer quoi que ce soit de l'étranger".

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