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Le Sud-Coréen Kim Jong-yang élu président d'Interpol

Kim Jong Yang, nouveau président du comité exécutif d'Interpol, le 23 janvier 2018. (Kang Kyung-kook / Newsis via AP)

Le Sud-Coréen Kim Jong-yang, dont la candidature était "fermement" soutenue par les Etats-Unis face à un général russe, a été élu mercredi président d'Interpol pour un mandat de deux ans, a annoncé la plus importante organisation de police au monde sur Twitter.

M. Kim était déjà président par intérim d'Interpol depuis la "démission" subite de son ancien patron, Meng Hongwei, accusé de corruption en Chine et qui a mystérieusement disparu début octobre au cours d'un voyage dans son pays.

Réunis depuis dimanche à Dubaï, les délégués d'Interpol ont élu le Sud-Coréen lors d'une assemblée générale après que la candidature du général de police russe, Alexandre Prokoptchouk, eut suscité une levée de boucliers aux Etats-Unis et des menaces de l'Ukraine et de la Lituanie de quitter l'organisation mondiale de police.

Bien que le poste de président soit plus honorifique qu'opérationnel, les critiques de Moscou, craignaient que l'organisation internationale ne devienne un outil du Kremlin pour lutter contre ses opposants politiques en cas d'élection de M. Prokoptchouk.

Le quotidien The Times avait affirmé la semaine dernière, citant des sources britanniques, que M. Prokoptchouk était le favori du scrutin.

Les Etats-Unis, par la voix de leur secrétaire d'Etat Mike Pompeo, avaient indiqué mardi, à la veille du vote, qu'ils "soutenaient fermement" le Sud-Coréen.

"Nous encourageons toutes les nations et organisations faisant partie d'Interpol et respectant l'Etat de droit à choisir un chef intègre. Nous pensons que ce sera le cas de M. Kim", avait déclaré le chef de la diplomatie américaine.

Peu après son élection, le nouveau président sud-coréen d'Interpol a estimé que le "monde fait aujourd'hui face à des changements sans précédents qui représentent d'énormes défis à la sécurité et sûreté publiques".

"Nous avons besoin d'une vision claire: nous devons construire un pont vers l'avenir", a-t-il ajouté, cité sur le compte Twitter d'Interpol.

L'Argentin Néstor R. Roncaglia a, lui, été élu vice-président pour les Amériques, pour un mandat de trois ans, a par ailleurs fait savoir Interpol.

- "Tentacules criminelles" -

Quatre sénateurs américains avaient appelé, dans une lettre ouverte rendue publique lundi, les délégués des 192 pays membres d'Interpol à rejeter la candidature de M. Prokoptchouk.

"Les événements récents ont montré que le gouvernement russe abusait des procédures d'Interpol pour harceler ses opposants politiques", avait appuyé mardi sur Twitter le porte-parole du Conseil national de sécurité américain Garrett Marquis.

Selon sa biographie sur le site internet du ministère russe de l'Intérieur, qu'il a rejoint dans les années 1990, Alexandre Prokoptchouk a obtenu en 2003 le grade de général de police et commencé à travailler avec Interpol en 2006, d'abord en tant que responsable adjoint du bureau russe de l'organisation.

Ce polyglotte a également été chargé de la coopération avec Europol, l'agence européenne de police criminelle, puis nommé au comité exécutif d'Interpol en 2014, avant d'en être élu vice-président en novembre 2016.

La Russie va "étendre ses tentacules criminelles à chaque coin de la planète" si M. Prokoptchouk est élu président, avait également dénoncé sur Twitter le financier britannique William Browder, l'ex-patron du juriste Sergueï Magnitski --mort dans une prison russe en 2009--.

Il avait brièvement été arrêté cette année en Espagne à cause d'un mandat d'arrêt émis par Interpol, et Moscou tente d'obtenir son extradition depuis des années.

L'opposant numéro un au Kremlin, Alexeï Navalny, a quant à lui affirmé sur Twitter que son équipe avait "souffert d'abus d'Interpol à cause de persécutions politiques par la Russie.

Et l'Ukraine et la Lituanie avaient même menacé de se retirer d'Interpol en cas d'élection du général russe.

Mais Moscou avait rejeté ces accusations qualifiant les réactions d'hostilité à la candidature du général de police russe de "politisation inadmissible".

Avec son élection à la tête d'Interpol, M. Kim devra désormais terminer le mandat de quatre ans que M. Meng devait achever en 2020, mais le véritable patron de l'organisation est dans les faits son secrétaire général. Celui-ci est jusqu'à l'année prochaine l'Allemand Jürgen Stock, qui rappelait début novembre que le poste de président était "essentiellement honorifique".

Avec AFP

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Joe Biden nomme une équipe de communication à la Maison Blanche entièrement féminine

La porte-parole du département d'État, Jen Psaki, participe à une réunion à Washington, le 27 février 2015.

Le président élu des Etats-Unis, Joe Biden, a annoncé dimanche la composition de son équipe de communication à la Maison Blanche, qui sera exclusivement féminine, ce que son entourage a qualifié de première dans l'histoire du pays.

Parmi les personnes désignées figure Jen Psaki, qui occupera le poste très en vue d'attachée de presse de la Maison Blanche.

Jen Psaki, 41 ans, a occupé plusieurs postes haut placés, dont celui de directrice de la communication de la Maison Blanche sous l'administration Obama-Biden.

"Honorée de travailler à nouveau pour @JoeBiden, un homme pour lequel j'ai travaillé sous l'administration Obama-Biden lorsqu'il a contribué à diriger la reprise économique, reconstruit nos relations avec nos partenaires (ce qui se révèle une bonne pratique) et a apporté de l'empathie et de l'humanité dans presque toutes les réunions auxquelles j'ai assisté", a réagi Jen Psaki sur Twitter.

Joe Biden et la vice-présidente élue Kamala Harris cherchent à mettre l'accent sur la diversité dans les nominations annoncées jusqu'à présent, avant de prêter serment le 20 janvier.

"Je suis fier de présenter aujourd'hui la première équipe de communication pour la Maison Blanche composée exclusivement de femmes", a indiqué M. Biden dans un communiqué.

"Ces professionnelles de la communication, qualifiées et expérimentées, apportent des perspectives variées à leur travail et partagent le même engagement pour reconstruire ce pays", a-t-il ajouté.

Postes économiques

En plus de Mme Psaki, six autres femmes ont été nommées.

Parmi elles, Kate Bedingfield, directrice adjointe de campagne de M. Biden, a été nommée directrice de la communication de la Maison Blanche. Mme Bedingfield a déjà officié en tant que directrice de la communication de Biden alors qu'il était vice-président.

Ashley Etienne deviendra directrice de la communication de Kamala Harris et Symone Sanders est propulsée conseillère et porte-parole de la vice-présidente.

Pili Tobar a été nommée directrice adjointe à la communication de la Maison Blanche et Karine Jean Pierre, attachée de presse adjointe.

Elizabeth Alexander sera la directrice de communication de la future Première dame Jill Biden.

Ces nominations ne nécessitent pas la confirmation du Sénat, contrairement à la plupart des postes du cabinet.

D'autres nominations devraient intervenir dans la semaine. Selon le New York Times, elles comprendront celle de Cecilia Rouse à la tête du Cercle des conseillers économiques du président, première femme noire à ce poste.

Neera Tanden prendrait la direction du Bureau de la gestion et du budget, première Indienne Américaine à cette position.

Cela fait suite à la nomination attendue de Janet Yellen, l'ancienne présidente de la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, pour devenir la première femme secrétaire au Trésor, si elle est confirmée par le Sénat.

Violences contre un Noir en France: quatre policiers mis en examen

La scène de tabassage de Michel Zecler par quatre policiers à Paris, le 27 novembre 2020.

Quatre policiers ont été mis en examen et deux d'entre eux écroués dans l'information judiciaire ouverte sur le tabassage du producteur noir Michel Zecler dans la nuit de dimanche à lundi, dans cette affaire qui électrise le débat en France autour des violences policières et de la loi "sécurité globale".

Parmi ces quatre policiers mis en examen par un juge d'instruction, trois l'ont été pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique (PDAP)" et "faux en écriture publique", conformément aux réquisitions du parquet de Paris annoncées par le procureur de la République Rémy Heitz dimanche après-midi.

Ce sont les trois policiers au cœur de la vidéo de Loopsider dévoilée jeudi qui a fait scandale et provoqué la "honte" du chef de l'Etat Emmanuel Macron, alors que l’Élysée a appelé M. Zecler samedi.

Le policier soupçonné d'avoir jeté la grenade lacrymogène dans le studio de musique du 17e arrondissement où s'est produite l'agression a lui été mis en examen plus tôt dans la soirée principalement pour des "violences volontaires" par PDAP sur Michel Zecler et sur les neuf jeunes qui se trouvaient dans le sous-sol du studio.

Le parquet avait requis la détention provisoire pour les trois premiers et un contrôle judiciaire pour le quatrième, mais le juge des libertés et de la détention en a écroué deux et laissé deux autres sous contrôle judiciaire.

Me Anne-Laure Compoint qui défend deux policiers et Me Jean-Christophe Ramadier qui en défend un n'ont pas souhaité commenter ces mises en cause à l'issue de l'audience du juge des libertés et de la détention, vers 04H30 du matin.

Placer en détention certains des agents doit permettre "d'éviter un risque de concertation" entre eux "ou de pressions sur les témoins", avait argué M. Heitz en expliquant ses réquisitions de détention provisoire.

A Lagos, les manifestants exigent la fin des brutalités policières
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"Coups pas justifiés"

En garde à vue face à l'IGPN, les trois principaux mis en cause avaient fini "par admettre que les coups portés n'étaient pas justifiés et qu'ils avaient agi principalement sous l'effet de la peur", a rapporté le procureur. Ils ont invoqué "la panique" provoquée par le sentiment d'être coincés dans l'entrée du studio de musique de M. Zecler, qui se débattait selon eux.

Ils ont en revanche nié "avoir tenu des propos racistes" alors que M. Zecler a assuré qu'ils l'avaient traité de "sale nègre", une insulte entendue également par "l'un des jeunes" présent dans le sous-sol du studio. Ils réfutent également "le caractère mensonger du procès-verbal".

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a promis jeudi "la révocation" des policiers qui ont "sali l'uniforme de la République", "dès que les faits seront établis par la justice".

Cette affaire, mise au jour grâce à la diffusion de vidéos, a semblé doper les opposants à la proposition de loi "sécurité globale", dont la mesure phare prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre.

Plus de 130.000 personnes ont manifesté samedi, selon le ministère de l'Intérieur, 500.000 selon les organisateurs, dans une ambiance globalement bon enfant. Des affrontements parfois violents ont toutefois émaillé certaines manifestations, notamment à Paris.

Controverse

Selon un bilan du ministère de l'Intérieur, 98 policiers et gendarmes ont été blessés et 81 personnes ont été interpellées. A Paris, un photographe syrien indépendant, collaborateur de l'AFP, a été blessé au visage.

Plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des policiers frappés par des manifestants, des "violences inacceptables", selon Gérald Darmanin.

En une semaine, la controverse autour de la proposition de loi "sécurité globale", vivement dénoncée par les journalistes et les défenseurs des libertés publiques, s'est encore renforcée.

L'évacuation brutale d'un camp de migrants à Paris lundi soir et la révélation jeudi du passage à tabac de M. Zecler ont suscité l'indignation et électrisé le débat. Les vidéos de ces deux affaires ont été visionnées des millions de fois sur les réseaux sociaux.

Vendredi, Emmanuel Macron a demandé au gouvernement de lui faire rapidement des propositions "pour lutter plus efficacement contre toutes les discriminations", pour la troisième fois cette année.

Forte mobilisation pour les marches des libertés, des heurts à Paris

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Des bénévoles apportent des dîners dans les refuges pour sans-abris

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Confrontations violentes entre policiers et manifestants en France

Des voitures brûlent à Paris lors d'une manifestation contre un projet de loi qui, selon les groupes de défense des droits, porterait atteinte à la liberté des journalistes en France, le 28 novembre 2020.

Des centaines de manifestants vêtus de noir ont affronté la police à la fin d'une manifestation contre les violences policières à Paris, samedi.

Des manifestants masqués ont lancé des feux d'artifice sur les lignes de police, érigé des barricades et jeté des pierres.

La majorité des milliers de manifestants ont défilé pacifiquement, mais de petits groupes de manifestants masqués, habillés de noir, ont brisé des vitrines de magasins et mis le feu à deux voitures, une moto et un café. Les incendies ont été rapidement éteints.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes pour disperser la foule et, en début de soirée, des canons à eau ont pulvérisé les groupes de manifestants restants sur la place de la Bastille.

Le ministère de l'intérieur a déclaré avoir compté 46 000 manifestants à Paris. La police a déclaré qu'elle avait procédé à neuf arrestations.

Des milliers de personnes ont également défilé à Lille, Rennes, Strasbourg et dans d'autres villes.

Ces manifestations font suite à la publication cette semaine d'une vidéo de surveillance du passage à tabac de Michel Zecler, producteur de musique Noir, par trois policiers à Paris le 21 novembre.

L'incident a également attisé la colère contre un projet de loi qui est considéré comme limitant le droit des journalistes à faire des reportages sur les brutalités policières.

Le projet de loi pénaliserait la circulation d'images d'officiers de police dans certaines circonstances, ce qui, selon les activistes, limiterait la liberté de la presse.

Des manifestants à la place de la République à Paris, le 28 novembre 2020.
Des manifestants à la place de la République à Paris, le 28 novembre 2020.

De nombreux manifestants portaient des pancartes avec des slogans comme "Qui nous protégera de la police", "Stop à la violence policière" et "La démocratie matraquée".

Les images de M. Zecler en train d'être battu ont largement circulé sur les réseaux sociaux et dans la presse française et étrangère. Le président Emmanuel Macron a déclaré vendredi que ces images étaient honteuses pour la France.

Quatre policiers sont détenus pour être interrogés dans le cadre d'une enquête sur ce passage à tabac.

Les organisations de journalistes et les groupes de défense des libertés civiles qui ont organisé les marches ont été rejoints par des militants d'extrême gauche, des militants écologistes et des manifestants portant des gilets jaunes. Les gilets jaunes protestent depuis deux ans contre les politiques du gouvernement.

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