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Le Sénégal refuse à des dizaines de bateaux étrangers ses eaux atteintes de surpêche

Une charrette à cheval roule dans l'eau le long de bateaux de pêche bordant une plage au bord de l'océan, à Saint-Louis, Sénégal, le dimanche 19 mai 2013. (AP Photo / Rebecca Blackwell)

Le Sénégal vient de refuser ses eaux à des dizaines de chalutiers étrangers, après une campagne conjointe des défenseurs de l'environnement et des pêcheurs locaux en lutte pour leur survie et celle de la ressource face à la surpêche asiatique et européenne.

Le secteur vital de la pêche sénégalaise, qu'il s'agisse des petits pêcheurs, très majoritaires, des plus gros professionnels ou des femmes transformatrices du poisson, faisait cause commune avec les défenseurs de l'environnement et Greenpeace depuis qu'ils avaient appris en avril que le gouvernement examinait les demandes de permis de 54 armements étrangers.

Les demandes ont été rejetées, ont dit mardi deux responsables gouvernementaux à l'AFP sous le couvert de l'anonymat, sans préciser les motifs.

Ce refus "contribue à assurer la subsistance des communautés côtières et donne une chance à l'océan de se régénérer, après une décennie où l'industrie de la pêche industrielle avait menacé d'épuiser nos stocks de poissons", a déclaré le Dr Ibrahima Cissé, responsable de la campagne océans de Greenpeace Afrique, cité dans un communiqué de l'ONG.

Arrivés ces dernières décennies avec leurs vastes filets et leurs équipements automatisés, les bateaux usines étrangers attirés par la richesse des fonds atlantiques écument les mêmes eaux que la flotte sénégalaise, essentiellement constituée d'étroites pirogues traditionnelles.

Certains opèrent avec des permis tarifés par les autorités suivant la taille des bateaux, qui paient moins cher s'ils sont sénégalais. Beaucoup d'autres agissent clandestinement, disent les experts.

Les quelque 50.000 pêcheurs sénégalais doivent s'éloigner chaque année davantage de la côte pour des prises de plus en plus maigres.

Or, la pêche fait vivre directement ou indirectement environ 500.000 Sénégalais pour une population d'environ 16 millions, selon l'ONU. Le poisson représentait environ 17% des revenus des exportations sénégalaises en 2018, selon des chiffres gouvernementaux.

La pêche est aussi un mode de vie dans ce pays pauvre. Tout le long des rivages d'Afrique de l'Ouest, ce sont des communautés entières qui dépendent de la ressource halieutique.

Elles sont affectées par l'activité de ces chalutiers qui prélèvent plus de sardines, de thons et de maquereaux que la nature n'en produit, pour satisfaire l'appétit des consommateurs asiatiques et européens ou alimenter les usines de farine, notamment chinoises.

- Opacité bureaucratique -

"La mer n'est plus productive", se désole Moustapha Senghor, pêcheur à Mbour, au sud-est de Dakar, à qui sa pirogue de 10 m rapporte 5.000 francs CFA par jour (7,6 euros), à partager avec ses trois employés.

Plus du tiers des réserves de poisson, du Sénégal jusqu'au Nigeria, est frappé de surpêche et la moitié des prises au large des côtes ouest-africaines pourraient être illégales, dit l'Organisation de l'Onu pour l'alimentation (FAO).

Le président sénégalais Macky Sall s'était attiré les louanges des pêcheurs et des défenseurs de l'environnement en 2012 en retirant à des dizaines de bateaux, dont neuf russes, des permis décernés dans des circonstances troubles.

La nouvelle que le gouvernement se penchait sur de nouvelles demandes a fait craindre que cette fermeté n'appartienne au passé. Elle a porté sur des nerfs mis à vif par la pandémie de coronavirus, qui a sévèrement affecté l'activité et les ventes. L'opacité entourant la prise de décision a ajouté à la nervosité.

L'industrie multinationale a vainement essayé de "profiter" du Covid-19, a estimé le Dr Cissé, pour Greenpeace.

La plupart des postulants recalés étaient chinois, avaient dit à l'AFP les pêcheurs locaux ainsi que des experts. Certains d'entre eux ont déjà été repérés pêchant illégalement au large de l'Afrique de l'Ouest, rapporte l'ONG Environmental Justice Foundation.

L'ambassade de Chine au Sénégal avait dit à l'AFP avant la décision des autorités n'avoir aucune information sur les permis. Toutefois, des compagnies chinoises ont noué avec des entreprises sénégalaises des partenariats dont profitent les deux parties, avaient-elles souligné.

Abdou Karim Sall, président d'une association sénégalaise de pêche artisanale, a salué la décision, mais a réclamé plus de transparence.

"Personne ne sait combien (il y a) de bateaux" dans les eaux sénégalaises, a-t-il noté.

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Les commerçants s'accrochent au célèbre marché Sandaga à Dakar malgré sa démolition

D’habitude bourrés de monde et de voiture, le rond-point Sandaga respire, à Dakar, le 5 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Au Sénégal, le centre-ville de la capitale retrouve des couleurs suite à la réfection du célèbre marché Sandaga. Si les riverains apprécient le désencombrement des principales artères, les commerçants délogés et recasés ne sont pas contents.

La mue du marché Sandaga, au centre-ville de Dakar, a commencé dimanche par une démolition des emprises autour du bâtiment central.

Les commerçants continuent à squatter les alentours du marché Sandaga malgré sa démolition annoncée. Beaucoup d'entre eux ont perdu leurs étalages, mais préfèrent rester sur place et vendre à la sauvette au lieu de rejoindre le site de recasement du "champs de courses" situé à une dizaine de minutes.

Pathé Mbaye explique ce choix par l'absence d'attractivité du site. "J'étais commerçant avant la démolition mais maintenant je suis redevenu marchand ambulant: je marche avec tous mes bagages traînant un peu partout à Dakar", se lamente-t-il.

Le nouveau site désigné pour le commerce ne lui plait pas. "Là-bas tu peux rester des jours sans voir de clients", argumente le marchand.

Sandaga était le marché le plus populaire de la capitale mais aussi l'un des plus anarchiquement occupés. Les habitants du centre-ville en ont souvent fait les frais comme le relate Doudou Sarr, qui se réjouit de cette libération des emprises autour du marché Sandaga.

"Nous qui vivons ici, on avait un sérieux problème parce que même pour évacuer un cas de décès c’était tout un problème à cause de l’occupation anarchique qui régnait... Des fois on en venait aux mains", se souvient-il.

Cet habitant d'une maison jouxtant le marché affirme que même "les passages piétons étaient occupés par les marchands" ce qui a causé plusieurs accidents. Avec la démolition, les habitants se disent soulagés.

Ce soulagement est partagé par les automobilistes qui avaient beaucoup de peine à circuler à cause des bouchons permanents sur ce carrefour important du centre-ville.

Pape, chauffeur de taxi, est habitué à rouler sur cet axe qu'il juge infernal.

"Pour nous, la démolition du marché est plus que salutaire. Avec le rond-point de Sandaga qui était occupé par les vendeurs on a eu tout le temps des embouteillages, c'était très compliqué pour nous les automobilistes", fustige-t-il. "A la limite ce sont les voitures qui évitent les vendeurs et les piétons", se souvient le chauffeur de taxi.

En attendant de savoir le sort qui sera réservé à cette bâtisse vieille de plusieurs dizaines d'années, les habitants et les riverains montrent leur satisfaction tandis que les commerçants ne sont pas emballés par le site de recasement que beaucoup d'entre eux refusent de rejoindre.

Dakar: le marché historique de Sandaga va être modernisé
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Les autorités sénégalaises craignent une banalisation du coronavirus

Le port du masque strictement respecté dans les rues de Dakar, au Sénégal, le 10 août 2020. (VOA/Seydina Aba Gueye)

Le gouvernement sénégalais a annoncé ‪vendredi un durcissement des mesures contre le Covid-19. Les rassemblements au niveau des espaces publics, des plages, des terrains de sports, des salles de spectacles, ainsi que les manifestations, sont désormais interdits.

Les populations ont accueilli cette nouvelle avec une certaine indifférence alors que les chiffres ne cessent de grimper.

A peine un mois après la levée de l'état d'urgence assorti d'un couvre-feu et l'allègement des mesures, les autorités sont revenues sur certaines de ces mesures, annonçant un durcissement dans le cadre de la prévention.

"Ils avaient suivi la volonté des populations pour leur permettre de vaquer à leurs préoccupations mais au fur et à mesure ils se sont rendus compte que cette méthode ne pouvait plus prospérer car les cas ont considérablement augmenté", regrette Alseni Camara.

Il dénonce par ailleurs que "ceux qui nous dirigent ne joignent pas l'acte à la parole" car ils s'affichent souvent dans des manifestations publiques en pleine pandémie. Pour Alseni on ne peut pas "interdire aux populations de se rendre dans les cérémonies et être les premiers à déroger" à cette règle. Il pense que si les autorités avaient "rompu avec les festivités" la population suivrait facilement.

Coronavirus: nouveau durcissement des mesures
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Pour des citoyens comme Abdou Seck ce retour aux décisions initiales ne va pas changer grand-chose dans l'attitude de beaucoup de Sénégalais.

"Tout le monde ou presque ne se préoccupe plus du coronavirus et la récente fête de la Tabaski l'a montré. Les gens ont acheté des moutons et fréquentés les lieux de commerces avec une densité incroyable et souvent sans respecter les mesures barrières", constate-t-il avant d'ajouter que même les forces de l'ordre semblent avoir démissionné.

"Nous savons tous que sans une réelle force de dissuasion les Sénégalais ne vont jamais se conformer aux mesures édictées. Certains doutent même de l'existence de la maladie", assure-t-il.


La banalisation de la pandémie a certainement fait réagir les autorités d'après ce citoyen qui a requis l'anonymat. Pour lui le comportement des Sénégalais a motivé le retour aux restrictions. "La répétition est pédagogique. Parfois il est bon de rappeler aux citoyens les mesures de civilités et autres", affirme-t-il.

Pour lui, il est normal de "rappeler les gens à l'ordre" si l'on remarque qu’il y’a des débordements, que les gens commencent à "omettre ou à ne pas respecter" les limites qui ont été fixées pour "la santé et l’intérêt général".

"C'est quelque chose que tout le monde doit respecter et il est bon de le rappeler", soutient-il fermement.

Pour que tout le monde se conforme aux mesures, le ministre de l'Intérieur a annoncé un renforcement des contrôles par les forces de l'ordre et une tolérance zéro vis-à-vis des récalcitrants avec des peines pouvant aller d'une simple amende à un emprisonnement.

Cette nouvelle ligne dure est censée freiner la flambée notée au niveau des cas issus de la transmission communautaire.

Les autorités sénégalaises réintroduisent des mesures restrictives contre le coronavirus
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Les autorités sénégalaises réintroduisent des mesures restrictives contre le coronavirus

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Coronavirus: nouveau durcissement des mesures

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Six personnes inculpées après l'attaque du siège d'un quotidien sénégalais

Les Sénégalais lisent les nouvelles du matin, à Dakar, le 27 février 2012.

Au Sénégal, six personnes soupçonnées d'avoir participé à l'attaque du journal Les Echos ont été inculpées et écrouées vendredi soir à Dakar, a affirmé samedi une source proche du dossier. 

Ces personnes sont poursuivies pour pillage de biens appartenant à autrui et association de malfaiteurs.

"C'est une qualification criminelle. Ces faits sont punis de 10 ans de prison", a expliqué cette source, sans préciser l'identité des six personnes.

Lundi, le siège des Echos avait été vandalisé par des partisans présumés d'un guide religieux, qui reprochaient à la rédaction du quotidien d'avoir affirmé que ce dernier avait été contaminé par le Covid-19.

Sept ordinateurs et un poste de télévision avaient été endommagés par une demi-douzaine d'hommes à la recherche de l'auteur de l'article, publié le jour même, affirmant que Serigne Moustapha Sy, figure de l'influente confrérie musulmane des tidianes et président du Parti de l'unité et du rassemblement (PUR), avait été "terrassé par le Covid-19" et admis à l'Hôpital principal de Dakar.

Le parti avait démenti ces "mensonges éhontés" dans un communiqué et affirmé que le président du PUR était "bien portant".

Reporter sans frontières (RSF) et des organisations locales de défense de la presse avaient dénoncé cette attaque.

Le Sénégal a officiellement déclaré 10.432 cas de coronavirus, pour 214 décès. Des personnes contaminées ont dénoncé publiquement la "stigmatisation" dont elles ont été victimes lorsque leur maladie a été connue.

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