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Les autorités rwandaises limitent les déplacements et étendent le couvre-feu

Un membre du Centre biomédical du Rwanda prend la température des passagers à un gare routière à Kigali, le 22 mars 2020 ( AFP / Simon Wohlfahrt )

Le Rwanda a interdit mardi les déplacements entre ses districts et étendu le couvre-feu nocturne pour deux semaines supplémentaires en raison d'une deuxième vague d'infections au coronavirus.

Le Rwanda, l'un des premiers pays africains à avoir imposé un confinement strict l'année dernière, en mars, a enregistré au cours du seul mois de décembre la moitié du total des décès dus au Covid (105) recensés dans le pays depuis le début de l'épidémie.

Lundi soir, le bureau du Premier ministre a publié un communiqué annonçant de nouvelles mesures prenant effet à partir de mardi et pour 15 jours.

Le couvre-feu nocturne, entre 20H00 et 04H00, est étendu et toutes les entreprises doivent fermer à 18H00.

Il est interdit à tous les véhicules, publics ou privés, d'entrer ou de sortir de Kigali, ainsi que de se déplacer entre les différents districts.

"Les déplacements vont seulement être permis pour des raisons médicales et pour les services essentiels. De plus, les véhicules de transport de marchandises continueront à opérer avec un maximum de deux personnes à bord", poursuit le texte.

Le tourisme, une source clé de devises étrangères, reste autorisé mais les visiteurs, locaux et étrangers, doivent fournir un test négatif au Covid-19 pour se déplacer dans le pays.

Les touristes étrangers doivent déjà présenter un test négatif pour entrer au Rwanda, mais aussi en effectuer un nouveau à leur arrivée, avec une quarantaine obligatoire de 24 heures dans l'attente des résultats.

Le taux de positivité des tests effectués au Rwanda est passé de 0,5% début novembre à 7,6% lundi, avec un total de 8.848 infections depuis le début de l'épidémie.

"Le public doit significativement réduire les interactions sociales et limiter les mouvements aux services essentiels", poursuit le communiqué.

Depuis début décembre, tous les rassemblements et les événements, mariages religieux, réceptions, réunions et conférences compris, ont été interdits.

Les bars et les boites de nuit sont fermés depuis mars.

Le gouvernement affirme être en contact avec des fabricants de vaccins - le groupe pharmaceutique anglo-suédois AstraZeneca et la société de biotechnologie américaine Moderna - dans le but d'acheter des doses pour les Rwandais les plus vulnérables.

Selon des statistiques publiées par la police, jusqu'à 57,000 personnes ont été arrêtées pour avoir violé les mesures de lutte contre le Covid-19 la semaine courant avant et après Noël, et près de 1.000 véhicules ont été saisis pour non respect du couvre feu.

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Réfugiés éthiopiens: l'ONU réclame 156 millions de dollars

Des réfugiés éthiopiens ayant fui la région du Tigré font la queue pour recevoir une aide alimentaire dans le camp d'Um-Rakoba dans l'État d'Al-Qadarif, à la frontière, au Soudan, le 11 décembre 2020.

L'ONU et une trentaine de partenaires ont réclamé mardi 156 millions de dollars pour aider à subvenir aux besoins des dizaines de milliers de réfugiés éthiopiens qui ont fui les combats dans la région du Tigré.

Les fonds réclamés (128 millions d'euros) par le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) doivent lui permettre, ainsi qu'à ses partenaires, de fournir leur aide pendant la première moitié de 2021, a précisé un porte-parole, Andrej Mahecic, au cours d'une conférence de presse à Genève.

Cet appel à une aide financière "doit aussi permettre de renforcer les préparatifs pour recevoir d'autres réfugiés dans d'autres pays de la région au cas où il y aurait d'autres mouvement de réfugiés", a précisé le porte-parole du HCR.

Parallèlement, Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a réclamé un accès à l'ensemble de la province et demandé au gouvernement éthiopien de protéger les civils, qui selon elle, ont été victimes d'atteintes aux droits de l'homme comme des bombardements de civils ou encore des assassinats, selon un communiqué.

Quelque 52.000 personnes ont fui le Tigré pour l'est du Soudan ces six dernières semaines, selon le dernier décompte disponible de l'organisation.

Ces chiffres ne tiennent pas compte des personnes déplacées au sein de la province elle-même en particulier les 96.000 réfugiés érythréens, qui sont installés dans plusieurs camps au Tigré.

Pour l'heure, seulement 30% - soit 46 millions de dollars - des fonds nécessaires aux opérations d'aide aux réfugiés ont été reçus par le HCR et ses partenaires.

Le communiqué de la Haute-Commissaire aux droits de l'homme cite plusieurs exemples de violations des droits humains et du droit humanitaire. Ces informations et témoignages ont toutefois été recueillies à distance et non pas directement sur le terrain.

Ces informations "montrent la nécessité que des observateurs des droits de l'homme indépendants puissent avoir accès au Tigré pour pouvoir évaluer correctement les souffrances humaines qui résultent du conflit, de vérifier les accusations et aider à trouver les responsables de ces violations", a souligné Mme Bachelet.

Des soldats rwandais et russes déployés en Centrafrique

Une patrouille armée à Birao en Centrafrique le 6 novembre 2019.

Kigali et Moscou ont envoyés des troupes de renfort en Centrafrique. Ces envois interviennent trois jours après une offensive de trois groupes armés qualifiée de "tentative de coup d'Etat" par le gouvernement, à six jours des élections présidentielle et législatives prévues le 27 décembre 2020.

Pour soutenir le gouvernement, "la Russie a envoyé plusieurs centaines d'hommes des forces régulières, et des équipements lourds" dans le cadre d'un accord de coopération bilatérale, a annoncé à l'AFP Ange Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement centrafricain, sans préciser leur nombre exact ni la date de leur arrivée.

Jusqu'à lundi 21 décembre matin, Moscou n'avait pas encore confirmé l'envoi de soldats russes en Centrafrique.

Le le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a juste déclaré que "les informations en provenance de [la Centrafrique] suscitent une sérieuse inquiétude", a pour sa part déclaré lundi à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Pour l’heure, nous gardons silence sur ce sujet", a confié à l'AFP une porte-parole du ministère de la défense russe.

En Centrafrique, des gardes privés employés par des sociétés russes de sécurité assurent déjà la protection rapprochée du président Touadera et des instructeurs forment les forces armées centrafricaines.

Le Rwanda confirme l'envoi de ses troupes

"Les Rwandais ont également envoyé plusieurs centaines d'hommes qui sont déjà sur le terrain et ont déjà commencé à combattre", a ajouté M.Kazagui, confirmant une information de Kigali.

Dans un communiqué, le ministère rwandais de la défense a indiqué que, "Le gouvernement rwandais a déployé une force de protection en République centrafricaine, dans le cadre d'un accord bilatéral de défense." Il a précisé que "le déploiement est en réponse au ciblage du contingent des Forces de Défense du Rwanda (RDF) sous la force de maintien de la paix de l'ONU par les rebelles soutenus par (l'ancien président) François Bozizé".

Aucun détail n'est donné sur la date du déploiement, le volume des effectifs déployés ou leur mission exacte. Le ministère précise seulement que les "troupes rwandaises contribueront également à assurer des élections générales pacifiques et sécurisées prévues le dimanche 27 décembre 2020".

Le Rwanda est l'un des principaux pays contributeurs de la Mission des Nations Unies en République centrafricaine (Minusca) depuis son déploiement en 2014. La Minusca compte environ 11.500 Casques bleus.

Le contingent rwandais de la Minusca est notamment chargé de la sécurité du président centrafricain Faustin Archange Touadéra et de la protection du palais présidentiel.

Samedi, M. Touadéra avait déjà évoqué une implication du Rwanda dans le combat contre les rebelles : "nos soldats sont en alerte générale, appuyés par la Minusca, la Fédération de Russie et le Rwanda pour sortir de cette crise", avait-il lancé à ses partisans.

Des combattants de compagnies de sécurité privées russes sont entrés en action contre les rebelles dans une zone située au sud-ouest de Bangui, selon des sources humanitaires et sécuritaires.

Offensive des groupes armés

Ces envois de renfort interviennent trois jours après une offensive de trois groupes armés qualifiée de "tentative de coup d'Etat" par le gouvernement, à moins d'une semaine des élections présidentielle et législatives. ​

Vendredi soir, trois des plus puissants groupes armés qui occupent plus des deux-tiers de la Centrafrique avaient commencé à progresser sur des axes routiers vitaux pour l'approvisionnement de la capitale Bangui, après avoir annoncé leur fusion.

Dans la foulée, le gouvernement a accusé samedi François Bozizé de "tentative de coup d'Etat", lui prêtant l'"intention manifeste de marcher avec ses hommes sur" Bangui, ce que son parti a démenti.

Le parti de François Bozizé a démenti dimanche toute tentative de coup d'Etat, tandis que le porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), Vladimir Monteiro déclarait dimanche que les rebelles avaient été bloqués ou repoussés dans plusieurs localités.

Situation sous contrôle

Le porte-parole de la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca), Vladimir Monteiro a déclaré dimanche que a situation est "sous contrôle" et que les rebelles ont été bloqués ou repoussés dans plusieurs localités.

Les groupes armés ont également perdu du terrain dans deux autres localités et "la Force a envoyé des Casques bleus à Mbaïki, à 110 km au sud-ouest de Bangui, où il y a eu des affrontements samedi (…), pour bloquer des éléments armés", a-t-il poursuivi, concluant: "la situation est sous contrôle". Mais des éléments des groupes armés sont toujours présents aux abords de Bossembélé et Bossemptélé, selon des sources sécuritaires et humanitaires.

Dans un communiqué de la Coalition CPC, qui regroupe trois des principaux groupes armés du pays, les rebelles ont admis dimanche "de nombreuses pertes en vies humaines et de nombreux blessés" dans leurs rangs.

L'ONU n'a de son côté communiqué aucun bilan.

La France, la Russie, les Etats-Unis, l'Union européenne et la Banque mondiale ont aussi appelé dimanche François Bozizé et les groupes armés à déposer les armes.

La France, la Russie, les Etats-Unis, l'Union européenne et la Banque mondiale ont appelé dimanche François Bozizé et les groupes armés à déposer les armes.

Réaction des pays partenaires

Ces pays et institutions partenaires de la Centrafrique, membres du G5+, "demandent que Bozizé et les groupes armés alliés déposent immédiatement les armes, s’abstiennent de toute action de déstabilisation et respectent la décision de la Сour constitutionnelle du 3 décembre 2020", ont déclaré les signataires dans un communiqué commun publié dimanche.

Arrivé au pouvoir en 2003 avant d'être lui-même renversé en 2013 par une coalition rebelle qui a plongé le pays dans la guerre civile, M. Bozizé, s'était déclaré candidat à la présidentielle de dimanche - couplée aux législatives - et faisait figure de principal concurrent au chef de l'Etat, favori.

Mais la Cour constitutionnelle a invalidé sa candidature, estimant qu'il était sous le coup de sanctions de l'ONU pour son soutien présumé à des groupes armés responsables de "crimes de guerre" et de "crimes contre l'Humanité".

Demande du report des élections

La Coalition de l'opposition démocratique (COD-2020), dont l'ancien président François Bozizé était le chef de file jusqu'à récemment, "a exigé dimanche le report des élections (...) jusqu'au rétablissement de la paix et de la sécurité". La coalition, qui regroupe les plus importants partis et mouvements de l'oppositi

on au président sortant, réclame en outre "la convocation sans délai" des "forces vives de la Nation".

Maintien des élections

"Tous demandent ensemble que le processus soit stoppé et qu'on aille vers une concertation, c'est une vieille rengaine. Le gouvernement avait proposé qu'ils tiennent compte des cas de force majeur, et ils ont refusé", a déclaré lundi à l'AFP le porte-parole du gouvernement, M. Kazagui.

"Il n'appartient pas à des candidats en lice de demander la suspension des élections, c'est la cour constitutionnelle et l'Agence Nationale des élections (ANE) qui décident", a-t-il souligné.

"La position du gouvernement c'est que nous allons aux élections. Nous avons déployé énormément d'efforts pour ces élections. Les Centrafricains veulent aller voter", a-t-il conclu.

Le président sortant, Faustin Archange Toudera, a affirmé également samedi que les élections se tiendraient bien. Ces événements n'empêcheront pas le déroulement du scrutin car "l'Autorité nationale des élections et la Cour constitutionnelle ont assuré que les élections vont se tenir dans les temps", a-t-il dit lors d'un meeting électoral à Bangui.

Inquiétudes à Bangui

A Bangui, la vie se poursuit de manière ordinaire. Le marché de Noël résonne de chants et les taxi-motos arpentent les rues comme à l'accoutumée.

Mais la menace est difficile à ignorer pour les habitants qui n'ont pas oublié les horreurs de 2013 après qu'une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le Président François Bozizé et fait des milliers de morts à Bangui et dans les provinces.

Affaire Paul Rusesabagina: Bras de fer entre Washington et Kigali

Le héros du film "Hôtel Rwanda" Paul Rusesabagina, en uniforme rose de détenu, arrive de la prison de Nyarugenge avec des agents du Service correctionnel du Rwanda à la Cour de justice de Nyarugenge à Kigali, au Rwanda, le 25 septembre 2020.

La saga autour de Paul Rusesabagina, le héros du film Hotel Rwanda, a pris la tournure d’une prise de bec diplomatique entre Washington et Kigali.

Les autorités rwandaises ont opposé mercredi une fin de non-recevoir à la demande d'une députée américaine de libérer M. Rusesabagina, arrêté en août dans des circonstances difficiles à déterminer et transporté vers son Rwanda natal, où il est emprisonné.

M. Rusesabagina, 66 ans, est inculpé de 13 chefs d’accusation pénales pour ses liens présumés avec le FLN, la milice que le gouvernement rwandais accuse de terrorisme. Un juge de la cour d'appel de Kigali a rejeté en octobre dernier la demande de mise en liberté provisoire de M. Rusesabagina au motif qu'il pourrait fuir le pays.

Dans une lettre datée du 16 décembre, dont VOA Afrique a reçu copie, le ministre de la justice Johnston Busingye répond à une correspondance de la représentante. Selon le ministre de la justice, il n'appartient pas au président Paul Kagame de faire libérer un prévenu. "Au Rwanda, le système judiciaire est indépendant", écrit-il, tout en précisant que "son arrestation et le procès en cours sont basés sur des faits que l'intéressé n’a jamais nié".

La lettre du ministre intervient deux jours seulement après que Carolyn Maloney, une démocrate qui représente une circonscription de l'Etat de New York, a envoyé une lettre au chef de l’État rwandais par laquelle elle exige la "libération immédiate" de M. Rusesabagina qui, pour elle, a été "kidnappé".

La représentante Carolyn Maloney au National Press Club à Washington, le mardi 12 avril 2016.
La représentante Carolyn Maloney au National Press Club à Washington, le mardi 12 avril 2016.

Dans sa lettre, Mme Maloney, membre du parti majoritaire de la chambre basse du parlement bicaméral américain, rappelle à M. Kagame que Paul Rusesabagina est un résident permanent des États-Unis. Elle exprime également des inquiétudes quant à sa santé et à la nécessité de retrouver sa famille aux États-Unis. "M. Rusesabagina est connu pour avoir sauvé 1.268 personnes durant le génocide rwandais de 1994", écrit-elle.

"M. Rusesabagina et 18 autres co-accusés ont été inculpés de 9 crimes graves", retorque le ministre, qui précise que l’intéressé fait l’objet d’un mandat d’arrêt international qui date de plusieurs années. "La Cour a retenu la date du 26 janvier 2021 pour la début de leur procès", ajoute-t-il.

Il a également rejeté les allégations concernant les circonstances de l'arrestation de Paul Rusesabagina : "Il a quitté Dubaï volontairement par jet privé et il en est descendu de son propre gré en territoire rwandais", a-t-il écrit.

Entre temps, la famille de M. Rusesabagina a porté plainte contre la compagnie aérienne GainJet devant un tribunal de San Antonio, au Texas, pour son rôle dans ce qu’elle considère comme un enlèvement pur et simple. GainJet est une des principales compagnies mondiales de charters de jets privés. Son siège est à Athènes, en Grèce.

Selon Bob Hilliard, l’un des avocats de M. Rusesabagina, le gouvernement rwandais et GainJet ont conspiré pour "l'extradition illégale, la détention arbitraire et la torture" de son client.

D’après Me Hilliard, M. Rusesabagina avait été transporté par avion contre sa volonté de Dubaï, aux Émirats arabes unis, vers Kigali. Il cite, entre autres preuves, le fait que c’est le gouvernement du Rwanda qui a payé les factures de GainJet.

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