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Le report des manoeuvres entre Séoul et Washington insuffisant pour Pyongyang

Le président sud-coréen Moon Jae-in, à droite, s’embrasse avec le leader nord-coréen Kim Jong Un lors de leur deuxième sommet au nord du village de Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ), 26 mai 2018.

Les Etats-Unis doivent renoncer à leurs manoeuvres conjointes avec Séoul "une bonne fois pour toutes" s'ils veulent une reprise du dialogue avec Pyongyang, a indiqué mardi la Corée du Nord après l'annonce du report de ces exercices militaires.

Washington et Séoul ont présenté dimanche le report de ces manoeuvres aériennes comme un geste de "bonne volonté" après des mois d'impasse dans les négociations internationales sur les programmes nucléaire et balistique du Nord.

Les Nord-Coréens présentent de longue date les exercices militaires américano-sud-coréens comme la répétition de l'invasion de leur territoire.

Séoul et Washington avaient annulé l'an passé plusieurs de ces manoeuvres dans la foulée du sommet historique à Singapour entre le président américain Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Et Kim Yong Chol, un très haut responsable nord-coréen qui était auparavant l'homologue nord-coréen du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans les discussions sur le nucléaire, a estimé que le report annoncé dimanche était hors sujet.

"Nous demandons que les Etats-Unis ne participent pas aux manoeuvres ou qu'ils y renoncent une bonne fois pour toutes", a déclaré M. Kim dans un communiqué diffusé par l'agence officielle KCNA.

"La suspension des exercices ne signifie pas la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne et n'aide pas les efforts diplomatiques."

Le Nord n'a "pas l'intention" de s'asseoir à la table des négociations avec "les Etats-Unis qui rusent" et n'y retourneront pas avant "l'abandon complet et irrévocable de sa politique hostile".

Après la spectaculaire détente de 2018 sur la péninsule, les pourparlers entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet à Hanoï en février entre MM. Trump et Kim.

Les deux pays n'étaient pas parvenus à s'entendre sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen en échange d'une levée des sanctions économiques internationales.

D'autres discussions bilatérales, menées début octobre en Suède à un niveau inférieur, se sont également terminées sur une impasse.

Pyongyang a donné à Washington jusqu'à fin 2019 pour présenter une nouvelle offre.

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"Génocide" rohingya: la CIJ donne la parole à Aung San Suu Kyi

Aung San Suu Kyi, dirigeante birmane et lauréate du prix Nobel de la paix en 1991, ici devant la CIJ à La Haye, le 10 décembre 2019.

L'ancienne icône de la paix Aung San Suu Kyi va prendre la parole mercredi devant la Cour internationale de justice (CIJ) pour défendre la Birmanie, un jour après que son pays eut été exhorté à "cesser le génocide" à l'encontre des Rohingyas.

La lauréate du prix Nobel de la paix en 1991 est à la tête de la délégation birmane devant la Cour qui siège à La Haye. Elle compte assurer elle-même la défense de son pays, à majorité bouddhiste, mis en cause par la Gambie pour les massacres et persécutions contre la minorité musulmane des Rohingyas.

Depuis août 2017, quelque 740.000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir les exactions de l'armée birmane et de milices bouddhistes, qualifiées de "génocide" par des enquêteurs de l'ONU.

La Gambie, mandatée par les 57 États membres de l'Organisation de la coopération islamique, estime que la Birmanie a violé la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, un traité de droit international approuvé en 1948.

Aung San Suu Kyi devrait faire valoir que la CIJ n'a pas compétence en la matière, que l'armée birmane ciblait des rebelles rohingyas, et que le pays est parfaitement capable de mener à bien ses propres enquêtes.

- Retransmission en direct -

Encore citée aux côtés de grand noms comme Nelson Mandela et Mahatma Gandhi dans un passé pas si lointain, la cheffe de facto du gouvernement birman, 74 ans, a vu son image ternie depuis qu'elle a pris la défense des généraux de l'armée birmane.

Elle peut cependant se targuer d'un large soutien dans son pays.

L'intervention d'Aung San Suu Kyi, l'une des premières dirigeantes à s'adresser personnellement aux juges de la Cour, sera retransmise en direct sur grand écran à Rangoun, capitale économique du pays, où de nombreuses personnes devraient se réunir.

Lors du premier jour d'audience mardi, des dizaines de milliers de sympathisants se sont rassemblés dans plusieurs villes de Birmanie.

Le ministre gambien de la Justice, Abubacarr Tambadou, a déclaré aux journalistes qu'il serait "extrêmement décevant" que Suu Kyi démente à nouveau tout acte répréhensible envers les Rohingyas.

La Gambie demande à la CIJ, organe judiciaire principal des Nations unies, des mesures d'urgence pour mettre fin aux "actes de génocide en cours" en Birmanie, en attendant que soit rendu l'arrêt sur le fond de l'affaire. Ce jugement pourrait attendre des années.

- Sanctions américaines -

Les avocats de la Gambie ont dénoncé mardi l'apparition d'énormes panneaux d'affichage à travers la Birmanie ces dernières semaines, montrant Aung San Suu Kyi avec trois généraux de l'armée birmane souriants. Pour l'avocat Paul Reichler, cela montre que ces derniers sont "tous impliqués" dans les exactions commises à l'encontre des Rohingyas.

Cela prouve "que la Birmanie n'a absolument aucune intention de tenir ses dirigeants militaires pour responsables", a-t-il affirmé.

Quelques heures après la première audience à la CIJ, les Etats-Unis ont renforcé leurs sanctions contre le chef de l'armée birmane pour les meurtres à grande échelle de musulmans rohingyas.

Ces sanctions s'inscrivent dans une large série de mesures punitives annoncées par Washington à l'occasion de la Journée mondiale des droits de l'Homme.

Le commandant en chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, son numéro deux Soe Win et les généraux Than Oo et Aung Aung étaient déjà depuis juillet sous le coup d'une interdiction d'entrée aux Etats-Unis pour leur rôle dans le "nettoyage ethnique" de la minorité rohingya dénoncé par le gouvernement américain.

Avec AFP

Washington appelle Pyongyang à "respecter" le gel sur les missiles et les essais nucléaires

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, son homologue sud-coréen Moon Jae-in et le président américain Donald Trump sur le côté sud de la ligne de démarcation militaire qui divise la Corée du Nord et la Corée du Sud à Panmunjom dans la zone démilitarisée (DMZ). (Photo de KCNA VIA

Les Etats-Unis ont appelé mardi la Corée du Nord à "respecter" l'engagement à ne pas procéder à de nouveaux tirs de missiles de longue portée ou à des essais nucléaires, en plein regain de tension à l'approche d'un ultimatum nord-coréen.

Lors d'une conférence de presse à Washington, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a estimé que le président Donald Trump avait été "sans ambiguïté" au sujet des "attentes" des Etats-Unis à l'égard du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Ce dernier "s'est engagé à dénucléariser, et à ce qu'il n'y ait plus de tirs de missiles de longue portée, d'essais nucléaires", a souligné le secrétaire d'Etat au sujet de ce moratoire informel issu du rapprochement spectaculaire entre les deux pays depuis 2018, qui n'a toutefois jamais fait l'objet d'un accord écrit. "Nous avons bon espoir de voir les Nord-Coréens continuer à respecter ces engagements", a-t-il ajouté.

Après avoir multiplié les tirs de missiles de courte et moyenne portée ces derniers mois, Pyongyang a annoncé dimanche avoir réalisé un mystérieux "test très important" depuis sa base de lancement de satellites, censé changer le "statut stratégique" du pays reclus d'Asie de l'Est.

Donald Trump, qui avait minimisé les précédents tirs, a prévenu Kim Jong Un qu'il avait "tout" à perdre "à agir de façon hostile". Washington a aussi convoqué pour mercredi une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU sur les "provocations" nord-coréennes.

De son côté, le pouvoir de Pyongyang s'en est pris ces derniers jours directement au locataire de la Maison Blanche.

Les négociations sont dans l'impasse car les Etats-Unis exigent que la Corée du Nord renonce d'emblée à tout son arsenal atomique, alors que cette dernière réclame une approche progressive prévoyant une levée rapide d'au moins une partie des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Les Nord-Coréens ont donné aux Américains jusqu'à la fin de l'année pour changer d'approche, promettant un "cadeau de Noël" menaçant si le statu quo devait se poursuivre.

"Nous allons continuer de travailler pour tenter de développer des voies de communication, des mécanismes de négociation", a dit Mike Pompeo, résumant en creux l'ampleur de l'enlisement.

Présent à ses côtés après un entretien bilatéral, son homologue russe Sergueï Lavrov a appelé à la fois "les dirigeants nord-coréens à faire preuve de retenue" et les Etats-Unis à accepter un "donnant-donnant" progressif avec des concessions "réciproques".

"Vous ne pouvez pas demander à la Corée du Nord de tout faire immédiatement, et seulement après garantir sa sécurité et lever les sanctions", a-t-il plaidé.

Avec AFP

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