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Le projet de loi sur le Brexit de retour devant les députés britanniques

La Première ministre britannique Theresa May s'adressant à la Chambre des Communes au centre de Londres le 19 avril 2017.. Parbul TV / Handout via Reuters TV

Les députés britanniques entament mardi un nouvel examen du projet de loi sur le Brexit, un débat à haut risque pour le gouvernement qui a forcé la Première ministre conservatrice Theresa May à appeler les députés de son parti à l'unité.

Ce texte, intitulé "Loi (de retrait) de l'Union européenne", doit mettre fin à la suprématie du droit européen sur le droit britannique, et organiser la transposition de certaines règlementations européennes.

Les députés, qui avaient adopté une première version en janvier, doivent se prononcer sur une série d'amendements introduits lors de l'examen du texte à la Chambre des Lords, la chambre haute du parlement britannique, allant à l'encontre du projet gouvernemental et que Mme May compte bien voir annulés.

Etant donnée sa courte majorité aux Communes, et face à des récalcitrants contre la ligne qu'elle a tracée, la cheffe du gouvernement a convoqué l'ensemble des députés de son parti lundi soir pour les rappeler à l'ordre et s'éviter de nouveaux camouflets.

"Le message que nous envoyons au pays cette semaine avec nos votes est important", les a-t-elle sermonné. "Nous devons montrer clairement que nous sommes unis, en tant que parti, dans notre détermination à mettre en place la décision prise par le peuple britannique".

Elle a également fait références aux discussions en cours avec Bruxelles. "J'essaie de négocier le meilleur accord possible pour le Royaume-Uni", a-t-elle fait valoir. "Mais si les amendements des Lords sont maintenus, cela ébranlera notre position dans les négociations".

- Amendement "raisonnable" -

La ligne du gouvernement semble fragile sur deux amendements. L'un donne au Parlement le pouvoir de renvoyer, avec des directives, le gouvernement à la table de négociations si l'accord obtenu avec Bruxelles ne lui convient pas, et sera étudié mardi après-midi. L'autre porte sur le maintien du Royaume-Uni dans l'union douanière, et sera discuté mercredi.

La députée conservatrice et pro-européenne Sarah Wollaston a déclaré lundi vouloir "davantage de concessions" du gouvernement sur l'amendement portant sur l'union douanière. "Il est très raisonnable, il propose de maintenir cette option sur la table", a-t-elle déclaré sur la BBC.

Elle s'est également dite "disposée à voter en faveur" de l'amendement donnant au Parlement la possibilité de bloquer la procédure en cas d'absence d'accord.

Jacob Rees-Mogg, l'une des figures des députés conservateurs pro-Brexit, s'est lui montré confiant quant à la discipline qui sera observée au sein de son parti.

"Il y aura de l'unité. Ce ne sera pas parfait mais cela devrait suffire pour faire passer le texte et renforcer la position de Theresa May", a-t-il estimé sur la radio LBC.

- May en "position périlleuse" -

Car le rapport de forces actuel au sein du gouvernement pourrait contraindre les députés conservateurs pro-européens à modérer leurs velléités de rébellion: s'ils infligent de nouvelles défaites à Mme May, ce sont les ministres partisans d'une ligne dure sur le Brexit qui pourraient en sortir renforcés.

"La position de la Première ministre est périlleuse, il se peut que les gens estiment qu'elle a déjà assez de problèmes comme ça", souligne, sous couvert d'anonymat, un député conservateur pro-européen.

La semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, partisan d'un retrait sans concession, avait ainsi adressé une critique à peine voilée à Theresa May.

"Si vous n'avez pas le courage de vouloir une politique indépendante, vous n'obtiendrez jamais les bénéfices économiques et politiques du Brexit", a-t-il déclaré lors d'un évènement privé, avant que ses propos ne fuitent dans la presse.

Parmi les autres amendements étudiés figurent notamment l'exigence du maintien des normes environnementales européennes ou la suppression de date de retrait de l'UE, le 29 mars 2019, du texte de loi.

Avec AFP

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L'OMS suspend les essais cliniques relatifs au Coronavirus

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé assiste à la 73e Assemblée mondiale de la santé virtuelle lors de l'épidémie de coronavirus à Genève, le 19 mai 2020.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé lundi avoir suspendu "temporairement" les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine qu'elle mène avec ses partenaires dans plusieurs pays, par mesure de précaution.

Cette décision fait suite à la publication d'une étude vendredi dans la revue médicale The Lancet jugeant inefficace voire néfaste le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, a indiqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, au cours d'une conférence de presse virtuelle, précisant que la suspension avait été décidée samedi.

L'OMS a lancé il y a plus de deux mois des essais cliniques portant notamment sur l'hydroxychloroquine, baptisés "Solidarité", dans le but de trouver un traitement efficace contre le Covid-19.

Actuellement, "plus de 400 hôpitaux dans 35 pays recrutent activement des patients et près de 3.500 patients ont été recrutés dans 17 pays", a expliqué le patron de l'OMS.

Or, selon la vaste étude parue dans The Lancet, ni la chloroquine, ni son dérivé l'hydroxychloroquine ne se montrent efficaces contre le Covid-19 chez les malades hospitalisés, et ces molécules augmentent même le risque de décès et d'arythmie cardiaque.

L'étude a analysé des données d'environ 96.000 patients infectés par le virus SARS-CoV-2 admis dans 671 hôpitaux entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020, sortis ou décédés depuis. Environ 15.000 d'entre eux ont reçu l'une des quatre combinaisons (chloroquine seule ou associée à l'antibiotique, hydroxychloroquine seule ou associée à ce même antibiotique), puis ces quatre groupes ont été comparés aux 81.000 malades du groupe témoin n'ayant pas reçu ce traitement.

Les essais menées par l'OMS et ses partenaires concernant l'hydroxychloroquine seront suspendus le temps que "les données" recueillies par les essais Solidarité "soient examinées", a indiqué M. Tedros.

"Il s'agit d'une mesure temporaire", a précisé la Dr. Soumya Swaminathan, en charge du département Scientifique à l'OMS.

L'hydroxychloroquine est un dérivé de la chloroquine, prescrite depuis plusieurs décennies contre le paludisme. Connue en France sous le nom de Plaquénil, l'hydroxychloroquine est prescrit contre le lupus ou la polyarthrite rhumatoïde.

L'hydroxychloroquine connaît depuis fin février une notoriété inédite depuis que le professeur français Didier Raoult a rendu publiques plusieurs études, qui selon lui montrent une efficacité de l'hydroxychloroquine associée à un antibiotique, l'azithromycine.

L'effervescence autour de l'hydroxychloroquine a connu un regain lorsque le président américain Donald Trump s'en est fait l'apôtre, au point d'en prendre lui-même quotidiennement à titre préventif.

Au Brésil, le président Jair Bolsonaro est convaincu de ses effets, au point que le ministère de la Santé a recommandé son usage pour tous les patients légèrement atteints.

Lundi, le chef de l'OMS a tenu à rappeler qu'hydroxychloroquine et chloroquine "sont reconnus comme généralement sûrs pour les patients atteints de maladies auto-immunes ou de paludisme".

Première sortie publique de Joe Biden depuis le 15 mars

L'ancien vice-président Joe Biden parle lors de la troisième journée de la Convention nationale démocrate à Philadelphie, 27 juillet, 2016. (AP Photo / J. Scott Applewhite)

Le candidat démocrate à la Maison Blanche, Joe Biden, a fait lundi sa première sortie publique en plus de deux mois, avec un masque, pour une brève cérémonie de dépôt de gerbe sur un monument aux anciens combattants américains près de son domicile, en ce jour férié de Memorial Day.

"Cela fait du bien de sortir de chez moi", a lâché le candidat, 77 ans, reclus depuis mi-mars avec sa femme, Jill, dans sa maison de Wilmington dans le Delaware, dont il sortait tout de même pour des promenades périodiques à pied et à vélo, selon lui.

Joe Biden n'avait participé à aucun événement public depuis un débat dans un studio de télévision contre son ex-rival des primaires Bernie Sanders le 15 mars, un confinement handicapant en pleine campagne présidentielle, alors que son adversaire Donald Trump est très présent dans l'actualité et sort régulièrement de la Maison Blanche.

Le président, lui, ne porte pas de masque en public. Il a repris le golf ce week-end, après plus de deux mois d'interruption, alors que le déconfinement est largement engagé dans l'ensemble des Etats-Unis.

La campagne de l'ancien vice-président de Barack Obama s'était brusquement arrêtée avec les premières décisions de confinement en mars. Un meeting dans l'Ohio avait été annulé à la dernière minute le 10 mars et remplacé par un discours dans une salle à demi-vide à Philadelphie ce soir-là, puis il avait fait une conférence de presse dans un hôtel de Wilmington le 12 mars.

C'est confiné qu'il a célébré sa victoire aux primaires, et depuis plus de deux mois, il tente de faire campagne à distance, depuis un studio installé dans sa maison, pour le scrutin présidentiel de novembre.

Lundi, il a échangé quelques mots avec des soutiens et des journalistes, à bonne distance, et en gardant son masque sur le visage, ce qui a rendu la compréhension difficile. "N'oublions jamais les sacrifices de ces hommes et femmes. N'oublions jamais", a-t-il dit.

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