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Le procès de trois Camerounaises détenues depuis 5 ans à nouveau ajourné


Des lycéens marchent sur la route de Mokolo à Maroua, Région de l'Extrême-Nord, Cameroun, le 20 février 2018.

Le procès de trois Camerounaises d'une vingtaine d'années, détenues depuis plus de cinq ans dans une prison du nord du Cameroun pour "espionnage" au profit du groupe jihadiste Boko Haram, a de nouveau été ajourné.

"L'affaire a été renvoyée au 24 juillet", un sixième renvoi depuis l'ouverture du procès en janvier, a précisé Me Nestor Toko. Ni le parquet, ni le ministère de la Justice n'ont souhaité commenter le dossier.

"Marie Dawandala, Damaris Doukouya et Martha Weteya n'avaient que 17 ans lorsqu'elles ont été arrêtées", dans l'extrême-Nord du Cameroun dans le cadre des opérations de lutte contre Boko Haram, très actif dans cette région, a souligné une coalition d'une trentaine d'ONG locales et internationales.

Elles "ont déjà passé plus de 5 ans en prison, dont deux avec de très jeunes enfants", s'est offusquée cette coalition dans un communiqué, demandant aux autorités camerounaises "de veiller à ce qu'elles reçoivent un jugement équitable et dans un délai raisonnable".

Compte tenu de leur âge au moment des faits allégués et des risques de contamination au coronavirus en prison, "ce sixième ajournement de suite est vivement préoccupant", a expliqué Delphine Lourtau, directrice du Centre Cornell sur la peine de mort dans le monde, membre de la coalition.

Les trois jeunes femmes encourent la peine capitale, d'après Me Toko, la justice les poursuivant pour "espionnage et complicité d'insurrection", selon une ordonnance judiciaire.

Dans ce document, il leur est notamment reproché de s'être rendues en 2014 dans la localité camerounaise de Tourou dans le but de recueillir des informations sur les positions de l'armée camerounaise afin de faciliter une attaque de Boko Haram. Ce que réfute leur avocat.

En 2016, le tribunal militaire de Maroua les avait déjà condamnées à mort, jugement qui avait été annulé en appel, selon la coalition d'ONG. Le ministère public avait décidé d'engager une nouvelle procédure contre elles devant le tribunal de Mokolo.

La peine de mort n'a pas été appliquée au Cameroun depuis plus de 20 ans.

Au plus fort des attaques du groupe jihadiste dans le Nord, "les autorités camerounaises ont arbitrairement arrêté des centaines de partisans présumés de Boko Haram, dont beaucoup sans enquête approfondie, et les ont accusés de terrorisme", affirme Marie-Lina Samuel, coordinatrice du projet Afrique d'ECPM (Ensemble contre la peine de mort), dans le communiqué.

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