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Le Premier ministre veut poursuivre les réformes en Tunisie

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed répond aux questions des journalistes à El Battan, à l'ouest de Tunis, le 10 janvier 2018.

Le Premier ministre tunisien Youssef Chahed a appelé, dans un discours au Parlement vendredi, à poursuivre les réformes dans le pays, soulignant qu'il était prêt à en payer le "prix politique".

Youssef Chahed, neuvième chef de gouvernement depuis la révolution de 2011, est actuellement sous pression, plusieurs voix s'étant élevées pour réclamer un remaniement, en arguant des difficultés économiques de la Tunisie.

"Nous mènerons les réformes, quel que soit le prix politique à payer", a déclaré le Premier ministre, à l'offensive, évoquant des privatisations, ainsi que des réformes des caisses sociales et de compensation.

>> Lire aussi : Le FMI appelle Tunis à des "mesures décisives" face aux déficits

Le déficit des entreprises publiques a atteint en 2016, 6,5 milliards de dinars (environ 2,1 milliards d'euros), et le trou des caisses sociales s'élève à 600 millions de dinars (200 millions d'euros), a souligné M. Chahed.

"Le problème aujourd'hui n'est plus dans l'arrêt de la machine économique, le plus grand problème se trouve dans les finances publiques", a-t-il estimé. La Tunisie est aux prises avec une inflation croissante, un déficit commercial et des dettes publiques écrasantes en dépit d'un retour de la croissance, à quasi 2%.

"Ma vision de réforme économique n'est pas basée sur une vision libérale sauvage", s'est-il défendu, évoquant des projets de minima et de logements sociaux.

Les hausses de taxes et mesures d'austérité prévues dans la loi de finances 2018 lui ont valu le satisfecit du Fond monétaire international (FMI), mais elles ont alimenté des troubles sociaux pendant plusieurs semaines en janvier.

Par ailleurs, M. Chahed a indiqué s'attendre à "une amélioration du nombre de touristes, qui atteindra 8 millions d'ici la fin 2018", selon lui.

>> Lire aussi : Appel à prolonger le mandat de l'instance de justice transitionnelle en Tunisie

Il a souligné que "la situation sécuritaire s'améliore depuis un moment", faisant valoir que le budget a prévu 5 milliards de dinars (1,7 mds EUR) pour les forces de sécurité et militaires.

En difficulté financière, notamment du fait de la crise du secteur touristique après une série d'attentats en 2015, la Tunisie a obtenu en 2016 un prêt de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans du FMI, en contrepartie de réformes économiques.

Avec AFP

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Le sortant Azali grandissime favori de la présidentielle aux Comores

Le président des Comores, Azali Assoumani, arrive à un bureau de vote lors du référendum constitutionnel, à Mitsoudje, près de Moroni, Comores, le 30 juillet 2018

Le président du petit archipel des Comores Azali Assoumani sollicite dimanche son maintien à la tête du pays dans un scrutin lourd de tensions avec l'opposition, qui l'accuse de dérive autoritaire et redoute un "hold-up électoral".

Au pouvoir depuis 2016, M. Azali, 60 ans, fait figure de grandissime favori au terme d'une campagne qu'il a écrasée de tous les moyens de l'Etat.

Sûr de sa force, le chef de l'Etat sortant a rassemblé vendredi plusieurs milliers de personnes dans la capitale Moroni autour du slogan "un seul jour, un seul tour, un seul homme". "Nous gagnerons cette élection dès le 24 mars", a-t-il assuré à ses partisans.

"Il a une vision pour le pays, lui seul est capable d'offrir un avenir meilleur à tous", s'est enthousiasmée une de ses fidèles, Fatoumia Alibazi, chapeau bleu à larges bords aux couleurs de son champion sur la tête.

La machine Azali s'est mise en marche avec la réforme constitutionnelle approuvée par référendum l'an dernier.

Très controversée, elle a étendu d'un à deux mandats de cinq ans la durée de la présidence attribuée successivement à chacune des trois îles de l'archipel (Grande-Comore, Mohéli, Anjouan).

Ce système a donné un coup de canif au fragile équilibre institutionnel instauré en 2001 pour mettre fin aux crises séparatistes et aux coups d'Etat à répétition qui agitaient l'archipel depuis son indépendance en 1975.

- 'Mascarade' -

L'opposition a hurlé au loup mais rien n'y a fait. Au contraire. M. Azali a riposté à la contestation en embastillant nombre de ses détracteurs, à commencer par son ennemi de toujours, l'ancien président Ahmed Abdallah Sambi, accusé de corruption.

Sur sa lancée, l'ex-putschiste, élu en 2016, a remis son quinquennat en jeu dès cette année. En cas de succès, il pourrait garder les rênes du pays jusqu'en 2029.

L'opposition espère bien l'en empêcher. Mais, prise de cours par l'accélération du calendrier politique, elle s'est lancée dans la bataille en ordre dispersé. Et la Cour suprême l'a encore fragilisée en écartant quelques-uns de ses champions de la route du président.

Patron de l'Union de l'opposition, l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi a été interdit de scrutin. Assigné à résidence, il ne décolère pas.

"Cette élection est une grosse mascarade", se lamente-t-il. "Le scénario est écrit d'avance: le 24 mars au soir, il y aura une déclaration de victoire (d'Azali Assoumani) au premier tour, c'est un passage en force."

C'est l'antienne reprise par tous les adversaires du président. "Tout le monde est contre lui, si le scrutin est transparent, il ne peut pas gagner", assure lui aussi le candidat du parti Juwa, l'avocat Mahamoudou Ahamada, 48 ans. "Azali n'a d'autre choix que de voler les élections".

Plus que la crainte de fraudes, les partisans de l'opposition reprochent au pouvoir sortant la pauvreté persistante de la population et le train de vie des dirigeants du pays.

- 'Plus que Macron' -

"Tu ne peux pas m'expliquer que je vais avoir une vie sans électricité, sans eau. C'est pas possible", se lamente Mahmoud Mze, chômeur de 48 ans. "Et lui (M. Azali), il gagne 34.000 euros par mois, plus que (le président français Emmanuel) Macron. Ca ne va pas !"

Privée par la réforme de présidence tournante en 2021, l'île d'Anjouan, la plus pauvre de l'archipel, bouillonne.

En octobre, des civils armés hostiles au président ont fait le coup de feu avec l'armée pendant six jours à Mutsamudu, la capitale de l'île, avant de s'évaporer mystérieusement dans la nature.

En campagne à Anjouan, le colonel Soilihi Mohamed, dit "Campagnard" pour ses origines rurales, a mis en garde contre les risques d'un passage en force du président.

"Le peuple va s'exprimer par une révolution dans les urnes", prédit l'ancien officier, aussi raide que le sortant est bonhomme. Mais "si jamais le président tente de faire autrement, on risque une révolution populaire".

La menace fait sourire le ministre de l'Intérieur Mohamed Daoudou, qui promet "la transparence totale".

"Il y a trop de mensonges de l'opposition, notre pays n'est pas une dictature", déclare le secrétaire général de la Mouvance présidentielle, Ali Mliva Youssouf.

Plus de 800 observateurs de la société civile comorienne, financés par l'Union européenne (UE), sont annoncés dans les 731 bureaux de vote du pays pour garantir la régularité du scrutin. Les premiers résultats sont attendus lundi.

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