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Tchad

Le président tchadien Idriss Déby devient "maréchal"

Le général du contingent tchadien au Mali Oumar Bikimo, à gauche, s'entretient avec le président du Tchad Idriss Deby Itno, au centre, et le commandant en second et son fils Mahamat lors d'une cérémonie de bienvenue, à N'Djamena, le 13 mai 2013. (AFP)

L'Assemblée nationale tchadienne a élevé vendredi le président Idriss Déby Itno au titre de maréchal pour le combat qu'il a mené contre le terrorisme, a déclaré le président de l'Assemblée, Haroun Kabadi.

Le président Idriss Déby, 68 ans, arrivé au pouvoir par les armes il y a près de 30 ans, était jusqu'à présent général de l'armée tchadienne.

Dernier fait d'arme en date: il s'était rendu dans la région du lac Tchad fin mars pour piloter la riposte de l'armée après une attaque du groupe jihadiste Boko Haram contre une base tchadienne où près de 100 soldats tchadiens avaient été tués.

"Le général Idriss Déby Itno est élevé à la dignité de maréchal du Tchad pour service rendu à la Nation et les nombreuses victoires militaires remportées tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays", a indiqué le président de l'Assemblée nationale.

Le parti de la majorité présidentielle, le Mouvement patriotique du Salut (MPS), estime pour sa part dans un communiqué que le président "mérite bien une telle consécration au regard de ses valeurs incontestables d'homme d'Etat".

Mais le vote était loin de faire l'unanimité. "Ça heurte ma conscience", a dit le député Saleh Kebzabo, leader de l'opposition, selon le site d'informations Tchad Infos.

Outre la présence du groupe Boko Haram dans la province du Lac, l'armée tchadienne fait face à des affrontements récurrents entre cultivateurs et éleveurs dans dans l'Est et à des combats entre groupes rebelles et orpailleurs illégaux dans le Nord. Hors de ses frontières, le Tchad est présent dans la Force conjointe du G5 Sahel.

Le président Deby n'est pas le premier dirigeant africain à être élevé au rang de maréchal, qui est le plus haut grade de la hiérarchie militaire. L'ancien président de l'ex-Zaïre Mobutu Sese Seko et son homologue de la Centrafrique, Jean-Bédel Bokassa, avaient atteint ce rang pour des raisons diverses. Plus récemment, l'un des deux rivaux de la crise libyenne, l'ex-général Khalifa Haftar, a été fait maréchal en 2016.

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Les retraités tchadiens réclament leurs pensions

Blagué Jean, porte-parole du comité́ de crise contesté par le DG de la CNRT, en veste de couleur grise au milieu (VOA/André Kodmadjingar).

Au Tchad, une partie des retraités militaires, civils, veuves et orphelins ont constitué un comité de crise. Ils exigent le départ du directeur général de la CNRT, la Caisse nationale des retraites du Tchad.

"Nous ne voulons pas de l'actuel directeur de la Caisse nationale des retraites du Tchad": c’est le slogan scandé par une foule de personnes à N'Djamena, visiblement affaiblies par l’âge et rongées par la faim.

Ce groupe de retraités revendique plusieurs arriérés de paiements qui, selon eux, remontent à 10 ans pour certains et 5 ans pour d’autres. En colère, ils estiment que leur argent est utilisé à d’autres fins alors qu’eux, les ayants-droit, meurent à petit feu.

"Nous avons combattu pour le Tchad et les gens ne veulent pas nous payer. C’est depuis le matin que je suis là et je n’ai même pas pris un verre de thé", raconte un retraité avec beaucoup de peine.

Une revendication balayée du revers de la main par Laring Bao, le directeur général de la Caisse nationale des retraites du Tchad (CNRT), pour qui ce remue-ménage n'est que l'apanage d'un groupuscule manipulé.

Selon M. Bao, son agence s'est entendue avec un syndicat représentant 32.000 retraités et il ne comprend donc pas qu'un petit groupe d'environ 60 personnes veut jouer les chevaliers solitaires.

Le comité́ de crise des retraités en sit-in demandant le départ du DG de la CNRT (VOA/André Kodmadjingar)
Le comité́ de crise des retraités en sit-in demandant le départ du DG de la CNRT (VOA/André Kodmadjingar)

Un argumentaire qui peine à convaincre: ces retraités constitués en "comité de crise" disent n’appartenir à aucun syndicat et affirment qu'ils ont désigné leur propre porte-parole, Jean Blagué. "Nous demandons le départ du DG et de son équipe. Il y a beaucoup des Tchadiens qui peuvent nous aider à entrer dans nos droits", vocifère un des manifestants.

Pour M. Bao, Jean Blagué n'est qu'un agitateur.

"On l’a averti une fois, une deuxième fois nous avons porté plainte contre lui mais il y a eu des négociations et on l'a laissé tomber", dit-il. "Il menace de fermer la porte, on est obligés de faire recours aux forces de l’ordre", ajoute-t-il.

Entre temps, dit-il, tout est prêt pour déclencher le paiement des pensions de retraite d’ici la fin de la semaine en cours.

Lac Tchad: plus de 800 jihadistes tués en deux mois selon la Force multinationale

Près de 3.000 soldats ont été engagés dans ces actions aériennes, terrestres et navales.

Plus de 800 jihadistes ont été tués en deux mois sur des îles du Lac Tchad, aux confins du Nigeria, du Niger, du Cameroun et du Tchad, dans des opérations de la Force conjointe (FMM) de ces pays, a assuré mardi cette force.

Du 28 mars au 4 juin, la FMM a conduit une opération conjointe dénommée "Lac Sanity" (Intégrité du Lac) dans les îles du Lac Tchad et des localités voisines en vue de "neutraliser" des "terroristes de Boko Haram et de l'Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap)", explique un rapport de la FMM reçu mardi par l'AFP.

Selon la FMM, l'opération a été "un succès retentissant (avec) sur l'ensemble de l'opération (avec) 805 terroristes neutralisés (tués), la destruction ou la capture de 44 véhicules, 22 motos et une multitude d'armes lourdes et légères".

Près de 3.000 soldats ont été engagés dans ces actions aériennes, terrestres et navales, lancées dans un premier temps par le Cameroun, le Niger et le Nigeria qui ont été rejoints par le Tchad "45 jours" après son déclenchement, précise le document.

Une trentaine de jihadistes tués dans la région du Lac Tchad, selon les autorités
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Une "importante" quantité de munitions a été également saisie et "des lieux de fabrication" d'engins explosifs improvisés (EEI) ont été "détruits". La FMM déplore une vingtaine de blessés par des EEI dans les rangs de l'armée nigérienne, dont un dans un état grave.

Le bassin du lac Tchad, qui étire ses rives entre le Nigeria, le Niger, le Cameroun et le Tchad est une vaste étendue d'eau et de marécages où les groupes jihadistes Boko Haram et son rival Iswap ont installé des repaires dans les innombrables îlots dont il est parsemé. Pour les combattre, en 2015, les armées de ces quatre pays ainsi que celle du Bénin, ont réactivé une Force multinationale mixte (FMM), créée en 1994.

L'insurrection de Boko Haram est apparue en 2009 au Nigeria avant de se propager dans les pays voisins. Depuis, plus de 36.000 personnes – principalement au Nigeria – ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l'ONU.

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