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Crimes/enquêtes

Le président Macron agressé lors d'une visite dans le sud-est de la France

Le président français Emanuel Macron au palais de l'Élysée, à Paris, le 12 mai 2021.

Le président français Emmanuel Macron a été giflé par un homme lors d'un déplacement à Tain-l'Hermitage (sud-est) mardi à la mi-journée, a confirmé l'entourage du chef de l'Etat, attestant de l'authenticité d'une vidéo circulant sur les réseaux sociaux.

Sur l'extrait diffusé sur Twitter, M. Macron est vu s'approchant d'un groupe de personnes massées derrière des barrières, puis échangeant brièvement avec un homme. Saisissant l'avant-bras du président, l'individu semble lui porter ensuite un coup sur la joue, l'entourage de M. Macron évoquant une "tentative de gifle".

Dans cette même vidéo, juste avant la gifle, on entend le cri de guerre royaliste "Montjoie Saint Denis!", ainsi que "A bas la macronie".

Deux personnes ont été interpellées sur place, a indiqué la préfecture de la Drôme.

"L'homme qui a tenté de gifler le président et un autre individu sont actuellement entendus par la brigade de gendarmerie de Tain-L'Hermitage", indique la préfecture.

"Vers 13H15, le président était remonté dans sa voiture après avoir visité un lycée et il est ressorti car des badauds l’appelaient. Il est allé à leur rencontre et c'est là que l'incident s'est produit", a encore précisé la préfecture.

Le Premier ministre Jean Castex en a appelé mardi devant les députés "à un sursaut républicain". "La politique ça ne peut en aucun cas être la violence, l’agression verbale, et encore moins l'agression physique. J'en appelle à un sursaut républicain, nous sommes tous concernés, il en va des fondements de notre démocratie", a déclaré M. Castex lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Le chef de l'Etat a poursuivi sa visite, a indiqué l'Elysée.

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Un abbé et un groupe de catholiques maliens victimes d'un rare enlèvement

Des véhicules de l'armée malienne lors d’une opération de coordination tactique 'Hawbi' au centre du Mali, dans la zone frontalière avec le Burkina Faso et le Niger, 1er novembre 2017.

Un abbé et un groupe de catholiques maliens ont été enlevés par des hommes armés alors qu'ils se rendaient à l'enterrement d'un autre abbé dans le centre du pays, a-t-on appris auprès de leur communauté et des autorités mardi.

Les rapts sont monnaie courante dans le pays en proie depuis des années à une crise sécuritaire profonde, en particulier dans le centre, un des foyers des violences jihadistes, intercommunautaires ou crapuleuses qui ensanglantent le Sahel.

Mais l'enlèvement de cinq membres de la communauté catholique dans ce pays ultra-majoritairement musulman est un fait exceptionnel. On ignore par qui ils ont été kidnappés et pourquoi. Les enlèvements attribués aux jihadistes sont communs dans le secteur où ils ont disparu.

Le groupe se rendait lundi à San pour y prendre part aux obsèques de l'abbé local, Oscar Thera, prévues ce mardi, ont indiqué les responsables de la communauté.

"Nous les attendions hier à San", a dit à l'AFP le père Alexis Dembélé, qui appartient à la conférence épiscopale, hiérarchie collégiale de l'Eglise malienne. "Les autres délégations de Mopti sont là. Nous avons la confirmation qu'il s'agit d'un enlèvement par des hommes armés. C'est une grande inquiétude dans la communauté catholique du Mali", a-t-il dit.

Le groupe était parti de la localité de Ségué, située sur le plateau dogon et peuplée en grande partie de catholiques rattachés à l'Eglise de Mopti, la grande ville du secteur. Le réseau routier impose de remonter vers le nord pour ensuite redescendre vers le sud et San.

Ils ont été enlevés à une trentaine de kilomètres au nord de Ségué, dans les environs de Ouo, a précisé Cleophas Tienou, un responsable de l’Eglise de Mopti.

Le groupe était composé de l'abbé Léon Douyon, curé de Ségué, Thimothé Somboro, chef de village de Ségué, Pascal Somboro, adjoint au maire, et de deux autres membres de la communauté, Emmanuel Somboro et Boutié Tolofoudié, a-t-il précisé.

Le colonel-major Abass Dembélé, gouverneur de la région de Mopti, a confirmé l'enlèvement, sans plus de précision.

Les enlèvements, de Maliens ou d'étrangers, sont l'un des aspects de la violence polymorphe qui frappe le Mali. Les motivations en sont diverses, du moyen de pression à l'extorsion.

Un journaliste français, Olivier Dubois, a été enlevé début avril dans le nord du Mali par des jihadistes affiliés à Al-Qaïda. Une religieuse franciscaine colombienne, soeur Gloria Cecilia Narvaez, enlevée en 2017 par des jihadistes, est considérée comme toujours retenue en otage.

L'enlèvement de lundi est une nouvelle illustration de la dégradation sécuritaire à laquelle sont en proie le Mali et le Sahel.

Les insurrections indépendantistes et maintenant jihadistes menées par les groupes liés à Al-Qaïda et à l'organisation Etat islamique, ainsi que les violences intercommunautaires, ont fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Parties du nord du Mali en 2012, les violences se sont propagées au centre du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins.

Environ 4% de la population malienne est chrétienne, selon l'archevêché.

Les quatre travailleurs chinois enlevés au Nigeria ont été libérés

Un panneau à l'entrée principale du centre commercial China Commercial City, populairement appelé "China Town", à Ojota à Lagos, le 27 février 2020.

Les quatre Chinois employés sur un site de construction ferroviaire enlevés la semaine dernière dans le Sud du Nigeria ont été libérés, a annoncé mardi la police nigériane.

Ils avaient été enlevés le 16 juin sur un chantier de construction ferroviaire dans le village d'Alaagba, dans l'État d'Ogun, par des hommes armés non identifiés qui ont également tué un agent de police affecté à leur protection.

"Les quatre ressortissants chinois ont été libérés hier" (lundi), a déclaré à l'AFP un haut responsable de la police de l'Etat d'Ogun, sans donner de détails.

Il n'a pas dit si une rançon avait été payée, mais les enlèvements contre rançon sont très courants au Nigeria.

En avril, deux travailleurs chinois ont été enlevés et leurs gardes de sécurité privés ont été abattus sur un site minier dans l'Etat d'Osun (Sud-Ouest). Ils ont été libérés quatre jours plus tard.

Les entreprises chinoises travaillent au Nigeria sur des projets d'infrastructures de plusieurs milliards de dollars, notamment dans le domaine minier, ferroviaire, aéroportuaire et routier.

Les enlèvements ciblant des employés de compagnies pétrolières étrangères, souvent protégés par des escortes de police, sont fréquents dans le sud-est du pays.

Mais ce type de criminalité s'est récemment propagé à d'autres régions, et même les plus pauvres sont désormais menacés d'être kidnappés tandis que des bandes armées se livrent à des enlèvements de masse dans les écoles ou les universités du Nord et du Nord-Ouest du pays.

Diplomate tué en Côte d'Ivoire: le procès de sa veuve s'ouvre à Paris

Des drapeaux français flottent en berne derrière un policier faisant un geste au départ du Premier ministre ivoirien après avoir signé un livre de condoléances à l'ambassade de France à Abidjan, le 15 juillet 2016.

Quatorze ans après le meurtre à Abidjan d'un ancien policier français chargé de mission pour l'Union européenne (UE), le procès de sa veuve s'est ouvert mardi devant la cour d'assises de Paris pour assassinat, un crime qu'elle a toujours contesté.

Cheveux châtains attachés en chignon, Karine Blanc, 54 ans, comparaît libre et a pris place au premier rang de la petite salle d'audience, pour écouter le rappel des faits.

Le corps de son mari, Michel Niaucel, avait été découvert le 7 février 2007 dans la chambre de leur villa ultra-sécurisée de la capitale économique ivoirienne, où ils vivaient avec leur fille de 13 ans.

L'officier régional de sécurité avait été tué d'une balle dans le thorax, tirée d'un revolver 357 Magnum à travers un oreiller, alors qu'il dormait à côté de son épouse. Il avait basculé du lit conjugal et s'était effondré sur le sol, se vidant de son sang.

L'enquête avait vite exclu la piste du crime politique, les soupçons se portant sur l'épouse, alors enceinte de son amant.

Karine Blanc "clame son innocence depuis le début", a souligné son avocate, Michèle Siari avant l'ouverture du procès. "Elle attend de pouvoir enfin tourner la page".

La fille du couple Niaucel, deux enfants de la victime nés d'une précédente union, ainsi que les deux frères et la sœur du diplomate se sont constitués parties civiles (victimes).

A l'audience, la famille a pris place sur les bancs, de l'autre côté de la salle. "Quel que soit le temps écoulé depuis les faits et la longueur de l'instruction, ils attendent une réponse judiciaire", a dit leur avocat Antoine Tugas avant l'audience.

Entendue après les faits par les autorités ivoiriennes, Karine Blanc avait d'abord affirmé que son mari avait été abattu par un intrus. L'enquête avait ensuite été transférée en France, en vertu de l'immunité diplomatique de Michel Niaucel et de sa famille.

Devant la justice française, Karine Blanc avait alors plaidé le tir accidentel alors qu'elle tentait d'empêcher son époux de se suicider. Mais un collège d'experts a conclu à l'impossibilité de la version de Mme Blanc, estimant qu'elle était soit l'auteure du coup de feu, soit qu'une tierce personne avait tiré.

La thèse du tir accidentel devrait à nouveau être âprement débattue devant la cour d'assises.

Le verdict est attendu le 2 juillet.

Exécuté à tort? Un documentaire pour influencer Biden sur la peine de mort

Des membres de l'association de "Ensemble contre la peine de mort" simulent un prélèvement d'organes après l'exécution factice de condamnés à mort, le 07 juillet 2008 à Paris, pour dénoncer l'application de la peine de mort en Chine. AFP PHOTO STEPHANE DE

Le réalisateur Patrick Forbes espère que son documentaire, "Le Fantôme", sera "l'étincelle" qui fera bouger le président américain Joe Biden sur la peine de mort grâce à son message "très clair: un innocent a été exécuté".

Le film, qui sera en salles le 2 juillet, retrace le meurtre de Wanda Lopez, poignardée un soir de 1983 dans une station-service de Corpus Christi, au Texas, où elle travaillait comme caissière.

Juste avant de mourir, la jeune femme avait appelé la police pour signaler un homme suspect. Le documentaire, une reconstitution minutieuse et glaçante, s'ouvre sur l'enregistrement de ses derniers mots: "Tu les veux? Prends les, je te les donne. Je ne vais rien te faire, s'il te plait!"

Arrivés trop tard pour la sauver, les policiers se lancent à la poursuite du coupable, que des témoins ont vu fuir à pieds. Quarante minutes plus tard, ils arrêtent Carlos de Luna, un homme de 20 ans au casier déjà lourd, qui se cache sous une voiture.

Convaincus de tenir le meurtrier, les enquêteurs ne cherchent pas plus loin, même s'il clame son innocence et ne présente aucune tache de sang.

Lors de son procès, Carlos de Luna explique avoir fui par peur d'être mis en cause et assure connaître le coupable: un certain Carlos Hernandez qu'il dit avoir connu en prison.

Mais, confrontés à des photos des hommes de ce nom, il n'est pas en mesure de l'identifier. Et des mensonges à la barre fragilisent sa crédibilité. Le procureur en conclut que ce Carlos Hernandez est le fruit de son imagination, "un fantôme", et il est condamné à mort.

Après le rejet de tous ses recours, il est exécuté en 1989.

"Tocayo"

"A partir de là, la vérité a lentement commencé à jaillir", raconte à l'AFP le Britannique Patrick Forbes, qui a notamment réalisé Wikileaks: secrets et mensonges (2012).

En 2004, le professeur de droit James Liebman de l'Université de Columbia, lance une contre-enquête avec l'aide de ses étudiants et d'un détective privé.

Ils découvrent que Carlos Hernandez a bel et bien existé. Mort en prison en 1999, alors qu'il purgeait une peine pour avoir agressé une femme avec un couteau, cet homme ressemblait comme deux gouttes d'eau à Carlos de Luna.

En 2012, le professeur Liebman et ses étudiants publient un long article dans une revue juridique, titré "les deux Carlos: anatomie d'une erreur judiciaire", qui sert de base au film.

Patrick Forbes assure toutefois avoir entamé ses recherches sans opinion arrêtée. "Si mon film était un clip de campagne contre la peine de mort, il serait mauvais", dit-il.

Méthodiquement, il a cherché tous les protagonistes de l'affaire et met à l'écran policiers, procureurs, avocats, témoins... Mais aussi des femmes qui ont été victimes de Carlos Hernandez et qui restent traumatisées par les violences qu'il leur a infligées.

L'une d'elle raconte qu'il s'est vanté auprès d'elle d'avoir tué Wanda Lopez et d'avoir échappé à la justice grâce à son "tocayo", un mot espagnol qui désigne une personne ayant le même prénom.

"Toutes les erreurs"

Aujourd'hui, Patrick Forbes pense détenir la vérité: "Elle est horrible, mais elle est aussi très humaine: les gens font des erreurs" et, selon lui dans ce dossier, "toutes les erreurs qui pouvaient être commises ont été commises".

Mais elles s'inscrivent selon lui dans un système judiciaire qui ne donne pas des chances égales aux pauvres et aux minorités. "Le coupable est un homme pauvre hispanique, l'innocent exécuté est un homme pauvre hispanique, ils ne pouvaient pas être traités équitablement."

Alors il espère que son film aide à réhabiliter Carlos de Luna, mais aussi à "apporter des changements" plus larges.

Pour ce faire, il a accepté que "Le Fantôme" soit mis au service d'une pétition qui demande au président démocrate Joe Biden de commuer la peine des condamnés à mort par la justice fédérale.

Le démocrate a dit pendant la campagne être opposé à la peine capitale mais n'a pris aucune décision depuis sa prise de fonction. Au contraire, son ministre de la Justice a demandé récemment la peine de mort pour l'auteur de l'attentat du marathon de Boston.

Patrick Forbes espère que le cas de Carlos de Luna "le pousse à changer". "Ne serait-ce pas fantastique qu'un film amène un changement concret?"

Des experts le Vatican à agir contre les violences sexuelles dans les institutions catholiques

Le pape François rencontre l'episcopat japonais

Des experts de l'ONU ont exprimé lundi leur "plus grande préoccupation" concernant les nombreuses accusations de violences sexuelles commises à l'encontre d'enfants dans des institutions catholiques et ont demandé au Pape d'agir.

Ces experts - qui sont mandatés par l'ONU mais ne s'expriment pas en son nom - ont condamné les "mesures adoptées par l'Eglise catholique pour protéger les auteurs présumés d'abus, dissimuler les crimes et entraver la responsabilisation, ce qui a conduit à l'impunité des crimes commis, à la répétition des violations au fil des décennies et au nombre croissant de victimes, ainsi qu'à l'absence de réparation et de soutien aux victimes", dans une lettre envoyée au chef de l'Eglise catholique.

Cette lettre, envoyée le 7 avril et rendue publique lundi, est signé par quatre experts, dont les Rapporteurs spéciaux sur la torture et sur la vente et l'exploitation sexuelle d'enfants.

La lettre indique qu'un précédent courrier avait été envoyé par un des Rapporteurs le 2 avril 2019 - évoquant des cas de mauvais traitements et d'exploitation sexuels commis par des membres du clergé notamment en Australie, Etats-Unis, Pologne, Irlande et Pays-Bas. "Nous tenons à exprimer notre préoccupation face à l'absence de réponse" du Vatican, soulignent les 4 experts, dans leur courrier du 7 avril dernier.

Cette fois, leur courrier mentionne des affaires similaires en Allemagne, Belgique, France, Chili, Mexique, Argentine et Colombie. Elle évoque également le cas des pensionnats religieux pour enfants autochtones au Canada. Cette affaire a connu un triste rebondissement ces dernières semaines avec l'annonce fin mai de la découverte des restes de 215 enfants autochtones sur le site d'une de ces institutions en Colombie-Britannique (ouest canadien).


"Lobby" des membres de l'Eglise

"Alors que certaines enquêtes ont été lancées par le Vatican ou par des diocèses locaux ou nationaux, les rapports signalent les tentatives persistantes de l'Eglise catholique pour protéger les agresseurs présumés de la justice laïque en faisant obstruction aux procédures judiciaires, en refusant l'accès aux dossiers de l'Eglise documentant les réclamations contre les agresseurs, en accueillant les agresseurs au Vatican d'où l'extradition est refusée, ou en transférant les agresseurs hors des pays où ils peuvent être poursuivis", indiquent les experts.

Ils demandent au Pape de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre fin à ces violations et empêcher "qu'elles ne se reproduisent".

Ils expriment également leur "préoccupation face aux tentatives soutenues des membres de l'Eglise catholique de saper les efforts législatifs visant à améliorer la justiciabilité de la violence sexuelle contre les enfants dans les juridictions nationales" et dénoncent le "lobby exercé par les membres de l'Eglise pour conserver les délais de prescription de ces crimes".

Les experts indiquent par ailleurs accueillir "avec satisfaction les nouvelles règles établies par le Saint-Siège pour abolir le secret pontifical dans les cas d'abus sexuels, pour exiger le signalement de ces abus et de leur dissimulation auprès des supérieurs du clergé et des procureurs du Vatican, et pour permettre le signalement de ces cas et la présentation de documents aux autorités civiles des juridictions concernées".

Mais ils regrettent toutefois que "la demande de signalement des crimes aux autorités civiles ne soit pas encore obligatoire" et exhorte le Vatican à la rendre obligatoire "dans les meilleurs délais".

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