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Le Nigeria purge la fonction publique de 50.000 "travailleurs fantômes"


Le président nigérian Muhammadu Buhari, à gauchede la présidente du Libéria, Ellen Johnson Sirleaf, et Marcel de Souza, président de la Commission de la CEDEAO, assistent à la session ordinaire des chefs d'État et de gouvernement de la CEDEAO à Abuja, au Nigeria, le 17 décembre 2016

13 milliards de nairas ont été économisés sur les salaires payés de février à décembre 2016, tandis que l'audit des retraites a permis de récupérer 1,1 milliard de nairas par mois sur la même période, a-t-il précisé.

Le gouvernement nigérian a débarrassé la fonction publique de 50.000 "travailleurs fantômes", ce qui lui a permis d'économiser près de 630 millions d'euros dans le cadre de la lutte contre la corruption, a annoncé mardi la présidence.

"La masse salariale du gouvernement fédéral a été débarrassée de 50.000 travailleurs fantômes, permettant d'économiser la somme gigantesque de 200 milliards de nairas (627,8 millions d'euros)" en 2016, a écrit le porte-parole de la présidence, Garba Shehu, dans un communiqué.

13 milliards de nairas ont été économisés sur les salaires payés de février à décembre 2016, tandis que l'audit des retraites a permis de récupérer 1,1 milliard de nairas par mois sur la même période, a-t-il précisé.

Selon le professeur Akanbi Ilupeju de l'université de Lagos, les fonctionnnaires fantômes sont, dasn bien de cas, des gens " qui ont été embauchés par les politiciens pour récompenser les travaux qui ont été effectués pendant la campagne électorale." La centralisation et l'informatisation des finances nationales ont permis de les découvrir a-t-il expliqué.

M. Shehi a affirmé que 11 des principaux suspect avaient été traduits devant la Commission pour les crimes économiques et financiers (EFCC).

"Le programme phare de l'administration Muhammadu Buhari pour débarrasser le système de la fraude et instiller la bonne gouvernance est en cours", a ajouté le porte-parole. "Le gouvernement a entrepris une vérification continue des salaires" dans la fonction publique.

Le président nigérian Muhammadu Buhari, élu en 2015, a fait de la lutte contre la corruption endémique au Nigeria son principal cheval de bataille, accusant l'administration de l'ex-président Goodluck Jonathan d'avoir pillé les caisses de l'Etat.

Des dizaines d'anciens barons proches du pouvoir, dont des ministres et des juges très haut placés, ont été accusés de corruption ou de blanchiment d'argent et doivent aujourd'hui en répondre devant les tribunaux.

Mais de plus en plus de voix s'élèvent pour critiquer cette répression, affirmant qu'elle se fait au détriment de l'économie du pays et vise uniquement les proches de l'ancien gouvernement Jonathan.

La semaine dernière, le gouvernement avait promis de récompenser financièrement et de protéger ceux qui dénonceraient des détournements de fonds publics, alors que l'économie nigériane traverse une période difficile.

Le pays est entré en récession cet été, dans un contexte de prix du pétrole bas, un secteur qui représente 70% des recettes publiques du pays.

Avec AFP

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