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Les Marocains en émoi après l'agression sexuelle et le meurtre d'un enfant de 11 ans

Un membre des forces de sécurité marocaines se tient devant le tribunal de Sale près de la capitale Rabat, le 14 novembre 2019.

L'agression sexuelle et le meurtre d'un garçon de 11 ans à Tanger suscite un profond émoi au Maroc, où plusieurs voix réclament la peine de mort pour le "monstre" qui a tué le "petit Adnane".

La peine capitale est toujours en vigueur dans le royaume mais n'est plus appliquée depuis 1993. Son abolition fait débat et les appels à exécution ressurgissent quand de grandes affaires mobilisent l'opinion publique.

Nombreux sont ceux qui demandent "justice pour Adnane" depuis que son corps a été retrouvé, dans la nuit de vendredi à samedi, enterré sous un arbre près de chez lui, dans un quartier populaire de Tanger.

Le jeune garçon avait disparu lundi dernier après être sorti faire une course. Sa famille avait alerté la police et son portrait avait été massivement diffusé sur les réseaux sociaux.

Des internautes ont relayé des images de mauvaise qualité, extraites d'une caméra de surveillance, où on le voit marcher aux côtés d'un inconnu.

L'homme, un ouvrier de 24 ans travaillant dans l'immense zone industrielle de la ville portuaire de Tanger, a été identifié et interpellé pour "homicide volontaire sur mineur avec attentat à la pudeur", a annoncé la DGSN, la police marocaine.

Selon l'enquête préliminaire, "le mis en cause a emmené la victime dans un appartement qu'il loue dans le même quartier, l'a agressée sexuellement et commis l'homicide volontaire", avant de l'enterrer à proximité.

Il a été déféré lundi devant le procureur du roi à Tanger, en même temps que ses trois colocataires, poursuivis pour "non dénonciation d'un crime".

Dans un message de condoléances à la famille à la suite de cette "perte cruelle", le roi Mohammed VI a condamné "un crime odieux".

"Peine maximale"

Selon la presse marocaine, le suspect s'est rasé la barbe et a changé de coupe de cheveux après l'agression dans l'espoir de ne pas être identifié.

Mais il s'est trahi en envoyant depuis son numéro de téléphone personnel une demande de rançon aux parents, leur faisant croire que leur fils était toujours vivant, selon les médias locaux.

L'affaire a provoqué une vague de colère à Tanger, ville de plus d'un million d'habitants, où un sit-in a mobilisé samedi des centaines de personnes, avec des appels à "exécuter le meurtrier d'Adnane".

Sur les réseaux sociaux, les appels à la peine de mort se multiplient à coups de pétitions indignées.

"Nous citoyens marocains, mères et pères, demandons la peine maximale, à savoir la peine de mort pour ce criminel", peut-on lire dans une de ces pétitions qui a récolté plus de 5.000 signatures.

Des voix plus minoritaires disent toutefois s'opposer à la peine de mort, parfois en invoquant la Constitution qui consacre le droit à la vie.

"Prévention"

Après la découverte du corps, l'association "Touche pas à mon enfant" a exhorté les autorités à activer un dispositif Alerte-Enlèvement, qui a permis de "sauver plusieurs vies d'enfants en Europe". "Il est temps que l'Etat fasse de la prévention", a martelé l'ONG marocaine.

Plus généralement, l'affaire remet sur le devant de la scène la question de la protection de l'enfance dans ce pays régulièrement marqué par des affaires de pédophilie.

Des ONG dénoncent depuis longtemps des condamnations qu'elles jugent trop clémentes, appelant à renforcer la lutte contre les prédateurs sexuels.

En juin dernier, un homme soupçonné d'avoir violé une fillette de six ans dans le Sud du pays avait été libéré sous caution, avant d'être remis en détention après de vives protestations.

A l'été 2013, la grâce royale un temps accordée par erreur à un pédophile espagnol avait déclenché une polémique violente et d'importantes manifestations.

Depuis l'arrestation de l'agresseur présumé d'Adnane, la police a annoncé avoir interpellé deux autres pédophiles, à Tanger et Safi (sud).

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Dix ans de prison pour des militaires camerounais qui avaient abattu deux femmes et leurs enfants

Les militaires Cameroun sur un pont, en direction de Wum, en zone anglophone, le 6 décembre 2018. (VOA/Ministère de la défense)

Quatre militaires camerounais ont été condamnés à dix ans de prison ferme lundi et un autre à deux ans pour l'"assassinat" en 2015 de deux femmes et de leurs deux enfants, criblés de balles dans le nord du pays.

En juillet 2018, une vidéo montrant des soldats exécutant sommairement ces deux femmes, les yeux bandés, ainsi qu'une fillette et un bébé que l'une d'elles portait sur le dos, dans l'extrême-nord du Cameroun où l'armée combat des groupes jihadistes, avait été diffusée sur les réseaux sociaux.

Le gouvernement avait nié l'implication de son armée dans un premier temps, avant de faire arrêter 7 suspects. Deux ont été acquittés.

Le tribunal militaire de Yaoundé a prononcé son verdict pour "assassinat" et les peines d'emprisonnement après de très nombreux ajournements du procès. Le verdict est susceptible d'appel.

Le drame s'était déroulé en 2015 dans la localité de Zeleved, dans l'extrême-nord du Cameroun, où le groupe jihadiste nigérian Boko Haram et une branche dissidente multiplient les attaques meurtrières ces dernières année contre les civils et l'armée.

Lorsque la vidéo était devenue virale sur les réseaux sociaux trois ans plus tard, le pouvoir du président Paul Biya, à la tête du Cameroun depuis 1982, ainsi que l'armée avaient fermement nié l'implication de leurs soldats, parlant de "fake-news" et d'"horrible trucage". Mais, il s'était rétracté en août 2018, annonçant l'arrestation de sept militaires.

- Tollé international -

Le 21 octobre, après déjà plusieurs ajournements du procès, les sept militaires avaient plaidé non coupable.

Les attaques sont le fait de Boko Haram ou de l'Iswap (le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest, selon son acronyme en anglais), qui multiplient, ces dernières années, les assauts très meurtriers visant les militaires et les civils dans l'extrême nord du Cameroun comme dans les régions limitrophes du Nigeria, du Tchad et du Niger, sur le pourtour du lac Tchad.

Mais les organisations internationales de défense des droits humain dénoncent également régulièrement des exactions et crimes commis contre des civils par les forces de sécurité au Cameroun.

Dans l'extrême-nord mais aussi dans les deux provinces à majorité anglophone du nord-ouest, où l'armée est aux prises depuis trois ans avec des groupes indépendantistes armés. Là aussi, les ONG dénoncent régulièrement des exactions et crimes dans les deux camps.

En février, trois militaires camerounais ont été inculpés de l'"assassinat" en février d'au moins 23 civils selon l'ONU, dont 10 enfants, dans un village des zones anglophones, Ngarbuh, un massacre qui avait déclenché un tollé international, contraignant le pouvoir à admettre la responsabilité de ses soldats, après l'avoir longtemps niée.

L'insurrection de Boko Haram, elle, est née en 2009 dans le Nord-Est du Nigeria avant de se propager dans les pays voisins, au Cameroun, au Niger et au Tchad. Depuis cette date, plus de 36.000 personnes (principalement au Nigeria) ont été tuées, et 3 millions ont dû fuir leur domicile, selon l'ONU.

En 2016, le groupe s'est scindé en deux branches: la faction dirigée par son chef historique, Abubakar Shekau, et l'Iswap, affilié au groupe Etat islamique (EI).

L’or de la RDC exfiltré illicitement à travers les pays voisins, selon une ONG canadienne

Des creuseurs artisanaux dans une mine d'or au Nord-Kivu, RDC, 21 avril 2015. (VOA/Charly Kasereka)

Le commerce illicite de l’or de la République démocratique du Congo (RDC) via le Rwanda et l'Ouganda, continue de prospérer malgré les efforts visant à assainir le secteur, déplore IMPACT.

IMPACT, plateforme de la société civile canadienne qui existe de puis1986, pointe du doigt des intermédiaires (négociants et exportateurs) dûment enregistrés en RDC, au Rwanda et en Ouganda qui exercent leurs activités sans crainte apparente de sanctions.

L'ONG les met à nu dans un rapport publié jeudi.

Ces négociants et exportateurs continuent à mener ces activités "même après avoir été dénoncés publiquement année après année par les Nations Unies et des organisations internationales comme contribuant au commerce illicite de l’or artisanal de la RDC", signale IMPACT qui autrefois était connu sous le nom de PAC.

Les autorités congolaises ont fait des efforts pour assainir le secteur, reconnait la plateforme. Mais, les intermédiaires ou les négociants les compromettent, accuse le rapport.

Pour Joanne Lebert, directrice générale d’IMPACT citée dans le rapport, ces intermédiaires déjouent les tentatives de démantèlement de leur système en reconfigurant leurs activités dans toute la région lorsque nécessaire ou en créant des entités fantômes.

Ils donnent un semblant de légalité à leurs activités en déclarant un faible pourcentage de leurs exportations d’or tout en empochant d’énormes profits du commerce illicite.

Ainsi, l’or sorti en contrebande de la RDC et circulant sur le marché international légal – sous la forme de produits de consommation – est potentiellement lié à des activités criminelles, au blanchiment d’argent, à des groupes armés et à des violations des droits humains.

IMPACt cite notamment le cas Cavichi SARL mais aussi Congo Golden Mining et Omega Gold Mining Ltd.

Le premier, Cavichi SARL, agrée à Bukavu de 2013 à 2016 a déclaré, aux autorités congolaises avoir exporté en 2015-2016 25.7 kg, mais à Kigali, la quantité déclarée était plutôt 5,290 kg, selon les documents de transit.

IMPACT revèle aussi que Cavichi SARL a largement sous-évalué ses exportations, les 5,290 kg ayant une valeur déclarée de 17.3 millions USD, tandis que leur valeur marchande internationale à l’époque serait plutôt de quelque 191.5 millions USD.

En plus, même si l’entreprise a fermé ses portes, son fondateur, Caetano Victor Chibalonza, poursuit ses activités de négociant d’or, poursuit l'ONG.

"Les autorités rwandaises manquent à leur devoir de diligence concernant l’or qui entre au Rwanda en provenance de la RDC", soutient le rapport.

Congo Golden Mining Ltd et Omega Gold Mining Ltd ont fait de même que Cavichi SARL, mais avec des proportions différentes.

IMPACT demande que des enquêtes soient menées et que la RDC simplifie les étapes pour exporter l’or.

Au Rwanda et à l’Ouganda, IMPACT recommande de favoriser la coopération entre les organismes chargés de l’application de la loi afin de détecter les écarts commerciaux et resserrer les contrôles réglementaires de l’or déclaré comme provenant de la RDC.

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Un ancien garde du corps de l'ex-président François Bozizé arrêté en France

Le président centrafricain Francois Bozize (à dr.) et son homologue français Jacques Chirac, le 14 février 2007 à Cannes, en France. (Photo by PATRICK KOVARIK / AFP POOL / AFP)

Eric Danboy Bagale, ancien responsable de la garde de l’ex-président centrafricain François Bozizé, a été mis en examen vendredi soir à Paris, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

Selon le parquet national antiterroriste (Pnat) de France, M. Danboy Bagale, 41 ans, a été écroué pour "complicité de crimes contre l'humanité" et "complicité de crimes de guerre".

Le Centrafricain de 41 ans a aussi été mis en examen pour "actes de torture" et "association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime de guerre".

On lui reproche des faits qu'il aurait commis entre 2007 et 2014 "en tant que responsable de la garde présidentielle (...) puis en tant que responsable de milices anti-balaka", a précisé le Parquet antiterroriste dans un communiqué.

L'ex-président François Bozizé a dirigé la République centrafricaine de 2003 à 2013, quand il a été renversé par Michel Djotodia. Vendredi les deux anciens dirigeants se sont brièvement rencontrés à Bangui, la capitale.

Selon les autorités françaises, M. Danboy Bagale a été interpellé et placé en garde à vue mardi dans l'est de la France.

Compétence universelle

Cette arrestation a été ordonnée dans le cadre d'une enquête ouverte en mai 2017 et désormais confiée à des juges d'instruction spécialisés du tribunal de Paris.

"Il s'agit de la première mise en examen dans une procédure diligentée par le Pnat concernant des faits commis en République centrafricaine", a précisé le communiqué.

La justice française s'est saisie de ce dossier en vertu d'une compétence universelle qui l'autorise à poursuivre des suspects de crimes de guerre ou crimes contre l'humanité s'ils passent ou résident sur le territoire français.

En 2019, environ 150 procédures judiciaires étaient menées par ce pôle spécialisé du tribunal de Paris, concernant des exactions commises notamment au Rwanda, en République démocratique du Congo, Syrie, Irak ou encore Libye.

Le nom d'Eric Danboy Bagale est apparu parmi les "Libérateurs", nom donné aux compagnons d'armes du général Bozizé qui l'ont porté au pouvoir en 2003 en renversant le président Ange-Félix Patassé.

L'officier était devenu un haut responsable au sein des milices anti-balaka. Ces groupes armés ont été formés pour combattre les milices de la Séléka, une alliance de rebelles issus du nord du pays à majorité musulmane, qui ont chassé le président Bozizé du pouvoir en 2013.

Les nombreux massacres perpétrés par les deux camps ont plongé ce pays dans la troisième guerre civile de son histoire.

Selon l'ONU, qui a accusé les deux coalitions de crimes de guerre, entre 3.000 et 6.000 personnes ont péri, essentiellement des civils, entre 2013 et 2015.

Des hommes armés massacrent une trentaine de civils en Ethiopie

Un militaire éthiopien monte la garde dans la périphérie de Badme, une ville entre l'Érythrée et l'Éthiopie, le 8 juin 2018. (Photo: REUTERS/Tiksa Negeri)

Des hommes armés ont tué plus de 30 personnes dans la zone de Metakal, dans la région de Benishangul-Gumuz en Ethiopie, a déclaré jeudi un haut responsable de l'opposition.

"Des fermiers et des membres de leurs familles ont été kidnappés et amenés dans une école primaire de la région où ils ont été menottés et abattus un par un", a déclaré Desalegn Chane, un membre important du nouveau parti politique, le Mouvement national d'Amhara (NAMA).

Benishangul-Gumuz est une région frontalière du Soudan.

Ce massacre constitue le dernier casse-tête en matière de sécurité pour le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed.

Les attaques, dont les victimes étaient des femmes et des enfants, ont eu lieu du 6 au 13 septembre, selon Desalegn Chane.

"Il y a eu au moins deux séries de meurtres de civils, et des centaines de civils ont également été déplacés", a déploré la commission dans un communiqué.

Sitotaw Aweke, un agriculteur et homme d'affaires, a déclaré que des survivants lui ont dit que toute sa famille avait été tuée dans une attaque alors qu'il était au marché pour acheter des vêtements à ses trois enfants pour le nouvel an éthiopien, qui est célébré le 11 septembre.

"Je n'ai même pas pu les enterrer... chaque fois que je regarde les vêtements que je leur ai achetés, je pleure", a-t-il déclaré à Reuters par téléphone.

Selon le Premier ministre Abiy Ahmed les assaillants sont des groupes visant à renverser le processus de réformes initié par son gouvernement.

La Commission éthiopienne des droits de l'homme a déclaré que des centaines de civils ont été déplacés à la suite des violences et a demandé aux autorités régionales d'ouvrir une enquête.

En juin dernier, des hommes en uniforme ont tué plus de 50 personnes et en ont blessé 23 dans la même région.

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