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Coronavirus

Le gouvernement malgache va faire vacciner la population contre le covid

Le président de la République de Madagascar Andry Rajoelina arrive au Palais de la Reine de Manjakamiadana, à Antananarivo, le 6 novembre 2020.

Après une concertation entre les membres de l’académie nationale de médecine de Madagascar et le chef de l’Etat Andry Rajoelina, le gouvernement malgache a finalement décidé de recourir au vaccin, sans abandonner pour autant le remède anti-Covid local, le Covid Organics.

"Nous allons chercher et utiliser des vaccins efficaces contre la variante de Covid 19 qui ravage Madagascar", a indiqué le communiqué émanant de la présidence de la République malgache, ce vendredi.

La vaccination est cependant facultative, "il a été décidé que prendre le vaccin est un choix et ne devrait pas être obligatoire", indique le communiqué.

Et l’Etat maintient aussi l’utilisation du remède anti-covid local, le Covid Organics, dans les traitements curatifs et préventifs de la pandémie.

Une utilisation contre laquelle l'OMS avait mis en garde en mai dernier, soulignant qu'à ce jour aucune étude scientifique ne prouvait son efficacité.

Samedi dernier, le président Malgache s’est encore montré hésitant dans son intervention télévisée, en indiquant que lui et sa famille n’avaient pas l’intention de se faire vacciner, et préfèrent encore faire confiance au Covid Organics.

Et pour répondre aux critiques de ses adversaires sur sa réticence à commander les vaccins, il est même allé jusqu’à déclarer: "Si on commande un vaccin, on va d’abord le tester sur l’opposition".

Amnesty International avait dénoncé samedi dernier une atteinte aux droits des Malgaches de bénéficier des meilleurs soins possibles.

Alors que la plupart des pays se démènent pour obtenir des vaccins "validés par l'OMS", le gouvernement malgache "recommande un traitement à base de plantes qu'il qualifie de 'remède miracle'", dénonce l'ONG dans un communiqué, alors qu'"aucun élément ne permet de penser" que le CVO "est efficace dans la prévention des infections au Covid-19".

L'ONG affirme encore que l'absence de vaccins plonge de nombreux Malgaches "dans le désespoir", même si peu l'expriment "en raison du climat de peur instillé depuis un an, marqué par un durcissement de la répression des voix critiques".

Le président Rajoelina a précisé samedi que son pays entrait dans une deuxième vague d'infections, précisant que le variant sud-africain du virus était présent dans l'île.

Ce dernier mois, Madagascar a enregistré officiellement 2.483 nouveaux cas de coronavirus et 45 décès, a précisé le président, affirmant que ces chiffres n'avaient "rien d'inquiétant".

Madagascar avait procédé dès avril 2020 à une distribution gratuite en grande pompe de la tisane antiCovid, qui s'était interrompue la fin du confinement en octobre.

Lundi, le président promet de la distribuer de nouveau gratuitement dans les quartiers les plus touchés par la pandémie.

En un an, le pays a enregistré plus de 23.000 cas et 360 décès pour 25 millions d'habitants.

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Le Burundi débute la vaccination anti Covid sur la base du volontariat

Le Burundi lance une campagne de vaccination contre le virus Ebola pour les agents de santé et de première ligne (Photo : Organisation mondiale de la Santé)

"Si vous avez des conséquences néfastes demain, ne vous en prenez pas au gouvernement ", a réaffirmé le Premier ministre burundais, le général Alain-Guillaume Bunyoni dimanche, à la veille du début de la campagne de vaccination qui, vraisemblablement suscite très peu d'engouement.

Seule une poignée de Burundais a reçu une dose de vaccin contre le Covid-19 depuis le lancement cette semaine de la campagne de vaccination, l'une des plus tardives au monde.

"Nous avons débuté la vaccination lundi après-midi avec seulement quelque 25 volontaires a expliqué un médecin qui a requis l'anonymat. Après des mois de déni de l'épidémie, les autorités burundaises ont finalement accepté de recevoir mi-octobre 500.000 doses du vaccin Sinopharm, offertes par la Chine.

Visiblement sceptiques, elles ont plusieurs fois prévenu qu'elles ne feraient pas de campagne de sensibilisation ni ne porteraient la responsabilité d'éventuels effets secondaires. "Si vous avez des conséquences néfastes demain, ne vous en prenez pas au gouvernement ", a réaffirmé dimanche le Premier ministre, le général Alain-Guillaume Bunyoni.

Il ajoute que le vaccin contre le Covid a été découvert très vite, donc ceux qui l'ont inventé n'en connaissent pas encore les conséquences néfastes". Selon les données de l’OMS, le Burundi a enregistré 19.730 cas de Covid-19 pour 14 décès.

La vaccination se fera sur la base du volontariat.

Pour Agathon Rwasa, chef du principal parti d'opposition (le CNL), la vaccination doit s'accompagner d'un effort pour "intensifier la campagne de sensibilisation pour que chacun soit conscient que le danger (du Covid-19) est bel et bien là".

Dans la population, certains ne croient en effet pas aux vaccins, ni même au Covid-19.

"Dans notre pays, cette pandémie n'était pas grave. (...) Ici, on souffre de la grippe. Ce vaccin, c’est pour les blancs, on n'en a pas besoin chez nous", affirme ainsi Egide Nsabimana, cordonnier de 32 ans.

Mais pour Gracia Iteka, "c'est bien que le vaccin arrive". "C'était une maladie qui tuait beaucoup de personnes", affirme cette entrepreneure de 23 ans.

"Je suis prêt à prendre ce vaccin dès qu'il sera disponible au Burundi parce que dans d'autres pays, ils injectent déjà", rappelle Olivier Kivuto, mécanicien de 26 ans.

Dans le cadre d'un plan national de lutte contre la pandémie pour les six prochains mois, les autorités burundaises vont également introduire un pass sanitaire pour les personnes sortant de Bujumbura, principale ville du pays.

Maintenant, seuls deux pays au monde n'ont pas lancé de campagne de vaccination: l'Erythrée et la Corée du Nord, qui sont des Etats très fermés.

Bientôt, l'obligation vaccinale pour les fonctionnaires nigérians

Vaccination contre le COVD-19 à l'extérieur d'une mosquée dans la banlieue d'Abuja, au Nigeria, le 8 octobre 2021.

La mesure sera difficile à respecter: le Nigeria a reçu moins de 10 millions de doses de vaccins pour plus de 200 millions d’habitants.

Au Nigeria, le gouvernement veut introduire une obligation de vaccination pour les fonctionnaires de l’Etat fédéral. Les autorités ont annoncé que les agents fédéraux non-vaccinés ne seront pas autorisés à entrer dans leurs bureaux à partir du 1er décembre.

L’obligation vaccinale concerne tous les agents exerçant dans les établissements et services publics, qu’ils soient au Nigeria ou dans les missions diplomatiques à l’étranger.

"A compter du 1er décembre 2021, tous les employés du gouvernement fédéral sans exception seront tenus de présenter une preuve de vaccination contre le Covid-19 ou de présenter un résultat de test PCR COVID-19 négatif effectué dans les 72 heures pour accéder à leurs bureaux", confirme Boss Mustapha, président de la Commission nationale sur le covid-19 et secrétaire général du gouvernement de la fédération​.

Deux Etats du Sud du Nigeria avaient déjà rendu la vaccination obligatoire pour accéder aux lieux publics et aux rassemblements, suscitant de vives réactions.

Portée devant les tribunaux, la décision avait été révoquée par une Haute Cour fédérale siégeant à Port Harcourt, la capitale de l’Etat de Rivers.

A Abuja, la capitale, la menace du gouvernement fédéral ne semble pas obtenir le soutien de certains fonctionnaires. La vaccination contre le Covid-19 reste un sujet qui divise à cause de nombreuses réticences observées.

Deji Adeyanju, du groupe des Nigérians concernés, menace d’aller en justice pour tenter d’empêcher le gouvernement d’imposer la vaccination aux travailleurs.

"C’est une violation des droits fondamentaux des gens. Comment pouvez vous dire que les personnes non vaccinées ne peuvent pas avoir accès à leurs lieux de travail? Jusqu’aujourd’hui, il n’y a aucune loi qui empêche les gens d’avoir accès à leurs lieux de travail, de prière ou même dans les marchés", scande l'activiste.

De l'avis des experts, cette mesure sera difficile à faire respecter dans un pays qui a reçu moins de 10 millions de doses de vaccins pour une population de plus de 200 millions d’habitants.

A ce jour, environ 7 millions de personnes seulement ont reçu une première dose dans tout le pays et plus de 2 millions sont complètement vaccinées, selon l’Agence nationale de soins de santé primaires.

Le Nigeria a enregistré 219 mille infections et plus de 4000 décès depuis février 2020. Le gouvernement ambitionne de faire vacciner 70% de la population pour freiner efficacement la propagation du virus.

La fondation Gates investit 120 millions de dollars pour l'accès à la pilule anti-Covid

La pilule expérimentale pour le traitement du COVID-19 appelée molnupiravir, développée par Merck.

La fondation Bill et Melinda Gates a annoncé mercredi un investissement de jusqu'à 120 millions de dollars pour faciliter l'accès des pays pauvres à un traitement prometteur contre le Covid-19 sous forme de pilule.

Le laboratoire américain Merck a développé un médicament, le molnupiravir, qui réduit fortement les risques d'hospitalisation et de décès lorsqu'il est pris dans les premiers jours de l'infection.

Ce traitement par comprimés, donc facile à administrer, offre une alternative très attendue aux vaccins, notamment pour les pays connaissant des difficultés d'accès à ces derniers. Son autorisation est actuellement en cours d'évaluation par l'Agence américaine des médicaments (FDA).

L'argent investi par la fondation Gates sera notamment utilisé pour encourager la production de génériques du médicament par des entreprises, notamment indiennes, auxquelles Merck a d'ores et déjà accordé une licence.

Merck prévoit de fabriquer les doses nécessaires pour 10 millions de traitements d'ici la fin de l'année. Mais une grande partie risque de revenir aux pays riches, comme cela a été le cas pour les vaccins.

"L'approvisionnement mondial (de vaccins) a été acheté par les pays riches", a déclaré à l'AFP Trevor Mundel, président de la division santé mondiale de la fondation. "Nous devons empêcher que cela arrive à nouveau."

Certains fabricants de génériques "ont dit pouvoir facilement produire 10 millions de traitements par mois, mais le problème est qu'ils ne le feront probablement pas avant de voir quelle est la demande et qui paiera", a-t-il expliqué. "C'est ce que nous voulons accélérer, nous ne voulons pas qu'ils attendent."

La fondation Gates a par ailleurs permis le développement d'une technique "plus simple et plus rentable" pour fabriquer ce médicament, qui a été partagée avec les fabricants de génériques.

Elle prévoit également d'investir une partie de l'argent dans des programmes de communication autour de l'utilisation de ce médicament, afin qu'il soit connu dans ces pays et qu'il y soit fait recours de façon appropriée.

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